F.CR
poque gothique. C'est ici le lieu de placer une observation fort juste «le M. de Wailly: ■ Toutes les ibis, dit-il, qu'on rencontre des manuscrits de celte espèce, il faut remarquer arec le plus grand soin les traits accessoires qui viennent se mêler à une écriture dont les formes gothiques ne sont jamate nettement caractérisées. La Gnesse même de l'écriture suffirait pour induire en erreur, parce que les formes angolcuses ne peuvent plus être au<si prononcées dans les caractères réduits à de si petites proportions (1). »
La minuscule gothique persista encore longtemps dans les manuscrits du xvi' siècle, malgré le renouvellement de l'écriture romain». Elle continua à exagérer ses formes anguleuses et ses traits qui dépassent les lettres eo tout sens. Mais peu à peu elle fut envahie par les caractères du genre mixte ou «lu genre cursif, et par ceux de l'écriture renouvelée, de manière qu'on ne s'en servit plus guère en France, après le milieu du xvi' siècle, que pour écrire les litres de quelques ouvrages, el qu'elle disparut tout a fait à la Gn de ce même siècle.
De la minutcule gothique des sceaux.
« Le caractère gothique minuscule eut peu d'accès sur les monnaies, disent les Bénédictins, mais il fui eu grande vogue sur les sceaux et sur les monuments lapidaires. 11 ne parait pourtant pas qu'il y ait été reçu niant le xiv* siècle. Ce ne fut môme que sur son déclin que l'usage en devint fréquent. Au suivant il prit absolument le dessus sur le gothique majuscule. Mais celui-ci ne laissa pas de se sou enir assez bien, jusqu'à ce qu'il commençât à faire place aux beaux et anciens caractères romains, renouvelés d'abord en Italie, puis en France, ensuite dans les autres royaumes où l'écriture latine avait cours » Il résulte en effet de l'examen des
collections de sceaux, que c'est au commencement du xiv siècle qu'on trouve les premiers exemples de sceaux en minuscule gothique sans aucun mélange.
« La minuscule gn.htque des sceaux, dit M. de Wailly, a donc suivi la même marcho que celle des manuscrits : elle parait vers le premier quart. du xiv siècle, c'est-à-dire, au moment où la minuscule des manuscrits cesse d'emprunter quelques-unes des lettres de l'ancienne minuscule; mais ses jambages ne sont encore brisés qu'a l'une de leurs extrémités. Au bout d'un demi-siècle, les saillies anguleuses paraissent dans le haut et dans le bas des lettres ; on voit so fermer les u et les n de telle sorte qu'il deucnl a peu près impossible de distinguer ces deux lettres. Au xv siècle, des traits accessoires ilénalurent l'aspect de l'r ri du t; peul-élre même voit-on pour la première fois sur les sceaux l'i surmonté d'un accent, qui diminué la confusion de toutes ces lignes brisées dont les angles se correspondent avec tant du précision, qu'une même lettre semble souvent avoir été répétée cinq ou six fois de suite. Plus on approche du xvr siècle, plus les formes carrées s'exagèrent, plus les traits accessoires se tnultiplienl. Les hastes des 1 ttres 6, d, A, l et I se terminant par des traits fourchus. Les o, qui approchent de plus en plus de la forme rectangulaire, finissent par se confondre avec les n el les i»; en un mol la Ggure propre à ch ique leltre s'altère de plus en plus au milieu des nombreux détails qui viennent s'ajouter aux traits essentiels de l'écriture (2). »
Ecriture minuscule gothique des diplômes.
Nous allons donner quelques modèles des nombreuses variétés de l'écriture minuscule des diplômes dans la perio !c gotbi jue.
N° kQ. Minuscule gothique de l'an 1200. Charte Urée des Archives de l'ïonnr, fonds de l'abbaye
de Ililo.
vvcpcpicvxr
\l\ Utimenlf de faUoÇfru^àt, t. I , p. 614. (i) Ibid., p 618.
TRANSCRIPTION
nd eadem ncmnra mitlcrentur. Quia vcro tam predicti Gal-
chcius el Alnulphus, quant inaler ipsorum, conlra clcmosinam islam alîquan-
-do maliciosc vénérant, postmodum saluli sue providentes, coram
nobla unanimilcr coucesserunt, utecclesia Deiloci elcmosina illa
perpétua firmilalc gaudcret. Volenles ul animalia ecdesie
in nemoi ibus ipsorum pasluram plenam h .i béant sicut est suprascriptum.
Il in iiaque elemosinam laudavil Theobaldus nepos ipsorum Quod
i>. pussel in posterum permutât i, ad pcliliuncrn partium srribi
cl sigillo noslro fecimus roborari. Aclum anno Domiui m* ducentesimo.
Ce modèle esl tracé avec une certaine négligence et présente la physionomie de la cursive dans les lettres à basles; rependant on y obseï vc encore toule la forme minuscule dans une partie des a et dans la distinction des lettres. — Première ligne. La première syllabe du mol predicti est abrégée par un trait qui se rattache à la haste du d; un second signe semblable à uue virgule surmonte le c et remplace l't et le t de la fin du mot. — Deuxième ligne. Le q du mol quam esl tranché par un trait incliné el surmonté d'uu a cursif; celte abréviation esl fréquente. Dans le mot contra on trouve la syllabe cou figurée par un 9, le t d • la syllabe tra, dont la barre esl Irès-prolongée, esl surmonlé d'un a cursif ouvert. Un autre a signal- l'abréviation du mol aliquando. — Troisième ligne. La suppression des lellrei finales wm dans poslmodnm c«l indiquée par un signe qui se rattache au d. Au p de providentes est joint un trait recourbé qui désigne la syllabe pro. — Quatrième ligne. Le mol concesserunt renferme d u x abréviations : celle de la première syllabe est ordinaire; les lellrcs qui manquent à la syllabe runt soul indiqué) s par un signe en forme de 7. Les deux $ du même mol se prolongent au-dessous de la ligue; cet usage esl. ordinaire dans la gothique qui tend au cursif. Eccletiu est repre-
tranche la lettre l. — Cinquième ligne. La première syllabe de perpétua est représentée par un p dont la queue esl tranchée horizon* talement. — Le premier » d'animalia descend au-dessous de la ligne et prend la forme du ;'. — Sixième ligne. Le mol ipsorum contient deux abréviations : l une se rattache à l't el indique l'absence de Vs; l'autre trancli; la queue de l'r et remplace les lettres um. Les trois signes abrévialifs qui surmontent les mots pasturam plenam et sicut sont semblables, quoique le dernier n'exprime pas les mêmes lettres que les deux premiers ; ce fait se présente souv< ni et porte à croire qu'il y avait beaucoup d'arbitraire dans l'emploi des abréviations. Le mol suprascriptum est abrégé par un a el un t supérieurs et par un signe final qui remplace l'm. — Septième ligne. Le d du mot l heobaldut prolouge sa hastc horizontalement de manière à trancher celle de la lettre /; le signe 9 supplée a la syllabe us finale. Lo mol quod esl figuré par uu Q capital dont la queue tracée horizoulalemenl va se joindre au d; un signe supérieur indique l'abréviation. — Neuvième ligne. Le mol et esl figuré par une espèce de s. La barre du t du mol aclum se prolonge très loin el sa hastc s'allonge démesurément ; un signe abrévialif signale l'absence des leïlrcs uni et uu point complète l'abréviaiion.
