‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 19 sur 455 · A FF · texte numérisé non relu

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tion des communes dans les villes, il ne resta pas en arrière du mouvement. Le pape Alexandre III avait proclamé en 1179 qu'il ne devait pas y avoir d'esclaves dans le royaume chrétien. Celle pieuse parole devait fructifier. Cependant les serfs, dans beaucoup de lieux, et surtout les serfs du clergé, n'étaient pas très-malheureux de leur condition. Malgré les édits de Louis le Gros, de Louis MU et un dernier ed.it solennel de Louis le Hulin, publié en 1315 et qui appelait les serfs à se racheter de la servitude en payant les droits revenant à la couronne, afin que « dans le royaume de France la chose en vérité fût accordante au nom , » ce bienfait ne fut pas très-vivement accueilli : car le roi se plaint dins une lettre «qu'il y avait des serfs qui ne voulaient pas être libres, soit par mauvas conseils, soit faute de bons avis (2). »

Cependant la marche de* affranchissements ne s arrête pas. On voit encore quelques a« tes individuels d'affran hissements , mais en général les habitants traitent au nom île la communauté avec leur seigneur, sur le pied de l'égalité. Les préambules des charles de ce genre sont quelquefois Irès-remarquabh-s, notamment celles que donna, au xtvj siècle, le chapitre d'Auxerre, et qui commencent ainsi : « Cum Dominus ac Redcmptor noslcr condilor lolius créature, ad hoc propiliatus,humanam carnem volueril assumera ul divinilatis suas gralia, disruplo quo tenebamur captivi vinculo servitulis nos prisliii83 reslitucrel libertati, omnesque homines jure nalurali inspecta gauderc debeaul benefieio liberlatis, ac inter caste ros fldei Christian» minislros Ecclesia, ut pôle mater omnium GJelium , liberlatis privilegium non solum concedere, sed ab aliis Chrisli fidelibus concessum tucri ac prolegerc lenealur jnxta sacrorum canonum inslituta ac legum sanctarum légitimas sancliones. Ka propternos, atlendentes quod Domini Chrisli aclio nostr.i et inslruclio, ejusdem Kedcmptoris noslri vestigiis, sanclorumque Patrum inslitulis inhœrere volentes, quasdam libcrlales inferius annolalas hominibus seu burgensibus nostris dnmus, etc. »

A la fin du mémo siècle le nom de serfs commençait à devenir injurieux. Charles VI, dan* ses Icllres du 22 septembre l'iO», adressées au bailli de Vermanduis, défend qu'on appelle de ce nom les homines de corps qui se trouvent dans le bailliage. Ou rencontra encore quelques actes d'affranchissements au xv et même au commencement du xvr siècle : la trace de cet état de choses dispar.ttt alors 11 y a toutefois aux archives de l'Yonne une exception curieuse qui aurait donné beau jeu à Voltaire s'il l'avait connue, et qui lui aurait servi d'argument dans son affaire contre l'évéque de Saint-Claude. Il s'agit des habitants de Corsaint et Mcnetreux, département de la Cole-d'Or, qui som restés serfs du chapitre d'Auxerre jusqu e In fin du xviii* siècle et qui en 1783 (rai (aient de leur affranchissement de la main-

(1) SpWlége d'Achcry, l III, p. 707.

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morte moyennant une redevance en grains de 8 sous par feu.

ALINEA. Les anciens écrivains ne connaissaient pas l'usage des alinéa comme nous l'entendons maintenant. Pour séparer une phrase d'une autre ils laissaient seulement entre elles un espace blanc d'un pouce de largo. C'est la plus ancienne manière de ponctuer. Les vides des alinéa étaient plus grands que ceux des points , ceux-ci plus que ceux des deux points, et ainsi de suite. Au il* siècle on commença à mettre des points à la téte de ces intervalles sans diminuer leur étendue.

Une autre manière de marquer les alinéa fut de les rendre sensibles par des initiales majuscules dans les corps des lignes, et non au commencement.

Quand les lettres des alinéa et des titres ne sont pas plus grandes que celles du corps du texte, c'est une marque de la première antiquité. C'en est une autre que ces lettres soient toutes onciales. Les capitales des alinéa dans l'écriture minuscule désignent au plus le yjii* siècle, quand même ces premières lettres céderaient de lemps en temps la place aux onciales. Dans l'écriture onriale les lettres capitales des alinéa marquent une inoindre antiquité que les onciales. Les premières sont initiales de Foncialc et de l;i minuscule vers le vin* siècle; les unes et les autres commencent les alinéa au ix* siècle. Alors les initiales cursives excèdent toujours en hauteur le corps de la ligne de l'écriture dans les diplômes. Dans les plus anciens manuscrits on trouve quelquefois une lettre plus grande à la fin de la ligne et du verset. Les c.ipit.iles pour les alinéa sont tanlôl ordinaires et tantôt aiguës, rustiques et différentes de celles du texte (I).

