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Forme des fcenux

II n'y a jamais eu rien de fixe dans I » forme des sceaux, pas plus chez les anciens qu'au moyen Age ; tanlot ils sont ronds , ovales, obhnigs, l>'uii«iiviile.s. carrés ou Iriangulaires; tantôt ils affectent la figure d'un peut g<»ne, d'un hexagone, d'un octogone, d'un cœur, d'un trèfle, d'un cruiss.mt, d'un fer â cheval, d'une ogive, « le.

Los Ronains el les Grers se srrvaienl généralcm« ni de sceaux gr.ncs eu ho^se en forme de parallélogramme pour marquer les vases en terre cuite, les briques, le* marchandises, de. l's eu avaient aussi dencux pnur scelb r la cire el 1rs aulrcs matières ductiles. La forme carrée était aussi eu usage, connue on le voit par une bulle de plomb de l'empereur Trajan. représentée par Ficoroni (1). Des sceaux des premiers chrétiens, reproduits par les Bénédictins, ont la forme d'un soulier. Deux bulles de plomb, portant les noms des papes Serg'ms cl Ltienne, présentent un carré parfait. Ces deux monuments, dont la date n'est pas fixée, sont probablement du vm* siècle. Au moyen âge, on trouve un assez grand nombre do sceaux en forme de losange, de pentagone, d'hex.;goue et d'octogone. L s côtés d.< ces différentes figures, au lieu d'être en ligne droite, pouvaient être concaves; c'est ce que les Bénédictins appellent des sceaux cornus : ils disent qu'on s'en est servi en France el en Allemagne; et M. do Wailly rapporte que celle forme se rencontre assez fréquemment dans !cs sceaux de la noblesse espagnole. L'usage des armoiries rendit assez fréquents les sceaux représentant la figure de Vécu ou du bouclier qu'on reproduisait aussi bien sur des sceaux orbiculaires ; on en Irouve aussi eu forme de cœur, de poire, de trèfle, de rosace (2). On pourrait encore citer d'autres figures, mais elles sont en même temps trop irrégulières et trop rares pour qu'on s'allât lie à les décrire. On s'arrêtera plus particulièrement sur les sceaux en forme de cercle, d'ovale el d'ogive, qui sont fort nombreux el demandent plus de développement.

« La Ggure ronde ou orbiculaire est la plus .«impie, disent les Bénédictins; aussi est-» lie la plus ancienne qu'on ait donnée aux médailles et aux sceaux desliués à authentiquer les actes. K le a toujours été plus particulièrement affectée aux sceaux ôe méal. On a découvert uu grand uombrede bulles de plomb des empereurs païens de cette forme. > T. Is sont, par exemple, le sceau de plomb d'Antonin et celui sur lequel sont réunis les bustes de Marc-Aurèîe cl de Lucius Vérus.

Fresque tous les sceaux des papes (sont éjplcniciil de forui" ronde; ceux de Sergius et d'F.lienuc, dont il a été question tout à l'heure, sont peut-ê;re les seuls, dit M. de Wailly, qui fassent exee, lion h celte règle générale, * Tous les rois de France de la

(I) J. t.iotuld aniicbi, p 10.

première race, à l'exception de ChiUérir, père de C ovis I", et de Childéric III, se s«>nt servis de sceaux orbiculaires. Les roisC ulovingiens ont aussi donne la forme ronde à leurs bulles d'or el de plomb. L'empereur Charles III. dit le Gros, la rétablit en Allemagne à l'égard des sceaux de cire. Tous ses successeurs allemands l'ont imari ahle- < ment conservée. Zuenlcboldc, roi d'Au>trasie ; Lotbairc, pénultième roi tic Fr nce de la seconde race; Hugues Capel, chef de la troisième, et tous les rois Capéîiens. à l'exception «lu roi Robert, ont donné la préférence à la forme ronde. On ta retrouve dans tous les sceaux des rois d'Esptgne, de S rite , d'Ecosse cl de la plupart des mis d'Angleterre. C'est' >a plus ordinaire dei cachets â l'usage des anciens ducs, comtes, chevaliers, seigneurs el gentilshommes. On peut s'en convaincre en jetant les yeux sur les planches insérées dans les nouvelles Histoires de Languedoc, de Bourgogne , de BieMgne, de Dauphiné et de Lorraine. Les plus anciens sceaux ecclésiastiques sont aussi orbiculaires. » Les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, auxquels ces détails sont empruntés, en donnent pour exemple un sceau d'Udalric, évêque de Passau, en 1108. Dans la suite les sceaux ecclésiastiques de forme ronde devinrent assez rares, excepté toutefois ceux des chapitres ou communautés et des olficiaux, qu'il « si aussi ordinaire de rencontrer orLiculatres qu'autrement.

