AMO
d'Altesse sons la première et la seconde race de nos rois. Dans les xur, xiv et xv siècles c'était an litre commun à tous les rois; ce n'est que depuis Français l"que les rois de France l'ont quitté pour prendre celui de Majesté, réservé auparavant à l'empereur.
Ce titre ne fut attribué à certains princes spécialement plutôt qu'à d'aulres»que vers 1628. En 1630 le duc d'Orléans, frère de Louis XIII, pour se distinguer, y ajouta l'épilbète de Sérénissime. En 1631 il changea celle qualification on celle d'Altesse Royale; et le prince de Condé prit en 1632 le titre d'Altesse Sérénissime. Le titre simple d'AItrsse fut laissé aux princes naturalisés. Le duc de Savoie ne prit le titre d'Altesse Royale qu'en 1633, cl il n'en Tut paisible possesseur, par le consentement de l'empereur, qu'en 1G90 (1). Henri VIII, roi d'Angleterre, se fit donner d'abord le titre d'Ali esse avant de prendre celui de Majeslé.
AMANUENSES. Amans. Nom donné aux notaires dès les premiers siècles de la monarchie. Ils représentent aussi les chance liers des abbayes. Daus la chronique de Metz on appelle Amans deux notaires condamnés pour Lux en 1398.
AMBASC1AT0R. C'est le nom qu'on donna dans les charles de donations des rois et des empereurs, depuisle vnr jusqu'au xr» siècle, aux personnes qui ont sollicité ces faveurs : Archiepiscupus ambasciavit , boso cornes ambasciaior. Du Cange pense que le solliciteur signait toujours au bas des diplômes; mais les Bénédictins ne sont pas de cet avis cl croient même que ce n'était pas l'ordinaire. Cette formule, d'où est venu notre ambassadeur, élail composée en partie de noies de Tyron, et par conséquent difficile à lire.
Le même usage reparaît sous le nom d'intervention, interventu, dans quelques chartes de Lambert et de Rérengcr, rois d'Italie, et de l'empereur Olhon 1". On en trouve aussi plusieurs exemples dans les chartes des rois d'Angleterre (2).
A.MÉSel FÉAUX. Ces litres, donnés autrefois aux gens du roi, sont fort anciens. Dans les Capilulaires de Charles le Chauve ou trouve la formule initiale, dilectisac fidelibus miss if, adressée â ses missi dominici.
AMENDES DANS LES CHARTES. ( Voyez Menaces, Clauses comminatoires.)
AMORTISSEMENT. L'amortissement était on acte qui mettait les gens de mainmorte dans la possession perpétuelle d'un héritage, de sorte qu'ils ne pouvaient jamais être contraints de s'en dessaisir. Il est d'une origine assez ancienne. M. de Laurière (3) rapporte une charte de l'an 1159, par laquelle Hugues, vicomte de Châteaudun, amortit aux moines de Tyron tout co qu'ils ont acquis ou acquerront dans la suite. Les chartes des rois de France du commencement de la 3* race ne contiennent rien de relatif aux amortissements. On j voit bien, comme précédemment, confirmer les acquisitions faites par les monastères; mais celait plutôt une
(1) Dam de Vaines, an. Altesse
11) Nouveau Traité de Diplomatique, t. V, p. 36.
mise sous la protection royale qu'une confirmation d'acquisitions.
Philippe III, pour faire cesser les contestalions qui s'élevaient tous les jours à cause des prétentions des divers seigneurs pour la perception de ce droit, statua, par son ordonnance de 1275, que los gens d'église qui produiraient des lettres d'amortissement accordées par trois seigneurs suzerains, en remontant de degré eu degré, ne seraient plus inquiété-. Ce même prince fixa, par une autre ordonnance rendue en 1291, le montant des droits d'amortissement dus à la couronne et régularisa la situation des biens de l'église acquis sans qu'elle eût payé ces droits. Bientôt après il réduisit autant qu'il put le nombre des seigneurs en possession du droit de donner des héritages aux églises, sans être tenus de prendre de* lettres de consentement, déclara les autres déchus de la faculté d'amortir, et entoura, pour l'avenir, l'usage de ce droit de nombreuses difficultés.
