‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 31 sur 455 · APO · texte numérisé non relu

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duquel il a mis en marge : Hue uufue ci/o Lanfrancus corre* i. Sa i u t A n sel me . El ie n ne ï I, nbbé de Clioiux, Guignes V*, général des Chartreux, etc. , suivirent cet exemple. Les Bénédictins qui ont traité ce sujet avec soin cl défendu les anciens moines des accusations de faux que les protestants et dt s écrivains du xviii» siècle portaient contre eux, finissent leurs citations en disant : « C*** exemples et une foule d'autres que nous supprimons, prouvent évidemment que, dans les temps qu'on appelle aujourd'hui barbares, les moines n'ont pas été dépourvus des lumières de la bonne criiique. comme lo veulent faire croire les prétendus beaux esprits d<- notre siècle (3). »

IL Les corrections en interlignes sont plus fréquentes que les apostilles en marge; mais celles-ci sont ordinairement plus longues. *

Comme on mettait également en marge les phrases oubliées, il est arrivé souvent que les apostilles ont passé dans le lexto par la faute des copistes cl des éditeurs. Dans les premiers temps, on laissait souvent des fautes dans les manuscrits pour conserver la propreté de l'écriture et de peur do les gâter par des additions en marge ou de» interlignes dans le texte. Quelquefois les anciens se dispensaient, par la même raison, de faire passer leurs livres par la main dus correcteurs, de peur d'en diminuer le prix. Souvent ils évitaient les corrections interlinéaire* en répétant tout un verset ou en le portant en marge (h).

Dans les chartes, on trouve quelquefois des corrections faites mal à propos par des personnes peu versées dans la chronologie) ou dans l'intelligence de certains termes ; il est arrivé~qu'elles ont non-seulement effacé des chiffres et des mots, mais encore subsli tué des leçons absurdes aux véritables.

Il est arrivé aussi dans tous les temps que les notaires, les secrétaires du roi et autres expéditionnaires ont fait des fautes dans le? pièces qu'ils délivraient.

Les corrodions en interligne qui rectifient une fauto qu'elles laissent roir, et qui no touchent point à un endroit essentiel de l'acte, ne portent point atteinte à son autorité : mais on tient pour suspects les changements ou additions do noms, de dates, de clauses cl d'articles où il s'agit de chose* importantes ou préjudiciables aux parties intéressées; à moins qu'elles ne soient justifiées par d'autres pièces, ou par des témoins, ou qu'elles n'appartiennent à des circonstances, à des temps a des pays où l'on en usait sans scrupule et sans crainte d'enfreindru aucune loi (5).

Les additions ou apostilles, soit ep marge, soil en interligne, explicatives du texte, dont elles ne sont point censées faire partie, ne

(3) Xouvem Traité ds Diptom., I. IV, p 435. (ij ld. ibid., f>. 430.

(S) Les Uéuôitictius rapportent qu'ils ont remarqué dans plusieurs manuscrits des apostilles faites avec l'ongle, mail que cela no mérite pas d'attention particulière.

DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE Cl.ftETK NNE.

doivent point porter la plas légère atteinte à sa sincérité. Et quoiqu'elles ne poissent jamais avoir le même degré d'autorité que le teste, elles ne laisseraient pas de prouver comme historiques, si elles étaient anciennes et antérieures â la naissance des litiges.

Au moyen âge, on insérait librement entre les lignes, s.ms aucune marque d'approbation, les mots omis dans les actes, comme aussi les qualités des témoins qui y intervenaient, surtout aux xi* et su* siècles; nuis, dès le milieu du xm* siècle, l'usage avait déjà prévalu d'annoncer et d'approuver les apostilles ; au nv", on spécifi.iil en France l'endroit et le nombre dis interlignes approuvées. François 1", par une ordonnance da Si juillet 155>i, défendit aux notaires royaux les apostilles et les interlignes, permettant néanmoins qu'on réparât les taules avant les signatures.

APOSTOLIQUE. Ce titre honorable a été donné à tous les évéques. li se trouve pour la première fois, suivant le P. Sirmond, dans une lettre de Clovis aux prélats du concile «l'Orléans, en 511, en ces termes : « Le roi Clovis aux saints évéques et très-dignes du siège apostolique.» Gontran, roi d Orléans i*l de Bourgogne, nomme les évéques assemblés au concile de Mâcon , aposiolici pontifices. Plusieurs papes du vur au x' siècle prirent le titre ^'apostolicus , qui leur fut réservé par le concile de Reims, tenu en 1049. Il lut assez souvent attribue aux papes vous les noms d'apostolat et A'apostole. Dès le iv* siècle, les Orientaux donnèrent au pape Jules I ' le lilre à'apostolulus dans la souscription de leur lettre : Oraniem pro nobit apostolatum veslrum Domina» ctvo cuslodiat largiore, beatissime paler, amen. La formule apostolicam brnedictionem se voit dans les bulles de Jean V et de Scrgius J, qui vivaient au vu* siècle. D. de Vaines, parlant de l'usage du mol apostolicus , dit qu'on borne au temps écoulé entre le vr cl le xu* siècle l'époque où les papes parurent s'attribuer le lit e à," apostolicus. Employé dans une bulle antérieure au vu" siècle, il la rendrait suspecte, et dans une bulle postérieure au xi*, il la rondrail fausse : il esl propre au x» siècle, sans exclure les deux précédents et le suivant.

Aux xiu* et xiv* siècles, les pipes furent quelquefois appelés apostoles de Rome. Hugues de Bercy, dans son poëme de la Bible Guyot, comparant le p.ipe à l'étoile polaire, dit :

« Volsrse qu'il ssmb\**l lesiolllc c Qui ne se muet. •

APOSTOLATUS. Anno apostolatus.Ce mot a été employé quelquefois au lieu de pontificat us par plusieurs papes, dans la date de leurs bulles : témoin Grégoire X , Martin V, Adrien V et Léon X.

ARRHES (Ecoree employée pour écrire).

[Voy. Papier d'kcobck.)

ARCHEVÊQUE, Archiepiscopus, et quelquefois Archimuiulrila. L'origine de ce titre

remonte, en Orient, au iv* siècle, cl en Occident, au v* ou au vi* siècle. Saint Alhanam passe pour le premier qui ait employé le nom d'archevêque pour désigner i'évéquc d'Alexandrie. Aucun simple métropolitain ne recevait alors des papes le lilre d'archevêque, si ee n'est peut-être dans quelques cas extraordinaires. Dès le iv* siècle, il avait été réservé aux évéques qui furent depuis honorés du titre de patriarches. Au siècle, cet usage avait encore lieu ; car le concile d'Ephèse donne exclusivement ce litre au pape Célcstin et à Cyrille d'Alexaudrie.

A la On de ce siècle, les cinq grands sièges patriarcaux ne jouissaient plus exclusivement de celle distinction caractéristique : peut-être s'étendit-ellc à la plupart des métropolitains; car on voit, dans ces temps, une lettre de Symmaquo adressée à un archevêque de Milan. Au vi* siècle, ce titre esl fréquemment employé par de simples métro-

Bolitains, sans que les papes s'y opposent, 'ans les Gaules, il est très-souvent parlé d'archevêques dans ce siècle (1). Le G' canon du concile de Mâcon, tenu vers 582, défend à l'archevêque <le célébrer la messe sans son pallium : Archiepiscopus absque paltio missas dierre nun prœsumat.

