‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 157 sur 455 · I. FORMULES DR DBUOT DAJTS LES ACTES · texte numérisé non relu

I. FORMULES DR DBUOT DAJTS LES ACTES

Les formules initiales ou dedébut desacles, en général, embrassent l'invocation, la suscription, l'adresse el le salut. Quoique chacun de ces sujets doive être trailé en particulier, nous avons cru devoir jeter ici uu

provrift Ht» Pointe ira «d.

Souvenu Traite Ue Dipio:nalique,L IV, p. 87.

coup d'œil sur l'ensemble qu'ils forment dans les bulles, les actes ecclésiastiaues, les diplômes cl les chartes.

Début des bulles.

Les formules générales des bulles consistant dans l'invocation, la suscriplion, ladresse, le salut elle sceau d'invariabilité par la formule in ptrpetuum,ou telle autre. Ces quatre ou cinq caractères se rencontrent toujours au commencement d -s bulles, ensemble ou séparément,seion qu'ellessont plusoumoinssolennellcs ( V. chacun de ces mots en particulier). Début des actes ecclésiastiques.

Aux trois premiers siècles les lettres des Pères sont, dans leur début, conformes à celles des apôtres : les formules initiales sont presque les mêmes; c'est-à-dire qu'elles commencent par le nom de la personne qui écrit, suivi de ses litres et qualités, et par l'adresse et le salut.

Au iv* siècle l'usage s'établit parmi les évéques de commencer leurs lettres par l'invocation de Jé^us-Christ, suivie des titres, de l'adresse et du souhait.

Du v au xii' siècle les formules initiales furent à peu prés semblables , pour le fond, a celles des temps antérieurs, sauf les modifications et les variations amenées par la suite des siècles. Ainsi au x* siècle on voit en léle, tantôt une invocation implicite ou explicite, tantôt les dates, tantôt la suscription, tantôt simplement ; Notum sitt Noverint omnes, Sciant omnes, etc. Au n* on rencontre autant do chartes qui commencent de suite sans invocation par la suscriplion qu'autrement; d'autres vont droit au but : Sciant omnes, Noverint, elc. , ou bien elles débutent par les dates. Les actes du xur siècle ne diffèrent des formules initiales du précédent que par des préambules pieux qu'on y trouve plus souvent.

Au xnr siècle les préambules édifiants, comme les invocations et les autres indices de la piété chrétienne, deviennent plus rares, et les anciennes formules initiales disparaissent. Cependant on peut encore les réduire à cinq principales : 1* l'invocation accompagnée de la suscriplion ou de la date; 2* la simple suscriplion , souvent précédée des mots «00, nos;'d'Notum sit. Noter int universi, Sciant omnes, etc.; &-* les dates suivies de la suscriplion ; 5° uu préambule fort court, ou la forme initiale des épllres. Les chartes qui commencent par une invocation sont en petit uombre, et celles qui portent en téte la suscriplion débutent quelquefois par le nom de l'auteur, dont il n'y a souvent que la lettre initiale; alors on mut ego ou nos.

Aux xiv, xv* et xvi siècles les formules initiales se rapprocheol de celles que nous venons de voir, excepté que depuis le xvr les actes passés par -devant les notaires apostoliques ou impériaux débutenl communément par l'invocation suivie des dates.

Début des diplômes et des chartes privées.

Les monuments des cinq premiers siècles sont trop rares pour qu'on puisse présenter une connaissance bien exacte des for-

mules initiales qu'on y employait. Il eil probable qu'on y suivait le style'cicéronien, où l'on voit la suscription, l'adresse et le salul ou le souhait, comme dans cet exemple : Tullius Cictro Marco Antonio satutem. Les acles de la jurisprudence romaine de ces temps nous offrent cependant quelques décrets qui commencent par les noms des magistrats en charge, ou par des dates.

Au vi* siècle quelques monuments de Juslinien débutent par l'invocation de Jésus- Christ. On la voit de même, mais implicitement, à la téte des diplômes des rois mérovingiens, où elle est toujours suivie delà suscriplion composée du nom du roi et du titre de rtr inluster.

Aux vu* et n\v siècles les diplômes des rois commencent ordinairement par une invocation implicite ou explicite, suivie de la suscriplion el des titres. An vin* siècle les chartes particulières en France, lorsque ce sont des donations, commencent assez par l'adresse ou par le préambule. En Italie le début par l'invocation était plus usité qu'en France. En Allemagne les chartes commençaient ordinairement par Ego in Deinomine.

Au ix* siècle les diplômes de nos rois commencent par des invocations formelles variées et par la suscriplion.

Les rois anglo-saxons les commencent par la formule épistolaire el en donnant le salut.

Ou trouve ordinairement dans les chartes privées de France l'invocation, la suscriplion, puis un préambule édifiant. Eu Italie on commence par l'invocation suivie de la date du règne.

Au x' siècle môme forme dans le début des diplômes royaux de France, sauf les expressions qui changent. Les ducs el les comtes souverains commencent souvent leurs Charles par des préambules suivis de leurs litres ou suscriplions; plusieurs imitent cependant les formules royales.

Les empereurs d'Allemagne, les rois d'Italie, d'Espagne et d'Angleterre, suivent la même marche que les nôtres dans le début de. leurs diplômes.

Les chartes privées d'Italie commencent assez fréquemment par l'invocation; mais en France ces sortes de pièces, lorsque ce sont des donations pieuses , débutent assez souvent par une formule qui exprime la crainte de la fin du monde : Mundi termino appropinquante , etc., ou par des préambules édifiants.

