T25 SCE
Diplomatique disent que la couleur noire n'a pas été inconnue. « Jérémie, patriarche de Constaolinoplc, s'en servait quelquefois pour sceller ses diplômes. Parmi la noblesse il y a ru quelques seigneurs qui se sont approprié l'usage de la cire noire. Elle fut autrefois employée par le grand maître de l'ordre Tcutonique en Prusse. Les passe- . ports accordés par le maître de Malle n'élaient pas autrement scellés. En France la mode de se servir de cire est plus ancienne qa'on ne croit ordinairement. Nous avons vu, dans les archives de Molesme, une charte de Guillaume de Joinvitle , sire de Jully, écrite en français au mois de mars de l'an 127k, et dont le sceau de cire noire pend à un lemnisque de parchemin à double queue. »
Cires mixtes.
II n'est pas rare de trouver des sceaux composés de cire de plusieurs couleurs.
Quelquefois le moule est d'une coureur et l'empreinte d'une autre, ou bien le contreseeau est rouge et le sceau vert. Mais un exemple très-curieux de cette combinaison de couleurs, cl probablement le seul, est celui du sceau de la société de la Mère-Folle de Dijon , qui était de trois couleurs, et pendait
i>ar no cordon rouge, vert et jaune, à des étires écrites également de trois couleurs.
Résumé. — Distinction de la couleur des sceaux de la chancellerie des rois de F rance,
D résulte des détails que nous venons de donner sur les couleurs des sceaux que la cire blanche a été employée depuis les temps mérovingiens. Quoiqu'on l'ait aussi nuancée diversement, il faudrait toutefois examiner scrupuleusement un diplôme antérieur au inr siècle, dont le sceau serait de couleur verte, et peut-être môme devrait-on appliquer la même règle aux empreintes d'un rouge vif. Quant a la cire jaune, elle ne se voit pas avant le xi* siècle. Les couleurs noire r t bleue sont trop exceptionnelles pour qu'on puisse tirer des inductions générales de leur emploi.
La couleur des sceaux a varié non-seulement suivant les temps, mais encore selon la qualilé des personnes et la nature des affaires. Celle règle est formulée par les Bénédictins et par M. de Wuilly, qui rapportent les nombreux diplômes royaux et impériaux par lesquels différents princ s ou seigneurs ont été autorisés à sceller de telle ou telle couleur; il n'y a donc pas de doute sur celte distinction. Néanmoins elle étail plutôt honorifique que réelle et exclusive, et on ne voit pas que cela ail empêché généralement de se servir des couleurs concédées.
La distinction dos couleurs était au contraire observée; avec soin, selon. la nature des actes, dans la chancellerie de nos rois. Les Bénédictins ont fait sur l'emploi des couleurs verte et jaune, pour le sceau royal, des remarques que nous allons reproduire.
(1) Souvenu Traité de Di\.\o»nuique, t. iv, [< (0.
(S) U faut ajouter la cire blanche d'aprè* les propres rc-
SCE 72fT
« La cire verte, disent-ils, devint d'un usage fréquent sous le règne de Charles V. On rn trouve la preuve dans le V* torne des Ordonnances de n« s rois, où il y a une multitude de lettres royaux scellées en cite couleur. Destinée depuis longtemps pour les lettres qui doivent durer à perpétuité et pour les grâces, on s'en sert pour sceller les privilèges et les lettres d'anoblissement. M. do la Roque, après avoir dit que ces lettres doivent être vérifiées ou enregistrées dans l'année de leur date, sans quoi on est obligé de demander des lettres de surannaliou , ajoute que cela ne s'observe pas à la chambre des comptes de Paris, non plus qu'à la cour des aides de Kouen , parce qu'on y défère toujours au sceau do cire verte. Enfin les ordonnances, les édits et les lettres patentes qui contiennent une première loi, et commencent par ces mots : A tous présents et à venir salut, sont scellés de cire verte f*ur des lacs de soie verte et rouge, et ne sont datés que du mois et de l'année. On en use ainsi pour faire entendre que ces ordonnances sont le fruit d'une longue et mûre délibération Les déclarations du roi, qui nu
sont autre chose que l'interprétation des édits, cl commencent par ces mots : A tous ceux qui ces présentes lettres verront, sont scellées de cire jaune sur une queue do parchemin, et sont datées du jour, du mois ei de l'année courante. En général la rire jaune sert pour les lettres royaux et les expéditions les plus ordinaires (1). •
Il semble donc résulter des faits qui précèdent que la cire verte étail affectée aux pièces destinées à une durée indéfinie, tandis que la cire jaune (2) ne servait que pour les pièces de moindre importance.