Au vu' siècle, les papes prenaient encore le litre d'archevêques, dans certaines occasions, et s'appelaient : Archiepiscopi sanctœ sedis calholicœ. l's donnent ce titre aux évéques de Cantorbérv, que les conciles d'Angleterre répètent. En Espagne, ce titre était également usité, comme on peul en juger, par saint Isidore de Séville et par une lettre du pape Benoit 11. Le premier semble restreindre le lilre d'archevêque aux seuls primats ou tout au plus aux métropolitains, à â qui le pape confiait la légation sur quelques provinces. Le second, au contraire, parait 1 étendre à tous les métropolitains d'Espagne, qu'il appelle sanctissimos archiepiscopos, dans une lelire écrite avant son sacre.

Les prélats décorés du titre d'archevêque ne le prirent pas eux-mêmes avant la fiu du vu* siècle. On cile comme un des plus anciens monuments de ce genre la signature de Théodore, archevêque de Canlorbéry, au concile de Twifford, en 685.

Les évéques métropolitains de France ne prennent le litre d'archevêques qu'âpre* le milieu du ix* siècle ; ils s'appelaient aos»i, dès lors, prœsut, antistes, prtelatus, metropolitanus.

Les métropolitains qui assistèrent au concile de Paris, en 8i6, se disent seulement évéques. Douze archevêques, qui siègent au concile de Touzi, en 860, signent également comme évéques. Mais Aldric de Sens et Otgurius souscrivent avec le titre d'archevêques dans deux chartes synodales données sous Louis le Débonnaire, l'une pour le rétablissement des moines de Saint-Denis, et l'autre pour le partage des biens de ce monastère. Aux conciles de Soissons, en 866, de Touzi, en 871 , de Pontion, en 876 , de Troyes, eu 878. etc., presque tous les métro- (l) D. Mabillon, de Re dipUm*., I,b. II.

si Ane

polilains sont qualifiés du (ilrc d'archevêques.

Plusieurs évéque* ont pris le titre d'archevéques sans être métropolitaine : tels sont saint Chro îegane, on 7i3, et d'nulros évéques de Metz; Thcodulplie d'Orléans, sous Louis le Débonnaire ; saint Hugues de Grenoble, en 1C93, etc. Ce titre d honneur leur était accordé parce qu'ils avaient reçu du pape le pallium, ornement particulier aux métropolitains.

Les archevêques n'avaient poinl de sceau qu'ils n'eussent reçu le pallium, et, pendant re temps, ils étaient obligés d'en emprunter. Au ix* siècle, après qu'ils étaient élus, mais non consacrés, ils s'appelaient de la formule toe ilus archiepiteoput.

Par la suite des temps, le titre d'archevêque fut donné à beaucoup d'évéques, en sorte qu'il s*esl trouvé, chez les Grecs des derniers siècles, beaucoup plus d'archevêques que de métropolitains; et qu'en Italie, oo voit des archevêchés qui n'ont aucun évéché soumis à leur juridiction (1).

Le dernier qui paraisse revélu de la qualité d'archevêque sans avoir ni ville pour titre, ni siège fixe, ni troupeau désigné, est saint Boniface, apôtre de l'Allemagne. Le pape Grégoire 11 le décora, vers 7i9, du titre d'archevêque, qui n'avait pour lui qu'une valeur honorifique.

ARCH1CHANCELIERS. — I. Les chanceliers royaux succédèrent aux référendaires au vin* siècle. C'était un corps d'officiers qui faisaient les fonctions de secrétaires du roi. D'abord ils ne signèrent que les chartes privées; sous Charlcmagne, ils souscrivirent les diplômes royaux et s'y nommèrent chanceliers.

Dans le siècle suivant, ils qualifièrent leur chef du nom de premier chancelier, grand chancelier, arebichancelier. Protocancellariu$t tummus concellarius , archicancellariu$. Ils portèrent en même temps le litre de notariorum lummui, archinoiariorum.

Les archichanceliers se sont rarement appropriés ce litre dans la signature des diplômes qu'ils dressaient ou qu'ils vérifiaient; ils laissaient à leurs subalternes, qui se nommaient eux-mêmes chanceliers ou notaires, le soin de les qualifier ainsi, ne s'intitulanl eux-mêmes que chanceliers ou notaires. Sur la fin du ix* siècle, on se servait encore du nom de référendaire, mais en le confondant ivre celui de grand chancelier.

Le tilrc d'archichancelier se soutint en France jusqu'au xu* siècle au moins, mal-

S ré les variations auxquelles il fut exposé •'puis le vin*. Alors cette dignité, se confondant avec celle de chancelier, perdit un peu de son éclat. Elle avait donné le droit de signer les diplômes à la tête des grands officiers de l i couronne, et soos Louis le Gros les chanceliers ne figuraient plus qu'après.

Une chose assez singulière, c'est de trouur plusieurs grands chanceliers à la fois.

f 0 D. de V .ines, l 1", A*«t tact.

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Dora Manillon cl du Cangc sont d'accord sur la pluralité des grands chanceliers en fonction, dans le même temps, sous le règne de Louis le Débonnaire. On en voit encore plusieursauxxr et xu* siècles. Peut-être avaientils des déparlements séparés, ou bien ce h* dignité étail-elle attachée aux sièges de certaines églises.

Au commencement du xm* siècle, frère Guérin, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, évéque de Senlis, fait chancelier â l'avénement de Louis VIII à la couronne, en 1223, releva l'éclat de cette dignité, qui était un peu amoindrie, par la loi qu'il fit rendre que le chancelier serait le premier de tous les grands officiers de la couronne, et qu'il aurait séance parmi les pairs du royaume. Mais le titre d'archichancelier demeura éteint, et on ne connut plus en France que le chancelier.

II. Les diplômes df s empereurs d'Allemagne présentent bien plus souvent, parmi leurs souscriptions, les litres d'archichanccliera que ceux des rois de France.

Les ix*t x* et xi* siècles en fournissent des exemples de plus en plue fréquents. Celte qualification leur fut donnée d'abord par leurs substituts ; mais on ne larda pas ensuite à voir des archichanceliers se la donner eux-mêmes en contresignant.

Théotmar, archevêque de Sallzbourg, en 887, est le premier que l'on trouve revêtu de la qualité A'archichancelier de l'empire. Jusqu'à la fin du x* siècle, ce litre fut attribué indifféremment à un siège ou à un autre. Mais depuis Othon I, on ne voit plus que les archevêques de Mayence remplir ce« fonctions, qui sont restées une préiogalivo de leur archevêché.

Dès le x* siècle, l'empire rul au moins trois archichanceliers : l'archevêque do Mayence pour l'Allemagne, l'archevêque du Cologne pour l'Italie, cl celui de Trêves pour les (la nies ou pour le royaume d'Arh-s. Celui dans le département duquel la cour impériale était convoquée, portail au cou lu

f;rand sceau de l'empire. Au dernier siècle, 'électeur réunissait en sa personne toute l'étendue de la dignité d'archichancelier. Celles des électeurs de Cologne cl de Trêves n'étaicnl presque plus que des titres sans, réali'é.