senté par ecclia cl uu Irait horizontal qui
K*M. Ecriture minuscule gothique de l'an 1230. Charte du prieuré de Cepoy , archives rfj
/Tonne.
TnA^cniPTion .
Omnibus présentes liileras inspe»*tnris, G. Del gratia Senonensis arrhiepiscopns in Domtno saliiiern. Notum faeimu* universis <|uoJ cum prior el monaclil deCepeio,cx una parle, et presb.vter ejnsdein ville ex alto super diver&is qiiereli« diutiiis migasseiii ; tandem al> titra |ue parte de nostra cl religiosorum virnrum ahbatis et ronvenlus Case Dei rotimtale et asseusu, comeromissione facia super queretis omnibus qnae interne» verlebantur in religiosura viruni Willi'liuuui priorem de Casiro-fk'iiardi et Pétrira presbyterum de Coudra villa, Pontinque priore de....
Ce fac-similé ne forme que deux lignes et el présente peu de difficultés de déchiffrement
demie dans l'original. On y remarque d'abord malgré le grand nombre d'abréviations dont
que le signe d'abréviation le pins général et elle est semée. Les lettres à hastes prennent
presque le seul Usité, a l'aspect d'tinSren- un grand développement, les ^et les s for-
versc. L'écrilurc a uue très-graude régularité ment, dam leur partie supérieure, une bou-
ECR
de qui se prolongue en unirai! recourbé qui de cette écriture avec celle dos manuscrils ressemble â un signe abréviatif. L'analogie est évidente.
N*. W. Ecriture minuscule gothique tendant ver» la cursive. Charte de ian 1270. Archives
de lionne, fonds du chapitre de Sens.
domine ^^^S^f^ ûttWTKpInï
ammeô cj*~m ^ntia , -uaç &
Se qiuQua Su«l?at- gc/^Jir^n (i
TRAX^CRirTIOJf .
Omnibus présentes liKcras inspectons, Offlcialis Scnoncnsis in Domino Salutem. Notum facimus quod in noslra pre>eutia constituais Guillermus de Alemantc ci vis Scnoncnsis dicons et asserens se émisse a Gaufrido do. Truistaco nrmigero pro ducenlis et quadraginla libris (uronensibus rcs inferius nominalas de quibus dicebat se esse in bomagiiim Pétri de Barri*
Ce modèle d'écriture minu«culc n'offre au- -onc difficulté. On y remarque une tendance prononcée vers la cursive dans les d. les / et en général dans les lettres à hastes qui se recourbent à leur sommet. Les g développent leur queue d'une façon démesurée. L's minuscule ne se maintient plus que dms l'intérieur des mois. Les m et les n finales ont leur dernier jambage prolongé au-dessous (Se la ligne.
Age de la minuscule diplomatique.
Los remarques qu'on a faites sur la minuscule des manuscrits sont généralement applicables à celle des chartes. Dès la fin du sir siècle, 1rs formes gothiques se manifestent dans les grandes lettres et on rencontre même des pièces do ce temps dans lesquelles le genre gothique est tout à f<til caractérisé par les traits brisés < l anguleux.
Le fac-similé n' kO a conservé quelque chose de l'ancienne minuscule dans la forme de plusieurs /, et la haste de celte lettre n'y dppasse presque jamais la barre. Si l'a cursify est généralement répandu, on y trouve cependant encore Va minuscule. L'S capila'e se montre à la fin des mots, mais jamais au commencement. Le c a son crochet supérieur terminé à pen près partout horizontalement. En somme, les traits généraux de ce fnc-simie le font estimer du commencement du sur siècle, bien qu'on puisse y voir des tendances à l'écriture cursive.
L'examen du fac-similé n"41 démontre bien cette règle, qu'il ne faut jamais, endiplomati
cursive all iil être bientôt toute-puissante : il n'en est rien. Voici au contraire une pièce qui a trente ans de moins, et où la minuscu'e reprend ses droits et dans laquelle règne la plus grande régularité : c'est de l'écriture de manuscrils adaptée à uno charte. Mais si cette pièce présente tout à fait la physionomie gothique, elle a cependant gardé encore quelques signes qui indiquent qu'elle ne peut être bien avancée dans cette période. Les a ont tous la forme ancienne; les s minuscules se retrouvent encore a la fin de quelques mots ( Voy. diutitis et conventus, 3" ligne) ; la haste du t dépasse à peine la barre; on y trouve même encore un d minuscule {Voyez le mot domino, 3' ligne), et il en existe encore plusieurs autres dans la suite de la charte.