M. de Wailly a essayé aussi de préciser le temps vers lequel celte distinction des actes par la couleur de la cire cl la matière des attaches s'est établie. Après avoir rappelé qu'on la trouve déjà sous le roi Jean, il cite des lettres de l'an 1356, qui prouvent la vérité de cette assertion, cl à la fin desquelles on lit la mention suivante : Sed quia omnes articuli, quorum major pars est ad tan pus et alia ad perpeluitatem , erant scripti insimul in una car ta, fuit mihi Berengario preceptujn per Magnum Consilium quod rescriberetur, ut articuli perpetui sigillenlur in cru viridi, et illi ad te i pus in cera alba. Ces termes nu permettent pas de douter qu'on ne suivit, dès celle époque, une coutume encore en vigueur du temps des Bénédictins, et qui s'est prolongée sans doute jusqu'à la révolution.
En remontant au xnl* siècle, on voit quo saint Louis n'avait pas encore établi d'une manière bien régulière l'usage de distinguer l'emploi des couleurs de la cire. Sous Philippe le Hardi, ou se rapprocha davaulago de la règle dont nous parlons, si même ou ne la suivit pas toujours. Les diplômes solennels sont scellés eu cire verte et sur lacs
marques des Dénédiuius cl Je fawi Je M. de Wa:!ly.
™ MCTION.VAIftB DE DIPLOMATIQUE C iUEilENX!-. 72<
de soie rouges et verts; ils annoncent génê- l'usage d'appliquer ainsi h t sceaux dura en
ratement le sceau par la formule : Quod ut Allemagne jusqu'en 1190 (2). Celui de les
ratum et Habile permanent in fulurum, ou suspendre concourait en même lemps. Le
d'autres termes équivalents; tandis que ceux roi Louis le Gros, par exemple, et Pibon,
qui sont scellés en cire jaune et sur lacs de évéquedeToul, se servaient tantôt de sceaux
parchemin, sont de moindre importance, et pendants, cl tantôt de sceaux en placard,
l'annonce du sceau y est exprimée par 1rs Ces derniers, abolis vers la fin du xir siècle,
mots : In cujui rri testimortium , etc. Il ré- semblent avoir recommencé au xiv. 'C'est
suite d'une autre observation, du môme au- ce qu'on peut conclure d'une ordonnance de
tour, que la couleur du sceau et la nature la chambre des comptes, donnée à Paris,
des lacs étaient indifférentes pour certains le 20» jour d'août, l'an de grâce 1370, au
actes où le roi intervenait seulement A litre bas de laquelle on lit : « Collacion faite à
officieux (1). «l'original où éloient plaquiés cinq sceaux ou
, « signes desdites gens des comptes. » Peul-élre
V. des sceaux plaqués kt DBS scbaux peu- doit-on entendre ceci d'autant de signatures
daîits. matières des attacdbs. faites avec des sceaux trempés dans Teu-
Lcs sceaux sont distingués en sceaux pla- cre. (3)« » Cette supposition est gratuite, au
qués et en sceaux pendants, à cause des moin* en ce qui concerne la chambre des
deux manières dont ils étaient employés. Les comPlp» : H est constant aussi que dès la
auteurs diplomalislcs appellent les premiers première moitié du xiv siècle on a recom-
sigilla membranœ a f fixa , innexa diplomatie nicncéàemploycrlca sceaux plaqués concur-
chartœ ayglutinata; cl les seconds: sigiila reywM avec les sceaux pendants. « Mai?,
pende n lia ou pensilia. 'ai1 observer M. de Wailly, 1rs premiers
Les bulles métalliques, considérées comme î™!™} "ÏIS™^."!!^"*- ^ï™*, q,Ue a*
sceaux , étaient nécessa remenl suspendues i^S i P , 1 servaient à constater des
aux diplômes; quant à celles de cire m, d'au- Pi*" °" «*«»«>•«■• Celle d.slincl.on enlre