La déclaration de 172V fut le dernier «rte qui régit la France sous ce rapport jusqu'à la fin du xvnr siècle.
ANACHRONISME. L'exactitude rigoureuse daus les dates elautres notes chronologiques ne peut pas plus être exigée dans les chartes qu'elle ne l'est dans les inscriptions , les manuscrits, les lois, les auteurs, etc. Au siècle dernier l'exagération des écrivains ennemis des moines voyait partout des Charles fausses fabriquées aux xir et x.ir siècles dans les monastères et produites au fur cl à mesure des besoins. Ces accusations, étayées sur une fausse critique ou sur uu>' connaissance incomplô'c du moyen âge, ont fait écrire bien des volumes inutiles. Le Nouveau Traité de Diplomatique, où les Bénédictins ont déployé tant de science, est hérissé de discussions et de réponses a toutes les attaques portées contre l'antiquité ecclésiastique. On peut dire que cet ouvrage est resté sans réponse. La science moderne y puise les meilleures preuves, et l'ona complètement oublié aujourd'hui ces soupçons continuels qui préoccupaient si vivement les savants du dernier siècle à l'apparition d'une vieille charte.
Il est donc admis que des chartes originales, même fautives dans les dates, ne sont pas fausses pour cela seulement. Car, comme le disent les Bénédictins, « ces anachronisme* sont le plus souvent des mécomptes des écrivains. Les notaires même les plus exacts sts trompent surtout aux chiffres. Que serace si le notaire est peu attentif ou trop hardi? Ajoutez à cela le peu d'uniformité dans la manière de dater anciennement les charles parmi les différents peuples, où l'on fixait diversement le commencement des années des indictions et des règnes ; pour ne rieu dire des notaires ignorants, qui, pour faire parade de leur prétendue habileté daus la chronologie, entassaient à l'aventure dates sur dates, ce qui les rend aussi difficiles a concilier entre elles qu'avec notre manière de compter. On ne saurail donc prononcer,
(3) Clou du droit français, t L
sur les arles faussement dalé«, avec trop de circonspection, jusqu'à re qu'on ait acquis d ailleurs des preuves convaincantes de leur fausseté. »
Les anachronismes dans les copies sont souvent très-grossiers et très- nombreux ; mais il ne faut pas conclure de suite qu'un original est faux de ce que la copie qu'on examine est remplie d'nnachronismes. On doit se rappeler que les copistes uni eu beaucoup de difficulté* à déchiffrer les écritures anciennes ; que les écrivains qui ne sont point intéresses à leur travail y mettent beaucoup de négligence; que la ressemblance approchante de certains noms, de certaines lettres , la différence de prononciation et d orthographe dans chaque province, la variété des idiomes, ont pu et dû occasionner (les méprises de bonne foi ; que lorsque les fautes d une copie ne lomiient pas sur les parties essentielles de !a charle, elles ne lui portent aucun préjodire, et que souvenl.plns les toutes sont grossières moins elles doivent exrilcr de soupçons, parce qu'il n'est pas possible qu'elles existent ainsi dans l'original ; la bévue montre la simplicité, qui ne 8 accorde guère avec l'imposture (1).
-J^JJJÈME. ( Voy. Imprécations. )
AftUŒ. Dans les anciens manuscrits on rencontre quelquefois la figure d'une ancre : lorsque le signe est la léle en haut, il e*l la marque d'une sentence, ou d'autre chose d important; quand il est la tète en bas il désigne quelque chose de vulgaire ou d'inconvenant.
ANDELANC, Andelangus. Nom d'une espèce de charte ainsi appelée parce que le était mise de la main du donateur dans celle
» 'o^ChÎem Aand,mai",Cl /a"£rett, dooucr)-
ANGLETERRE (Rois d').
Liste chronologique des rois d'Angleterre.