L'archevêque de Vienne fil, dès le ix* siècle, les fonctions d'archichancelier de l'empereur, cl les empereurs lui confirmèrent, au xu* siècle, le titre d'archichancelier de leur sacré palais de Bourgogne, comme s'ils eussent toujours été en possession de cet honneur, et quoique les rois de Bourgogne eussent souvent d'autres chanceliers. Dans un diplôme de Frédéric 11, donné en 1214. le chancelier contresigne pour l'arcbichan- ; celicr de Bourgogne : Ego Conradus Spirensis et Mttiensis episcoput, imperinlis aula cancrllarius , vices Humberti Viennensis archiepiscopi et totius regni Burgundiœ archicancellarii, recognovi.

Le litre d'archichancelier du royaume

d'Arles, qu'avait eu l'archevêque de Vienne on Dauphiné, passa à celui de Trêves, vers

Les archevêques dé*Cologne sont restés en possession de la dignité d'arrhichancelicr d'Halte, depuis l'empereur Henri IV. Cependant on ne trouve le premier vestige de celle qualité que d;ins l'expédition de Lo'.haire en Italie, en 1131.

Les papes ont eu aussi des archichanceliers. Le plus ancien qu'on connaisse est Théodore qui date, en celle qualité, une bulle du pape Scrgius III (90i-911). Plusieurs archevêques de Cologne prennent le titre d'.irrhichancclicrs dans les bulles de Jean XIX, •le Léon IX et de Alexandre II, au xr siècle ; mais après ces papes, il n'est plus fait mention des archevêques de Cologne eu celte qualilé.

A11CIHCHAPELA1N.. Les rois de la prem ère race avaient placé un abbé à la té'e des moines qui célébraient l'office divin dans l'oratoire de leur palais. Ce fut là l'origine et l'établissement de la chapelle royale (lj. La cons-rvation de la chape de saint Martin, à laquelle les rois de France avaient une grande dévotion, ayant élé attribuée aux clercs du palais, ceux-ci en prirent le no n de chapelain; et le lieu où on la déposait fut appelé chapelle. Les chroniqueurs du temps racontent que les rois y attachaient une vertu singulière, la regardant comme la sauve-garde de leur personne et de leur cou* ronne. Les chapelains du palais la portaient dans les combats et la conservaient précieusement pendant la paix. Ils devinrent en même temps les gardiens des reliques et des vases sacres qui, de la célèbre chape de saint Martin, prirent lo nom de chapelle. Le chapelain en chef avait la directioo de tous les clercs du palais, et comme les comtes du palais jugeaient les causes séculières, celles de ces ciercs étaient jugées par l'archichapeliin.

Les chapelains des rois francs, comme les autres membres du clergé, étaient les soûls hommes qui, au milieu de la société barbare, eussent conservé les traditions cl li s formes de la civilisation romaine, liux seuls savaient écrire et étaient instruits dans les lettres ; aussi s'établirent-ils naturellement les notaires, les chanceliers des mis. Leur chef fut appelé abbé, chapelain, archii h apelain, suprême ou grand chapel.iin, chef suprc.ue des clercs , apocrisiaire , gardien du sacré palais, primicierdu palais ou de la sainte chapelle, primat tles chapelains, secrétaire, conseiller secret (auricuinrius) , etc. La dignité il" l'archiehapclain répondait à ce qu'où appel.! plus tard le grand aumônier.

P.tr suite des fondions que remplissaient |e$ chapelains , la chapelle royale devint le dépôt îles archives et des trésors des rois ; i l ■ on vil alors souvent l'an hic h ipeiniu, faite I s fonctions de grand chancelier; ou bien, si l'on veut, les grands chanceliers absorbèrent la charge d'archichapelain.

Si l'on eu croit lickarl ( >;, Gozbald, moine

i » n "VJ .ti II. Wtnt Dautlirl , t IF. ''" n':.<:-.t de Rît> Fiaitcu fruHtàti, t U.

et abbé, est le premier qui ait possédé conjointement les deux dignités d'archiehapelain et d'archichancelicr, sous le règne de Louis H, fils de l'empereur Lolhaire. Cependant cela n'est pas prouvé, car on vn-t aux viir, ix* cl même xr sièclejs les mêmes personnages réunir souvent les charges de grand chancelier et de grand chapelain.

L'archichapelain cul les mêmes prérogatives chez les empereurs de Germanie , cl surtout sous les trois premiers Otbon. Les chanceliers des empereurs, qui n'étaient que leurs notaires, contresignaient régulièrement les diplômes impériaux comme substituts de l'archichapelain. H en est de même dans les chartes de Louis le Germanique, Conrad 1" et H nri l'Oiseleur. Mais il est rare de trouver des chartes de nos rois ainsi contresignées. Au xi* siècle, le même personnage qui se dit chancelier dans le corps d'un acte, le signe comme archichapelain.

Chez les grands, on trouve parmi les officiers de ta maison l'archichapelain , qui était aussi appelé notaire, chancelier et minuter capellœ. Les évéjues avaient aussi des archichapelains qUaliGés quelquefois protocapellnni. Les chapelains des princes cl des seigneurs écrivaient les actes émanés de leur autorité, et ils continuèrent de le faire, malgré les défenses portées à cet égard par les capilulaires.

Le litre d'archichaçeîain a disparu en France depuis Henri 1". On n'appela plus dès lors ce dignitaire que premier des chapelains, ou maître des chapelains de l'oratoire ou de la chapelle du roi. .

ARCHIDIACRE. L'origine de la dignité d'archidiacre est très-ancienne. On la fait remonter au moins au iv* siècle. Choisis par les évéques parmi les diacres les plus distingués, les archidiacres exerçaient une partic de la juridiction épiscopalc. tout en restant dans l'ordre des diacres. Cette juridiction qui, dans l'origine, ne s'étendait pas au delà des membres du diaconat, prit de l'accroisse^nunl petit à petit, et les évè jucs attribuèrent aux archidiacres ledroitdc visiter les paroisses do leurs diocèses à leur place, d'où on les a appelés vicarii episcop>\ octtti episcopi (.'}). Il n y avait , dans les premiers siècles, qu'un archidiacre dans chaque diocèse ; mais l'accroissement des paroisses , aux xr et xii siècles, obligea d'en créer deu< et quelquefois davantage.

Les archidiacres étaient chargés de la garde, du iresjr de l'église et de li distribution des aumônes aux pauvres , comme les autres diacres. Ils avaient une juridiction propre* qu'on désignait sous le nom iVaudinitia arohidiaeoni. On en appelait à l'été jne.

li y eut aussi des archidiacres de la sainte Kghse romain* et des archidiacres dans i 's églises cathédrales et dans les monastères (>»).

AKCHIDDC. Ce nom a é'é donné à plusieurs ducs, dans le moyeu âge, avant d*ê-

iVl Du f.i"K'\ au m i \iKiuo;AL<m&.

^ij II. iL«:d.