très substances molles, on les a lanlôt ap- [ï^tîZ S*? ******* <*,,e d' •
pliqoées sur le papyrus ou le parchcmiK, ^au* plaqués du xiv' siècle, qui, a cause
tantôt suspendue à des attache! de différent icJeu.r ,uomdrc dimension , serarenl peu -
les matières p u* convenablement designés sous le
i". n,. nir,„,.s. *om de cachets, résulte d'ailleurs de plu-
1 Des sceaux plaqué*. 8,e|jrg texle8 ^ |e grQnd ^
Les Romains scellaient les l< stamenls avec est appelé sceau pendant. Cependant on des sceaux plaqués. Les rois de France des trouve aussi, au xive siècle, des sceaux en «Jeux premières races n'ont pas connu d'au- placard qui servent à consister l'authenticité tre manière de sceller avec la cire, et l'on d'un acte principal, et non une mention accourrait en dire autant des capétiens du x* cessoire (i). »
et du xr siècle, si quelques auteurs n'avaient Place des sceaux plaqués. — « Sous les rois cité un petit nombre d'exceptions qui d'ail- de France de la première race, disent les Héleurs, remarque M. de Wailiy, ne sont ras nédiclîns, les sceaux étaient ordinairement constatées d une manière bien positive. Louis placés un peu au-dessus des derniers mou lu Gros scellait encore en placard la plupart de la date, à la droite de la charte, où 1 Vide ses diplômes. Tous ces sceaux n étaient criture finit. Sous la seconde race, la plupart imprimés que d'un seul côté, mais ceux des sont appliqués à la droite, après le nom du princes lombards recevaient une empreinte chancelier ou du notaire. On en trouve au revers, qui formait contre-sceau. « Tous quelques-uns à la gauche, quoiqu'il y ait les empereurs d'Allemagne, jusqu'à Frédé- place à la droite. Tel est le sceau de Charlcrie 1", disent les Bénédictins, ont suivi celte magne, qu'on voit entre la signature royale ancienne méthode. Les premiers sceaux des et celle du chancelier, d ms un diplôme de rois d'Angleterre ne furent pas autrement l'abbaye Saint-Denis. Mais, pour l'ordiapposén : témoin le sceau d'Edgar, plaqué naire, les sceaux ou anneaux carloviugicns au bas d*uno charte conservée dans les ar- sont posés après ou sur les traits des para» chives de l'abbaye de Saint-Denis en France, phes en forme de ruches, qui suivent le nom On ne peut donc pas assurer, comme le fait du chancelier. Sous la troisième race, ils Heincccius, que les sceaux d'Angleterre ont sont placés à la droite, tanlôl au-dessus, toujours été pendants. Tous les comtes de tantôt sous la date, jusqu'au règne de .Louis Flandre appliquèrent les leurs sur les chartes le Gros. D. Mabillon dit avoir vu trois sceaux mêmes, jusqu'à Baudouin, surnommé Secu- de ce roi appliqués au côté gauche où com-
rur, qui changea cet usage. Les chartes des mence l'écriture Le sceau de Tempe -
évéques et des abbés offrent des sceaux en reur Henri IV était appliqué au-dessus du
Êlacard jusqu'au déclin du xil* siècle. !>. monogramme (5). Les princes et les prélats
labillon déclare n'avoir point tu de sceau plaçaient ordinairement leurs sceaux au
«n placard après l'an 1164, où l'on scella de côté droit de la charte, et rarement au côté
trois sceaux plaqués un acte d'accommodé- gauche. Les anneaux et les sceaux enlevés
ment entre les moines de Saint-Denis et Ko- des chartes ont ordinairement laissa sur la
berl, médecin. Hais Gudenus assure que parchemin des marques brunes qui peuvent
(t) Eléments île paléograpliie, A » |». 59 et «îir. (4) FJimeut» de paléographie, u, p. Î7.