La liste des rois d'Angleterre que nous .1 Ions donner est basée sur le travail de I Art de vérifier les dates. Cependant nous
quelques modifierions, après avoir consulié I ouvr;.pde sire Harris Nicolas intitulé: The Ihronology of history. En conséquence on
rC- îi°Vx'Ta pis '0,,j°urs l'avénemenl des rois d.tté du jour de la mort de leurs prédécesseurs, mai, du jour à parlir duquel plusieurs de ce* rois comptent l,s anné s de leur règne, c est-à-dirc, du jour de leur couronnement C'est surtout à partir de Guillaume le Conquérant que le compul a été employé ; car. pour les rois antérieurs à la enquête, on a basé la date de leur avéneincnl sur la mort du prédécesseur , bien qu'il s ni impossible de vérifier le fait, qui restera l.iobab.emcnt toujours à lëlat d'hypothèse. ™VnAa.pi,S ProlonGé celte liste après le V.L t 1Parc«q"c, comme on l'a ditail- • ï ' J? d,Pl»«»aliqoe n'offre plus d'intéréls "-^.fficultés cl,ronologiquePs depui^uS
(Ij Dr» /c Vaines, art. A.XAaino*,,^
DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE C.llrtETIENNE.
Egbert , roi de Wcslex en 800, achève en H g. con(Iu6,e de l'Heptarchie , et meurt
Elhelwolf on Ethclulf, fils d'Egbert ; roi d Angleterre en 837, cède en 856 le royaumBCgLc8WM,cx à son fils Ethclbald, et meurt
Elhelbald. premier fils d'Elhelwolf; roi de
West."i rie 856 à 8H0.
E^helberg, deuxième fils d'Elhelwolf; roi de Kent en 8:8, devient roi de Westex à la mort do son frère en 869, et meurt en 8C6.
«if îfiïf11 !" lrol8iènie fils d'Elhelwolf; de ooo a 871. *
Alfred le Grand, né en 849, quatrième fils d Elhelwolf; de 871 au 25 octobre 900.
?di°Ua^A,^Ancieo' 6,8 ^'Alfred; du 25 octobre 900 à 924.
Aldestan ou Athelstan. fils d'Edouard V* né vers 895 ; de 924 au 27 octobre 9i0
ooKd7°^i !"' fils d "Ed«>uard I". né après 895; du 27 octobre 940 au 26 mai 946
or?!^01' d'Edmond né ?ers 941 ; de
Edgar, dit le Pacifique, fils d'Edmond l" né vers 947 ; de 959 au 18 juillet 975.
Edouard 11 le Martyr, fils d'Edgar: du 18 juillet 975 à 978. 8 1
A. Ethelrcd II, fils d'Edgar, né vers 9G6 ; roi d Angleterre en 978, détrôné en 1013. rétabli en 10!4, meurt en 10IC; sou fils Ednond lui succède.
B. Suénon ou Svreyn, roi de Danemark ; règne en Angleterre do commencement de novembre 1013 au trois février 1014.
C. Canut I" le Grand, fils de Suénon ; règne sur une partie de l'Angleterre de 1014 à 1017: devient ensuite seul roi à la mort d'Edmond en 1U17, et meurt le 12 novembre 1036 ou 1037
D. Edmond II Cote do fer, fils d'Elhelred Il ; règne sur une partie de l'Angleterre, concurremment avec Canut I9', de 1016 à 1017
1M5 SfïflS? à Soio"" dQ 12 nWeU,br<i
doœ8o;!i^r^!li:an,,,•al,deCa"''','
Edouard III le Confesseur, fils d'Elhelred II. né en 1002; de 1042 au 5 janvier 1066.
Harald II, fils du comte Goodwin ; élu au commencement de 1066, périt le 14 octobre de la même année.
,t„!?U!llT,C |W i? Bâ,ard ou ,e Conquérant, lue de Normandie; couronné roi d'Annie-! erre le 25 décembre 1066, meurt le 9 sep. tembre 1087. H
Guillaume II, le RoqX, fi!s puiné de Gnil.
fi s de Gu.llaumc I -, né on im. du 5 fil 1 100 au 1" décembre 1135.
