‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 268 sur 455 · I. DIPLOME 3 DES ROIS, DES EMPEREURS, BTC · texte numérisé non relu

I. DIPLOME 3 DES ROIS, DES EMPEREURS, BTC

Le respect pour le génie de la langue latine empêcha pendant plusieurs siècles de mettre le pluriel pour le singulier. Cependant Clovis parle déjà de cette manière dans ses lettres el ses diplômes. Cet usage devint général pour toutes les chartes des seigneurs laïques (1), et continua ainsi jusqu'au xi* siècle. Les cas où l'on emploie la pre nière personne du singulier ne se présentent guère que dans les signatures, ou dans les matières qui se ratlucheut plutôt aux personnes qu'à la dignité dont elles étaient revêtues : par exemple lorsqu'on demande des prières; oratt pro me, ele.

Le pronom ego, suivi du nom du roi, devint fréquent en France depuis le xi* siècle. Henri l*r commence ainsi ses diplômes : Ego Henri eus gratia Dei Francorum rex; ce qui n'empêche pas d'employer le pluriel dans le corps des actes. Ce dernier finit par l'empoo 1er loul à fait dans la suscriplioo, comme dans le reste, au xur siècle. Saint Loals parle presque toujours au pluriel : Noium facimut quoi nos, etc.

Dans les allocutions directe* des diplômes on se servait, dans les premiers siècles, plutôt de tu que de vos. Le contraire avait lieu dans les lettres.

du pronom ego, uoa im en tète de l'acte, mais immédiatement après le preamliule. (Mémento de paléographie. 1. 1 ) D. àlabilkm rapiiorte aussi uuecRartedu roi i^oui qui commence par ego Rndulftu rejt.

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Jusqu'à l'interrègne arrivé après Frédéric II, aucun des empereurs d'Allemagne n'avait fait précéder son nom des pronoms nos uu ego, quoique cet usage fût déjà suivi par quelques comtes. Les rois d'Kspagnc commencent, dès le x* siècle, leurs diplômes par l'invocation suivie de nos; ils emploient également le pluriel comme le singulier.

Richard T'en Angleterre, et Alexandre II en Ecosse, sont les premiers qui aient introduit te pronom nos dans U-urs lettres. Nirhulion veut que ce ne soit que depuis Jean »aus Terre que cet usage a commencé dans fc premier des deux pays.

Les grands seigneurs et les évéques français suivirent l'exemple des rois. Leurs char- Us commencent ordinairement par ego, et ils parlent au pluriel dans le cours de la pièce. Quelquefois le singulier persiste jusqu'à la Gn comme dans les actes de simples particuliers. — Depuis le xir siècle, à peu d'exceptions près, nos y a tout à fait remplacé tgo.

If. BESCR1TS DBS PAPBS.

Oa trouve des exemples bien plus nombreux sur l'usage du singulier et du pluriel dans les bulles des papes que dans les diplômes des princes. Nous emprunterons à M. deWailîy le curieux résumé qu'il donne sur ce sujet, d'après les Bénédictins, et où suut rapportées les phases diverses de ces formes de langage depuis le iv* jusqu'au xn* siècle.

Les papes des quatre premiers siècles se sont conformés en général à l'usage du latin, qui veut qu'on emploie le pronom tu en parlant à une seule personne, et, s'ils s'en écartèrent quelquefois, ce ne fut qu'en faveur des patriarches et des évéques les plus considérables. Ce qui n'était d'abord qu'une exception devint leur coutume la plus ordinaire au commencement du v siècle, à l'égard dss empereurs et des impératrices, et, vers le commencement du vi* , à l'égard des grands de l'empire, des palriccs, des sénateurs, des exarques, des ducs, des comtes, etc. Le même usage s'établit vers la même epoque pour les rois barbares, et quelque temps après à l'égard des évéques. On n'en faisaitalors que rarement l'application à des nbbés, et plus rarement à des ecclésiastiques d'un ordre inférieur.

Vers la fin du tv* siècle les particuliers, en «adressant aux papes, avaient commencé à w servir du pluriel plus souvent qu'on ne l'avait fait jusqu'alors ; mais l'usage n'en deviot général que vers la lin du siècle suivant. Du reste celte forme de langage était devenue habituelle au vi* siècle eqlre personnes du même rang, à plus forte raison quand on s'adressait à des supérieurs. Les empereurs eux-mêmes s'en servaient quelquefois. Mais on ne doit pas s'attendre à trouver de l'uniformité dans l'emploi de ces foroiules de politesse : non-seulement un pape terminait une lettre écrite, d'ailleurs au lluriel, par la salutation Deus te incolumem,

Iîictio^ouibk de Diplomatique.

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