Au xi* siècle les invocations formelles suivies des suscriplions continuent de faire le début des diplômes de nos rois jusqu'à Henri 1", qui introduisît une nouvelle forme initiale que ses quatre premiers successeurs ont iinilee. Après l'invocation, ils se servirent de la formule Gloriosœ mat ri $ Ecclesiœ filii noverint, elc; suivait ensuite un long préambule; puis lasuscriplion ordinaire commençait par: Igitur hœc ethujusmodiego, etc.

Les rois de Germanie et les empereurs, les ducs et les comtes grands vassaux employèrent à peu près les mêmes formules iuiliales que les rois de France.

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Les rots d'Espagne cl d'Angleterre débutent par une invocation formelle ou cachée, quelques-uns de ceé derniers y font entrer l'une et l'autre: mais la plupart des diplômes anglais retiennent la forme épislolaire. Ou l«*s adresse aux archei éques, aux évéques, aux comtes, etc., et on leur souhaite le salut.

Les chartes des seigneurs débutent souvent par des prologues ou par des dates suivies de la suscriplion; celles qui commencent par la suscriplion sont très-communes ; les pièces quicommencenl par notum sit et d'autres termes équivalents sunl multipliées. Un grand nombre débutent par des invocations variées.

Au xii* siècle les diplômes des rois de France débutent par l'invocation et la suscriplion; il n'y a d'exception que quelques diplômes de Philippe Auguste qui commencent par la suscriplion suivie de la formule noverint, etc.

Les grands vassaux imitèrent les rois en -m t* lia ni en léte de leurs chartes l'invocation tuivic de la suscriplion; on y voit cependant quelquefois la suscriplion ou les dates.

Les diplômes des empereurs commencent tous par l'invocation; ceux des rois de Sicile varient : c'est tantôt la su>cription, tantôt l'invocation, tantôt la date que l'ou voit eu léte. Les rois d'Espagne mettent conjoinleiu ni, en léte de leurs diplômes, des invocations implicites et explicites.

Li s rois d'Angleterre font servir de début à leur diplôme» tantôt l'invocation, tantôt la suscriplion: la forme épislolaire avec l'adresse et le salul aux seigneurs ou aux pré- ■•ils y psI toutefois assez commune, ainsi qu'eu Ecosse, où les diplômes sont tous dépourvus d'invocaliou elcommcnceul souvent par la suscriplion.

Les formules des chartes privées étant rédigées par les notaires, varient beaucoup ; cependant elles ressemblent à peu près à celles du xr siècle, surtout pour les iuvocalioits.

Au xvi' siècle les formules des diplômes des rois «le France varient suivant que ces acles sont plus ou inoins solennels. Les diplômés solennels débutent par l'invocation, la sus- • ription et la notification noverint , sciant.

La plupart d.-s diplômes de Louis VIH sont sous ce style ou en forme de lettres. Saint Louis donne à ses chartes la manière >olenuelte. Il y a cependant quelques exceptions.

Les chartes des grands vassaux débutent pour la plupart par la suscriplion au singulier ou au pluriel ; les plus solennelles off. eut une invocation en tête.

La suscriplion ou l'invocation forment le début des diplômes des empereurs d'Allemagne cl des rois d'Espagne. Les rois d'Angleterre commencent ordinairement par leur nom ou souscription, et ceux d'Ecosse le font régulièrement.

Les chartes privées varient à l'infini leurs formules initiales ; le très-grand nombre commence sans invocation par la suscriplion e<jo N, ou seulement N. En Italie, les laïque» débutent ou par le» dates ou par une

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invocation suivie des dates, parmi lesquelles se trouvent les années des 'empereurs, de» rois et du ponliGcal des papes, ou par la suscriplion.

Au xtv* siècle les formules des dip'ômes se modifient. Une susciiption simple sans invocation fait tout le début de ceux de nos rois ; elle était assez souvent suivie d'u»f préambule qui devient pompeux sous Charles V.

Dans les siècles précédents on mettait son nom à la léte des lettres qu'on écrivait; Ce qui formait la suscriplion : Chartes V eu fit la clôture des siennes. Les lettres royaux ont aussi très-souvent la forme de notification N. Sçatnir faisons à tous présens et à venir; ou la forme épislolaire avec le salut.

L< s chartes des grands seigneurs ne montrent plus d'invocations; c'est la suscriplion qui en forme le début. Il en est de mémo dans les diplômes des rois d'Angleterre et d'Ecosse, el ceux des empereurs d'Allemagne et des rois d'Espagne ne fournissent que de rares exemples du contraire.

Les acles des particuliers passés pardevant les notaires apostoliques commencent ordinairement pardc« invocations, ainsi que les testaments. Les autres pièces débutent par la notification : Noverint, etc. A tous ceux qui ces présentes lettres verront ou orront... Sachent, etc. Les chartes dentelée* commencent quelquefois par la date.

Au xv* siècle tous les actes laïques, comme ceux du précédent el du suivant, n'ont que trois sortes de formules dé début : la suscriplion, l'adnsse en forme de lettres: A tous présens et à venir salut, etc., ou la nOlific.ilion : Noverint universi , sciant omîtes, etc. On rencontre cependant quelques exceptions dans les diplômes d'Angleterre. (Voyez au reste les mots Invocation et Sus-

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