Etienne, petit -fils jde* Guillaume I-' Dar Adèle sa mère, né vers 1105 ; du 26 décembre 1 Î35 au 25 octobre 1154. ue<*n»- Henri II Plantagencl. pelil-fil, d'Henri I« par Malhilde, sa mère, né le 5 mars 1133; du 19 décembre 1154 au 6 juillet 1189 '
Richard I" Cœur de Lion, troisième Gis de Ileari 11, né le 13 septembre 1157; du 3 septembre 1 189 au 6 avril 1 199.
Jean sans Terre, cinquième fils de Henri II, nérn 1166: du 27 mai 1199 au 19 octobre
Henri III, fils de Jean, né le 1" octobre 1207; du 28 octobre 1216 au 16 novembre
Edouard Ier (IV) aux Longues-Jambes ; fils de Henri III. né le 18 juin 1239; du 20 novembre 1272 au 7 juillet 1307.
Edouard II de Caernarven , fils d'Edouard Ier (IV), né le 25 août 128'»; du 8 juillet 1207 au 20 janvier 1327, date du sa déposition. II est assassiné le 21 septembre suivant.
Edouard III, fils d'Edouard II. né le 13 novembre 1312; do 25 janvier 1327 au 21 juin lo77.
Uichard II, pctil-flls d'Edouard III, par le fameux prince de Galles, né vers 1366; du 22 juin 1377 au 29 septembre 1399, date de sa déposition. Il meurt ni l'iOO.
Henri IV, petit-fils d'Edouard III par Jean, duc de Lancaslre, né vers 1367; du 30 septembre 1399 au 20 mars 1413.
Henri V de Monmoulh, fils de Henri IV, oé en 1388; du 21 mars 14*3 au 31 août 1V22.
Henri V I, fils de Henri V, né le 6 décembre 1421 ; du 1" septembre 1422 au 4 mars 1461, jour de sa déposition. Replacé sur le trône <n octobre 1V70. il est vaincu le 1'» avril 1V71, cl meurt au mois de mai de la même année.
Kdouard IV, fils du duc dYork, né vers U'i2;du 4 mars 1461 au mois d'octobre 1V70, époque du rétablissement de Henri VI. Proclamé de nouveau le 13 avril 1471 , il meurt le 9 avril 1483.
Edouard V, fils d'Edouard IV, né le 4 no. vembre 1470; du 9 avril 1483 au 22 juin 1483, date de sa déposition.
Richard III le Bo<su, frère d'Edouard IV, »é après 1442; du 26 juin 1483 au 22 août
Henri VII Tudor, comte de Rirhemonf, descendant d'Edouard III par sa mère Marftnert e, né vers 1455; du 22 août 14k5 au 21 avril 1509.
Henri VIII, OU de Henri VII, né en juin 1^92: du 22 avril 1509 au 28 janvier 1547.
Edouard VI, fils de Henri VIII, né le 12 octobre 1537; du 28 janvier 1547 au 6 juillet
Jeanne Gray, descendante de Henri VII par Marie, son aïeule maternelle; du 6 au 18 ou 19 juillet 1553. Elle est décapitée le 12 fé- »rier 1554.
Marie, fille de Henri VIII, née le 18 février 1516; du 6 juillet 155 1 an 17 novembre 1558.
Elisabeth, fille de Henri VIII, née le 7 septembre 1533; du 17 novembre 1558 au 24 mars — 3 avril 1603.
ANNEAUX A SCELLER. Us anneaux ont précédé les sceaux pour l'usage de sceller actes, comme les cachets ont succédé aux fléaux. Dès la plus haute antiquité on trouve « mention des anneaux chez les rois comme tui't les personnes de* hautes classes. La
ANN r>8
possession de l'anneau royal était le signe de l'autorité souveraine : témoin Joseph à qui Pharaon dit, en lui mettant son anneau au doigt : « Je vous établis aujourd'hui sur toute 1 Egypte. »
Les païens y faisaient graver la figure des dieux, ou bien celles des personnages célèbres, ainsi que les cérémonies religieuses. Les Romains, employant les anneaux pour sceller leurs lettres, les désignaient sous h* épilhè'es de ei^natorii, sigUlaricii et cerographi. Les premiers chrétiens eurent aussi des anneaux; mais, évitant avec soin tout ce qui rappelait l'idolâtrie, ils n'y faisaient graver ni images des faux dieux, ni cérémonie païenne. On n'y mettait que des croix, l'A et l'n le lab.irum ou le monogramme du Jésus-Christ et des symboles pieux.
