‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 247 sur 455 · I. 0RIG1XE ET DIFFÉRENTS AGES DE LA PAIRIE · texte numérisé non relu

I. 0RIG1XE ET DIFFÉRENTS AGES DE LA PAIRIE

On connaît peu l'origine de la pairie royale ou du corps des grands barons qui formaient la cour du rpi, lorsqu'il s'agissait de juger les seigneurs accusés de félonie. Voici ce qu'en disent le président Hénaull et d'autres auteurs.

L'institution de la pairie a eu cinq phases distinctes. Dans la première, qu'on fait remonter À Hugues Capel, les six plus hauts barons du royaume, qui l'avaient reconnu pour chef, formèrent sa cour cl l'assistaient t n jugement quand la cause de l'un d'eux y ét lit portée. La réunion des six grand" vastaux de la couronne, sous la présidence du roi, forma donc la cour des pairs de Franco

(I) Bibllovhè nie île l'Ecole des Clnrtes, * série, t. Il

Mais l'existence des douze pairs ne parai; pas bien constatée avant la fin du xu* siècle, A cette époque on organisa la cour des pair» nur le modèle de la cour romanesque di Charlcmagncdans l'épopée de la Table-Rond \ el les six pairs laïques, auxquels ou réunit autant de pairs ecclésiastiques, formèrent te corps suprême. Le premier qui parle des douze pairs est Mathieu Paris, qui écrivait au xiii' siècle, et c'est à propos du jugement de Jean sans Terre. On les voit ensuite figurer au sacre de Louis VIII.

Les anciennes pairies laïques, dont 1rs possesseurs s'étaient souvent rendus redoutables aux rois, furent successivement réunis à la couronne soit par des guerres heureux, soit par des alliances ou autrement. Li N >■■mandtc, conquise par Philippe Auguste, fut définitivement unie à la France sous Ch.it Vs VU; le comté de Toulouse, sous saint Loui>; la Champagne, sous Philippe le Ik-l; la Guyenne, confisquée par Louis le Jeune, est réunie sous Charles VU Quant à !a Bourgogne, depuis le règne de Robert, elle était dans la maison de France. II en est de même du comté-pairie de Flandre, réuni, lors de la mort de Louis III, à la seconde maison d: Bourgogne nar le mariage de Philippe le Hardi avec l'héritière de Flandre, eu 1363.

Toutes ces anciennes pairies qui achevèrent de s'éteindre sous Charles VU, peuvent être regardées comme le premier âge d3 la pairie.

La seconde pairie ne fut pas de méms triture que la première. Les rois, pour ma»» • tenir une dignité si éclatante et qui était u i des soutiens de ia couronne, malgré 1 1 grande indépendance de ses possesseurs qui se rappelaient trop leur origine, les rois créèrent do nouvelles pairies sur le modèle des an-

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CM'iines , mais avec la grande différence qu'elles le furent par lettres patentes, et par conséquent demauière à mettre les nouveau? pairs dans une plus grande dépendance que les anciens vis-à-vis du pouvoir suprême.

Ces nouvelles pairies ne furent conférées qu'aux princes. Jean, duc de Bretagne, eu fui revêtu le premier en 1297, dans le temps qu il existait eucore quelques pairies anciennes.

Le troisième âge de la pairie fut celui où nos rois la conférèrent a des princes étrangers. Le duc de Nevers reçut le premier cet honneur par l'érection du comté de Nevers en duché-pairie, qui fut faite eu 1505.

Le quatrième âge de la pairie commence à l'époque de l'érection des terres des principaux seigneur:» de la cour en duché-pairie. Le baron de Moutmoreucy est le premier

3ui, en 1551, fut revêtu de celle émiuenle ^igtiité. Cet ordre de choses subsista jusqu'en

Le cinquième âge de la pairie commence en France avec la charte de 1814. Celte constitution établit une chambre des pairs dont les membres étaient à la nomination du roi; leur nombre était illimité il leur dignité héréditaire. Les membres de la famille royale faisaient de droit partie de la chambre des pairs.

La révolution de Juillet a modifié gravement une des bases de cette institution en supprimant l'hérédité.

IL IfOMURB DES ANCIENS PAIRS DK FRANCS.

Comme nous l'avons vu plus haut, le nombre des pairs était de douze dans les xh* et xui* siècles: savoir six pairs laïques donttroisducs et trois comtes, cl six pairs ecclésiastiques. Les trois comtes laïques élaicnlceuxdeChampagne, Aie Flandre et de Toulouse; et les trois ducs ceux de Normandie, de Bourgogne et de Guyenne. Les six pairs ecclésiastiques étaient des évéques et des archevêques dont les sièges ont varié(l). Ils ont pris également la qualité de ducs cl de comtes dès le xiir uècle, et siégeaient au parlement au mémo titre que les pairs laïques.

Le président Hénaull rapporte, d'après un ancien manuscrit de la bibliothèque du roi, une bonne définition de celle grande institution : « Les pairs du roi ne sont mie appelé* per$ pour ce que ils soyent pers à luy, mais ptrs sont entre eulx ensemble. »

PAIRS en général. Nous emprunterons aux Bénédictins ce qu'ils disent des anciens pairs en général.

« On appelait anciennement pairs tous les 'ftsaux qui relevaient immédiatement d'un grand fief, parce qu'ils étaient égaux en dignité. Ainsi tous les vassaux immédiats du toi étaient autrefois pairs ou barons de

(U Du Cuge, a Pan 1237. donne »iasi la liste des |>ajrs cdéMjsiinues : « ÀrcUiepiscOjius UeoicuMS, qui regem mccoruai ccelesti couderai chrlsnule, qua proplcr re x Friucurum rcguua ceuscUir Utgoissioius , enL omnium ïrauciae poriuni priants el cxcellenu&siiuus; episcopus noviuiuensis, qui est cornes palalkius; episcopus belvatpRsto, qui est cornes palaiioas; episcopus CaUlauneusfr; efL>C0|/U3 Liugoucuais, qui, oui pauper sit, dignus Uuucu

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