Les raisons qui feront dater du milieu du xiii' siècle le fac-similé n* fc2, se puisent dans les S capitales nu commencement et à la fin des mots, dans l s a à double panse et dans les t dont la haste dépasse toujours la barre. Mais c'est surtout la forme des lettres À hastes et a queues qui détermine l'âge do cette pièce. Os lettres se distinguent par des traits déliés recourbés vers la droite commo dnns la cursive. Les Bénédictins avaient bien reconnu que ce caractère était propre aux 'écritures que nous examinons. « Rien ne désigne mieux le xiir siècle, disent-ils, quo Vf à queue tournée vers la gauche cl recourbée vers la droite. Ce caractère doit affecter en même temps toutes ou la plupart des lettres doul les queues descendent, commo le g, le p, le q et l's. » Une autre observa- 'l'io, conclure d'après un fait particulier. Le lion des mêmes auteurs, que rapporte .M. de modèle précédent présentait une écriture Waiîly, s'applique au d de la période gothidéjà relâchée qui semblait annoncer que l.i que. Après avoir rappelé que le liait exco-
WCTIONNaIUE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE.
danldu d s'était d'abord élevé verticalement, puis en ligne dhgonale dirigée vers la gauche, iis ajoutent qu'il était plus ordinaire au xih' siècle de voir l'extrémité de ce Irait un pou relevée en courbe ( Voyez les d du facsimile n" 40), cl que dès le commencement du xin" siècle on avait aussi brisé c trait pour le ramener horizontalement vers la droite. On comprendra facilement, ainsi que le fait observer l'auteur que nous venons de citer, que les d qui moulent obliquement vers la gauche sans se recourber à leur extrémité, oui donné naissance aux d à tète recourbée comme ceux du fac-similé n* 40 ; et que de ceux-ci sont né* les d dont la tétc se brise et revient horizontalement vers la droite. {Voy. le fic-simile u*42.) Cependant celte déduction généralement vraie, souffre une exception dans le fac-similé n* 'il, lequel, bien que plus récent que le précédent, où le d affecte la forme recourbée au sommet, renferme cependant des d h montant diagou.il coupé seulement a angle droit par un Irait délié. Il esl vrai que ce modèle peut avoir é;6 dressé par un écrivain âgé qui aura conservé quelques li .ibilu les de l'époque antérieure.
L'écriture minuscule se soutient encore dans quelque chartes jusqu'au commencement du xiv* siècle, mais il semble que ce n'est plus que par exception, tellement la cursive est devenue générale , et sa physionomie est sensiblement empreinte de. la forme de celte dernière, à moins de cas particuliers où elle conserve tout à fait le tjpc de l'écriture des manuscrits.
De la cursive gothique dans les chartts et les manuscrits.
L'écriture cursive romaine étant tombée
peu à peu en désuétude pendant le cours du x* siècle, on ne rencontre plus guère que de la minuscule dans les actes des d -ux s ècles suivants. Mais au xnr siècle, une réaction se manifesta, et la cursive gothique tendit à remplacer la minuscule dans les diplômes. Nous en avons déjà vu quelques symptôme* dans le fac-similé n* 40. Le caractère se précise davantage dans le fac-shnile n* 41, qu'il ne faut pas regarder comme un modèle d<i genre; cl on le trouve nettement formulé dans le fac-similé suivant, où les 'liaisons de lettres cl les abréviations qui s'y rattachent, les hasles recourbées et prolongées démesurément, ne laissent plus de doute sur la qualification de celle écriture.
Il serait superflu de nous étendre longuement sur les caractères qui distinguent la cursive delà minuscule; c.ir la physionomie de la première est tout à fait différente de celle de la secundo; cl, à mesure qu'un avance dans la période gothique, les différences se tranchent de plus en plus, cl les lettres prennent les formes les plus irré;ulières aussi bien dans les manuscrits que dans les chartes. Rappelons seulement que l'on trouve dans la cursive des s finales doi t la forme est dérivée de l'alphabet capital ( 1 I. Cette * csl la mô ne qui offre dans la minuscule gothique des manuscrits l'aspect d'un il capital arrondi au point de jonction d«s extrémités de la baste avec les pauses. On y rencontre aussi l'a de la minuscule gothique à double pause et à double moulin», el l'a cursif; mais le mélange de ces différentes formes ne permet pas de regarder celifl lettre comme un signe dislinclif de la cursive gothique.
DédiiflreiiiL'nl ds la eu «vive gothique. N* 43. Ecriture cursive, de l'an 1255. Archives de l'Yonne.
TRANSCRIPTION
Die veneris post testum beati andree apostoli, assignatis coram nobis abbati et conventai *ancli J «bannis Senonensis ex una parle, ï'etro Guille et Jacobo preposito de Vicinis ex altéra, ad jurandum de calumpnia super contentis in pelitione dictorum abbatis el con voulus, comparentibus in judicio coram nobis pro- -curatorc dictorum abbalîs el conventus pro ipsis abbate el convenlui; cldiclis-
(I) «Il n'est pan f:wril«, «lit M. de WallW , de «atsir les réunion des deux pan«tn. Mai» on reconnaîtra qu'il ne fai'i rapport qui lient ers deux lettre*, aciused'ela réunion du pas ihoreher d'autre origine a. l'a Pnalede 1* CUMixep'H"crurlit>t iu'.éricurdc l'a s\pc la piAse supérieure, et d.- h que si l'on veut auivro pas a. pas ses irausforuisiion» iuC' a>*c;ioo uoutcUc de la oarUe de U lettre où s o, éra la ceasives. »
yen* - \CkJ^ c /V
ECÎl ECR 3 0
Peiro et Jacobo pro se; prestilum fuit ab cisdem Pelro et Jacobo et ab eodcm procuratore in animas diclorum abbatis et convcnlus et in suam calumpniam
L'écriture da fac-similé qui précède est très-irrégulière et demande un examen particulier. — Première ligne. Le mot die commence par un d dont la panse est ouverte et incline vers la gauebe. Le v de veneris est à peine tracé par une ligne concave recourbée aux deux bouts; une virgule sert de signe abrévialif. Les trois dernières lettres du mot post ont été «formées à la manière moderne: V» rattachée à la panse droite de l'o est à peine tracée et la haste du t dépasse démesurément la barra. Dans festum la liaison des deux lettre* st change tout à fait leur aspect. L'r du mot andree forme un angle très-ouvert par sa hasle qui s'incline à gauche, et sa barre qui penche vers la droite; on verra dans la suite de ce facsimilé cette lettre, qui dans sa forme primitive a la forme du 2, en modifier de plus en plus l'aspect, de manière que sa téle disparaît dans la lettre précédente, et que sa queue se relève presqu'au niveau des autres lettres. Dans le mol assignatis le g a la queue recourbée vers la droite et il y est surmonté d'une espère d'à cursifbané en signe d'abréviation. L'a du mot coram prolonge sa hasle en haut de la lettre et donne au signe abrévialif l'aspect d'un d. Dans le mol abbali la panse de l'a est à peine accusée, le premier 6 n'a point de panse, le trait abrévialif tranche les deux b cl l'i final qu'il dépasse. — Deuxième ligne. L'j du mol sancti lient de la capitale cl de la minuscule, l't final recourbé d'un côté sur la téle du c remonte de l'autre par un trait délié pour tracer l'abréviation au-dessus de la ligne. Dans le mol Johannis on trouve deux traits abréviatifs, le premier convexe tracé sur l'o et quiparatt inutile, et le second horizontal embrasse les trois dernières lettres; l'i, quoique mal figurée, est ordinaire dans la cursive gothique: l'abréviation du mol Senontnsis part de l'n Gnale, qu'elle surmonte. Dans le mot ex la traverse droite de Vx descend bien au-dcs>ous de la ligne. Dans le
N 14. Ecriture cursive gothique de Van 1275. Archives de l Yonne , fonds de l'abbaye de
Jieigny.