Les rois francs, imitant les empereurs romains, scellèrent leurs diplômes do leur anneau. La dimension en était très-petite, car ils n'avaient pas plus de 3 centimètres de diamètre. Ils représentaient la léle du roi couverte de longs cheveux sépares aV chaque côté du front; mais la gravure en est fort grossière et indique la décadence la plus grande dans les arts.*
Ceux de la 2' race sont plus grands et sont imités des médailles romaines. L'empereur col de profil, la téle couronnée de laurier et les cheveux courts, à l'opposition des rois de la 1" race. Quelques-uns de ces princes ont employé pour anneaux des pierres antiques, commcCharlemagne. qui se servait d'un Jupiter Sérapis. et Pépin le Bref, d'un Bacchtis indien. Les rois d<- France firent usage des anneaux jusqu'au xu* siè« le. Louis VIII e«l le dernier qui s'en soit 6ervi; mais déjà, dés le x' siècle, l'usage des sceaux s'intro luisît et régna conjointement avec les anneaux, pour les remplacer plus lard entièrement.
ANNEAU DU PÊCHEUR. Les papes ont conservé l'usage de l'anneau. Heineccius rapporte que Jean XVI, à la fin du x' siècle, scella de' son anneau la confirmation d'un décret du concile de Corvey en Saxe. Cet anneau était peut-être déjà Vanneau du pêcheur dont les Bénédictins attribuent l'usage à Clément IV, qui siégeait en 1265. Ce pape, disent-ils, ne s'écaria pas des routes que lui avaient tracées ses prédécesseurs immédiats. Avant lui déjà, dans leurs affaires particulières, il se servaient de l'anneau du pécheur. Le fait est constaté dans une lettre de Clément à Gilles le Gros, son parent : Non scribimue <i6i, nec consan juineis noatris, eub bulla , $ed $ub piêcatoris $igi!lo quo Romani puntifices in suit secretia utuntur. Il se passa toutefois plus d'un siècle *avart que les papes en fissent usage dans les affaires publiques, et plus de deux ans avant qu'ils en fissent mention dans les dates de leurs rescrits. Dana le xviir siècle, au plus tard, ils commencèrent à sceller leurs petites bulles ou brefs de l'anneau du pécheur imprimé sur une cire rouge différente de la nôtre. L'empreinte de l'anneau du pécheur était autrefois plaquée au bas du bref Elle s';i|>-
pliqtin au dos et sur une bandelette de parchemin qui serrait d'enveloppe. Celle empreinte se brise quand on ouvre le bref.
Les évéques ne scellaient, dans le* premiers siècles, qu'avec des anneaux dont les représentations étaient arbitraires. « J'ai envoyé, «lit saint Augustin, écrivant à Viclorin, ce; t.- lettre cachetée d'un anneau où est gravée la tôle d'un homme qui regarde à côté de lui. » La lettre que Clovis écrivait aux évéques après son expédition contre les Goihs fait mention de leurs anneaux. Les étéques y faisaient quelquefois graver leurs noms ou leurs monogrammes. Ces anneaux représentaient aussi fort souvent les patrons des cathédrales. Les évéques conservèrent l'usage de* anneaux jusqu'au ix* siècle qu'ils commencèrent à avoir des sceaux (1). On voit encore jusqu'au xir siècle des archevêques de Sens conlrc-seeller avec des pierres antiques, qui devaientéire portées commeanneaux ; au même siècle Guillaume de Toucy, évoque d'Auxerre, distribue en mourant ses aniioux à ses serviteurs; ce qui peut s'enleiidre de l'anneau à conlre-sieller comme de l'atineiu épisc<»pal porté encore de nos jours.
