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Les lettres ronsa? ou tondues, el les lettres barbues ou chargées de poils, les mêmes probablement que les go If es, étaient d'un usage fréquent dans les bulles, au xm* siècle. Grégoire IX fait mention, dans une bulle de l'an 1228, du ces litlerœ ton sec, ainsi nommées par opposition à celles qui étaient hérissées de poils ou de pointes comme par étages, et qui montaient el descendaient dans quelques caractères au-dessus el au-di ssous de leurs voisines. Les lettres tondues étaient simples, se rapprochant de la minuscule et saus traits allongés ni multipliés.
Les lettres bâtardes de la On dn xv siècle et du commencement du xvi*, ne ressemblent guère à celles auxquelles on donne ce nom aujourd'hui. On les employait alors dans les imprimés lorsqu'un y parlait en français. Elles peuvent s>c rapporter à la Civilité gothique qu'on faisait lire aux enfants. Les manuscrits du xiV et du xv siècle présentent beaucoup d'écriture bâtarde qui tenait du cursif el des lettres do forme.
Les cadeaux sont de grandes lettres qu'on place à la tôle des pièces cursives, des livres et des chapitres ou l'écriture courante est employée. Plus ils sont chargés d'ornements superflus el singuliers, plus ils approchent dus temps gothiques (2).
Les lettres solides présentent des pleins fort larges et presque sans déliés, se rapprochant de ceux des livres imprimés.
Les lettres en marqueterie, appelées lithostratœ, parce qu'elles sVmp'oyaient pour les inscriptions lapidaires, où elles étaient composées de fragments de pierres de différentes couleurs, figurent une espèce de mosaïque par l'arrangement de leurs diverses couleurs. C'est surtout dans les manuscrits du nord de l'Italie, du vu* au iv" siècle, où règne une écriture que les Bénédictins appellent lombardtque (parce que les caractères qui la distinguent ont commencé à paraître du temps des Lombards), que ce genre de lettres est employé. Les jambages massifs des lettres de marqueterie représentent souvent dos animaux.
Les lettres armoiriées sont ornées de plusieurs couleurs, de façon qu'on peut les blasonner; elles se rencontrent dans les mêmes manuscrits que les précédentes.
Les lettres perlées sont ainsi nommées parce qu'elles sont composées de perles daus toutes ou dans quelques-unes de leurs parties. On appelle perles de petits points blancs qui tranchent sur le fond de la lettre.
Les lettres enclavées ou renfermées dans d'autres sont très -anciennes. Elles étaient d'un usage ordinaire dans les manuscrits des vi* el Tir siècles, mais alors elles ne se mettaient que dans les initiales des livres, des chapitres ou des alinéas. Les diplômes suivirent quelquefois celte pratique.
Les lettres grises sont de grandes lettres initiales à la léte des chapitres et des livres,
porte : t Fera les cadeaux convenables gamy* de feiiiltogr-s • el visages el remette d'unir de tmew elsaffrau.* (.ircft. dt l' Yonne, minuta d'Armant, notaire.)
et quelquefois des alinéas; c'est un terme générique qui désigne toute espècedegrandes h-tircs. On va en parler aux lettres historiées.
Les lettres historiées répondent à nos lettres f/rises. On les appelle ainsi parce qu'elles avaient quelquefois rapport à quelque trait du sujet historique ou autre qu'elles précé* liaient ; mais on pourrait plutôt les appeler généralement loi I res ornées , parce qu'elles leçoivent toutes sortes de dessins de ligures d'hommes, de quadrupèdes, d'oiseaux, de poissons, de serpents et de (leurs.