mol preposito l'abréviation est représentée par une virgule; le premier/) n'a poinl de panse, l'o du milieu est ouvert et se lie avec l*i qui suit, le t final ressemble à un c. La parlie supérieure de Ve du molrf#, au lieu de se recourber de manière à former la barre comme dans l'eoncial ou minuscule, se prolonge à droite par un trail saillant. Celle manière se retrouve dans tous les e finals de ce fac-similé, tandis que ceux de l'intérieur des mots ont leur barre tranchée vers la gauche. — Troisième ligne. Dans le mot vicims nous trouvons le v que nous avons décrit au mot veneris première ligne. Remarque! le c capital du mol calumpnia La panse du p dans le mol super ne se rattache pas à la haste. Le t du mol conlcnlis ressemble à un c; ce qui a lieu plusieurs fois ( Voyez le mot conventus, k' ligne ). —Quatrième li^ne. Remarquez la liaison des deux lettres c 0 du mol diclorum; le «rail abrévialif supérieur remplace les lettres ici /, IV est tranchée d'un signe abrévialif bien connu. Dans cornpurcntibus, l'abréviation des lettres ut est figurée par une espèce de 3 qu'il est ord;naire «le rencontrer pour ecl usage. — Cinquième lig%\e. Le c de la deuxième syllabe du mol procuratore qui commence la ligne, c>t tellement lié à l't» suivant, qu'il ressemble à un 0. Le mot per mal écril rsl cependant abrégé à l'ordinaire. — Sixième ligne. Lo crochet de l'r du mol Petro forme un a avec. la panse gauche de l'o suivant. L u final du mot prestilum est surmonté d'un signe abrévialif qui se rattache à celle lettre par un Irait délié. Le d du mol cisdem ressemble à un 0 ouvert el surmonté d'une rà croclx l développé sur la droite ; ce dernier trait n'est autre chose que l'abréviaiion des lettres em. —Septième ligne. Le p do procuratore e>t chargé de linéaments redoublés qui représentent les lettres ro. L'a de suam esl surmonté d'un trail abrévialif rallaché à la hasle de cette lettre par une liaison.
C*ece ™6£ txrmÊr
TRANSCRIPTION
(n nominc patris et fîlii et spirilus sancli amen. Universis présentes lillcras tnspeeluris, Officialis Autissiodorcnsis sahitcm in domino. Nolum facimus quod la prcsenlia Beraudi clerici nostri jurali a nobis propler subscripla audiendj cl loco nostri tveipienda specialilcr dcstinaii cui quantum ad hoc vices noslras totaliterct indubitanler duximus commilleudas constituta nobitis millier Mabilla dotniiia de Bcssiaco compos mentis existent ot in bono ac laudabili proposito perseverans consideraus etiam cl alleudens quod nichil morte cerlius et nichil incerlius
Le fac-similé qui procède a été tracé par une plume nette et hardie; on y voit encore quelques éléments minuscules. Mais le prolongement des haslcs et des queues en traits déliés, et l'usage de rattacher presque loules les abréviations à quelques-unes des lettres, donnent tout à fait à cette écriture l'aspect cursif. Nous remarquerons, à propos des signes abrévialifs, qu'ils sont généralement semhlahles cl figurés par un li ait horizontal, malgré la différence des lettres ou d<*s syllabes qu'ils représentent. — Première ligne. L'a ti'universis prend la forme d'un v dont le mon» tant de gauche est développé outre mesure du rôlé gauche et se rabai sur l'n. suivante par un trait délié; les cinq jambages qui suivent sont indistincts à défaut d'un accent sur l'i; \'t qui descend verticalement au-dessous de la ligne décrit une courbe allongée qui remonte sur sa télo : toutes le* s autres que les finales affectent cette forme. — Deuxième ligne. Le t à'inspectaris se boucle sur la gauche pour se réunir au c précédent, suivant l'usage; mais il n'arrive qu'à prendre avec
celte lettre l'aspect d'un a. Officialis commence par un o capit/il. Remarquez également l'n capitale du mot notum, dont le premier jambage descend au-dessous de la ligne; le dernier jambage de l'm finale du même mol décrit une courbe lrès-pro!ongée. Le B de Btraudi,3* ligne, est de forme capitale, mais il est tout à f-.it détourné du type primitif. — Quatrième ligne. Remarquez l'abréviation du mol et, dont le sommet, recourbé vers l.i g.uirhe, descend par une liaison jusqu'au piéd du signe. L'a supérieur abrévialif du mot quantum est tranché horizontalement. — Les ligues 5' et 6* n'offrent que des difficultés déjà étudiées. --Septième ligne. Dans le mut mentis , le troisième jambage de l'm décrit une courbe vers la gauche pour aller tracer l'abréviation des letircs en. — Huitième ligne. Dans les deux mots nichil, la lettre t nY»t pas distincte de I n ; il en est de même dans le mot incertius, où l't ressemble au premier jambage d'une m. Celte confusion de l'i avec l'u et l'm est fréquente. Remarquez aus>i que le c du mot cet tins ne diffère en rien du t.
N* ko. Ecriture cursice gothique de Van 1303. Archives de l'Yonne, fonds du chapitre de S (tu
^jcndsf, KrnaYr) J+*n jujxr Çâtr wt^ie ffca m«%âu0 eutxC ut*" ^u^xcnQàuT&m^atnué et CApitultP trou»* rawvuJÇ mr^w^VKt»*
TRANSCRIPTION
riiilippus Dei grali.i Francorum rcx, universis présentes litteras inspecluris saliifcm Nolum facimus quod olim questionc suborta inter no« ex utia parle et decanum et capitulum Senoncnsem ex altéra super refectione poMis de Pontibus super \on «m facta super hoe inqucsla de mandato curie nostre prnnuneialum fuit dietos decanum et capitulum ad die.ti pontis refectionom leneri quod pronunciatum dicli decanu* et capitulum mullis ratiouibus impugnare...