ANNIVERSAIRES. Dans tous les siècles de l'Eglise les fiièles ont fondé des anniversaires p'iur le repos de leurs âmes ; mais c'est surtout aux xiu', x(V et xv* siècles que celle pratique s'est développée à l'inûni. La piété de nos pères était profonde et leur foi vive au rachat des âmes du purgatoire. Ajoutons aussi que beaucoup de ces dons faits aux églises paroissiales, servaient à l'entretien des monuments. Dom de Vaines rapporte que le cartulaire de la cathédrale de Bezicrs faisait mention d'un Irentain établi, au xu* s>ècle, par l'évéque Bernard pour tous les chanoiues qui décéderaient. C est probablement le premier exemple de l'usage où l'on est de célébrer un service funéraire le trentième jour après le décès.
ANNÉK. Diverses espèces d'années. Commencement. L'époque du commencement de l'année a beaucoup varié chez tous les peuples et dans tous les temps. Un grand événement arrivé chez une nation a suffi, aussi bien que la marche naturelle du temps, pour faire fixer le commencement de l'année. Les grandes fêtes religieuses ont servi également d'époques, de dates de l'année. Avant d'examiner en détail les variations que les peuples chrétiens ont apportées sur ce sujet , nous allons rappeler les sources où ils ont souvent puisé.
Les Juifs distinguaient deux sortes d'années : l'année sacrée ou ecclésiastique et l'année civile ou sabbatique. La première, qui était parement lunaire, commençait à la nouvelle lune la plus proche de l'équinoxc du printemps, c'est-à-dire, au mois de mars; et la deuxième, à la nouvelle lune la plus voisine de l'équinoxe de l'automne, c'est-à-dire, au mois de septembre. Elle était solaire et réglée comme la nôtre. Les Juifs ont conservé scrupuleusement celte division.
(U Noutea* Traité ie Diol»nat\qw, t. IV, 310.
L'année de l'ère des Grecs ou des Séleucides commençait également à l'équinoxe d'automne chez les Grecs de Syrie, et au mois d'octobre chez les autres Syriens.
Les Romains, depuis la réforme du calendrier par Jules César, commençaient l'année aux calendes de janvier, c'est-à-dire, au l"de ce mois.
Le christianisme, établi. dans l'empire romain, suivit les usages reçus pour le commencement de l'année, mais il en ajouta bientôt d'autres puisés dans le souvenir des grandes époques de la vie du Sauveur : on data du jour delà Résurrection ou de Pâques ; de celui de l'Incarnation ou du 25 mars; de celui de Noël, le 25 décembre, etc.
Celte varialion de dates employées souvent dans le même siècle et dans le même pays rend extrêmement difficile d'attribuer a tel ou tel temps l'usage exclusif de telle ou telle manière de commencer l'année. Ce n'a donc été qu'après avoir réuni et comparé un grand nombre de faits que les savants diplomalistes en sont arrivés à constater assez sûrement l'état des choses, afin de pouvoir donner des règles, sinon absolues, du moins praticables pour s'assurer de la vérité dos dates des chartes. Nous ne pouvons mieux faire que de reproduire ici le résumé de ces grands travaux de dom Mabillon , de du Cangc et des auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, résumé si clair qu'a donne M. de Waiily dans ses Eléments de paléographie.
« Depuis la réforme du calendrier par Jules César, l'année romaine commençait aux calendes de janvier, c'est-à-dire, le premier de ce mois. Il est donc probable que dans les pays voisins de l'Italie le même usage avait été adopté. Toutefois, d'après le témoignage deBède, les Eglises des Gaules commençaient l'année le jour de la fêle de Pâques, qu'elles ont célébrée le 25 mars jusqu'au concile de Nicée, tenu en 325. Un nouvel usage fut introduit au v* siècle par les Francs, qui commençaient l'année le 1" mars. 11 parait cependant que l'ancienne coutume fut suivie concurremment avec la nouvelle et que l'année commençait au 1" mars ou à Pâques. A compter du vt* siècle, deux autres systèmes venus d'Italie furent aussi mis en pratique, mais plus rarement que les deux autres : ils consistaient à commencer l'année le 1" janvier, suivant l'usage des Romains, et le 25 décembre, d'après une tradition pieuse qui alors était déjà suivie dans l'Eglise romaine. Toutefois, Grégoire de Tours commence plus ordinairement l'année au mois de mars qu'au 25 décembre ou au 1" janvier. On voit donc que dés les premiers temps de notre histoire les différentes manières de commencer l'aunée ont été connues en France.