(î)S«<Jog I, |>r«'C (.. 18. V>) Thuïm^.t mit.i, ;> 71. (5) Moutum TtaM Je Du hmliq te, t iv, p
SCE SCR 7."U) servir à discerner le siècle de ces mêmes longtemps ; on y ajoutait môme des poils sepaux. Si la marque esl rondo et d'un pouce pour les rendre encore plus durables. Qucïel demi ou environ de diamètre, c'est une quefois on les munissait d'un lien de parpreuve que la pièce a été scellée d'un an- chemin, ou d'un ou deux morceaux de bois neau mérovingien. Si elle esl ovale ou p!us placés en travers. Ces précautions, tout en grande, c'est I empreinte d'un sceau carolin , augmentant la difficulté de la fraude, ne pouou de la seconde race. Les traces des sceaux vaient pas la rendre entièrement impossible capétiens sont ordinairement les plus am- et n'empêchaient pas les faussaires de délapies (1). » cher les sceaux des actes vrais pour les ap- Cette manière d'apposer les sceaux pla- pliquer à des actes fabriqués. Ces machinâqués au bas des chartes ouvertes était la plus tîons sont exposées dans une décrélale d'ingénérale; cependant on avait conservé, pour nocent III dont les Bénédictins rapportent lo certaines pièces secrètes, l'ancien usage de passage suivant : Rurtus cum en a sigiÙi ait les fermer avec le sceau qui se trouvait alors tnteriori parte retustissima estet , ccra qua placé comme les cachets que l'on appose apposita erat ab exleriori parle, quasi ad aujourd'hui sur les lettres missives. Les brefs conservât ionem sigilli, récent videbalur. Quod des papes étaient souvent fermés de la sorte, cum diligmter investigatum fuhset, certo cerou bien encore on les entourait d'une ban- tint est compertum quod sub vetusto sigillo deletle de parchemin qui empêchait de les charta fnerat perforata , et per glutinum déplier et sur laquelle on imprimait l'an- novœ cerœ , quœ fuerat posita extertus quasi neau du pécheur. On rencontre déjà des ad consercationetn sigilli, vitiose tit iosi sceaux plaqués au dos des lettres missives chartœ subjuncium.
ao tur siècle. M. de Wailly rapporte comme Aux xiv\ iv et xtv siècles, les sceaux un fait assez rare, qu'il existe aux archives plaqués sont extrêmement minces, aussi du royaume (J. 312) plusieurs lettres qui bien ceux qui srrvaient de sceaux au bas sont cachetées de celle manière; elles ont des pièces que ceux dont on cachetait les élé adressées, vers l'an 12G8, à Alphonse, letlrcs missives; ils étaient donc trop fraromte de Poitiers et de Toulouse, par des gilcs pour qu'on pûl les détacher sans les dé* cardinaux et des évéques d'Italie, qui inter- truire entièrement. Mais dans ces derniers vinrent auprès de lui dans une contestation siècles celle manière de sceller avait été relative à l'abbaye de Moissac. Quelques- adoptée plutôt à cause de sa commodité que unes de ces lettres sont sur papier de coton, coulre la fraude, car on avait alors plusieurs et les autres sur parchemin; elles avaient autres moyens d'y obvier par les sceaux peuété pliées de manière à ce qu'une des deux dduls, les signatures elles notaires, extrémités pûl être insérée entre les replis ' . «le l'extrémité opposée: elles portent d'ail- 2- Dtt sceaux pendants. leurs la trace d'un sceau appliqué au point ' Les auteurs qui ont précédé les Bénédicdc réunion, et qu'il f.illail briser pour pren- tins dans l'élude de l'histoire des sceaux, ne •Ire lecture du contenu. Cet usage, dit le sont pas d'accord sur l'antiquité des sceaux même auteur, n'était probablement pas par- pendants (3). Du Cange. dans ses observa liculier à l'Italie ; cependant nous n'avons lions sur l'Histoire de Villchardouin, ne fait pas eu occasion d'en rencontrer d'autre* remonter les premiers exemples de l'emploi exemples (2). des sceaux pendants qu'au règne de Louis L'application du sceau sur les chartes dans le Gros, et cependant le même savant assuro les temps anciens avait lieu de la manière ailleurs qu'on commença à se servir en suivante. On commençait par faire une iuei- France de cette espèce do sceaux dès le ixr sion dans le bas du diplôme que l'on vou- on le x' siècle. 