‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 262 sur 455 · I. ORIGINE, FORME, COULEUR. ÉTI'.XnLE · texte numérisé non relu

I. ORIGINE, FORME, COULEUR. ÉTI'.XnLE

On a attribué à Kumène, roi de Perçante, l'invention du parchemin, mais il paraît probable que l'usage d'écrire sur la peau des animaux, et particulièrement la peau de mouton, remonte à une plus haute antiquité, et que c'est seulement sous son règne qu'on a perfectionné la manière de le préparer. Cette hypothèse suffit pour expliquer le nom de pergamenum donné à celte substance. Le nom de parchemin s'applique a la peau de mouton et celui de vélin à la peau de veau. On a employé plus particulièrement celle dernière pour les manuscrits.

Le parchemin peut être d'une blancheur éclatante ou d'un jaune sale. Les nuances qu'il présente diffèrent selon le mode de préparation et la qualité de la substance employée. Les parchemins de couleur pourpre ont été au.»si en usage. Les Bénédictins présument que les Latins les ont empruntés des Orientaux probablement vers le rr siècle de l'ère chrétienne. C'était encore une chose assez rare au 111* siècle. Vers la fin du iv*, les moines s'adonnèrent à faire du vélin pourpré, et cet art fut cultivé avec succès pendant plusieurs siècles, comme l'alle.stenl encore quelques manuscrits précieux où brillent les reflets les plus éclatants du rouge, du bleu et du violet. Vers le déclin du îx* siècle, l'ail de teindre le vélin paraît s'être à peu près perdu. Dès lors les vélins pourprés ne présentent plus .qu'une teinte rembrunie.

Les plus anciens manuscrits sont en parchemin, mais il n'en est pas de même des diplômes, qui sont écrits sur papier d'Egypte. On n'en connaît pas d'antérieurs au v i* siècle qui fussent sur parchemin, et ils sont même encore très-rares au siècle suivant. M. de Wailly rapporte que la pièce la plus ancienne qui soit aux archives du royaume sur

plusieurs faussetés. Ce conseil a été bien suivi, et loîu de coûter quelque diose il l'Eut, le timbre rapporte beaucoup.

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DICTIONNAIRE DE D:PLOM\T1QtîE CHRETIENNE.

celte substance, ne remonte qu'A l'an 671, el il ajoute iiiéine qu'un diplôme sur parchemin qui remonterait à la première moitié du vu* sitale devrait ô're ronsi léré comme une singularité remarquable el soumis par conséquent à un ex.imen scrupuleux (1).

La dimension du parchemin ne peut servir île règle pour la critique des chartes. Dans les firrhives du Bec il y avait des acte* des r<;is d'Angleterre qui n'avaient pas plus de longueur qu'une carte à jouer, el qui étaient cependant munis du sceau royal. D'autres au contraire couvrent toute l'étendue que peut avoir la peau de mouton préparée en parchemin. Quand la longueur des actes ne permettait pas de les écrire sur la même feuille de parchemin ,• on en cousait plusieurs ensemble de manié e à former des rouleaux appelés rôles, a rotn, ou volumes, a voliendo. Il y en avait quelquefois d'une étendue démesurée. M. de Wailly cite pour < xemple le rouleau de l'enquête contre l"s templiers, qui existe aux archives du royaume el qui a plus de soixante etdit pieds de long. J'ai vu également dans les comptes du Bugey, aux archives de la Côle-d'Or, des rouleaux composés de cent peaux de mouton dont le développement allait à près do deux cents pieds de longueur. Aux points d'assemblage des différentes feuilles dont se composent les rouleaux judiciaires, on trouve deux, trois et quelquefois quatre signatures i n forme d'estampilles , dont une portion feulement est marquée sur chaque feuille, afin que le rapprochement de la portion correspondante puisse servir de point de rapport. Souvent même , par surcroît de précaution, on avait soin de sceller une ou plusieurs bandes de parchemin qui réunissaient entre el es les feuilles du rouleau: ou bien encore les diverses pièces du rouleau étaient attachées par des lacs de soie ou de parchemin eordelé, sur le bodl desquels était apposé un petit sceau.

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