Olte écriture a un aspect plus carré que les précédentes, et celte forme écrasée deviendra de plus en plus caractéristique de lacursive. I/i lecture du fac-similé n* ko ne rencontre guère de difficiles. Les deux capitules qui comimicent lu première ligne sont
les initiales du nom du roi; il était d'un usage très-fréquent au moyen âge de reptésenlcr ainsi les noms propres. Les abréviations que l'on trouve ensuite, en assez grand nombre, sont d'un déchiffrement facile. Retnarmioz seulement celle du mot salutem, 1"
ECR
ECU
ligne, qui part de la tête de \'$ el tranche la avec la barre du t suivant, tellement qu'on
lettre / par un trait onduleux. 11 y a aussi a peine à dire si ce sont deux c ou deux r qui
certaines lettres qui se confondent avec cel- se suivent ; il en osl de môme de IV et du t
les qui les suivent: telles sont le c de refec- du mol parle, 3' ligne; le crochet de la prc-
tione, 3'ligne; celui de facta, h' ligne ; dere- mière est absorbé par la barre du second. ftctioncm, 5* ligne, dont la téte ne fait qu'un
If 46. Ecriture cursive gothique tirée d'un manuscrit d'environ Van 1380. Bibliothèque
d'Auxerre, manuscrit n* 80.
iptuty \cfctit makte \u t&a*»
****** *o#h*Gp>j&çfk fn Jisfte
TRANSCRIPTION
Dicit etiam Auguslinus, libro octavo de Civitato Dei, quod Socrates primas inter philosophos philosophiam convertit nd mores, cum omnes ante illum magrsTialuralibus inlenderenl; hac autem ralione fecit Socrates, ut ibid«m à ici t Augustioua, ut deprimentibus libidinihus rxhoneratus animus ad noiieiam divinorum ascendore posset,abi tanquam in suo fon- • te, omnes reram causas inspiccrel : sicutenitn candela madefala vix polest accendi, aie in corde plenocarnali concupiscenlia lumen doctrine vix potest suscipi;
De nombreutes abréviationi rendent le fac-similé qui précède d'une lecture difficile. Nom allons les examiner en détail. — Première ligne. La barre du t , dans etiam , recourbée vers la gauche, forme le signe abreviatif. Le mot libro est figuré par les deux let-
temps ; les deux premières syllabes inter sont abrégées par un trait horizontal qui remplace la lettre r, mais pour les trois dernières une virgule superposée au c supplée à l'o de la syllabe do et aux lettres er qui suivent le c; de sorte qu'il faut deviner l'ex-
tres initiales accompagnées de la lettre finale pression de ce signe plutôt que de le déchif* sur le côté; ce mode d'abréviation est très- frer régulièrement. — Cinquième ligne. Le
usité dans les livres do scolastique, et l'ex plication des mots qui sont ainsi tracés est très-difficile. Le chiffre 8 surmonté d'un petit'indique le numéro d'ordre du livre. Le mol cantate est abrégé par la contraction de l i syllabe fa et l'élévation de la syllabe te audessus de la ligne. — Deuxième ligne. Le mot philosophos n'est exprimé que par les deux lettres initiales et finales surmontées d'un trait fin qui indique l'abréviation. — Troisième ligne. Le même procédé de contraction a été suivi pour le mol philosophiam. Le met convertit commence par le signe 9, dont l'usage est fréquent ; la syllabe er est indiquée parla virgule superposée au v. — Quatrième ligne. Le mol magis est abrégé par un Irait qui part de la téte du g et se recourbe vers la gauehe. Le mol naturalibus renferme deux abréviations, l'une représente les lettres «fur et reçoit la fn i m d'une r, l'autre, la syllabe us. Le mot suivant est une preuve entre mille de la liberté avec laquelle on abrégeait les mots dans les manuscrits de ce Diction n a irr do Diplomatiqib.
mol hac est représenté par la lettre initiale, à laquelle se rattache un trait courbe abrévialif. Ratione est figuré par les doux lettres ro surmontées d'un trait abréviatif —Sixième ligne. Le t du mot ut est confondu avee la queue de 1/ supérieure et ressemble à un o. On trouve dans le mot deprimentibus le premier « qui est semblable à un c; la syllabe pri figurée par un p surmonté d'un t abréviatif; la syllabe mm privée de I n que signale le trait horizontal supérieur; et enfin un b éleva au-dessus de la ligne et accompagné du signe us, lesquels indiquent l'abréviation de la syllabe fi et la fin du mot. Le mol suivant est abrégé par contraction de la syllabe ni. — Septième ligne. II manque dans le mot exhoneratus les lettres er, qui sont indiquées par le signe placé sur le premier jambage de 1 « , la syllabe us est représentée par le signe ordinaire. Dans animus il y a une première contraction des lettres n et m et le signe 9 remplace la syllabe tu. On trouve dans dominorum les lettres din surmontées d'un trait
abrèvlaUf qui indique I i contraction des lettres om — Huitième H me. La dernière syllabe du mot tanquam est formée d'un 9 surmonté d'un signe nhrévialif qui remplace i'm et dont la queue est tranchée par un autre rsne suppléant les lellrei ua. — Neuvième ligne. Dans le mot omnes, la contraction des lettres ne «si indiquée par le trait horizontal supérieur, et l's finale ressemble à un jamh.igô d'm prolongé au-dessous de la ligne. Le mot causas est abrégé souvent de cette manière. — Dixième ligne. Dans le mot potest ,
N* 17. Ecriture cursive gothique de Van H03. Charte de l'abbaye des Echarlis. Archives d$
l'abréviation qui tranche la queue du p est imperceptible; les lettres est sont indiquées par le signe qui se relève au-dessus de la lélo du t. — Onzième ligne. Dans concupiscentia, la première syllabe est abrégée à l'ordinaire; mais les retires pin surmontées d'un traitindiquenlia contraction des lettres isetni. — Douzième ligne. Dans le mot limine les deux i ne se distinguent point des jambages de I'm; l'n £st désignée par un trait supérieur.
taft
l'Yonne
TRANSCRIPTION
De quibus cisdem pictalis inluitu remisimus undecim, reliquos uv nostro certo mandalo Parisiis infra proximam ualivitatem sancli Johannis Baptiste solverc promisit idem coabbas aut suivi facere iulegraliler et complète. In quorum (estirnoiiium contrasigillum noslrum presenlibus duximus appendeudum. Datum in Divione vu die mensis januarii anuo dotnini inillesimo cccc ino octavo.