0. Mabillon explique ce que l.iil sceller, et l'on y introduisait ensuite ces deux opinions paraissent avoir d * ennune assez grande quantité de cire, qui, en tradicloirc. Selon lui, Louis le Gros c«.l le s'aplalissant sous la pression du type, s'é- prnnierdc nos rois qui aurait usé de sceaux tendait des deux côtés du parchemin cl dé- pendants, mais les étéques et les grands du passait en tous sens l'ouvaiturc qu'on avait royaume s'en seraient servis longtemps audû pratiquer. L'incision se faisait en forme paravant. Les auteurs du Nouveau Traite' ie d'étoile ou de croix simple ou double ; on re- Diplomatique confirment l'opinion de D. Ma pliait ensuite les angles du parchemin, ce billon par toute leur autorité : « La mode de qui formait uno ouverture assez large pour suspendre les sceaux aux chartes, disent-ils, donner passage à la eire dont la oliis grande à l'exemple des papes, qui dès le vr ou le partie demeurait ordinairement sur te côté vu* siècle attachaient ainsi leurs bulles do de la feuille où l'acte était écrit. Les sceaux plomb (fcj, semble avoir commencé en mémo plaqués avaient souvent près d'un demi- temps en Angleterre et en France. Roricon, pouce d'épaisseur et par conséquent offraient évêque de Laon , se servait d'un sceau pende solidité pour se conserver pendant danl, l'an 961. Une charte de saint Dunstan,
(I ) Lps traces <f un sceau plaqué sont souvent phis am- |i) Eléments de paléographie, t. (I.
pies que le type luHnéne. I.e> empreinte* sont presque (5) Hépétoos qu*il ne s'agit ici que des sceaux de cire,
toujours eotourées d'un cordon de dre dont le volume et non de métal.
éuit assez con*klérablc pendant le x', te xi« et le xu* (4) Ou a vu, a l'arUcie Matisak ois sceaux, que les
w laissait aussi des bulles métalliques élaieul connues du temps des tWiiu»;
tiède; or, comme ce cordon accessoire
le parchemin, il est fort difficile en pareil cas eties furent eu usage jusqu'au xvi* siècle', et étaient sui-
te diamètre réel du sceau propre- pendues aux pièces par des lacs de diverse nature. nutAiOL.{i:iéineatideinléugrapkie.)
WI DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE. m
évôque con'emporatn , fut aussi munie d'un connaître que la plupart des chartes de
sceau pendant avec des lacs de soie. Colle Louis le Gros ont été scellées en placard et
• pièce, conservée dans les archives de West- que l'usage contraire n'était pas généra'lc-
ininstcr, ne p;iratl nullement suspecte à Uo- meut répandu avant le xir siècle. Nousadop.
ger Ouen . écrivain fort habile el fort exact, tons pleinement- pour notre compte les con-
<tu due d Uickcs lui-môme. Au siècle sui- clusions de l'auteur des Eléments de pMéo-
vant les sceaux pendants des évôques de- graphie. 11 est également reconnu que l'usage
vinrent plus communs. Celui d'Odon. évéque des sceaux pendants n'a commencé à s'éla-
de B «yeux et frère de Guillaume le Conqué- blir régulièrement dans les autres parties
rant , a élé célébré par le docte anglais que de l'Europe chrétienne que pendant le siècle
nous venons de cilcr. D. M;ibillon met au suivant.
