IV. MANUSCRITS A M1NUTTJRB
Il existe à la bibliothèque royale des manuscrits à miniatures depuis le vr siècle jusqu'au xvp. Ce sont des trésors qui donnent les plus curieux détails sur les costumes et les mœurs du moyen âge. Le plus ancien est nn Térence du tp siècle. Ou connaît la magnifique Bible offerte à Charles le Chauve par les moines de Saint-Martin do Tours. Les Bénédictins pensaient qu'cllo avait été écrite du temps de Charleniagnc. On y voit une peinture représentant Vivien, abbé de Saint-Martin de Tours, qui préseule l'ouvrage à l'empereur. Le mont Sinaï est figuré en léle de l'Exode , et différents sujets bibliques sont répartis dans le cours du manuscrit.
Le volume intitulé Emblemata biblica , qui contient près de 500 colonnes , est uu des plus remarquables. Dans chaque colonne sont 4 médaillons, ce qui pour le tout fait 1 ,968 médaillons, tous remplis de figures, d'animaux , de fleurs , etc.
Un autre manuscrit , portant pour titre Biblia sacra , n" 6829 , comprend 754 colonnes , dans chacune desquelles il y a 4 tableaux, total 3,016 tableaux, et dans chacun de ces tableaux il y a 5 Ggures , ce qui donne 15,08) personnages.
A elle seule, la bibliothèque royale est plus riche en ce genre que tô*utes les bibliothèques réunies de l'Europe ; le nombre de ses manuscrits à miniatures s'élève à près de 10,030. On y trouve non seulement d:s livres d'église et de morale, mais aussi des poèmes , des histoires de toute espèce , remplies de magnifiques vignettes ; des bestiaires , des lapidaires et autres livres qui comprennent 1 encyclopédie des sciences étudiées au moyen âge, et particulièrement les spéculum ma) us , vaste encyclopédie du xiip siècle, dont Vincent de Beauvais donna le modèle ; et tous ces ouvrages sont illustrés de portraits des planles , des animaux et des hommes alors connus ou imaginés (2).
La bibliothèque de l'Arsenal possède aussi de beaux ouvrages ornés do miniatures.
On peut citer surtout le Spéculum humarue salvationis , où il y a près! de 600 figures attribuées àTaddeo tiaddi, élève de Giollo; le Psautier de monseigneur saint Louis, le Bréviaire du roi René, où l'on voit ce prince entouré de sa famille, avec cette inscription » Portrcùts de ceux qui l'ont fait , etc.
MARQUIS. Les marquis , marchionest marchensest marchisii, tirent leur nom des marches ou frontières dont la garde leur était confiée. On en attribue la création à Charlomagne. Au xp siècle on nu les distinguait pas des comtes, des ducs, etc. Les ducs de
(î) Annales urchéotogùnuu, i. II.
Lôrf alâe, disent I s Bénédictins, ont toujours Si quis prœcepta nostra eontempserit , oculo-
élé fort jaloux da litre de marquis ou m<ir- rum evulsione mulctetur. Une telle punition
chii. M. de Wdilly rapporte à cet égard tin est digne de la barbarie de ces temps,
grand nombre de sceaux de ces seigneurs, Les personnes privées da vr siècle ero-
pendant les itr, titf et xiv siècles, qui ne pi oient aussi les menaces pécuniaires dans
laissent pas de doute sur cet usage (1). leurs actes, sans doute aGn de faire peur do
MEMORIAlESiMEMOBJjB.Leiomciers fisp et des officiers royaux à ceux qui au-
inférieurs des archives impériales, ches les raient été tentés d'y porter atteinte ; car on
tt, d'une 'ait qu'une partie des a me
revenait au
roi.
Romains, se nommaient memoriales, espèce dë chartes impériales. Cbes les Francs
les greniers reçurent le même litre, et on ep- Lcs siècles suivants voient cette sorte de
pela memoriaiè toute espèce de chartes, de clause comminatoire se multiplier plus fre •
diplômes et de notices. Ces dernières pièces quemment dans les chartes privées que dans
furent surtout particulièrement appelées m«- J('s diplômes royaux, où cependant on en
morïo, mhnoriale, commemoratorium, reme- rencontre quelquefois; on cite, entre autres
vu>ra(orium,brevismsmoratorimoucêmmemo' peines extraordinaires, la menace de mort
ràiorin. ajoutée par Charles le Gros aux amendes
Balùse petise qu'on a appelé memoralia et pécuniaires. Au x* siècle les menaces do-
mèthôtiœ tek pièces d'un procès, t» quitus viennent plus fréquentes dans les diplôme!
