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IV. PONCTUATION DANS LES DIPLOMES

Noos avons vu ailleurs (Foy. Mots indistincts) que les plus anciennes chartes ne présentaient nulle distinction dans les mots; qu'on sentit ensuile la nécessité de laisser entre chacun d'eux un espace, peu marqué d'abord, mais qui finit par s'étendre par la fuite. Nous allons traiter ici de la ponctuation qui est yenue après ces deux manières, et dont les premières traces ne remontent qu'à ta fin du vur siècle.

« D. Mabillon, disent les Bénédictins, prétend que la ponctuation des diplômes a été plus tardive que celle des manuscrits. En effet nous n'apercevons aucun point dans les chartes mérovingiennes, si ce n'est quelquefois après les chiffres. Dans les plus anciennes on voit quelquefois des points noirs après chaque mol, mais la couleur de l'encre prouve qu'ils ont été ajoutés postérieurement pour faciliter la lecture du texte. Les points qui suivent les mots dans deux pièces originales, l'une de Pépin le Bref, accordée à l'abbaye de Saint-Denis, en 767, et l'autre de Orloman, en faveur de l'abbaye d'Argenteuil, sont de la première main. On voit un gros point après une croix formée de la main de Pépin dans un autre diplôme. Dans celui qu'il accorda, en 7ti8, au monastère de Saint-Hilairc de Poitiers, le point est mis une seule fois â la Gn de la phras ; mais le point et la virgule sont marqués à la fin de la signature du roi. »

On n'aperçoit que fort peu de points dans les diplômes de Charlemagne et de Louis le Débonnaire. Celui de Charles le Chauve, de la bibliothèque du roi, n*8, prouve qu'on ne les marquait pas encore tous en 843. An ix* siècle les alinéas sont quelquefois marqués par trois ou quatre points posés perpendiculairement , et les nombres sont suivis d'un point. Sur la fin du môme siècle on commença à terminer par un point les phrakcs dont le sens était fini. Dans une charte de Charles le Chauvo on termine le texte par un point en rosette. Dans une autre donnée par Louis le Débonnaire en 833, et gardée a la bibliothèque du roi , entre Auyustut de la première ligne et le commencement du préambule, il y a un espace de deux

<t) Etémsnt! de paléographie, i. I, p. C89

IMATIQCE CHRETIENNE C?S

tiers de pouce, dont la moitié est remplie par des traits entrelacés qui sont accompa-

f;nés de points et qu'on prendrait pour des eltres ; mais ce ne sont que des ornements. On y voit, sinon l'origine, du moins l'usage des traits surabondants et compliqués dans certaines liaisons do lettres si fréquentes dans plusieurs chartes des xi* et xir siècles. Les mots d'un diplôme de Pépin , roi d'Aquitaine, daté de l'an 827, sont le plus souvent distingués, mais par de très-petits espaces, si ce n est où il faut des points ou des virgules. Là se trouvent des espaces d'une, de deux ou de trois lettres ; mais il n'y a ni pointj ni virgules marqués, excepté à la fin, après le» chiffres et les abréviations, après la date de l'empire et la date totale. Dans le diplôme de Charles le Chauve de l'an 850, conservé au dépôt de la bibliothèque royale , les mots sont presque tous distingués, les points et les virgules sont marqués par de simples points qui sont au haut, au milieu et au bas de la dernière lettre d'un mot. Mais la distinction du point , de la virgule et des déni points n'est pas représentée d'une manière uniforme. Cependant pour l'ordinaire le point est au haut pour terminer la phrase. Dans une autre charte du même empereor, de l'an 870 et du même dépôt, on voit la plupart des mots bien séparas, et peu de points. Les uns sont placés au haut pour le sens fini, et au milieu pour la virgule ou petite distinction. Quelques mots ne sont pas encore distingués par des espaces, mais les points et les virgules sont exprimés confusément par des points placés a u haut, dans un diplôme du roi Eudes de l'an 887. Dan» un autre du même prince, la plupart des mots sont espacés; mais l'on'en sépare plusieurs qu'on n'aurait pas dû partager. On y trouve de vrais points au bas des mots pour terminer le sens; on met le point au haut pour nos deux points; on exprime notre virgule par un point, mais pas toujours exactement. Les points elles virgules ne sont pas autrement marqués que par des points dans un diplôme de Charles le Simple de l'an 889. On y remarque des mots coupés en deux , avec des points noirs d'une encre plus récente, placés au commencement et à la fin des lignes. C'est apparemment quelque lecteur ou quelque copiste qui aura marqué ces points.

U y a encore un bon nombre de mots qui ne sont pas séparés dans un diplôme autographe donné par Hugues Capet en 988. Les points el les virgules y sont exprimés par des points seulement; les premiers sont en haut, les autres au milieu. On met le point au bas pour marquer le point avec la virgule, mais on le fait peu exactement. Il serait ennuyeux de passer en revue tous ks diplômes des ix* el x' siècles où les virgules empruntent la figure des points. Dès le ir siècle on en mil quelquefois aux quatre coins des chartes ecclésiastiques. Le poiut se montra après les chiffres romains el les alinéa. On en marqua d'abord quatre ou ciu | perpendiculairement, ensuile* au lie»

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