ïîidïn^ Place et ordre dcs >"™x P*»dant,. - Les
5 • ™ V r ' (,U' * archev^uc d0 sceaux pendants .ont en général attachés an
Reims en 10. .J ; Gerva.s , son suc^sseur, bas do fa ch,r,e cepen5ai|l on ^.^J JJa£
««?Hp n i «' d,C "ïïw' r" lJÎ écarlé d« cet usage les BénédicUns
a' a RTÏ; ?" U9^n^°i,,0nS Héï!" ™pporlenl à cet égard des actes scellés en
nrs?ôi^1r^fhhMe,Z,,rT107°- Lî n0U-;e,!° hau' ou sur ■*» côK du ^S*™ d'au
r . h,? il 11 i î,ye^;T, Ur,T f0Ur,Ul U" lres 90nt de tous les côtés. « On
ÀlZ io r! J ?V,u °iV id° n ,e IVî peT lrouv« daï» ^or des chartes, à Pari5,
r'a'p ^^"à .WS S iVtS^tt?1 "vanT s "S
:îCeomteedeeBéraUX ^r,' °Ù ^VT P-' S ^".W en' ?2?8 Cet acl?
vicomte de Bearn , promet de donner sa 0 le £Ce„é dc villgl.cinq 8C'caint pendanl8f don, U
en mariage a Sanche. fils du roi de Castille. v cn a cin(1 *L h}lll? «: " n f,« h„ii a« «iiï
QMM ..i Pédant, d,. princ, , .ou- î^t%77i,C?„a c4,6 g^oh^'te" su, î
lilsusadc sceaux semblables avant et après du iociai«,ir P«i Mnpn. ™ i0rm»! .
ivr^i^, t° ''A"s'r rc- ?„£\ln
i'Jc^o ;.»ie." as: ïs" 'na 8 u d'.r n sa r«;s,,r «œjsjr,:
p. „ ^ • i j • sanciœ crucis apposut , et no m en tneum in fu
* C C prcn?'ï 8 5 'cr«6' 0n ™il Par là qu'il ne savait pas
d Angleterre qui se soit servi de sceaux écrjrc. »
pendants. Nul partage sur cela entre les an- - , .. . , ,
liqunires. Duncan, qui régna en Ecosse Lc ranK el ,a dlRn'lc des personnes ser-
TanlOaV, et tous les rois ses successeurs •▼a,(,nt à régler l'ordre dans lequel les sceaux
suivirent le même usage. Selon lc P. Mabil- «leva'ent être attachés aux actes; mais les
Ion, Louis le Gros est le premier des rois de "e^P'es cites par Mabilton et par les Béné-
France qui ail usé de sceaux pendants, quoi- d,cl!n8. prouvent que la gauche, le centre el
que rarement ; mais son fils, Louis le Jeune, ,a dro!lcdu parchemin ont élé également
n'en interrompit point l'usage. Ce sentiment considérés comme des places d'honneur.
n'est point particulier à D. Mabillon. Avant Quand " J avait trois sceaux, celui dc la
et après lui divers auteurs ont dit la môme Personne |a P'«" élevée en dignité était sou-
vwiJiuii-uci-mciiiH ou xi stccie, uepuis qu«. . , . "
D. Fonteneau a découvert un diplôme du dans ^quel les personi
roi Robert au bas duquel pend un galon de raées da.n* 1 ac,e> cn P,aÇant 'e premier sceau
soie de la largeur d'un demi-pouce, dc diverse, a Ka.uche, et en continuant ainsi jusqu'au
couleur, et à double queue, où était attaché dcrnier, qui se trouvait placé à l'extrémité
un sceau qui s'est perdu, il y reste encore de °Ppo8Ce. c esl-a-dire a 1 endroit où les lignes
l'étoupe dont on l'avait enveloppé pour le con- umsscnl-
eerver. Ce so ni les termes dc la lettre que Attaches des sceaux. — On s'est servi pour
notre h.ibile scrutateur des archives de Poi- suspendre les sceaux dc Icmimqucs ou atta-
tou prit la peine dc nous écrire le 15' jour r,H>s de parchemin, dc soie, de fil, dc ruban,
d'août 1751. Anne, reine dc France et veuve de laine, de cuir, dc paille, dc corde ou de
de Henri Ier, suspendit le sceau du roi Phi- cordelettes.
