‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 267 sur 455 · ILA · texte numérisé non relu

ILA

de l'assemblée précédente et les principaux conseillers. O i commençait à y traiter les affaires de l'année suivante, s'il en était dont il fût nécessaire de s'occuper d'avance , comme aussi de celles qui pouvaient être survenues dans le cours de l'année qui touchait à sa fin, et auxquelles il fallait pourvoir provisoirement et sans retard. Par exemple si, dans quelque partie du royaume, les gouverneurs des frontières (marchisij avaient conclu pour un temps quelque trêve, on recherchait ce qu'il y aurait à faire après l'expiration de ces trêves, et s'il faudrait ou non les renouveler. Si, sur quelque autre point du royaume, la guerre semblait imminente ou la paix près de se rétablir, on examinait si les convenances du moment exigeaient, dans le premier cas, qu'on commençât ou qu'on souffrit les incursions, et dans le secood, par quel moyen on pourrait assurer la tranquillité. Ces seigneurs délibéraient ainsi de longue main sur ce que pouvaient exiger les affaires de l'avenir; et, lorsque les mesures convenables avaient été trouvées, elles étaient tenues si secrètes, qu'avant l'assemblée suivante ou ne les connaissait pas plus que si personne ne s'en fût occupé et qu'elles n'eussent pas clé arrêté;;»....

< Quant aux conseillers, soit laïques, soit ecclésiastiques, on avait soin, autant que possible, de les choisir tels que d'abord, selon leur qualité ou leurs fonctions, ils fussent remplis de la crainte de Dieu et animes eu outre d'une fidélité inébranlable, au point de ne rien mettre au-dessus des intérêts du roi et du royaume, si ce n'est la vie éternelle. On voulait que ni amis, ni ennemis, ni parents, ni dons, ni flatteries, ni reproches, ne les pussent détourner de leur devoir; ou les cherchait sages et habiles, non de cotte habileté sophistique et de celle sagesse mondaine qui e*t ému mie do Dieu, mais d'une juste et vraie sagesse qui les mil eu éial, non seulement de réprimer, mais encore de coiifoudre pleinement les hommes qui ont placé toute leur confiance dans les ruses de la politique humaine. Les conseillers ainsi élus avaient pour maxime, ainsi que le roi lui-même, de ne jamais confier, sans leur consentement réciproque', a leurs domestiques ou à toute autre personne ce qu'ils pouvaient s'être dit familièrement les uns aux autres, soit sur les affaires du royaume, soit sur tel ou tel individu en particulier

■ L'apocrisiaire, c'esi-a-dirc le chapelain on garde du patois, et le chambellan assistaient toujours à ces conseils ; aussi on les choisissait toujours avec le plus grand soin; ou bien, après les a» o r choisis, on les instruisait de m litière a ce qu'ils fussent dignes d'y assister. Quant aux autres officiers du palais (minitltriules), s'il en était quelqu'un qui, d'abord en s'instruisant , ensuite eu donnant des conseils, se moutrât capable d'occuper honora bl iiieut la place d'un de ces conseillers, ou propre à devenir tel, il recevait l'ordre d'assister aux réunions, eu prêtant la plus grande attention aux choses qui h'y traitaient, rectifiant ce qu'il croyait, au-

prenant ce qu'il ignorait, retenant dans sa

mémoire ce qui avait été ordonné et arrêté. On voulait par là que, s'il survenait, au dedans ou au dehors du royaume, quclquo accident inopiné, si l'on apprenait quelque nouvelle iual tendue et à laquelle on n'eût pas pourvu d'avance (il était rare cependant qu'en de (elles occasions une profonde délibération fût nécessaire, ou qu'on n'eût pas le temps de convoquer les conseillers ci-dessus désignés) ; on voulait, dis-jc, qu'en pareil cas les officiers du palais , avec la grâce do Dieu et par leur longue habiludo soit d'.i9- * sisler aux conseils publics, soit de trader le* affaires domestiques, fussent capables, selon les circonstances, ou de conseiller ce qu'il y avait à faire, ou d'indiquer les moyens d'attendre, sans inconvénient, le temps fixé pour la réuuion du conseil. V oilà pour ce qui rugarde les principaux officiers du palais.

a Quant aux officiers inférieurs, propromeut appelés palatins, qui ne s'occupaient point des affaires générale* du royaume , mais seulement de celles où les personnes spécialement attachées au palais étaient intéressées, le souverain réglait leurs fonctions avec on grand soin, afin que non-seulement aucun m il ne pût naître de là, mais que, s'il venait à se manifester quelque désordre, on pût le contenir ou l'extirper aussitôt. Si l'affaire était pres<èe, et que cependant on pût, sans injustice et sans faire- tort tt personne, en retarder la décision jusqu'à l'assemblée générale, l'empereur voulait que les ofliciers dont je parle sussent indiquer les moyens d'attendre, et imiter la srtgesse de leurs supérieurs d'une manière agréable à Dieu et utile au royaume. Quant aux conseillers dont j'ai parlé d'abord, its avaient soin, quand ils étaient convoqués au palais, de ou pas s'occuper des affaires particulières ni des contestations qui s'étaient élevées au sujet des propriétés ou de l'application des lois, avant d'avoir réglé, avec l'aide de Dieu, tout c.j qui intéressait le roi cl le royaume en général. Cela fait, si, d après les ordres du roi, on avait réservé quelque affaire qui n'avait pu être terminée, soit par le comte du palais, soit par l'officier dans la compétence duquel elle était comprise, sans le secours des conseillers, ceux-ci procédaient à son examen.