Les alinéa sont quelquefois indiqués par di s lignes courbes et ondulées posées verticalement dans le corps de la ligne, par des figures assez semblables à notre point d'interrogation et inclinées vers la droite, enfin par une espèce de potence.

Les chartes ne contiennent point d'alinéa ; c'est seulement aux signatures et aux dates

Christ, suivant ces paroles. Ego tum alpha et oméga. Les anciennes monnaies de France

fmrUiient souvent ces lettres. De là on les a nlroduitesdaos les chartes et les signatures, surtout aux xi* et xu* siècles.

ALPHABET. L'alphabet latin, qui est la source du nôtre, comme de presque tous ceux del'Europe, était composé, dè> l'origine, de 19 lettres selon les uns, et de 22 selon les autres. Les Grecs, deux siècles avant Auguste, y rapportèrent l'y et le z. L'origine de cet alphabet et de celui des Grecs est In même : ils viennent du phénicieu par Cadmus. {Voyez let recherches faites sur cet objet à Varticle Ecriture.)

La création du système de signes alphabétiques n'est due q^u'à des hommes de génie qui fixèrent ainsi la parole révélée, et les siècles se succédèrent sans y apporter de modifications. Cependant, chez les Romains, l'empereur Claude voulut y ajouter trois lettres de son invention : la première, destinée à distinguer le e consonne de l'u voyelle, avait la forme d'une F renversée j (3) ; l'a deuxième était un anti-sigma de la forme de deux c adossés, et sa valeur était celle du p et de F*, pst ou du b et do l's, bi, ou équivalait au psidc% Grecs. Le troisième signe est inconnu. Celte innovation, qui n'avait aucun caractère d'utilité, disparut axjîc celui qui l'avait établie.

A la fin du vr siècle, en France, Chilpéric I" essaya aussi de perfectionner l'alphabi t , et établit par une loi que quatre nouvelles lettres y seraient ajoutées. Mais cetévénemeul eutsi peu de portée, que les écrivains ne peuvent s'accorder au juste sur la forme et la valeur de ces signes.

Il n'entre pas dans les bornes de ce dictionnaire de s'étendre sur les raisons qui militent pour ou contre tel ou tel système d'origine des alphabets. Nous ne donnerons pas non plus des listes des formes diverses que chaque signe alphabétique a subies dans le cours des siècles. Nous renverrons pour cela aux ouvrages généraux des savants des derniers siècles, tels que dom Mabillon dans sa Diplomatique; le P. Honlfaucon dans sa Pa-

que l'écrituic recommence. Les exceptions ' léographie grecque; Hickcs dans son Trésor à ci'tte règle ne se rencontrent que dans les notices qui contiennent plusieurs pièces transcrites à la suite les unes des autres. Les cas en sont assez rares. M. de Wailly en cite un de Fan 1138. Une pière de Fan 1145, appartenant à Fabb iye de Dilo, et scellée par l'archevêque de Sens, est dans le même genre (2). ALLEGATIO. (Voy. Iwsihcatioh.)

ALPHA et OMEGA. On voit resd. ux lettres que les siècles'et les hommes out apportées dans une monnaie d<> Theodeberl, roi d'Aus-» à ces signes, mais elles ne sont guère utiles trasie, frappée à Metz. Il y a dans le champ dans la pratique de la diplomatique, où il f.iul du revers une colonne surmontée d'une surtout voir la lettre en action, pour ainsi croix, sur laquelle est un O et un A au pied, dire, dans le mot, et non isolée et indépen- Ces lettres se lisent souvent sur les anciennes danle de ses voisines (i). épitaphes pour exprimer le nom de Jésus- ALTESSE. Les évéques ont porté le litre

de langues orientales, et surtout les savants auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, qui ont publié des alphabets de toutes les langues de l'Europe et de l'Orient; tout cela examiné avec une science et une érudition inimitables.

Les listes alphabétiques sont bonnes comme collections propres à étudier les modifications

(t) Nouveau Tioiiéde Diplomatique, i III, p. i90. (2) Archives de 1 Yonne.

i-ï) One lettre, liguréu sur les m<u)ucn»nu, indique le rèjMi' An ce prince.

;!j l.r» planches publiées |>:n bs B<S»é>îiruui renfer-

ment des milliers de signr>s parmi lesquels il serait bien difficile de reconnaître celui qui ressemble à telle. le;ir* devant laquelle on serait etiit>jrra$!»é dans une ruarie ou un manuscrit.

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