Ire réservé à la maison d'Autriche !,i chronique de saint Trudon raconte que Pépin était archiduc d'Auslrasie sous Dagohert. S gebert appelle Drutto. archevêque de Cologne, archiduc'de Lorraine ni 959. Ce même Bruno esl ainsi appelé,, par Roger, abbé de S inl-Pantaléon de C dogue, parce qu'il avail été chargé du gouvernement de plusieurs duchés par l'empereur. — L'empereur Frédéric 111 attribua exclusivement Li titre d archtdûc à la maison d'Autriche, eu 1 »5J, avec droit d'ériger des « oudés, de faire des n ibies, d'établir des impôt», c e.; mais on ne c >nii.'.ll pas l'origine \le cette dignité dans celle tmison. Charles Vlll . d'après André de Vigne, créa archiduc de Cessa, au royau ne d»1 N |>!«'>, le cômle de Moulpeusier. Ce fait uVt (prune exception, et depuis le xv* siècle un a rte qui porterait eu sou ciiplion la •tu ilité d'archiduc el qui n'émanerait point deqm Iqne prie.ee de la famille de Hambourg, serait légitimement suspect.

ARC III PRÊT RE. Comme leur nom l'indique, les an hiprélres, archipresbyleri, étaient préposés à la tête des prêircs d'une église, sous les ordres de l'archidiacre, el célébraient l'office divin en l'absence des évéques. Les archiprêires ont été institués dès les premiers siècles de l'Eglise. Le concile de Carthage, le au en l'an 3U3, s'exprime ainsi à leur sujet : Ut episcopus gubernationrm t?iduarum et pupilhrum ac peregrinorum, n m pr itipsum , sed per archipresbyterum aut per urrliidi'iconum agat.

Il y cui une autre classe d'archiprélres dont les fondions furent celles que remplirent plus lard les doyens ruraux. Ils étaient sous: la juridiction de l'archidiacre et surveillaient «incertain nombre de paroisses qui formaient l'arohiprélré. On les trouve cites dans les conciles de Tours en 5'à7, d'Auxerre en 578; dans les capitulaires de Charles le Chauve, t. V, etc. — Au diocèse d'Auxerre. ils avaient droit au lit du curé défunt et à la desserte delà cure vacante; ce qui leur fut reconnu par l'évêque François de Donadieu en 1013.

D. de Vaincs fait, au sujet des nrchiprélres anglais après la réforme, une observation qu'il n'c^-l pas inutile de rapporter pour constater les actes émanes de celle nouvelle juridiction. L'Eglise cachée d'Angleterre se trouvant sans pasteur du premier ordre, à la fin du xm* siècle, le pape ne crut pas devoir y envoyer un évôque. A la sollicitation de quelques personnes, il créa dans l'Eglise une dignité jusqu'alors inconnue, relativement, à m destination, et, par une bulle de 1598. il donna au sieur B:acLweillc titre d'a'rchiprô- Ire, aux fins de gouverner toute l'Eglise d'Angleterre. Il n'y avail pas encore eu d'exemple «Lins. l'Egiise d'une pareille dignité qui ne fut pas relative à un évéque diocésain (1).

Ce litre a été donné quelquefois au chef de la chapelle des rois francs et a d'autres ecclésiastiques Fulrad, abbé de Saint-Denis, a été appelé Archipresbyter Fruticîœ dans une lettre du pape Adrien. Un officier du

(IjD. Je Yiious, an AatairKti m.

pipe Etienne VIII , au v ?ièr>. s'intitule : Archipresbyter s me lit Ecclisiœ Romance.

ARCHIVES. Suas le nom d'archives on entend également el les anciens litres el le lieu qui les renf rme; mais l'idée la plus commune et la plus ordiuairv s'applique à la seconde signification.

Les archives, considérées sous ce dernier point lit- vue, uni reçu des (j ires cl des Latins différentes dénominations : les G« ecs les ont appelés «/>^cfov, lieu destiué à con>crver les cuises anciennes, etc.; les Latins, t'ibula - « rium, chartuhrium, charturium, d'où chartrier, tacrarium, scrinium, caméra, à cause du lieu voûté où elles étaient gardées; arnuirium, àrchivum , etc. Ce dernier mol, qui a

f>ris toutes sorlcs de formes, se donnait éga émeut aux dépôts des chartes el aux trésor» d s reliques . parce que le même lieu contenait les unes el les autres.

L'origine d vs arcluves remonte à li p't'i haute antiquité, et l'on co nprend que (• us les peuples ont dû conserv r avec soin 1rs documents qui intéressaient leur existence

fiolitiqne; les lois q'ii rég'aieul les droits et es devoirs des citoyens; les traités de paix et les autres actes de leurs rapports avec leurs voisins. Les Bénédictins (2) donnent des preuves de l'intérêt que les anciens portaient aux archives : les Juifs les conservaient dans le temple; les Grecs dans le temple de Minerve el d'Apollon A D. Iphcs-, les Romains dans ceux d'Apollon, du Capitula et de V'esla à Rouie. ;*»>u-« l'empire roui nu le développement des archives fut considérable. Les empereurs avaient I. urs archives de-ignées sous le nom de tuera scrinia, el conservé s dans leur palais ; elles étaient divisées eu quatre greffes. H y avail aussi le» archives impériales appelées vittori* ambulantes , parce qu'elles suivaient l'empereur dans ses voyages; el celles nommées slraloria permanentes, et déposées daus le palais ou dan]» les temples.

L'établissement de la religion chrétienne dans l'empire ne changea rien, comme on lu sait, à son gouvernement ni à sa constitution politique. Chaque cité, chaque ville conserva, comme auparavant, ses archives où les actes publics étaient déposés. Dans 1' s villes, chaque commun iule continua d'avoir des dépôts particulier*. Mais les guerres et les incendies, el, [dus que tout cela, les ravages des barbares et les injure» do temps «uinèrent tous les dépôts, de telle sorte qu'au» cune pièce originale des quatre premiers siècles n'a été couservée.

Les rois francs dt la première race avaient un trésor des chartes. Les archives du palais et celles dis villes étaient les dépôts des décrets, des conciles, des capitulaires et des actes publics et privés. Sous la deuxième race on y déposa aus >i les préceptes accordés par les rois.

Les rois des deux premières races et d'une partie de la troisième avaient imité, pour le malheur de la science , l'usage dus cuape- (2j Swtv Trai é de l>\plo.n<U.y t I, «7 el suiv.

DICTIONNAÏllE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE.

reurs romains ; c'est-à-dire qu'ils avaient deux sortes d'archives : les archives ambulantes, qui les suivaient toujours pour éclairer leur conseil, et qui étaient les plus essentielles , et les archives permanentes. Il devait arriver quelque jour que les premières éprouveraient les suites funestes de leur instabilité. Aussi voyons-nous dans l'histoire qu'en 1194 ics papiers et le sceau du roi et le» registres du fisc furent pris par l«*s Anglais , qui défirent l'arrière-gardc de l'armée de Philippe-Auguste, à la bataille de Frète val dans l'Orléanais. Le Trésor des Chartes actuel ne peut donc être antérieur à ce prince. On en est redevable à frère Guérin, religieux de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem , depuis évéque de Senlis et chancelier de Fiance, et à Gauthier de Nemours dit le Jeune, qui formèrent, en 1210, le premier recueil du Trésor des Chartes ; l'on trouve cependant quelques actos originaux remontant à Philippe I" et plus de deux cents à l'époque de Louis VII. Il fut établi d'abord dans la tour du Louvre ou au Temple , et depuis, porté par saint Louis dans la Sainte- Chapelfc. 11 est aujourd'hui aux Archives du royaume.

