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que la date est fautive, et que l'église de Reims employait plutôt le calcul florentin. Quoi qu'il en soit, cette église parait avoir suivi auparavant une autre supputation, puisque Mabillon assure, à l'occasion d'un acte de 989, qu'elle commençait alors l'année au mois de mai.
« L'époque du 25 décembre était adoptée de préférence en Bourgogne, selon Fleury; et, selon dom de Vaines, à Narbonne et dans le pays de Foix. Le Dauphiné parait avoir également suivi cet usage. Les Bénédictins ne disent pas à quelle époque on peut en faire remonter l'origine dans celle province ; *» mais il est constaté qu'il subsistait encore au xiv* siècle. Mabillon prouve par un acte de 962 que la même coutume était établie en Auvergne à la fin du x* siècle.
« L'époque du i" janvier a été suivie, sinon dans le diocèse, du moins par un évéque de Lodève, au xiv* siècle. Elle était adoptée en Picardie pendant les deux siècles précédents. Un acte de l'57 prouve qu'elle était aussi en usage à Dijon, dans le xu* siècle.
« Les exemples fournis à l'appui de la date de Pâques seraient trop longs à rapporter; bornons-nous à dire que le concile de Tours, tenu en 109t>. est daté de l'an 1096, more Gnllico, c'est-à-dire eu commençant l'année à Pâques.
« Le même calcul fut suivi l'année suivante au concile de Saintes. Par conséquent on peut en conclure que dès la fin du xi* siècle c'était déjà une coutume nationale.
« En Italie, on doit faire remonter au moins au vi* siècle l'usage de commencer l'année le 25 décembre. Celte époque était trop rapprochée du l'r janvier pour qu'on fit difficulté de l'admettre. En thèse générale, elle a prévalu sur toutes les autres, sans cependant exclure jamais l'ancien usage des Romains, ni la date de la Conception mise en vogue par Denys le Petit. Elle n'a jamais été plus généralement employée que pendant le xu* et le xiii* siècle; mais alors même les actes pontificaux suivent souvent un autre calcul. Il n'esl pas besoin d'ajouter que Pise et Florence suivirent de préférence leurs calculs particuliers, dont l'origine n'est pas d'ailleurs ûxée. Il est prouvé qu'à Lucques cl à Sienne on employait le calcul pisan pendant le xiii*, le xiv* et le xv* siècle. Au xv* siècle les ducs de Milan suivaient encore le calcul florentin, quoique l'église de Milan (1) l'eût abandonné dès le xn* siècle pour dater du 25 décembre.
* Depuis Charlemagne, il est constaté que les Allemands ont toujours préféré, pour le commencement de l'année, la date du 25 décembre. Celte règle n'admet que de rares exceptions, et la plupart sont antérieures au xi* siècle. Toutefois, les Bénédictins font observer que, dans quelques provinces limitrophes de la France, on a suivi jusqu'au xiip siècle la méthode française. Dans ta pays de Liège l'année a commencé à Pâques
qu'on y comptait fiodicUoii du 1" septembre
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jusqu'en 133V, et depuis lors au 25 déeem- x* siècle elle devient plus ordinaire, cl IV
hre. En Flandre, an x* siècle et au xr, on sage s'en affermit sous Léon IX. En Angle-
tintait du jour de Noël, ei l'en adopta ensuite tern* les actes du concile de Twiford, en
l'époque de Pâques. Le diocèse de Trêves 685, sont ainsi datés. Les rois commencèrent
commençait l'année le 25 mars, au moius également alors à dater de l'Incarnation. Au
depuis la fin du xni* siècle; cl les notaires nu* siècle cette date figurait, en France,
suivaient-cncorc le même usage à la Gn du dans presque tous les actes ecclésiastique
xiv* siècle, quoique le commencement de cl dans un grand nombre de chartes parti-
l'année eût éle légalement fixé au l*r janvier, culières. Charte magne est le premier de nos
L'Espagne commençait l'année le 25 décem- rois qui l'ait employée; encore ne le fit-il