« Cette espère d'ornements calligraphiques, dit M. de Wailly, était si fréquemment employée, que les Bénédictins, tout en s'inlenlhant de rien emprunter aux manuscrits qui n'étaient pas antérieurs au x* siècle, ont pu reproduire une collection à peu près complète d'alph ibets de re genre. Dans les manuscrits des vir, vin* cl ix* siècles, res figures servaient à composer le corps même de la lettre; mais, dans la >uile, on les employait plutôt comme des ornements accessoires qui se rattachaient aux caractères sans en former les contours. On ne doit donc pas s'étonner que les dessinateurs aient souvent sacrifié la forme des lettres au dé<ir d'y faire entrer ces ornements divers. Les écritures à ornements présentent donc des singularités de tout genre. C'est là qu'on rencontre surtout des caractères d/inégale grandeur, des lettres enclavées ou bizarrement conjointes. Quand les lettres initiales sont d'une grande simplicité, et qye par leur grandeur elles ne s'éloignent pas beaucoup des caractères qui composent le texte, le manuscrit qui présente ces caractères peut être rapporté au v ou au u* siècle, si d'ailleurs son écriture ne dément pas celte supposition. Il arrive même souvent que, dans les manuscrits d'une belle antiquité, les lettres initiales des alinéa ne dépassent pas le texte, rn sorte que les grandes lettres ne paraissent guère qu'au commencement des pages. »
« l£sl-il nécessaire de faire remarquer, ajoute le docte auteur que nous venons de c:t« r, que les lettres coloriées fournissent à l'artMc et à l'antiquaire une source inépuisable d'observations curieuses , soit que la mode dans ses caprices leur emprunte des modè'cg de parure et d'ameublement, soit que le savant lise dans leurs ornements symboliques l'histoire cachée des mœurs d'un autre âge. Quand même on se bornerait à étudier ces monuments sous le rapport de la paléographie, ils fourniraient encore des éléments précieux pour cette science (1). »
« Il n'est peut-être point de caractère plus facile a saisir, ni plus propre à déterminer l'âge des manuscrits, disent les Bénédictins , que celui qui résulte de la forme et du génie de leurs lettres historiées répondant à nos lettres grises^ En général leur rareté dans les manuscrits, où d'ailleurs on ne s'est point négligé sur l'élégance, est en proportion
il) Etimenli de piléographk,. 1. 1, p. 378. (1) La sévérité avec laquelle les Bénédictins Jugent ces tsaviui calligraphiques «si causée par l'esprit de déni-
avec leur antiquité. Si ce caractère n'était démenti par aucun autre, on pourrait estimer du v* ou du vi* siècle au moins tout manuscrit où l'on n'en découvrirait aucune. Du resta on ne prétend pas fixer au dernier l'origine des lettres historiées ; on ne saurait même presque douter qu'elte ne soil bien plus ancienne. En effet le vi* siècle n'élaU pas un temps fort propre à faire éelure «les nouveautés si recherchées. Ces lettres sont appelées capitulaires, parce qu'elles étaient plat ées au coiumenccmeut des chapitres cl des livres.
•< Les Icltrcs en hroderie commencent à re lever les manuscrits du vi« siècle. Au tir elles deviennent plus fréquentes et remplissent quelques fois la dernière page d'un livre. ' Aux lettres brodées, en France, succéda la mode des lettres en treillis ou à mailles. Leur massif commença d'abord par recevoir des chaînettes. Bientôt elles se multiplièrent au poinl de produire des lettres tressées et entrelacées. Le règne de ce caractère désigne les vur et ix* siècles.
« Les arabesques parurent sur 1rs lettres historiées dès le vur siècle. Leur faveur s'accrut dans la suite : leur créJit se soutint au moins jusqu'au xu* ; mais depuis le x« ce fut avec un dépérissement sensible du côté du goût.
« Les lettres historiées anglo-saxonnes so dislinguenl des autres parce qu'elles aboutissent en têtes et rn queues de serpents; parce qu'elles sont bordées de points ; parce
3 u 'elles paraissent dans leurs massifs garnies c perles ; parce qu'elles portentsur un fond, soil rouge, bleu, jaune, soit mi-parli ou écartclé de ces couleurs. C< s lettres grises, terminées en têtes ou en queues de serpents, de dragons, de monstres, ou les représentant dans leurs massifs, ont été moins i m il ces des autres nations que les précédentes.
« Les lettres fleuronnées ou fleuries, constamment employées dans les manuscrits, ont passé de là dans les imprimés. Leur variété presque infinie ouvrait sans doute un vaste champ à l'imagination des peintres de manuscrits. Aussi se donnèrent-ils carrière en ce genre. Aux vin* et ixr siècles ils diversifièrent prodigieusement leurs lettres historiées. Souvent les couleurs les plus Vives et les plus tranchantes y contrastèrent. Rien dans la nature dont ces lettres n'aient emprunté la forme. Mais après l'avoir pour ainsi dire épuisée à force de vouloir raffiner, les enlumineurs et les peintres tombèrent dans le ridicule et dans l'extravagant. Toutefois avant le xnr siècle, ils s'en préservèrent en quelque sorte , si l'on compare les productions de leur imagination la plus égarée avec celles des siècles suivants (2). On ne vit plus alors que ces lettres garnies de têtes déplacées avec des nez monstrueux, ou bien elles se chargèrent de lignes de diverses couleurs, en barbes, en gerbes, en chevelures bouclées par les extrémités. Souvent leurs
grement envers le moyen 6»re qui avait cours an nui* siècle, el dont ces saïams l'èrrs ne surent pas toujours garantir
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itensions postiches ne se bornèrent pas oilà remonter au haut, soil a descendre nu is de la page, mais se replièrent encore le >ns des marges supérieures et inférieures. >pend.inl le corps de la lettre proprement île n'avait ordinairement guère plus d'un . ucede diamètre . Les extensions chevelues nV(l.iicul des couleurs opposées a celles du jud de la lettre. Deux filets voisins soulèvent souvent leur alternative de couleur .tant de fois qu'ils étaient répétés. Dans eurs intervalles, d'autres petites ligues, qui tenaient à rien, se trouvaient placées, louent elles étaient en vis ou en volute. Viaïul les filigranes n'avaient pas lieu, les • ItNppemenls des lettres, presque en forme l m; nues, ne laissaient pas d'occuper auanlou plus de terrain, lors même qu'on leur kiinail pour fond des f< uilles d'or. En un nul tout ce qu'un cerveau frénétique peut mi faut or de chimères fut presque l'unique iran;ige des lettres historiées des xiir», xiv* l xv siècles.
