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avoit étudié a Tond les butines rèçlo* cl les bonnes traditions du langage. Voici comment en parle, vers la même année , notre admirable Henri Eslienne, dans ses délicieux Dialogues du nouveau tangage français italianisé, principalement entre les courtisans de ce temps : « Ne vous souvient-il pas, dit-il à propos de celle diphlhongue , de cous du inesme pays qui prononcent madamiselle , pour éviter ce mauvais passage qu'il leur faudroil passer en la pronontialion d<? madamoiselle? Quant à français, anglois, cscoçois, milanois , il y a longtemps que plusieurs d'eus ont confessé n'avoir pas la langue bien faicle pour les prononcer; et pourtant suyvans leur langage naturel, qui dit fraucesc, inglcsé , scocœsé , milanesé , ont été fort joyeux d'eslre quittes pour dire pareillement en parlant le nostre, francès, anglès, escocè», tnilanès... Kl je scay bien qu'entre vous courtisans trouvez tous ces mots de Irop meilleure grâce, pource qu'ifs sont plus mignards, el qu'il ne faul pas que les dames ouvrent tant la bouche ; comme aussi elles en font quelque conscience ou au moiqi le semblant. Tant y a que , par successiou de temps si ou vous veut croire el à vos compagnons, les François deviendront totalement Francès. J'euicn que la mémoire s'abolira entr'eux de la belle pronontialion de ce beau nom là, lequel ils prennent du nom de leur pays, el s'accoutumeront tellement i cesle prouonlialion bastarde, qu'ils ne le pourront prononcer comme il appartient, non plus que Dcmosihène pouvait prononcer le nom de la science doul il faisoil profession. »
« On voit , par celte citation , qu'Henri Eslienne exprime au moins un peu mieux cette valeur néophone que les continuateurs actuels de la prononciation courlisanesque, et tous les hommes de quelque savoir qui ont entrepris de la figurer dans noire écriture, jusqu'à Dumarsais , ne l'ont 'jamai* figurée autrement. Si Voltaire l'avoit su, il se seroil bieu gardé do s'en rapporter à Laurent Jouberl , celui do tous les hommes qui ont traité celle question qui avoit le moins d'autorité pour la décider.
« Un des malheurs de la prononciation courlisanesque, c'est qu'elle attenloit à tous les mois de même nature qui se trouvoient dans la langue, et dont certains se sont cependant préservés, bon gré, mal gré, de la ridicule invasiou de la mode. Ainsi la royne a passé aux Italiens , sans entraîner le roi avec elle, el s'il a perdu les François, dans la défection des diphlboogues, ses braves Gaulois lui sont restés. Il résulte de tout cela, dans le système étymologique de notre parole et daus les règles de sa prononciation . une confusion épouvautable dont ce hou Henri Eslienne va encore m 'offrir un exemple ; mai* il faul se rappeler d'abord qu'on enlendoit par le blason d'uu peuple, d'un homme ou d'une chose, uue certaiue devise caractéristique, ordinairement Tort courte, et qu'uu tour proverbial , aidé d'une rime bonne ou mauvaise, fixoil imperturba Mer
fl) Notiont élàtumairet de imgmitiqve. I vol., u. Ufc
DICTI0NNA1KE DE I)irLOMATI«tE CHRETIENNE.
meut oans In mémoire. Le blazon des François étoit celui -ci : Qui dit François dit courtois , cl il eq valoit bien un autre. Les GIlcs el les mignons de cour, qui ne pouvoient pas prononcer François, avec sa diphthongue majestueuse , ne pouvaient pas prononcer courtois non plus, et il fallut dire courtès, que M. de Voltaire a oublié d'écrire connais.
« La bourgeoisie, qui avait renoncé à son nom national avec beaucoup de complaisance, ne voulut pas renoncer a sa noble épilhcic. Courtois resta pour les Gaulois peul-élre, et le blason disparul.
a La province enchérit volontiers sur ces gentillesses. Pour elle la diphthongue oi fut comme non avenue. Elle faillit faire place à la voyelle bâtarde dcsMédicis dans les pro-. noms moi cl loi eux-mêmes, car il est encore assez commun de dire tutoyer, cl Dieu garde de mal les honnêtes lexicographes qui écriveut ce barbarisme comme je viens de l'écrire. Il en fut de même dans tout le resle, cl le mal n'aurait point eu de bornes, si quel-
ques poêles énergiques , c'était à veri'é Boileau , Racine et Molière , n'avaient ru le courage do maintenir cette diphibongu choquante, à la rime et dans des vers faut tout exprès pour la consacrer éternellement.»
Ou sait que Charles Nodier el l'ancirooe Académie ont toujours proscrit loi. Mj< tout en admirant l'esprit de la défense, et peutêtre en adoptant le même parti, il est curieux de constater que dans les temps les plus anciens de la langue française, comme dans les derniers siècles, les mots en oi et les imparfaits, s'écrivaient indifféremment par oi ou par oi. C'est ce que prouve amplement M. Guessard dans un travail critique publié dans VEcole des Chartes, du mois de janvier de cette année. De nombreuses recherches faites dans les manuscrits français des xu' et xv.i* siècles, tels que le livre de* Rois, les sermons de saint Bernard, le livre de la Taille de Paris pour l'an 1292, elc, mettent ce fait dans l'évidence la plus coaiplètc. Nous y renverrons (l).
PAGINA. Parmi les termes génériques propres à qualifier les chartes el autres instruments publiés d'une manière générale cl sans en spécifier la nalurc, celui de pagina fut un des plu* fréqucmmetUemployésdans le moyen âge. Pagina testamentahs signifia un testament; pagina cautiunum un acte d'obligation; pxjina ou pa'jinola donalionis une charte de donation. C'est le sens que lui donnent les Bonédiclius dans l'explication d'un diplôme d'unedame du virsièrle ra porté par D. Mabillon à ia page 408 de sa Diplomatique.
Il était très-naturel qu'on appelât du nom de pa/ina des charte* qui n'étaient écrites que d'un côté. «L'on nommait p ige, pagina, dit le P. Calmcl, le cô'.é écrit d'un volume, que l'on n'écrivait que d'une part, et tabcllœ ou (ubalœ, ce que nous nommons à présent page d'un livre écrit des deux côtés (2). »
Ou trouve aussi dans le sens de charte, opusculnm, opas el memoriale. Libcilus et même liber eurent en Angleterre , surtout vers le ix* siècle, la même signification.