‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 141 sur 455 · GO · texte numérisé non relu

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EPJSCOPUS (Voy. Evôqoe).

EPISÈMK bay (Voy. Ceirnss des Grecs bt dbs Romains).

EP1TRE, epittola. Le nombre des pièces qa*oo peut ranger dans la classe des épltres est considérable, bien que cependant elles n'aient ni salut ni adresse, caractères distinclifs de l'épltre; toutefois elles n'en portent pas moins le nom. Il n'est pas rare de trouver des actes qui reçoivent tour à tour le nom de chartes et celui d'epltres. Cette confusion d«* deux termes dont la valeur absolue est si différente, peut s'expliquer par l'usage où Ton était de rédiger un grand nombre d'actes sous la forme d'éptli es. Il y avait des épltres de donation, de testament, de cession, d'adoption, de manumission, de sécurité, d'obligation, de quittance, de Nous allons examiner les principales (1).

EHtbbs d'adoption. On donnait dans ces pièces des biens à charge de salisfairo aux besoins de la personne qui s'en dessaisissait. Ces actes étaient désignés sous le uorn de traditio rapectualis ou convenienlia.

Epistola cadtionis. C'était l'acte par lequel un débiteur s'obligeait Tis-a-vis de sou (1J New. TraUé de Diplomatique, 1. 1, p. 258 tl suit.

créancier à s'acquitter, à une époque fixée, sous peine de dommages, qui allaient même jusqu'à so réduire soi-même en servitude, parce qu'on était insolvable.

On appelé aussi autio, dans le journal de» pontifes romains, la promesse que faisait l'éréque nouvellement élu de conférer gratuitement les sacrements, de ne pas aliéner

les biens de son Eglise, d'assister aux vigil avec les clercs, etc.

Epistola collbctionis. C'était l'acte par lequel on recevait à titre d'esclave, moyennant une somme d'argent, un enfant exposé. Les caria de sanguinolente sont du même genre.

Epistola conculcatobia. Il faut entendre par ce mot l'acte qui déclare libres tes enfants nés d'une femme libre et d'un esclave. On désignait encore celle pièce par char lui i triscabina.

E pitre de donation. On a déjà vu, aux mots Chartes et Donation, des documents qui étaient de celte nature. Les épltres de donation ont reçu tant de qualifications, qu'on ne peut les faire toutes connaître. Quand les do» nations étaient faites en faveur d'une égliae,

elles s'appelaient sacrationes ou taera Dei ; l'abri de toute poursuite. Une autre espèce

les expressions epistolœ contulitionis oucon- d'épltrc de sécurité consistait en an acte par

tulationis , epistolœ firmitatis , désignaient lequel on reconnaissait tenir des biens d'une

aussi des donations. personne ou d'une communauté à charge de

Epistola rvacoatoria. \S epistola evacuti' cens annuel et que les biens retourneraient

toria était uqe quittance qui annulait un titre aux propriétaires après la mort du tenancier, perdu après que le débiteur avait satisfait à Plenaria securitas était une formule en

sa dette; on I appelait aussi simplement eva- usage dans les tribunaux. On peut y ratla-

cualoria. Les mots exvacuatio, vacuatio, ta- cher, selon M. de Wailly, les réponses faites

cuarium, signifient une renonciation à des parles papes, les princes et même d'autres

biens cm litige. personnes. C'est ce qu'on nomme rescriptum,

Epitrb de ifATfoifissiOM ou de LIBERTÉ. La rescriptio , litterœ responsales ou respontivœ.

lettre ou éptlru dressée poqr constater l'af- Les mots visitationis scriptum au vu' siècle,

franchissement d'un esclave s'appelait, sui- et »u'#*a/icu/n au ixe se prenaient dans le

vanl les auteurs et les lieux : chartula inge- sens d' epistola. nitttatis ou libertalis charta; manumissioiiis ÈRES. atgue ingenuitatis tilulus; a\tctoritasingenui- On entend par ère les points Gxes de

tatif ; testamenliun libertatis; libellus manu- chronologie a partir desquels un com-

missionis; concessionis ingenuitas; ou seule- mence à compter les années chez les diflë-

inenl absolutio, ingenuitas, manumissio. On renls peuples.

appelait chartulati et libellant } les esclaves J. ère chrétienne. — de la passion et de affranchis per charlullam et libellum. l'ascension.