ennsd» *crï&*oanfur quet in foro agitaùantur royaux, et se répandent partout, au siècle
lis eârttm memoria aboleretur. suivant, dans les chartes des seigneurs et des
C'est de là qu'est venu le mol mémoire, particuliers, comme dans les diplômes des
fétligé pour lé même objet. FOlS.
enfreindre t nom niions rapporter ici tel pei- H™ ■?*!''* "nc»Illrc Plu» Fu4rf ,««
ne. .en,por.ll« don. le. pape., le. roi? « £ lëur. —
jusqu'au xiv siècle les peines pécuniaires et corporelles ont été usitées dans les chartes de donation cl de fondation.
MKSSE. On peut voir le développement de celte question dans la Liturgie catholique de M. l'abbé Pascal (3) : il ne s agira ici que des faits paléographiques. L'usage où Ton est à
Dans Us butîeè tt flaires actes ecttésiatliques.
Ôn ne connaît pas de pape, fivantPascal I", qui ait employé de menaces pécuniaires dans ses bulles. Ce pontife menace d'une amende de cinq bonnes livres d'or celui qui portera
îenni fté^ " C /a8i d'" «ûlennellemcnt, de lire l'épllre et 1 é-
VI J î Bcry.,c,,n?> .q« on nê trouve d autres vang,|e CB !flljn e, e'n grec * |l0tl0rer
K , d?ns8lc.e i„Tï ST?." JE2°S t l'B««" orien,a!c 01 Pûnr marqïer son con-
n„ Jïn? iu • V ècle 5!" senlement ivee l'occidentale a nécessité ,
\^Kri^r!^JZ£j£l ïnpCS dM daDg ,c» «*» '* grec en ca-'
[en p< postérieurs ccssèrcnl d employer ces racteres laUn8 a caMe dc ru,norance où ron
On iiiirmn -» . A él«'» °e la première langue. De là les hymnes,
JPnrrfT if i.Σî ^! ,** 2SS ,e «;«bolï et tant d'autres pièces grecques,
«vînï tl J LV"08 qUI ,C5 cmPl^r««nl rendes en caractères latins dans les an-
ll\ hi£ J j& , .. 1A ciens aniiphoniers et les sacramentaircs de
rt.ini^ ^Jés.astiques, dès e vu- slè- rEfil>t romaine. D. Mabiîmu lire dc là l'an-
de, joignent aux peines spirituelles les me- c£5 U9êpi de lire la mes^e en grec et en
naces d'amendes pécuniaires. L'emploi de ers Clauses comminatoires dura généralement jusqu'au xi* siècle , quoique dans ce dernier siècle elles devinssent plus rares en France ; et elles disparurent après le xtv siècle. Cependant on en voit encore d.ms lès chartes des prélats d'Italie au mv' siècle.
Bans les diplômes rvyttmic ri tu chartes privées.
Les rois francs, imitant les empereurs romains, menacèrent de peines corporelles les ihfmteurs âe leurs diplômes. Les Béoédic-
lalin dans la célèbre abbaye de Saint-Dents (4).
L'usage d'offrir le saint sacrifice de la messe pour les morts est atrssf antique qne l'Elise oathnltqne. Un des exemptes les plus ancrens est t+ré d'un diplôme de Charlemagne, donné en T83 en faveur de l'abbaye Saint- Arnoutd de Melr : ce prince y recommande aoX maines de célébrerions les jours la messe, et de «sire de continuelles prières po»r le ffonlogemcnt de l'âme the la reine Hiidegarde *o» épouse. Une notice dncartnlaire de raMsaye de Redon, de Tan 868, est
£ns rapportent (g, d'après Grégoire do égalementre+attvoa des fondations de messes; Imrrs, que ChilpéTîc meiiaçail, non-seule- mais elle
ment de la per!è des biens, mais ordonnait à ses juges d'arrachet les yeux aux coupables :
(i) Etémenli de paléographie, i. lï. (Il Hqhkw T.uiiè de DitHomuiqu*, \ V, p. 683
offre, peut-être pour la première fois, une stipulai ron d'am certain nombre de prières à dire. L'afobé s'engage , k condi*-
(3|V. Diction, dr Utwaieeulk., édit Vif ne, i vot. ki-l". <i) Nouveau traité dc Diplo,mitn «, i. lll, p u:>.