On remarquera que récriture du fac-similé peuvent recevoir une explication rationnelle
n* V7 t.-i plus relâchée que celle du n" 16; Les lettres à haslcs et à queues prennent des
ce qui lient à la différence d'origine des deux développements exagérés : telle est la hasie
pièces : l'une étant tirée d'une charte et Pau- du b do baptiste, 3' ligne, et le d de datum 5'
ire étaul extraite d'un manuscrit. Les abré- ligne, qui tient la place d'un d capital eu
viaiions sont aussi moins extraordinaires cl grossissant sa forme outre mesure.
N* k8. Ecriture cursice gothique de l'an iWft. Churte d* l'abbaye Saint-Marien. Archives
de l'Yonne.
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TRANSCRIPTION
A tous ceulx qui ces présentes leclrcs verront Pierre d'Appoigny l'ainsncl conseillier du roy nostre jire cl Simon Tribolc gardes du scel dudil seigneur en la prcvoslé d'Auccrre salut. Savoir faisons que pardevant Laurcns le Seurre clerc nolaire juré du Roy uoslre dit seigneur en la courl do ladite prevosté, fut présent en sa personne Jehan des Vignes
La première ligne du fac-similé n* 48 est lellre et la rendent niée mnaissaMe. Le rcs'e
en écriture mixle, sorte de caractère dont il du fac-similé est en cursive liés régulière;
aéra parlé Ci-après. L'A initial est emprunté il y a peu d'abréviations difficiles à lire. Ou
à la capitale ainsi que le t du mot tons. Des peut çiler celle de nostre sire (2* ligue), qui
unir m ci::? superflus chargeai la première est double : le trait supérieur qui part du l'<
el louche à l's cl décrit une grauJe boucle dont la queue s- prolonge à droite» supplée à l'absence des lettres ost, du mol nosire; el l'espèce de; qui se rattache à la boucle dj Vs remplace les lettres tr du mot sire. Le mot seigneur, dans la 3* ligne, est abrégé à peu près de même que le mol sire, si ce n'est que le trait abréviutif est terminé parle crochet d'une r au lieu de l'être par un e. ( Voyex le même mot 5' ligne. ) Les lettres capitales qui sont répandues dans ce fac-similé subissent l'influence du milieu où elles se sont
produites : la plupart d'c.ilre elles ont perdu leur forme pure pour recevoir des modiûca lions cursive* \ oyez l'R du mol roy, 4J* ligne, qui n'a pas de queue; l'Ë du mol et, 3' ligne, dont la barre es! n mplacée par un Irait ondulé; l'S de savoir , 4* ligne, qui ressemble à un 8 ouvert par le haut el tracé irrégulièrement ; TE du mol Laurent, môme ligne, qui a presque l'aspect d'une / majuscule manuscrite de nos jours, sinon que la barre inférieure remonte trop haut.
N' 49. Ecriture cursive gothique. Acte de Van 1541. Archives de r Yonne.
c a. A* /«*> t — ■~H(~h-i Ctv «
TRANSCRIPTION
Costurier, le nourrir el haberger. Et ce moyennant le pris el somme de douze livres tournois que ledit de Chastelu sera tenu paier assavoir six livres lournois à la Toussaint prochenemenl venant, et le reste au derrenier jour de maj ensuivant. Obligeant, etc. Presens a ce maislro Jehan Jobert licencié en loys cl Loys Chrcslien grelOer de l'offlcialilé d'Ane rre.
Le fac simile précédent est un échantillon île la cursive négligée, dont on fil un si grand nbus an xvi* siècle, mais on n'est pas encore arrivé dans ce morceau à une très-grande confusion, À l'exception de quelques mots. Nous allons l'examiner avec quelques détails. — Première ligne. VI du mol le est d'une grandeur disproportionnée avec Pe suivant. Dans le mot nourrir, le premier jambage de Vu est confondu avec le côlé droit de l'o précédent ; le trait qui forme la première r a été fait du môme coup de plume que Pu, son crochet est à peine sensible ; la seconde a son crochet au-dessus de sa panse cl ressemble nus r cursives que nous traçons aujourd'hui. L'A du mol haberger n'a qu'une hasle dans la ligne de laquelle la panse csl à peine indiquée. L'e du mot et ne conserve presque rien de ses caractères réguliers. L'abréviation finale du mol moyennant à\à forme d'un d et représente cependant les lettres nt. — Deuxième ligne. L'e du mot le est dépourvue de trait supérieur; dans pris, le crochet de l'r prend un développement exagéré. L'o du mol somme confond ses panses dans les lettres qui l'entourent, le trait convexe qui le surmonte indique l'absence de l'm. Dans le mot douze, la panse dn d prend un tel développement, qu'elle rejointlc sommetdu montant qui est bouclé. Remarquez l'indislinclioo des lettres ter dans le mot livres, ce qui est dû à l'absence d'accent sur Pi; le crochet de l'r se confond aussi avec la partie infé-
rieure de Ye. On ne distingue dans le mot tournoi* que les (rois premières lettres et le second jambage d'une n qui descend au-dessous de la ligne; l'abréviation qui surmonte le mot est placée assez loin. Dans le mol suivant, la queuo du q remonte par un trait iiutssif se rattacher au premier jambago do Vu, L'abréviati-on du mot ledit forme un trait courbe qui part de la boucle du montant du d. — Troisième ligne. Remarquez dans Chastelu que le c a perdu le crochet supérieur qui se fond dans la boucle de la lettre h. Dans sera, \'s forme un trait grossier rattaché a Pe qui s'élève au-dessus de la ligne. L'abréviation du mot assavoir est indiquée par un long trait qui s'arrondit au-dessous «le la ligne cl remonte comme pour so rattacher à I r finale qui s'élève au-dessus do la ligne. Le mol lournois est abrégé ici autrement que dans la deuxième ligne : il n'y a que le t initial suivi d'une r et d'une n de laquelle part uq signe abréviatif des autres lettres. — Quatrième ligne. La fin du mot Toussaint présente une confusion inexplicable par suite des traits superflus ajoutés à Pn ; une virgule suit ce mot comme après celui de Chastelu. On trouve dans le mol prochene* ment plusieurs abréviations : le p, quoique dépourvu de signe abréviatif, représente, avec le petit crochet de sa panse , les lettres proc; viennent ensuite les lettres hen suivies de traits compliqués qui licnnenl lieu des let« très cment. Venant ne contient que le v ini-
DH'.UONNaIRE DE DTLOMAllQL'E CHRETIENS.