Charlemagne, après ses conquêtes d'Italie, fit prévaloir lo système qui était alors adopté de préférence par l'Eglise romaine. 11 devint donc plus ordinaire de commencer l'année le 25 décembre. Ce calcul, après avoir été préféré pendant le ix* siècle et une partie du siècle suivait! , Ueviol insensiblement plu»
f,| ANN
rare. Il es( impossible d'affirmer, el il n'est même pat probable que, pendant le ix* siècle rt au commencement da x*, on ait complètement renonce à commencer l'année soit le 25 mars, soit le jour de Pâques. Quant â l'époque du 1" janvier, elle fut suivie, quoique plus rarement, sous le règne de Charleinagae, et à vrai dire elle ne cessa jamais d'être employée. Après avoir été d'un usage ordinaire pendant le x* siècle el le xi*, elle parut moins fréquemment dans les actes du îu'etda xiii* siècle, et surtout dans ceux des siècles suivants, jusqu'au moment où l'ordonnance de 1563 (vieux style) In remit en vigueur dans toute l'étendue de la France. Nous avons dit que l'époque du 2> m.irs el celle de Pâques n'avaient probablement pas cessé d'être en usage même du lemp> de Cbarlemagne. Comment supposer en cff«l qu'on ait entièrement laissé de côté la date de la Conception, choisie par Dcnys le Petit pour point dé départ d'une ère qui venait de succéder en France au système de \ ictorius? On verra bientôt d'ailleurs que sous la 3' race le 25 mars a été considéré, dans certaines provinces, comme le premier jour de Tannée. 11 est également impossible de supposer que l'on ait cessé de commencer l'année le jour de Pâques, puisque ce calcul, qui* avait été adopté sous la 1" race, devint de nouveau d'un usage ordinaire au x' siècle, se répandit de plus en plus pendant le siècle suivant, el qu'à partir du xu* siècle jusqu'à l'ordonnance de 1563 il fut, pour ainsi dire, exclusivement suivi dans presque toutes les parties de la France.
A ces notions générales ajoutons quelques détails particuliers à certaines localités.
En Aquitaine, selon du Cange, le premier joorde l'année a toujours été fixé au 25 mars, sans tenir compte des variations de la félede Pâques. « Avant la On du xr siècle, disent les Bénédictins, l'usage était déjà reçu en Languedoc de no compter l'année qu'a Pâques; mais il n'était pas si général qu'on ne trouve plusieurs exemples du contraire. » D'un autre côté, on lit dans du Cange que, d'après un article des statuts publiés en 1289 pour l'église de Rodez, l'année commençait â la féte de l'Annonciation. Le sens naturel de cet article est que cet usage était alors en •igoeur. On pourrait d>nc supposer que les Bénédictins ont confondu l'époque de Pâques et celle de l'Annonciation. Ces statuts étaient communs à l'Eglise de C ihors et à celle do Tulle. On commençait donc Tannée le 25 mars dans le Quercy et une partie du Limousin : nous disons dans une partie du Limousin, car il résulte d'un texte cité par Mabillon qu'avant 1381 on commençait l'année a Limoges le jour de Pâques, et qu'il fut décidé à cette époque qu'on la commencerait le 25 mars. Selon le même auteur, le calcul pisan était suivi dans l'église de Reims au xiv* siècle. Les Bénédictins citent, de leur (6>é, un acte du siècle suivant qui confirme le sentiment de Mabilloo ; mais ils présumeut
(DU litre qui indique rétablissement de cette manière le o«nui«-ncer l'aimée dan* f.'-li&e J: Milan prouva itmi