toutefois, l'Aragon s'est écarté de cet que rarement. Elle devient plus ordinaire
que le jour de Pâques. L'usage d'Espagne formémenl suivie avant le milieu du xiv
était suivi, selon du Cange dans le royaume siècle; d'un autre côté, les rois de Portugal
de Chypre. ne l'employèrent que vers le iv siècle. Enfin
«Les Grecs avaient d'abord fixé au 25 elle ne devint d'un usage ordinaire, chez les
mars le commencement des années de l'ère chrétiens d'Orient, qu'après la prise de Qons-
rhrétienne, et c'est d'après eux que Denys tuntinople. le Petit avait adopté cette époque; mais ils
revinrent ensuite à la date du 1" septembre, qui fut suivie par les Russes jusqu'au règne de Pierre le Grand. Du reste, selon les liéncditiins. les Grecs datèrent rarement do l'incarnation, si ce n'est di-puis le xvs'ècle. Leur date favorite était celle du monde, qu'on trouve quelquefois réunie à celle de l'Incarnation dans les diplômes grecs des {■rinces normands, de Naples et de Sicile. »
Année communs. On appelle ainsi les an-
ANNONCE. Les actes contiennent, à chaque époque, l'annonce de certaines clauses dont le but est de leur donner un caractère de certitude et d'authenticité. Ces clauses consistentsurtout dans l'annonce de l'anneau, du sceau, des souscriptions, des témoins, du monogramme, des investitures, etc. Toutes les formules usilées au môme siècle ne se rencontrent pas ordinairement dans la même charte ; il suffit de quelques-uns pour lui donner un caractère régulier. Il y a des
nées qui ont 52 semaines et un jour, pour fhartes qui, bien que manquant de l'annonce
le» d.stmguer des années bissextiles, qui ont de la sjgnaiure, fu gccau , cic., 90nt cepen-
52 ternames et 2 jours. danl revêtues de ces formalités; d'autres enfin
Ansia bmbolumiqcb. L'année embolit- qui en annoncent quelques-unes et qui en
mii/ue se dit des 7 années intercalaires du présentent davantage. Dans ces derniers cas,
rycle de 19 ans, qui ont 383 et 384 jours, on n'a que de plus grands moyens de vérifi-
landis que les années communes y sont corn- cation et plus d'assurance de certitude. Il
posées de354 jours. (Voyez Cycle de dix neuf n'en est pas de même des pièces qui conlien-
ahs.) Embolisme veut dire intercallalion. nent des annonces qu'elles ne réalisent pas :
• Année msa*b. On appelle année pisane [a règle générale veut qu'elles ne soient pas
ou calcul pisan, le système des écrivains qui oon de soupçon de fraude ; cependant il faut
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commençaient l'année au jour de la Concep lion, le 25 mars, mais qui la reculaient d'un an, c'est-à-dire qu'ils comptaient l'an 1000, du 25 mars 999 au 2V mars 1000. Ils dîneraient d'autres auteurs qui dataient également de ce jour de la Conception, mais qui
bien peser les circonstances avant d'asseoir un jugement certain. D'abord il faut s'assurer que les pièces qu'oo examine ne sont pas des copies presque aussi anciennes que l'original : car toute copie peut, par exemple, annoncer un sceau , mais nulle copie ne peut c'miplaTcnit/dansTe casTdii i 25 mars TlOÔoYu «n présenter un sans fraude, à moins de cas 24 mars 1001; on désignait ce compul sous extrêmement rares (2), ou encore dans le le nom de florentin (1). L'usage de l'année cas d'un udimut de 1 original , au bas duq^ I pisane se voit quelquefois dan» les bulles des Peul élre Inis ,e sccao, de ,a cour ou de la papes Grégoire VII, Urbain 11, Pascal 11, personne qui vidime la charte. Ensuite la Calixlc 11 et Innocent II, eidans les diplômes P'èce peut nôtre qu un projet d acte qui de quelques empereurs d'Allemagne. n au™ P*s c,c régularisé et n aura pas eu de
On datait encore de l'année de l'Incarna- suites, mais se sera conservé dans les arcln-
tion, de l'année Je la Trabéation et de l'année de la Passion. (Voyez ces mots à l'article Date*.)