Celte collection célèbre, dont le gouvernement a le projet de publier les nombreuses pièces inédites , se divise en deux parties. La première comprend (es registres de la chancellerie, depuis Philippe le Bel jusqu'à Charles IX (1302-1568}. Les actes qui y sont transcrits sont tous émanés de l'autorité royale et ont rapport aux privilèges , aux donations et aux confirmations accordés aux corporations religieuses et civiles , aux lettres de grâce, d'anoblissement , etc. La seconde partie , connue sous le nom de Layette» du trétor, parce que, les pièces qui la composent étaient autrefois renfermée* dans des coffres ou layettes, est maintenant conservée aux Archives du royaume, cl ne comprend pas moins de 587 cartons. Les pièces de cette collection sont au nombre d'environ 17,000. La première est de l'an 1,066, et les dernières s'arrêtent à la lin du règne de Henri II. Ici les documents sont de nature différente que dans les registres de la chancellerie, cl consistent en chartes de toute nature provenant des relations des rois avec les souverains étrangers , avec les communes et les simples particuliers du royaume (1).

Les Archives de l'empire, formées d'abord par Eginhard (2), selon les ordres de Charîèmagne, dont il était secrétaire, essuyèrent différentes révolutions et subirent le même sort que celles de France, parce qu'elles étaient également ambulantes. Henri l'Oiseleur en commença un dépôt dans la Saxe, qui fut considérablement augmenté sous Olhon le Grand. Mais on assure que dans les Archives impériales il reste peu d'instruments publics non-seulement des temps antérieurs à l'empereur Rodolphe , mais

(I) Bonamj prétend que dès le rtyie de saiirt Louis, le litu oti Ton eonsenmt les durit» r y îles fuil ai<f«dô Ttuinuruscltartwrum domuù rttji$.

encore du siècle qui a suivi son règne. Cependant les historiens contemporains et les écrivains modernes ont sauvé quelques documents de ces anciens temps. Quant au code des Recès de l'empire, il ne renferme aucune constitution plus ancienne que celle de Frédéric III , si l'on en excepte la bulle d'or de Charles IV.

Au dernier siècle les Archives impériales qui avaient commencé à être conservées avec soin à la fin du xv siècle, étaient divisées eo plusieurs grands dépôts placés en plusieurs villes; savoir, à Vienne, les Archives de l'empereur ou Palatines ; à Mayence celles de l'empire, dans le palais de l'électeur archichancclier : on les appelait chancellerie de Mayence ; et celles de la chancellerie de la chambre impériale de Spire, auxquelles il faut ajouter deux autres dépôts connus sous les noms de voûte» , renfermant les dossiers des procédures de toute espèce (3).

En France , vers 1770, le gouvernement , qui voulait exécuter les projets de Colbert et de d'Agoesseau, pour la collection générale des documents relatifs à l'histoire et au droit public, avait prescrit aux intendants des provinces de fournir la nomenclature des dépôts d'archives qui existaient dans leurs ressorts respectifs. Il résulte de ces relevés qui sont incomplets et présentent des lacunes pour plusieurs régions, qu'il y nvail alors en France 5700 dépôts d'archives. Dans ce nombre se trouvent signalés, indépendamment des archives des grandes souverainetés , des corps administratifs, des archevêchés et des évéchés , 1709 abbayes , prieurés et couvents , 39V chapitres ou collégiales ; 178 ) maisons seigneuriales cl 8J5 hôtels de ville.

I. Archives ecclésiastique*. Nous abordons un .sujet qui a été l'objet de grandes attaques dans les deux derniers siècles. Mais comme nous n'avons plus aujourd'hui les mêmes motifs de nous passionner contre l'histoire, et que d'ailleurs la raison et le bon sens public ont reconnu de quel côté était la vérité, toute incertitude a cessé sur l'authenticité des archives ecclésiastiques, et l'on peut en raconter l'origine et les développements avec toute sécurité.

On peut dire ici, comme pour ce qui concerne les trésors de l'antiquité profane , que c'est au clergé que l'on doit la conservation des plus anciens actes originaux. Depuis l'an 445 le nombre en est allé toujours croissant jusqu'aux temps modernes, où ils sont devenus innombrables. Une si glorieuse distinction n'élève pas seulement les archives ecclésiastiques au-dessus des autres , mais c'est encore la preuve la plus complète du respccl qu'on a toujours eu pour elles et de l'attention singulière avec Inquelle on le» a conservées. Toutes les autres prérogative! leur furent communes avec les autres dépôts publics (4).

il) Kckard, Sehêdiatm. de Tabulés anliq. - (3) Mauv. Traité de DiptiMnal., I Il) ll id , luo citato.

Dans les premiers temps du christianisme, ou a gardé avec respect , dans des lieux relirés des catacombes, les saintes Ecritures et Ie< actes des martyrs. Terlailien renvoie aux Eglises de Rome, d'Ephèsc, de Philipprs el de Corinlhe ceux qui s< raient curieux de voir des lettres authentiques des apôlrcs. On établit même bientôt des notaires charges de recueillir les actes des martyrs. Malgré 1"S persécutions qu'essuya le christianisme sur le déclin du m* siècle, où Dioctétien et Maximien se distinguèrent par la destruction des monuments sacrés , on ne laissait pas de montrer à Césarée du Cappadoce les originaux des lettres de saint Denis, pape , et saint Basile assure qu'on les y vojait encore de son temps (1).

On sait que l'Eglise comiueuça à posséder «les biens immeubles vers le milieu du ur siècle. Dès lors les litres qui en assuraient la propriété furent conservés avec autant do soin que les persécutions le permirent. Mais après la conversion de Constantin, qui donna lui-même l'exemple de la dotation des églif es, les fidèles ayant beaucoup accru les biens du clergé, on forma régulièrement les archives, on préposa à leur garde des clercs nommés icrinarii, carlophilacet, cari ularii. Saint Jérôme et saint Augustin (2) parlent dans leurs lettres des archives ecclésiastiques el de ceux à qui la garde en était confiée.

Dès le milieu du îv* siècle, sous saint Sylvestre, les archives de l'Eglise romaine étaient déjà renommées. Saint Jérôme recommande même de les consulter (3). Les évéques des grands sièges ; d'Antioche par exemple» eurent des notaires particuliers pour leurs églises, ainsi que Rome. Au vi* siècle, les archives ecclésiastiques étaient en très-grand honneur, les titres, les actes et les livres s'y multipliaient considérablement. Le premier canon du 3* concile de Paris les mit sous la garde des évéques eux-mêmes. Les documents qui y étaient dépo-és furent déclarés respectables à perpétuité (4), el des peines rigoureuses furent décernées contre ceux qui oseraient livrer les litres. On prit enfin lanl do précautions contre les fraudes de toute espèce, que ces trésors, qui n'avaient renfermé jusqu'à la fin du vr siècle que des papiers privés, devinrent, dès le vu* et dans les suivants, le dépôt des acles publics les plus solennels.