liai nuqJiel se rattache un signe d'abréviation. Le «lu mol et, au lieu de se recourber vers la droite dans sa parlie inférieure, se relève vers la gauche en forme d's. Nous avons vu un ede mdmc figure dans le mot ett 1 " ligne. L'r du mol restent de forme capitale, mais tracée confusément et dépourvue de sa queue. Remarquez dans le mol derrenier les deux r, doat la première n'a qu'une h as le et pas de crochet, et la seconde une panse el un crochet très-déveSoppé; le rcsle du mot e»t remplacé par le trait vertical qui est raltaché à la s-condo r. — Cinquième lie/ne. L'e du mol ensuivant est précédé d'un liait courbe superflu ; il pari ensuite de la lettre s un long jambage qui forme bourle cl revient sur lui-même se terminer par un crochet; c'est l'abréviation des l 'lires uivant. Ce sitjne et les suivante peuvent donner une niée de l'abus des abréviations que faisaient lc> écrivains. On trouva dans les traits qui viennent aptès en suivant, les lettres oblg (obl.g aiil). ren (renonçant) ; c'était le commencement des lormub s employées à la ûn des conlra'.s. Le p du mot présent a une queue beaucoup trop petite pour sa panse; le moi est abrégé par un IraU qui touche aux jambages de la ligne supérieure. L't du mol viuislrc est à peine indiquée par un délié qui se rallachc à I**. — Sixième ligne. Les lettres r/i du mol Jehan sont confon lues avec la queue de Yy du mol wr/yde la ligne supérieure; l'a est ouvert comme un u.
L'o du mol Joberl rattaché au J précédent, ne présente plus qu'un crochet, cl la boucle de Ye du même mol est grossie démesurément de la haste de l'r qui s'y rattache. Le mol et présçnte un e dont la parlie inférieure est à peine tracée el dool le haut se rattache au /. On retrouve encore dans le mot Chrétien l'ancien usage des lettres grecques XP pour exprimer les composés de Christus. Le signe abrévialif supérieur indique les lettres est.
Ag" de la cwrsive gothique.
Les auteurs dip'omatistcs sont d'avis différents pour fixer l'époque à laquelle on a commencé a employer la cursive gothique. Les Bénédictins fout remonter celle écriture au commencement Ju xur siècle, tandis que M. de Waiily ne la reconnaît que depuis la deuxième moitié du même siècle. Toutefois celte divergence d opinions lient plutôt à des nuances peu sensibles dans la manière d'interpréter le môme fait qu'à de véritables distinctions. Ainsi l'auteur des Eléments de paléographie déclare qu'il est impossible do trouver une division qui soit assez, nette, assez précise, pour être appliquée sans difficulté a de* écritures de transition qui appartiennent en même temps à deux espèces différentes, cl auxquelles, par conséquent, le» qualifications de cursive ou de minuscole ne peuvent convenir d'une manière absolue, lîn conséquence, il place des écritures du genre des fac simile n**8 40 el ki dans la minuscule plutôt que dans la cursive, tandis que les Bénédictins font le contraire.
Il n'y n pas de doute sur l'existence de certains éiéments de l'écriluro cursive dès le commencement du xm siècle ( Voy. le facsimilé n° 40, qui est de l'an 1402) ; mais peuton regarder ces caractères comme suffisants pour classer la pièce où ils se rencontrent dans In curfive? C'est là toute la question. S:ins rien préjuger au fond, on peut tenir pour certain qu'on IrfMive déjà, dans le cours de la première moitié du xur siècle, bien des actes dans lesquels la enrsite se manifote plus ou moins, mais qu'elle esl toul à fait caractérisée après 12'i0. {Voy. le fac-similé u- 43.)
Si nous entrons dans quelques détails sor les moyens de discerner l'âge de l'écriture cursive, nous trouverons dans la persistance de- certains caractères minuscules l'indice de l'époque où cette écriture était encore en vigueur dans les chartes. Mais à mesure qu'on s'éloigne du xm* siècle, les formes dont nous parlons disparaissent et sont remplacées par des traits bizarres tout à fait étrangers aux allures de l'écriluro régulière.
Le d. selon M. de Waiily, est une des lettres qui peuvent servir à fixer l'âge de U cursive gothique. L'absence de boucle indique encore l'influence de la minuscule dans la pièce n* 43, qui est de l'an 1255. On remarque aussi dms le même acte des «finales minuscules cl des t dont la haste ne dépasse pas la barre. Il n'y a poinl d'à à double panse.
Lorsque le montant du d se recourbe en boucle déliée, comme dans le fac-similé n'44, « cette mode, disent les Bénédictins, se place entre le milieu du xm* siècle et celui do xiv siècle, quoiqu'elle ne laisse pas de s'étendre considérablement au delà de ces bornes. » Le t affecte encore tes la figure roiuuscule; la barre est partagée en deux parties à peu près égales, et la haste ne la dépasse pas. Les a sont indifféremment minuscules, à double panse el cursifs; la première figure indique les temps voisins de l'usage de la minuscule diplomatique : elle ne se trouverait guère dans des actes du xiv* siècle. Oo ne voit plus que des s capitales à la On desmots.
Il existe une différence marquée entre le fac-similé n* 45 cl les précédents : les traits en sont écrasés et massifs; ce qui devient le caractère des écritures curstvcs des temps postérieurs. L'a minuscule est partout remplacé par l'a cursif, et au lien de déliés on ne trouve plus que des traits pleins. Le crochet de l'r minuscule s'écarte beaucoup de la haste; d'autres r prennent la forme ronde.