Epitrb de notoriété. Pour leschoses qu'on L'ère de Jésus-Christ on de l'Incarnation

voulait faire connaître partout, on écrivait est celle des Latins. Les Grecs et les Orien-

des epistolœ notoriœ ou notariœ. Lorsqu'on taux l'employaieut rarement dans leurs ac-

notifiail la mort du pape à l'exarque de Ra- tes publics. L'usage de l'ère chrétienne a été

venne on appelait la lettre nuntius. introduit en Italie au vi* siècle par Don js le

Epistola prec aria, pr£staria. Les épllrcs Petit, et en France au vu* siècle, mais sans précaires remontent aux temps de la répu- être bien suivi avant Pépin et Charlcmagne. clique romqine. Elles avaient en général Los auteurs qui ont fait usage de l'ère pour objet un bail à long terme ou un cm- chrétienne ne s'accordant pas sur la manière phytéose. Epistola precaria était la requête de commencer l'année, il est important de par laquelle on demandait une concession connaître les différents systèmos qui ont été de terre, epistola prœstaria l'acte même de suivis à ce sujet, pour en expliquer les couconcession. Ces sortes d'actes devinrent, poqr tradiclions apparentes. Sans répéter ce qui a ainsi dire, propres aux biens des églises, été dit sur cet objet à l'article Année , nous Ainsi faisait-on une donation à une Eglise, rappellerons que les uqs commençaient l'ancelle-ci laissait au donateur l'usufruit des née au 1" janvier,- jour de la Circoncision , biens pendant quelques années, pendant la d'autres au 25i décembre, jour de. la naissance vie, ou à litre d'empnyléose, et lui délivrait de Jésus-Christ; d'antres enfin au 25 mars, une charte précaire. L'Eglise retenait- elle sur jour de la Conception, vulgairement appelé celte jouissance qu'elle avait abandonnée, jour de l'Annonciation. Mais ces derniers un cens quelconque, le donateur faisait une variaient entre eux d'une année entière : les charte appelée prastaria (Voy. Chartes). Ces uns comptaient, par exemple Tan 1000 du 25 litres sont aussi appelés prœcaria, prestaria, mars 991) au 24 mars, 1009 ( c'est ce qu'on prœstariu v, libellus, libellarium, emphyteu- appelle le calcul pisan) ; les autres, du 25, sis, terliumgenus, exceptionis pagini, preca- mars 1000 au 2fc mars 1091 ( c'est ce qu'on tarin, deprecatura, chartu[p petitionis, com- appe'le le calcul florentin). mendaiitia. Grégoire de Tours et d'autres écrivains des

Ceux qui tenaient des biens à litre précaire vr et vu* siècles ont quelquefois commencé

se nommaient precorii, emphyteutœ, libellant Tannée avec le mois de mars, comme les Ro-

cl chartulati. mains du temps de Romulus.

Epistola prbcatoria, sugcbstionis, roga- Les systèmes que nous venons de rappor-

torlb. Ce terme s'étend à toute espèce de su p- ter, bien qoe divers, avaient tous ceci de

pliquesoude prières. On donne le même sens commun que leur année était de même du-

aux mots supplicatio,petitio, petitoria, pla- rée. Mais il n'en est pas de même de l'usage

cet, suggestio, suggerenda, conquestio. H faut de commencer Tannée avec la fêle de Pâques

observer que les termes suggestionis, suggt- Comme entre deux Pâques il y a tantôt

rendœ, ne peuvent convenir qu'aux dix pre- douze mois, tantôt plus, puisque les deux

iniers siècles; postérieurement ils seraient points extrêmes entre lesquels la Pâquc

légitimement suspects. peut varier sont le 22 mars et le 25 avril, il

Les termes epistola rogatoria s'entendent suit qu'une même année pouvait avoir deux

de l'acte par lequel on sollicitait le pape ou mois d'avril presque complets. Par exemple,

le métropolitain de sacrer un évè;iue nou- en 13V7, Pâques tomba le 1" avril, et l'année

Tellement élu. Cet acte se uommait aussi de- suivante çclte fête n'arriva que le 20i. O»

crelum. risque donc de commettre uucauuéc d'erreur

Epistola securitatis. On appelait ainsi pour tons les actes datés des dix-ucufprcuijer*

l'accord passé en»re les parents d'un homme jours d\iwil 13i7, qui n'indiqucut pas auquel

assassiné et sot» meuilriiT pour le uucUie à des deux mois d'auil la date appartient.

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