Les archives des monastères ne furent pas conservées avec moins de soin ni moins considérées que celles des églises épiscopales. Dès le iv* siècle elles étaient célèbres et devinrent, comme celles des églises séculières, dépositaires des acles publics. Cet usage, qui eut pour cause la confiance qu'on avait dans ces dépôts regardés comme inviolables el sons la protection divine, sauva de la destruction bien des documents précieux. Les archives de l'abbaye de Saint-Denis furent regardées, dès le vu* siècle, comme un dépôt public. Les Bénédictins citent différents acles

(DBaftil ,1. 111,361.

(t. Efist à. Augurai 43, »<1 Glorium.

qui y furent déposés à celte considération par les rois el les particuliers. Je n'en rapporterai que deux exemples. En 1283, Guy de Mauvoisin, sire de Rosny, s'obligea à une redevance annuelle envers l'abbaye de Saint-Denis , afin qu'on lui gardât, dans les archives de ce monastère, une charte qu'il avait obtenue du roi. L'autre est encore plus concluant : Charles V y fit déposer une copie originale de la déclaration qui fixe la majorité des rois à quatorie ans. Elle fut munie du grand sceau, comme l'original mis au Trésor des Chartes.

Les Anglo-Saxons n'accordaient pas moins de confiance aux archives monastiques.

Hickcs rapporte qu'ils leur confiaient la garde de leurs lois comme dans un dépôt sûr el inviolable. Ils inséraient aussi leurs contrais dans les livres liturgiques des églises. Guillaume le Conquérant ayant fait rédiger le fameux Dooms-tmy Book, livre cadastral de l'Angleterre, en fit déposer deux copies authentiques dans les archives de Westminster et de la cathédrale de Winchester.

Les archives du Monl-Cassin étaient, de même que celles de Saint-Denis, reconnues comme archives publiques, el la rote romaine déclara, en 1627, qu'elles étaient authentiques, publiques et très-célèbres dans toute l'Europe, et en outre que les écritures ou acles qui en étaient tirés faisaient foi et avaient force de preuves.

L'Allemagne a suivi , sur l'objet qni nons occupe, la même conduite que les autres nations. La Thuringe sacrée, p. kt et les Mémoires de Trévoux , août 17*0, attestent la même chose.

Comme nons l'avons dit en commençant cet article, les archives du clergé ont été l'objet des attaques les plus vives aux deux derniers siècles, après avoir été pillées par les huguenots au xvi* siècle. Les écrivains protestants les ont accusées de renfermer un nombre considérable de chartes fausses, pour pouvoir se débarrasser plus aisément des preuves fâcheuses qu'on aurait pu y trouver contre leurs doctrines. Us ont été suivis dans ce système par plusieurs catholiques et même des religieux qui n'ont pas craiut de leur prêter une main coupable et de les aider à ruiner l'édifice du passé. Les écrivains diplomatisles connaissent tous les Pères Germon et Hardouin, Scaliger, Papebrock el autres, qui ont fait faire tant de recherches aux vénérables Bénédictins, pour les convaincre de la fausseté de leurs accusations. Dom Mabilion et les Bénédictins, auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, ont réfuté tous ces rêves d'une imagination effrayée, qui voyait des faux titres partout el une bande de moines faussaires occupés aux xu* el xiii* siècles, à fabriquer des Charles dans tous les couvents de l'Europe; et nous devons à ces attaques absurdes les meilleurs trailcs qui aicut été faits sur la diplomatique.

(3) f C»i»on du ir concile de L; 00.

(i)lticrou E\»U ad Rufin.

fil DICTIONNAIRE DE DIPL

L'autorité des archives ecclésiastiques n donc toujours été égal»1 à Celle des dépôts publics. Los jurisconsultes les ont toujours * onsielérées ainsi et comme des lieux où son! renfermés tous les renseignements concernant les droits et les biens de l'Elut ët des citoyens. Dumoulin veut que toute pièce tirée de ce* archives, fût-elle un acte privé, porte sa preuve aveevoi, quoique dépourvue de la sigualurc d'un notaire, de témoins et d'autres solennités propres aux instruments publics.

Les archives publiques méritent une pleine et entière autorité : c'est un principe reconnu; mais le-s jurisconsultes n'cldenl pas d'accord autrefois sot les conditions auxquelles l.i qualité de publiques devait élfc attachée. Ou. n'a paî pu établir, dit D. de Vaines (1). de règhs uniformes sur ce point, à cause de la diversité des archives cl des coutumes locales; mais on peut dire qu'il suffit «le trouver un certain nombre d'écritures publiques dans des archives pour qu'on leur donne la qualification d'archives publiques. Tous les dépôts qui sont sons la direction dé* tribunaux et des personnes publiques chargées d'expédier les actes cl de les garder sont censés publics. Les archives particulières, au contraire, n'ont jamais joui o,ue du droit de former une demi-preuve. Aujourd'hui ces règles sont encore les mêmes; il fuit ajouter comme archives publiques celles dt-s préfectures et des villes.

IL Archives depuis 1780. Les grands événements qui changèrent, en 1789, l'état social qui durait depuis quatorze cenli ans atteignirent également les depôls où liaient conservé' s les traces les plus évidentes do ce passé. La nouvelle division du territoire en départements Gl réunir aux chefs-lieux les papiers des administrations financières , des intendances , etc. Bientôt la suppression des corporations religieuses amena dans les districts les archives de. ces établissements. Mais les passions révolutionnaires, qui s'attaquaient à tout ce qui rappelait le régime du passé, ne pouvaient pas oublier les archives. Aussi, à l'cxccpimn de celles du Roi qui furent réunies auprès du siège du gouvernement, combien de dépôts dans les- provinces sont demeurés intacts et ont pas^é sans échec du paisible chartricr du monastère, et du château féodal à la maison commune ou du district! La loi qui ordonna le brûlemcnl des litres nohiliahcs et féodaux fut malhcureusi ment exécutée dans bien des lieux par les seigneurs eux-mêmes, qui apportaient sur la place publique les litres de leurs privilèges et y mettaient le feu de leurs propres mains, croyant ain.si sauver leur tête. Les ordres qui prescrivirent d'employer les parchemins et h s manuscrits au service des arsenaux , privèrent les archives de documents précieux ; et si l'on ajoute à cola l'incurie dont elles ont été victimes pendant nombre d'années depuis la Révolution, on aura droit de s'étonner qu'il existe en-

(I) D. de Vaines, :»rt. Aucunes, t. !. |» ttî

(2j Rjj'i>oi t au n>\ fut ki ardurcs déj'aiicuicouk* n

UAT1QUE CHRETIENNE n

corc un si grand nombre do documents originaux.