Le fac-similé n* 46 est du genre de celle cursive que M. Guérard appelle scolastique, à cause des abréviations sans nombre que les écrivains disputcurs des écoles du rnoun âge y ont introduites. On n'v trouve plus rien de la cursive du xm* siècle. L? f a la barre tracée sur le côlé droit, et sa haste pointue dépasse la barre; l'a esl -cursif, la boucle do Ye se relève en dessus; ce signe est fort rare au xur siècîe, mais il devient géuéral aux xv* et xvi* Merles. La boucle du a esl épaisse cl peu développée. Un dernier Irait de l'iori-
lure tle celle époque que signale M. de Wailly, c'est qu'a partir de la deuxième moi* lie du xive siècle, l'o s'ouvre par le haul cl recourbe son côté gauche pour s'unir à la lettre précédente.
Ou j>e irouve p!u*, dan» le fac-similé n* 47, que des formes lout à fait gothiques; les lel rcs sout écrasées el penchées vers la gauche. La boucle de l'e se relève toujours cl se rattache à la lelirc suivante. Les s finales sont imitées du B capital, comme dans la minuscule gothique du xv* siècle. On rencontre déjà quelques r formées d'une haste el d'une
tanse, comme dans les mots contra sigillum, ' ligne, eljanuarii, 6* ligne. Mais celle lettre esl bien moins fréquente que dans le facsimilé suivant, où elle domine presque seule, sauf dans deux mots où se Irouve l'ancit-une r, quK ressemble un peu au chiffre 2.
Dans ce dernier fac-similé, n 48, qui date de 148V, l'allure do l'écriture est encore plus massive que dans le commencement du xv* siècle, et les lettres à panses et à hastes dépassant la ligne sont tout à fait dégénérées. La lettre c n'a plus qu'une haste de laquelle sort un (rail horizontal qui forme la boucle. Le p prend quelquefois la forme d'un x cursif moderne dont la queue descend au-dessous de la ligne (Vcy. le mot parâcvunt, 4* ligne). Ou le trouve déjà sous cet aspect dès H; milieu du siècle. Les 5 Gnalcs ont pris la figure d'un 6. Lorsque le t est placé dans le corps d'un mot, »a haste se prolonge et so r< courbe eu Irail délié : ce qui, selon M. do Wailly, esl un caractère de plus en pins prononcé dans l ecrilure gothique en général depuis le commcncciuenl du xv' siècle. Lorsqu'au contraire le ( esl final, sa haste devient carrée et la barre sort du pied de la lettre.
Dans le fac-similé n* 49, les lettres sont souvent dépourvues de leurs éléments constitutifs; celle négligence esl un caractère particulier à la corsive gothique du xvi* siècle, el nous n'en donnons ici qu'un faible échantillon déjà mélangé d'écriluro romaine reuouveléc. Car, si d'un coté on trouve encore lc'c figuré p ir une hasle el son crochet supérieur rattaché à la lettre suivante, on lo voit aussi dans la forme régulière ( Voy. le mot c«, 5" ligne). Les s et les s finales sont bien de figure gothique, mais certains a, les r et les t sont empreints plus ou moins du cachet de l'écriture nouvelle. Ce mélange donne au fac-similé une physionomie ' peu nette et propre aux écritures des époques de transition.
Nous pensons que malgré l'insuffisance de ces remarques on ne laissera pas de pouvoir saisir les différences qui existent eutre les écritures cursives gothiques. Képélons-lc en finissant cetarticle, il règne la plus grande variéié dans ce genre d'écriture, où chaque écrivain était libre de suivre les caprices du sa plume. Dans les manuscrits, où la cursive ne se montre guère avant le xiv* siècle, les abréviations les plus bizarres couvrent les mots. Dans les chartes , suivant qu'on examine une pièce émanée de la charcelle-
(t) Tcrae I, p. 407
Ecn 'm
rie royale ou une minute d'un griffe de village, on Irouve, à la même date, dus différences considérables. Enfin, il n'y a pas d'époque où il y ail en plus d'exagération dans la manière de tracer les écritures qu'aux xiv', xv* et xvi siècles.
Ecriture mixte gothique.
Dans la première période on a désigné sou* le nom d'écriture mixte une cspèon de ciractèrra qui emprunte ses élément* aux autres écritures, de manière à ce qu'il n'y en a aucune qui domine ; mais il s'agit ici d'un genre d'écriture lout différent. L'écriture mixte de la période gothique, qun l'on rencontre dans les chartes comme dans les manuscrits, loul en étant aussi régulière et aussi nelle que la minuscule, emprunte 4 l'alphabet cursif un certain nombre de lettres qui la distinguent de la première. Nor.§ n'en avous donné qu'un échantillon dans 1<i première lignedu fac-similé n* 48. On peut y reconnaître la distinction donl nous parlons. Nous terminerons cet article par les remarques suivantes empruntées aux Eléments de paléographie (1) : o L'écriture mixte de la* période gothique lient du la cursive par la forme des lettres a, b, d, f, h, l, et s, el de la minuscule par la régularité des caractères el l'absence de liaisons. On aurait pu sans doute la rattacher a l'un ou à l'autre genre, el lui donner par exemple le nom de cursive distincte, de même qu'on a trouvé dans les chartes de la première période une écriture
Sui, à la rigueur, constituerait un genre parculier, clqu'on n'a cependant considérée que comme une espèce de minuscule. Mais si la minuscule des diplômes diffère de celle des manuscrit par le développement des hastes el des traits excédants, elle s'y rattache essentiellement cl par lu forme des lettres et par l'absence des liaisons , Un lis que l'écriture mixte de la période gothique lient à la minuscule el à ta cursive par des rapport* également essentiels. »
« La formation de. réc riture mixte gothique, observe encore M. de Wailly, peut, s'expliquer de la même manière que celle do , l'écriture mixte de ta première période. Eu effet, la minuscule gothique avec ses lettres anguleuses, et pour ainsi dire taillée* à facclles, ne devait pas être moins lente ou moins pénible que ne l'avait été l'onciale ou la capitale ; et de même que l'on avail senti autrefois le besoin d'employer des caractères plus faciles à tracer, on a dû naturellement chercher, dans le cours du xiv siècle, à composer une écriture qui participât en mémo temps de la rapidité de la cursive et de la régularité de la minuscule Par cela mémo
que celle écriture intermédiaire participe à la fois de la minuscule et de la cursive, ou peut en conclure d'abord qu'ello est nécessairement postérieure au temps où l'on commence à rencontrer la minuscule goUiique dans toute sa pureté, c'est-à-dire aux premières années du xiv* siècle, et en second lieu qu'on peut lui appliquer ta plupart des
règle? qui servent à fixer l'âge des deux écritures dont elle emprunte les caractères (1). »