« Dans l'une ou l'autre des deux assemblées, et pour qu'elles ne parussent pas convoqué s sans motif, on soumettait à l'examen cl à la délibération des grands que j'ai désignés, ainsi que des premiers sénateurs du royaume, et en vertu des ordres du roi , les articles de loi nommés capitula que le r<»i lui-même avait rédigés par l'inspiration do Dieu, ou dont la nécessité lui avait été manifestée dans l'intervalle des réunions. Après avoir reçu ces communications, ils en délibéraient un, deux ou trois jours au plus, selon l'importance des affaires. Des messagers du palais , allant cl venant, recevaient leurs questions et leur rapportaient leurs répouses ; i l aucun étranger u approchait du lieu de leur réunion jusqu'à ce que le résultat de leurs délibérations yùtélrc mis soi's

les yrut du grand prince qui, alors, avec la sagesse qu'il avait reçue de Dieu, adoptait une résolutiun à laquelle tous obéissaient. Les choses se passaient ainsi pour un , deux capitulaires, ou un plus grand nombre, jusqu'à ce qu'avec l'aide de Dieu toutes les nécessités du temps eussent été réglées.

« Pendant que ces affaires se traitaient de la sorte bon de la présence du roi, le prince lui-même, au milieu de la multitude venue à l'assemblée générale, était occupé à recevoir les présents, saluant les hommes Ici plus • considérables, l'entretenant avec ceux uu'il voyait. rarement, témoignant aux plus âgés un intérêt alTeclueux, s'égayaul avec les plus jeunci, el faisant ces choses et autres semblables pour les ecclésiastiques comme pour les séculiers. Cependant si ceux qui délibéraient sur les matières soumises à leur examen en manifestaient le désir, le roi se rendait auprès d'eux, y restait aussi longtemps qu'ils le voulaient, el là ils lui rapportaient, avec une entière familiarité, ce qu'ils

f pensaient de toutes choses, cl quelles étaient es discussions amicales qui s'étaient élevées entre eux. Je ne dois pas oublier de dire que si le temps était beau, tout cela se passait ea plein air; sinon dans plusieurs bâtiments distincts où ceux qui avaieol à délibérer sur les propositions du roi étaient séparés de la multitude des personnes venues à l'assemblée, et alors U s hommes les moins considérables ue pouvaient entrer. Les lieux destinés à la réunion des seigneurs étaient divisés en deux parties , de telle sorte que les évéques, les abbés el les clercs élevés eu dignité, pussent su réunir sans aucun mélange de laïques. Du même les comtes et les autres principaux de l'Etat se séparaient dès le malin du reste de la multitude, jusqu'à ce que, le roi présent ou absent, ils fussent tous réunis ; el alors les seigneurs ci-dessus désignés, les clercs de leur côté, les laïques du leur, su rendaient dans la salle qui leur était assignée, cl où ou leur avait fuit honorablement préparer des sièges. Lorsque les seigneurs laïques et ecclésiastiques étaient aussi séparés de la multitude, il demeurait en leur pouvoir de siéger ensemble ou séparément, selon la nature des affaires qu'ils avaient à traiter, ecclésiastiques, séculières ou mixtes. De même, s'ils voulaient faire venir quelqu'un, soit pour demauder des aliments, sait pour faire quelque question, el le renvoyer après en avoir reçu ce dont ils avaient besoin, ils en étaient les maîtres. Ainsi se passait l'examen des affaires que le roi proposait à leurs délibérations.

« La seconde occupalion du roi était de demander à chacun ce qu'il avait à lui rapporter ou à lui apprendre sur la parlie du royaume d'où il veuait ; uon-sculemenl cela leur èlail permis à tous , mais il leur élail étroitement recommandé de s'enquérir, dans

(1) Cette règle admet cependant des exceptions. Nous citerons uti diplôme de OIS coui.neoçjM ainsi : « Egu in Dei iHiminc Ilotharis rei, vir escellentisamm\ s*i>iudim

jecutiti» r«.'\ gemu LouyoUariJ'irum, etc. » Les Un>to.ae» «Mîrow.t^icîji Uuruirjieui auasi de» exemple* Je l'omplui

l'intervalle dus assemblées, de ce qm se passait au dedans ou au dehors du royaume; et ils devaient chercher à le savoir des étrangers comme des nationaux , des ennemis comme des amis, quelquefois en employant des envoyés, cl sans s'iuquiéter beaucoup de la mauière dont étaient acquis les renseignements. Le roi voulait savoir si, dans quelque parlie, quelque coin du royaume, le peuple murmurait ou était agité, et quelle était la cause de son agitation, et s'il était survenu quelque désordre dont il fût nécessaire d'occuper le conseil général , et autres détails semblables. Il cherchait aussi à connaître si quelques-unes des nations soumises voulaieolserévolter.siquelques-unesdeceUes qui s'étaient révoltées semblaient disposées à se soumettre, si celles qui étaient encore indépendantes menaçaient le royaume de quelque attaque, etc. Sur toutes ces matières, partout où se manifestait un désordre ou uu péril, il demandait principalement quels en élaieul les motifs ou l'occasion. »

PIÈCES LÉGISLATIVES. (Voy. Lois.)

PLUME. ( Voy. Instruments de l'écrivais.)

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