La centralisation de tous le* dépôîs d'archives auprès de l'administration départementale, en vertu d'une loi do l'an V, a eu au moins pour effet de faire échapper à 1 1 des- Irui lion ce qui restait de ces titres précieux si bien conservés jusqu'alors. Depuis ce temps jusqu'à la loi du 10 mai 1838, qui déclare l'entretien des archives obligatoire pour les départements, l'indifférence la plus grande a régné dans les trois quarts des départements au sujet des archives. C'est à partir de celte année 1839 que date pour ainsi dire la régénération des archives. Des instructions et des règlements du ministre de l'intérieur sont venus presser les préfets d'organiser celte partie du service public, et ta conservation des archives n'a plu» été livrée au premier venu : des connaissances réelles en paléographie ont été exigées des candidats qui se présentaient pour remplir ces fonctions. Un rapport au roi publié récemment nous donne un aperçu assez satisfaisant de l'état des archives départementales (2). Aujourd'hui, outre les archives ecclésiastiques qui constituent le fonds de ce* dépôts, on trouve, dans certains département*, d«»s archives seigneuriales précieuses; telles sont dans le Nord, celles de* souverains de Flandre; dans le Pas-de-Calais, relies des comtes d'Artois; dans la Meurthe, celles des ducs de Lorraine; dans la Cô!e-d'Or, celles des durs de Bourgogne; dans les Bouch. s-du- Rhône, celles des comtes de Provence; et dans ces départements et beaucoup d'autres dont les chefs-lieux étaient le siège d'Ktats provinciaux, d'intendances, de chambres des comptes et de pirlements, d s roHecli.ms importantes des actes de ces administrations et de ces tribunaux : telles sont principalement les villes d'Aix , Amiens, Besançon, B >rdeaux, Dijon, Lille, Marseille, Montpellier, Rennes, Rouen cl Toulouse.

Pour compléter cet aperçu de la constitution des archives en France, nous ajou'erons qtte les Archives du royaume, à Paris, qui sont d'une «Thantc importance, sont divisées en cinq secHons: historique, administrative, législative, domaniale el judiciaire.

La section historique contient le Trésor des Charte?, et son supplément, toute la partie historique des abbayes du diocèse de Paris.

La section administrative renferme les Archives de l'ancien conseil d'Etat, du conseil de Lorraine, de l'ancien ministère de la niaison du roi, du ministère de l'intérieur, une partie de celles' du commerce et des travaux publics, des anciennes administrations spéciales , etc.

La section législative se compose de la collection des lois, ordonnances, édils, manuscrits el imprimés , des procès-verbaux de l'Assemblée nationale, de lâ Chambre des députés,d'une partie des Archives du ministère de la justice, etc.

La section domaniale se compose des Ar-

couiinuujlis, nui 1811.

AttC

chives de l'ancienne chambre des compte*, où se trouvent des aveux et dénombn meut* it'uo gr mil nombre de seigneuries, dos pa- I ii'is domaniaux provcuaul du triage des litres eu I70i, clc.

1.4 section judiciaire contient les pièces re- 1 ilives à la grande chancellerie, seciclaii ie du roi, prévolé el requêtes de l'hôte', grand conseil, conseil privé, commissaires extraordinaires, parlemenl et Chapelet de Paris, tri bunanx criminels extraordinaires, etc.

ARCHIVISTES. On appelle ainsi les personnes ch irgé s de la conservation des archives. Les anciens confondirent toujours cette change avec celle d'écrivain ou de secréîaire. Sous ce dernier rapport, les Grecs y aM.-icbaicnt une grande considération, cl < rmi-i >suicnl pour ces fonctions des personnes d'un rang élevé, d'une capacité et d'une (i îé i o à tome épreuve; taillis que les» R.iin.n ns, qui méprisaient lotit ce qui n'ét iil pas Tari de la guerre, laissaient eet emploi à des mercenaires. La dignité de maître des an hives et. dans la suite, de jogulbèle devint ttès -considérable sous les empereurs grecs.

Les aich'rvislcs des papes, appelés scriniariiou sci iviniii sanctee Romunœ Lcclctiie, souscrivent dans les bulles depuis le vu* siècle; ils étaient chargés de les dresser et y ajout nt souvent à leur nom celui de noiarius regionaritif. Leur chef tenait un rang si distingué, qu'il passait pourposséderlalroisièuie dignité du clergé romain. Dans les xr et xu* siècles, ils se qualifièrent notaires-archivistes du sacré palais de Latran. Mais cette qualification ne passa guère le commencement du -Air siècle. Gervais, archiviste-notaire el régiounaire sous Calixte II, est le dernier qui figure dans les bulles. Il ne faut pourtant pas en conclure que cette ebargo fut supprimée, p uisque le titre de notaire reparaît fréquemment dans la formule commençant par datu:n ; mais elle fut restreinte à ses véritables fonctions. Une bulle revêtue de celte formule serait au moins très-suspecte après le xir siècle.

Dans les églises cathédrales et les abbayes, le trésorier ou garde des archives fut toujours une des premières dignités. <>n réunissait volontiers ces deux litres ensemble, parce qne l'on conservait avec le plus grand soin, dans le trésor des églises et des monastères, les chartes de donations, les titres de fondalions el autres pièces importantes.

De nos jours, les archives du royaume sont sous la direction d'un garde général des archives qui a sous lui cinq chefs de sections et des employés. Les archivistes des préfectures sont nommés par les préfets el confirmés dëCnilivemenl par le ministre de l'intérieur.

ARMOIRIES. Li s armoiries sont des signes symboliques ou naturels figurés sur l'écusson des familles nobles, el qui senent à les distinguer les unes des autres. Nous n'avons pas à nous occuper ici de l'origine des armoiries que les uns attribuent aux tournoi-, LU, di! M. de F <.-::' cm.igac, CCiiX qui s p ^

Ane -i

sont tient en lire, prouvaient leur extraction par l'ecu de leurs armes; el le* autres aux croisades où la différence des bannières servit à distinguer les chevaliers et à faciliter la réunion de leurs vassaux. Il est reconnu <rénéralcmenl aujourd'hui que ceîto s «rte de distinction ne p> ut être antérieure nu.xf siècle, el que, si les tournois l'ont vue naître, les croisades l'ont répandue davantage et en ont fixé les Mgm-s caractéristiques.

Les objets figurés sur les éeus et les dra- P 'aux des Romains el des autres peuples ne peuvent être regardés comme de véritables armoiries, mais comme des signes de ralliement et des cmb.èmcs personnels pour l'emp oi desquels il u'y a jamais eu ni règles ni principes.

Nous nons bornerons donc à examiner les armoiries dans leurs rapports avec" les sceaux, renvoyant, pour la couna ssanec entière des blasons, an traité spécial qui va élr* publié snr celle importante matière, dans la collection de l'Encyclopédie Ihéolagique.

j. L'emploi des armoiries dans les sec mx, suivant lès auteurs du nouveau traité d>* Diplomatique, ne peut remonter avant le milieu du xr siècle, cl l'usage n'en devint fréquent que dans le cours du suivant. J'ajouterai que plusieurs gram's seigneurs ne les ont même exprimées que vers la fin de ce siècle. Le sceau de Raymond de S. -Gilles, pendant à un diplôme de 1088, présente, disent les aaleuTs cités plus haut, la croix de Toulouse cleschée , vidée et pommelée.

Louis VII est le premier roi do France qui ait pris une fleur de lis à son conlre-sceau. Les diplômes antérieurs scellés de fleurs de lis sont évidemment faux.