t Cependant c'est au xv* qu'on commence m peu à se réconcilier avec la belle nature. ).i en découvre même quelques faibles prends dès le xiv*. Ces filigranes et ces fhappcmenls de lettres historiées donnèrent ieu à des vignettes, à des rinceaux, où l'on il n.ilire des fleurs et des fruits. Les enluumptirs s'exercèrent d'abord beaucoup sur i-s fraises, et c'est peut-être en quoi ils réunirent le mieux. Leurs dessins au reste 'aient des pièces mal assorties. S'ils s'aviaient d'orner les manuscrits de portraits, turs personnages étaient roides et sans vie. Uni peu à peu leurs miniatures devinrent •lus douces, plus fines et plus naturelles. <es vignettes et les peintures furent détaxées des lettres. Les portraits, devenus un ■eu plus animés sur la fin du xv« et le comntucemenl du xvr siècle, ne servirent plus ;ur d'ornements isolés, et les vignettes de atlres et de bordures. Les rinceaux de feuil- •:ge y paraissent souvent sur un fond d'ar- ;eni, et les fleurs sur un fond d'or. Des oieaux.des dragons, des reptiles, etc., faisaient lut'lquefois un effet gracieux dans ces cadres nces bordures, quoique la nature n'y fût «s mcore tout à fait copiée dans sa beauté. -m lettres initiales étaient souvent ellesnemes décorées de plantes garnies de feuil-
». de fleurs et de fruits (1). »
Rappelons aussi qu'on a gravé des lettres n rtlief et en creux sur les métaux cl sur es pierres, ci ce depuis une haute antiquité; ;u'on en a peint sur les briques, les urnes tics vases, enfin que les lettres d'or et d'or— imt ont été en usage aux vnr, ix* et x* siè-
es dans les plus riches manuscrits.
I LiTTRES CONSIDEREES COMME INSTRUMENTS ,
MHSIVBS, ÉPiTRBS.
ta* mot lettre, dans sa signification la plus 'en lue. désigne toute espèce d'actes ; ainsi
I I • l'exprime la formule A tous ceux qui ces «dentés lettres verront, ou sou équivalent
[I] Souv TraU 4* DiplomJ., t II, i>. 1» «l suiv.
latin, qu'on trouve en téte d'an si grand nombre de pièces; mais il ne sera question que des lettres qui sont clairement déterminées en ce sens par un adjectif qualificatif.
Lettres apo>tomqub*. En suivant l'ordre de dignité, on trouve d'abord les lettres" apostoliques qui émanent des papes. Il faut distinguer parmi les lettres apostoliques : l'Ies lettres synodiques, par lesquelles les papes signifiaient les décisions des conciles romains à ceux oui devaient en aroir connaissance; 2* les décrétâtes, qui furent originairement des réponses adressées à ceux qui consultaient les papes sur la discipline. L'Ecriture, les saints Pères, les canons des conciles généraux el particuliers les plus accrédités offraient aux souverains pontifes des règles dont ils s'éclairaient pour former leurs décisions. S'il s'agissait de quelque ohjei sur lequel les conciles n'avaient rien défini-, tes usages observés a Romo servaient de modèle. Dans la suite, et surtout depuis le milieu du xr siècle, les décrétalet s'étendirent à toutes les matières qui étaient alors du for ecclésiastique. Les premières décrétâtes remontent au iv' siècle. A partir du siècle suivant, les papes publièrent aussi des décrets et statuts [décréta et constituta). Les privilèges en forme de lettres sont aussi ...» anciens que les décrets.
Lettres dites absolutoria. Ces lettres dé« signent tantôt une absolution, tantôt le rappel d'un ambassadeur.
Lettres allegantiarum. Les lettres de naluralilô se nomment litterœ allegantiarum ou allegationum civitatis et patries.
LlTTBRA APERTJS. ( Vot/. LETTRES PA- TENTES.)
