‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 269 sur 455 · TOL · texte numérisé non relu

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etc., mais on trouve souvent dans le corps d'une pièce les singuliers mêlés aux pluriels. On ne devra pas s'étonner non plus qu'au vu* siècfe Vilalien ail tuloyé des évêques. quand il n'employait pis à l'égard des comtes celte forme de langage dont Martin I" s'abstenait quelquefois en écrivant à de simples particuliers. Dans le siècle suivant . le* lettres de Grégoire II et de Grégoire III à Charles Martel réunissent les deux forme* de langage ; et, bien que l'emploi du pluriel soit préféré par la plupart dos papes de ce siècle, on rencontre plus d'une exception a cet usage. Dans le siècle suivant, où l'on peut en observer les premiers déclins, 1rs Bénédictins pensent que les papes préféraient peut-être le singulier quand ils voulaient censurer ou faire acte d'autorité.

Jusqu'à Nicolas I", les papes s'étaient servis du pluriel én parlant aux empereurs et aux rois ; son successeur, Adrien 11 , commence à s'écarter de celle coutume. Depuis cette époque , on rencontre des papes qui s'y conforment ou s'en écartent alternativement. Vers le commencement du xi* siècle, l'emploi du pluriel devient de plus eu plus rare. Les papes l'abandonnèrent pour les rois et les empereurs, avant d'y renoncer à l'égard des prélats : deux lettres d'Eugène III à Suger, abbé de Saint- Denis, sont peut-êlre les exemples les plus récents d'uu pape qui ait employé le pluriel en s'adressaut à une seule personne. A la fin du xip siècle cette forme de langage devient un caractère de fausseté dans les rescrils apostoliques.

De tout ce qui précède il résulte qu'il n.^ faut pas porter au delà de ses justes borm s nno règle du droit canon qui déclare fausses les bulles ou lettres apostoliques dans lesquelles les papes, parlant à une seule personne, se servent du pluriel. En effet, en la prenant à la lettre, presque tous les rcscn'U adressés pendant huit cents ans ( du iv* au Xip siècle ) aux empereurs , aux rois , etc. , seraient marqués de faux. Or ce n'a jamais pu être l'intention des papes qui ont fait ou confirmé cette règle : elle ne doit être regardée comme sûre que depuis Alexandre III (1).

POLYPTIQUES. Les polyptiques , dans leur acception la plus générale, désignent toute sorte de livres de cens on de cadastre, appelés libri censuales dès le iv* siècle. Cassiodore parle do ces polyptiques comme représentant l'étal des impôts et des charges publiques. Marculfe dit qu'ils contenaient tous les sujets du royaume sur lesquels su faisait la répartition des impôts.

Les églises avaient des polyptiques sur lesquels étaient consignés les litres de leurs biens et droits, cl qui servaient au besoin eu justice. On connaît les polyptiques sous divers noms. Dès le ix* siècle on disait : Poleticum cl puletum ; et ensuite polectium, politicum , pulegium, pollegiticum. C'est de là . qu'est venu le nom moderne de pouillé , donné aux registres des chambres ecclésiastiques, qui contiennent le dénombrement de

(.1) Nouveau Traité de Diplomatique, t. V, p. 9C ïfl.

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tous les bénéfices du diocèse , avec leurs

dum.taxat , pour adfinibut , obvenerit, dumtaxât. Quand une inscription était composée d'un mélange de sigles cl de mots entiers, les sigles étaieul ordinairement suivis du» poiut. L'emploi du point dans tes inscriptions n'avait donc pas pour but en général de distinguer les parties d'une phrase et les différentes phrases entre elles, mais d'établir les séparations des mots» sans tenir complc des divisions que le sens aurait pu exiger. Aussi, dit M. de Wailly, le point , qui est le signe le plus simple et en même temps celui dont ou a fait le plus fréquent usage , a-t-il été remplacé par des figures d'une forme complète* ment arbitraire.

Mais d'abord il est bon de faire observer

Îue le point lui-même a été employé de bien es manières différentes. On le voit placé soit au bas , soit au milieu , soit au baat de la lettre ; au lieu d'un point , on en trouve deux, trois et même jusqu'à neuf; cependant, quel que soit le nombre de fois qu'il soit répété, il a toujours la même valeur. Il emprunte aussi des combinaisons très-variées : on trouve des points disposés horiiootalement, obliquement, en triangle, la pointe en haut ou en bas, en losange, en cœur, en carré, etc.

Le point a été remplacé par des palmes que certains auteurs ont pris pour des orne* menls plutôt que pour des signes de ponctuation ; mais on doit y reconnaître avec les Bénédictins de véritables points destinés i séparer les mots. 11 y a , disent-ils, dans le troisième tome des Mémoires de l'Aradémir, une inscription trouvée à Lyon où des branches on feuillages d'arbrisseau tiennent la place des points. Celte ponctuation, qu'on ne retrouve presque plus après le vnr siècle, n'est pas rare dans les manuscrits pour terminer le discours. La croii sert souvent de point initial et final sur les anciennes monnaies. Les figures qui oui été employées pour tenir lieu du point proprement dit sont très-nombreuses, ôn s'est serri des ligne* droites et des lignes courbes ; on les a combinées pour en former des croix, des triangles , des carrés, des losanges , des trapèies, des demi-cercles, des cercles, des rosaces des cœurs , etc. Ces différentes confbinaisons produisaient aussi dos figures assez semblables à certains chiffres arabes, tels que le 3 et le 7, ou à des lettres de l'alphabet , telles que le 6, le c, l'm, l'n , l'o, lep, IV, T», le v , 1'* , l'y et le * (1). Les Bénédictins citent un passage d'Henselius duquel il résulte que dans plusieurs inscriptions romaines les mots sout séparés par l'une des lettres grecques A, Y, ♦ et Le même auteur rapporte que les anciens Allemand* , u , , , , imitèrent celle manière de distinguer ks

lions, remarque que l'on mettait des points mots par certaines figures. En Orieot les à la fin de chaque mot; mais presque jamais Syriens mettent quatre points en forme»* à la fin des lignes, et qu'on en plaçait même croix à la fin des périodes. Chez les anciens quelquefois après chaque, syllabe. Ce signe Danois on se contentait de terminer la était môme employé quelquefois poor sé- phrase par celte note H. Lorsqu'un nouveau parer les radicaux d'un mot composé. On sens commençait, on mettait à la léle la fi* trouve, par exemple, ad.finibus, ob.venerit, gUre d'une petite lune.

(1) Voua ta planche 60 du Jfouwou Traiii 49 Diplo-

rcrenus.

On connaît plusieurs anciens pouillés, tels que ceux de Saint-Germain-des-Prés, dits de l'abbé Irminon , et de Saipt-Remy de Reims, qui remontent au rx* siècle. M. Guérard a publié il y a quelques années le premier rie ces monuments. C'est un recueil des plus intéressants sur l'état des personues et des propriétés ao temps de Charlemagne, et auquel est joint un travail fort savant sur les nombreuses questions qui se présentent à résoudre dans l'histoire de la constitution do la société de celle époque reculée.

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