Année de l'Inc4rnation. Cette manière
ves, quoique cola soit peu probable-
Il peul se faire aussi qu'une charte remplisse toutes les conditions pour être régulière sous le rapport des dates et du sceau,
de dater les chartes a été en usage, dans les mais ajoute la mention du sceau d'un seigneur
bulles, dès le vu* siècle, mais très-rarement, supérieur ou même du roi, comme devant y
Au îx* siècle on en rencontre plusieurs être apposé sans présenter ce sceau. Cela
exemples non suspects de fraude. A la Gn du toutefois n'infirme pas sou authenticité, suret) M 1* Wiill». glimentt de palioqrapkie. (1) Cmnii.o refa se voii djiu la Diphimaiiintc, 1. V,
l'- itW. <jû l'on rjj.iwj: V: nuç lo chapitre de Liège se ser-
rait de Aonx sceaux : l'un pour «oetler les mil graphes, n l'autre i»our mulre aiiUieHii-iues l*> cei-ie* nu'wu Ut au.
tout si c'est à une époque où il est habituel de se passer de ces approbations (1). En effet il a pu arriver que les circonstances aient mis obstacle à la réalisation des conditions portées par le notaire dans la rédaction de la pièce. Ces cas arrivaient surtout dans les temps où Ton annonçait la signature des absents lors de la rédaction de l'acte, dans l'intention de le leur faire signer dans la suite et dans les temps où la chancellerie n'était pas toujours auprès du roi.
Nous allons passer en revue les annonces d^s formules usitées dans chaque siècle, de manière à faire connaître celles qui y ont été spéciales.
L'exclusion de certaines formules indiquera qu'elles n'étaient pas connues à l'époque où il n'en est pas parlé, ou du moins qu'il ne nous reste pas de monuments dans lesquels elles soient employées.
vr, vir, vnr siècles.
Rois de France.
AmtONCB de Vanneau, de$ souscriptions et du monogramme. Il est peu de chartes de nos rois dans lesquelles l'anneau soit annoncé , quoiqu'il y ait été apporté. Un précepte de Cbildebert pour la dotation du monastère de &rint-Calai& en fait mention en ces termes : De annulo nostro eubtersigillare jussimus. Les Bénédictins en rapportent encore quelques autres , en faisant observer que dom Mabillon a cru cette formule extrêmement rare à cette époque, mais non inusitée
Style de la formule : Annuli nostri impressione eam subier decrevimus roborare. Annuli nostri impressione astipulari fecimus. De annulo nostro subtersigillfire jussimut. Les maires du palais usaient de la formule Annuli nostri impressione signavimus.
Les notaires des chartes royales n'annoncent ordinairement que la sousciplion du roi et quelquefois le monogramme en ce* termes : Manu nostra ou manus nostrœ subscripsionibus subter eam decrevimue roboraret ou Manu propria subsignanles roboravimus. Les maires du palais usèrent de la formulo royale pour annoncer leur signature, ainsi que de celle-ci : Signum inlustri viro iV. major im do mus.
Les jugements ou les sentences ne portent pas ordinairement l'annonce des signatures.
Les chartes des rois de la première raco contiennent quelquefois des monogrammes, sans qu'ils soient toujours annonces dans le corps de l'acte. Le style est le même que celui de l'annonce de I anneau, et le monogramme est nommé siqnaculum.
Chartes particulières.
Les accord! entre particuliers sont ordinairement dépourvus de la mention des signatures : on la remplaçait par la célèbre formule : Stipulations subnixa, expressions par lesquelles on entendait ou les signatures qui allaient suivre, ou les cérémonies de la slipolation , consistant en interrogations , réponses et promesses solennelles. Chez les Francs la stipulation se faisait, de la part du
(t) De Re Diplotnat., p. ÎIO.