Litterjr appares. On appelait ainsi des pièces dont on faisait plusieurs exemplaires et qui ressemblaient ainsi aux chartes parïcles i Y oy. Chartes). Souvent on n'exprimait ni litterœ, ni epistota, ni char ta, et on disait oppar donationis, apparum libelli ou même simplement appar. Les chartes qualifiées epistolœ uniformes, consimiles lit tera, sont de même espèce.
Lettres a pari ou a pabibus. Ces lettres étaient de véritables circulaires. 11 n'y avait de différence que dans le nom des personnes el dans certains passages qui n'auraient pu convenir à toutes celles à qui elles étaient adressées. On sous-cntcndail txemplo, exemples ou litteris après a pari ou a paribus. Elles étaient en usage dès le v* siècle.
LiTTERf cambitorijî. Ce sont des lettres de change, ce qu'il ne faut pas confondre avec les contrats d'échange (epistolœ cambitoriœ).
Lettres canoniques ou formées ; lettbbs régulières. Les Mires ecclésiastiques sont appelées par les Grecs lettres canoniques, et par les Latins lettres formées, fon,\atœ cl quelquefois forma ou forma?. Elles prenaient leur nom du type ou de la forme du sceau qui y était empreinte. Les lettres régulière* sont semblables aux lettres formées. Ou ne
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DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE. Si!
attribue l'invention aux Pères do concile de Nicée. Le concile d'Afrique décida qu'on y marquerait la date de la Pâque de l'année courante» ou au moins de l'année précédente. Cependant cette indication ne se trouve pas sur les lettres formées qui sont parvenues jusqu'à nous. Le deuxième concile de Châlons ordonna qu'elles seraient scellées en plomb. On en comptait de bien des espèces, lettres d'ordre, de communion, de recommandation; lettres pacifiques, lettres démissoires. Elles n'étaient adressées que d'évêque à évêque. Kilos devaient commencer par l'invocation Jnnomine Patris et Pitii et Spiritut sancti; on y mêlait des caractères grecs pour éviter la contrefaçon, et presque toujours on les terminait par 'Apiiv. 11 n'était point permis aux prêtres ni même aux abbés d'adresser aux évéques des lettres formées; ils ne pouvaient leur écrire que de simples Ictlres eu forme de suppliques (litleras simplice», deprecatorias).
Les lettres canoniques prises comme synonyme de lettres ecclésiastiques doivent être soigneusement distinguées : 1* des lettres canoniques proprement dites, par lesquelles un métropolitain iiotiQait aux fidèles le sacra d'un évôque nouvellement ordonné; 2# des lettres dites epistolœ canonicœ, par lesquelles les comtes des provinces réglaient la répartition des impôts.
Il faut observer qu'outre les lettres formées de recommandation, il y avait de ces lettres plus simples adressées à des évéques ou à drs abbés, soit par un laïque soit par un inférieur. On les appelle Litterœ cotntnendatitiœ; indiculum commendatitium était une lettre de recommandation adressée à un laïque illustre (1).
Les lettres formées étaient encore en usage sous le pontificat d'Eugène III, élu pape en 1145, puisque Gralien, qui composait alors son décret, enseigne la manière de les faire et en donne des modèles ; mais vers le commencement du siècle suivant, l'usage en était absolument aboli. Une lettre formée du xiu' siècle serait donc légitimement suspecte.
Lettres closes. { Voyez Lettres patentes. )
Litters commonitoria, monitoires, préceptoriules, compulsoires , etc. Les lettres appelés commonitoriœ se prennent quelquefois pour des instructions données par les p;< pes à leurs légat», ou pour des sentences d'excommunication, surtout aux vur et ix' siècles.
Le ter U c commonitorium seul avait le même s. ns. Par analogie on lui a donné la signification de monitorium, qui depuis longtemps désigne des citations juridiques sous peine d'excommunication.
Par leurs lettres monitoires les papes avertissaient, au xue siècle, les ordinaires de ne pas conférer des bénéfices dont ils voulaient se réserver la collation. Plus souvent ils leur recommandaient de les conférer à certaines
(>ersonnes qu'ils leur désignaient par des ellrcs précepturiales. El lorsqu'ils voulaient
annuler une collation faite contre lrar volonté, ils recouraient aux lettres exécutoiut ou compulsoires (compulsoriœ, du verbe compellere, forcer).
Lettres compulsoires. Les conciles donnèrent aussi des lettres compulsoires, cornpulsoriœ, dans le même but que les papes {Voyez l'article ci-dessus). On doit se garder de confondre ces lettres avec celles par lesquelles on obtient judiciairement le droit de compulser des titres, et qu'on nomme coispulsoriales ou compulsatoriœ.
Litterœ commendatitia. (Voy. Lbttsss