Jeanne, première femme de Philippe VI, est peut-être la seule reine de France qui ait eu un sceau rond; celte forme, quoique peu usi'ée pour le» femmes, se rencontre quelquefois; les archives de la préfecture de l'Yonne possèdent un sceau, de Malhiîde, corn esse d'Auxcrrc, au xnf siècle, qui |rt représente à cheval el dans un encadrement circulaire.

Quant aux contre- sceaux, leur forme était indépendante de celle du sceau : rien nY t plus ordinaire que de voir un contre- ^ce;ju parfaitement rond au revers d'un sceau en ogive.

La forme ovale a été donnée aux sceaux, dans les temps anciens, aussi bien que la forme orbiculaire. Cependant il est moins ordinaire d'en rencontrer de cette espèc. . Les Bénédictins ont publié une bulle de plomb représentant la tète d'Alexandre Sévère couronné de lauriers. «Childéric I" cl Chi literie III, disent- ils, sont les seuls rois Mérovingiens dont les anneaux soient ovales. Celte forme plut à l'epin le Bref, chef de la secon te race. Ses deux fils, CarlomanelCharleimigue, suivirent la même mo le et la transmirent a leurs successeurs carlovingiens. Tous loin* sceaux de cire, exccplé ceux de Zucnieholde cl de Lothaire , fils de Louis d'Outremc., sont ovales. Le roi Eudes, fils de Robert ie Fort, r» tint la forme ovale que les princes Carloviugiens avaient dounée à leurs sceaux.

(J) Y. les sceaux gravé» dan» le iv* vol. des DciiédiaiM»

Robert, fils de Hugues Capet, petit-neveu d'Eudes, repril la même Ggure abandonnée par son père. Robert est le seul roi de Franco de la troisième race dont le grand sceau ait porté la forme ovale (1), quoique du Tillct l'ail donnée à tous indifféremment. » Comme la circonférence des sceaux n'était pas toujours d'une régularité parfaite, on en rencontre qui tiennent le milieu entre le cercle el l'ovale, et qui ont pu élre rangés indistinctement dans Tune ou l'autre classe. On voit quelquefois de ces sceaux dont le plus grand diamètre est dirigé horizontalement : ces lypes paraissent avoir élé employés sur* tout en Italie; mais ils sont beaucoup plus rares que ceux à forme ovale ordinaire. Quant è ccax-ci, ils ont cessé généralement d'être employés après le^i* siècle. Les Bénédictins en citent cependant un du xir siècle, quatre du xiv, et trois du xvi* siècle.

Les sceaux oblongs sont de différentes espèces. Les uns décrivent des courbes qui se rapprochent plus ou moins du cercle, les autres forment nettement une ogive. Ces différences viennent des rapports établis entre le grand axe et le petit axe, ou, en d'autres termes, entre la hauteur et la largeur. Moins il y a de différences entre ces dimensions, plus le sceau tend à se confondre avec les types circulaires ou en forme d'ovale aplati. Tandis que si le contraire a lieu, c'est-à-dire si les différences entre la hauteur et la largeur sont très-prononcées, comme dans le sceau de Gui, archevêque de Sens {Yoy. % VIII, Sceaux des évéques), alors le type devient tout à fait ogival.

Au xu* siècle les sceaux oblongs et surtout en ogive étaient fort nombreux ; ils étaient employés généralement par les évêques, les abbés, les abbesses, les monastères, les chapitres et les offleiaux; ces trois dernières classes de personnes en usaient cependant un peu moins que les premières, et ont, comme nous l'avons dit, conservé davantage la forme ronde. Les dames portaient aussi des sceaux en ogive (2). Les Bénédictins ne faisaient remonter l'origine des sceaux en ogive qu'au xr siècle, mais M. de Wailly pense qu'elle est plus ancienne. Il cite à l'appui de son opinion le sceau du roi Robert, que les Bénédictins ont regardé comme ovale mais qui est bien réellement ogival ; un autre sceau plaqué au bas d'une charte de Fulcon, évéque de Beauvais en 1090, est également ogival. «Toutefois, ajoute le même auteur, en faisant remonter jusqu'au règne de Robert les premiers exemples de 1 emploi de logive dans les sceaux, nous n'en reconnaissons pas moins que cette figure ne se rencontre pas ordinairement avant le xir siècle; devenue plus rare au xv, elle a cependant persisté jusqu'au siècle suivant [3). »

Il y a des sceaux dans lesquels le plan de l'inscription n'est pas le même que celui du

(1) M. de Waillv fM observer que re sceau aurai! plutôt la furn-r de Voeive que crllc du l'ovale. — Voyei plus

lulU.

(2) La* RitaAriirilu* rapportent aussi un nevnu np seigneur laïque du xn' siècle dans la mè.jie lortno.

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