‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 261 sur 455 · V. papier timoré · texte numérisé non relu

V. papier timoré

Le papier timbré, établi dans l'origine pour mettre dos entraves aux actes fabriqués par des faussaires, est devenu par la Miite une branche assez importante ilu revenu fiscal. Le papier timbré était déjà connu chez les Romains. Jtislinicn , après avoir parlé des différentes espèces qu'on fabriquait de son temps , ordonne qu'on emploie particulièrement celle qu'il désigne dans sa Vi' novello. La marque du papier était appelée protocole, parce que, selon la plupart des auteurs, elle ne paraissait que sur la première fouille des registres, des livres d'actes ou de chaque main de papier blanc. Cette empreinte était probablement une simple inscription placée au haut de la page, et indiquant sous quel comte des sacrées largesses et en quel temps le papier avait été fait. 11 était défendu aux notaires de la couper suf leurs registres (1).

Chez les modernes, le papier et le parchemin timbrés ne sont pas antérieurs au milieu du xvr siècle. On les voit établir en K-ipagne cl en Hollande en 1555. Cet usage s'étendit ensuite en Allemagne, et dans les autres pays héréditaires de la maison d'Autriche. M. d'Argis cite un acte de l'an 1668, r< çu par les notaires de Bruxelles, et ajoute à propos de cela que les marques des acles de ce pays sont imprimées avec des planches de cuivre comme des estampes, et non pas frappées avec un poinçon comme ou le pratique en France.

Un édit de 1055 prescrivit en France l'emploi du papier et du parchemin timbrés pour les actes publics; mais, bien qu'il eût été en* registre dans les parlements, il demeura >;ms exécution. Ce n'est qu'en 1673 qu'une déclaration du roi l'établit définitivement. Les pays conquis et quelques principautés m furent seulement exempts. *

Les timbres contiennent ordinairement les r.rmes de9 souverains; mai* en France ils varient selon les provinces, les généralités et les acles même. Outre le timbre que l'on voit en léle, qui porte la date du temps et du pays de son empreinte, une fabrique particulière de ce papier mettait au milieu de chaque feuille, <nu lieu de l'enseigne du fabricant, une impression du timbre qui doit y être apposé en tête. Ce timbre intérieur et caché était une nouvelle précaution contre les faussaires , et pouvait même suppléer au timbre apparent, si quelque accident l'avait fait disparaître. On peut donc reconnaître la fausseté des pièces modernes à la marque do roi, ou même à celle du papetier, puisqu'on connaît l'époque où ces marques ont commencé d'être en usage.

PARAGRAPHE. Les savants ne sont pas d'accord sur l'ancienne figure du paragraphe

(1) LoUeau, * propos de celte marque, proposait, dans sn» Offices, d'uniter l'exemple drs Romains, cl d'ordonner que (oui papier serait marqué avec l'année de sa fabrirauw; chose, dit-il, qui oc coûterai l rien, et empêcherait

pvn »fV.

destiné à séparer les différents objets qnî entrent dans la composition d'un ouvrage. Saint Isidore lui donne la forme du gamma r. que l'on rencontre dans quelques manuscrits du un' siècle. 11 parait dans d'autres figures qui ne remontent pas plus haut que la moitié du xiir siècle. Des triangles scalènes et de simptes croix marquent au vnr siècle les paragraphes du manuscrit de la bibliothèque du roi n* W03.

Depuis le xv* siècle on se sert ordinairement de la figure que nous connaissons, $.

PARAI HK. Avant l'usage des sceaux, ies signataires des chartes écrivaient à la suite de leur nom le mot subscripti ; ce qui avait lien la plnpart du temps en abrégé et par deux SS liées et entortillées. C'est de là qu'est venu le paraphe, qui tint encore pendant quelque lemps des SS primitives, tuais qui finit par s'en écarter tout a fait quand on eut oublié la signification de ces sig'cs.

PARCHEMIN et VÉLIN.

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