Les pins anciennes armoiries sont ordinairement fort simples ; l'écu représenté sur le sceau qu'employait en 1102, Hugues, duc de Bourgogne, était bandé de six pièces et bordé ; celui d'Adam de Soligné élait losange ; celui d'Adam d'ilereford, gironné. Ce dernier sceau est uu peu postérieur à la première moitié du xir siècle, cl l'autre est de qucl-

3ues années plus ancien. Manassès, comte e Bar, en 1108, porte une aigle éployée. Les seaux des comtes de Champagne ne portent pas d'armoiries avant la fin du xir siècle ; leur contre-sceau est souvent formé par l'empreinte d'une pierre antique. Les sceaux des comtes d'Auxerre sont également dépourvus d'armoiries avanl Pierre de Courlcnay, qui porte, en 1181, trois besaus sur son écu. Ceux des comtes de Joigny ne présentent d'armes qu'au commencement du xur siècle (1),,

A la Ou du xir siècle et dans les premières années du siècle suivant, les armoiries composées d'une môme pièce répétée uu certain nombre de fois commencent à devenir plus ordinaires. Juhel de Mayenne employait, en llu7, un sceau triangulaire portant six écus« .«oiis posés d ois, deux cl un, et charges d'uuo fleur à six feuilles. On voit deux léopard»

C>) Aic;..>c.. !: u ;• lur* -1 I VoM.tr

lionnés sur le contre-sceau de Guillaume, fils de Dauphin, comte de Clermont (1). En 1215, AsccJin de Merry porte trois fleurs de lis sur son écu (2).

Los partitions de Péco sont encore rares dans la première moitié du xyr siècle. Cependant on voit un franc quartier sur un cru échiqueté de sept tires au contre-sceau d'Alix de Bretagne, en 12U. Pons de Tesan employai!, en 1226. un sceau écarlelé; celui d'Amaury, comte de Gloccster, était émanebé de trois pointes mouvant du flanc dextre (sous Jean sans Terre, de 1199 à 1216). Ce comte de Glocester est peut-être un des premiers seigneurs anglais dont le sceau porte des armoiries; en effet Hitkes conjecturait que le blason n'avait été introduit en Angleterre que sous le règne d'Henri II, c'est-àdire de 115V à 1189. On ne voit ni lions ni léopards sur le sceau de ce prince; ces armes parurent pour la première fois sur le sceau de Richard Cœur de Lion, prédécesseur de Jean sans Terre. Edouard III est le premier qui ait pris tes armes de France, qui ail écarlelé son écu, et y ail fait mettre autour le collier de Tordre de la Jarretière. On voit un lion entouré de fleurs de lis sur le contresceau de Guillaume le Lion qui monta sur le trône d'Ecosse en 1165. Selon les Bénédictins, les écus armoriés ne parurent pas en Allemagne avant le xur siècle. Il résulte de la série des sceaux gravés dans l'histoire de Lorraine de D. Calmet, que les trois alérions ont été portés, pour la première fois, par Ferry de Bilche, mort en 1207, et que les armes des comtes de Luxembourg ne furent fixées que sous Walerao, ur du nom, mort en 1226.

Les historiens portugais rapportent l'origine des cinq écus&ons qui entrent dans les armes de Portugal, à la bataille d Ourique, livrée en 1135: ces écussons représentaient les cinq étendards enlevés aux Maures par Alphonse Henriquez, premier roi de Portugal; mais on ignore si ces armoiries furent gravées sur les sceaux, avant le xnr siècle. L'écusson écarlelé aux armes de Caslille et de Léon parait sur le sceau de Ferdinand III, roi de Caslille, proclamé roi de Léon en 1230; le xur siècle est probablement l'époque où ces princes commencèrent à porter des écus blasonnés. Dom Vaissette a publié, d'après un acte de 1226, un sceau dont le revers représente Jacques d'Aragon, monté sur un cheval et portant un bouclier sur lequel on démêle, quoique confusément, Ie9 traces des deux pals (3). Ces différents exemples confirment In règle posée par fes Bénédictins, c'est-à-dire que les armoiries n'étaient pas ordinaires dans la première moitié du xir siècle, quoique les premiers écus blasonnés paraissent sur les sceaux dès le siècle précédent.

La transmission des armoiries n'est pas encore bien régulière, même au xm* siècle. Selon les Bénédictins, c'est seulemeutsous lo

(t) Etémm$ <trpnUt>gr apliie, par m. de Wailljr, l. Iî, 00. fîj Arrliire* dr la iréfectnro Ae rYooui'. {jj EUmtnit dt poléog , loco ci:»u»

règne de saint Louis et vers le milieu de ce même siècle que les armoiries devinrent un peu stables et se conservèrent dans les familles. Ils prouvent d'ailleurs que cet usage ne devint jamais tout à fait invariable. « On voit, dans les monuments de la monarchie française, que Dreux, sire de Trainel, en Champagne, et Anseau, sire de Voisines, connétable de Champagne, n'étaient pas conformes dans leurs armoiries. » J'ai vu moimême plusieurs exemples de celle nalurc. En 1211 Gauthier, comte de Joiguy, porte uo lion sur son écu, et Guillaume, son successeur, présente un aigle (121t), signe qui est demeuré longtemps dans cette maison. La famille de Trainel qui a attiré l'attention des Bénédictins va nous fournir encore des exemples des diversités d'armoiries dans la même famille. En 1233, Anseau de Trainel, sire de Voisines (peut-être le père de celui de 1259), porte un lion au contre-sceau; Ernrd de Trainel, sire de Foissy, en 1236, a un écu fascé au la m bel de six pièces, et Henri de Trainel, en 1258, a seulement trois fasces sut son écu (4). On trouve diverses quittances de Renaud de Trie, amiral et maître des arbalétriers de France, des années 1380, 138V, rte, dont le sceau est une bande chargée de trois annelels avec une merlelle au canton senestre en chef (1306); mais, dans celle du 8 janvier HOfc, il n'y a point de merlette. On a deux quittances de Jean de Foix. quatrième d«i nom, seigneur de Fretin cl puis de Sécholles, des 20 septembre 1548 et H juillet 1550. Le sceau de la première est écartelé au 1 et 4 semé de croix, au 2 et 3 frclté, une colice brochant sur le tout; celui de la seconde est aux armes de Foix seulement. La différence des armoiries n'est donc pas toujours une raison de soupçonner de faux les sceaux d'une même personne. 11 y a plus, les mêmes armoiries ne sont pas toujours marquées sur le sceau et le contre—sceau : on peut voir d'un côté les armes propres d'un seigneur, et de l'autre celles de sa mère; une femme alliait souvent les armes de son mari avec celles de son père. Enfin les nombreuses variations des armoiries des rois de France prouvent que l'on ne se faisait pas scrupule de varier le nombre et les dispositions des pièces del'écu. Quoique Charles V passe pour avoir fixé définitivement les armes de France, en réduisant les fleurs de lis au nombre do trois, on rctroure encore les fleurs de lis sans nombre au revers de l'un des sceaux que Charles VI employait en l'absence du grand (5).

II. Abmoiribs du clergé. Plusieurs évéques, au xir siècle, ont commencé à faire apposer leurs armoiries au dos de leurs sceaux, c'est ce qu'assurent les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, différant sur ce point de l'opinion de D. Mabillon, qui veut que cet usage ne remonte pas plus haut milieu du xur siècle. Ils citent â ce

sceau d'Hugues d'Amiens, arche-

que sujet

(4) Archives de la préfecture de (Tonne, Fonds de Vau-

IlliSitlll.

(3) Elément de paléty , t II, p 03.

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