lippe, son fils, à l'accord qu'elle fil avec. La "même personne se servait indistincle- I abbé de Saint-Maur-des-Fossés. Ce diplôme, ment, pour sceller ^es chartes, des diverses H"i était autrefois entre les mains du P. matières que nous venons d'énumérer. Cc- Chifflet, a élé jugé sincère par le P. Har- pendant les auteurs diplomatistes ont pudeonuin. Voila donc des sceaux pendants dc nos terminer certaines habitudes qui distinguent rois avant Louis le Gros. » les époques el les chancellerie». Nous avons M. de Wailly, tout en acceptant comme déjà parlé des usages de la chancellerie exacts les faits rapportés par les Bénédic- royale en France. (> oyez plus haut à la Contins , ne les regarde que comme exception- leur des sceaux.) Lessouverains pontifesont nels, et déclare qu il n'en faut pas moins rc égalemcnl fourni le sujet d'observations iu*
léressantcs. Ils employèrent, dès le ur siècle, pour suspendre leurs bulles de plomb, les cordelettes de chanvre, le cuir, le parchemin el la soie rouge mêlée quelquefois de jaune. Cette dernière substance ne devint d'un emploi ordinaire que depuis le milieu du mi' siècle ; les cordelettes de chanvre furent au eontraire d'un usage fréquent ju<qn'à la Gn du x* siècle ; • Aussi, dit M. de Wailly,ne doit-on pas admettre, avec quelques auteurs, que les papes les ont toujouvs employées pour les bulles de forme rigoureuse, el qu'ils réservaient les lacs de soie pour les bulles de forme gracieuse. »
« Sous Alexandre III. dirent les Bénédictins, el plus tôt môme, 1rs lacs de soie commencent à être mi-partie de rouge et de jaune. Mais pendant plus de soixante ans la teinture de soie rouge fut ordinairement si mauvaise, qu'elle est presque généralement effacée, et qu'elle parait moins cire rou»c que d'un blanc sale. C'est ce qu'on peut remarquer dans ce siècle par rapport a la plupart des bulles d'Alexandre III et de ses successeurs, cl dans le suivant à l'égard de celles d'Innocent III el d'Hnnorins III. 11 s'en trouve même quelques-unes d'Innocent IV dont la soie rouge se déteint. Sur la Gn de ce siècle cl jusqu'uu milieu du suivant, on remarque, mais rarement, des lacs de soie d'une seule couleur; d'autres de trois, rouge, blanc et jaune ; el quelques-uns où la couleur de cannelle est substituée à la rouge. » En général, depuis le milieu du xur siècle la couleur rouge est restée très-vhc dans les lacs de soie, el les Bénédictins ont remarqué que la plupart du temps elle était méîée à la couleur jaune. Ces attaches continuèrent à être employées dans le siècle suivant. Selon les mômes auteurs, ces deux couleurs ne changèrent pas au xv siècle, mais on se servit sinon de laine, du moins de soie fort grossière. Ils cilenl. dans le xvi* siècle, comme exception à l'emploi des couleurs jaune et rôuge, une bulle de Sixte V, dont le sceau est attaché avec des cordons de soie jaune et bleue (1).
A l'exception de la chancellerie des papes et de celle des rois de la troisième race, on ne trouve que variations dans les autres. Au xur siècle les lanières de cuir deviennent rares , et les bandes de parchemin sont plus fréquemment employées à mesure qu'on se rapproche des temps modernes. Au xiv siècle elles se rencontrent déjà plus souvent que les attaches de soie. Les cordons plais de soie, de fil ou de laine sont plus rares que la soie brute*; ils paraissent avoir été principalement employés d;ius le midi de la Fiance, rn Italie et en Espagne. Les attaches de soie étaient souvent conlelécs el tressées el terminées et* houppe; quelquefois on mêlait aux tresses ou aux copions plats des (ils métalliques. La bande «le parchemin qui servait à suspendre le sceau était appelée
(I) Voy. Eléments de pulfogrirpliie , i. II, |* ZI. (S) J'aï vu un M'i'iii il'Asw! IJ île S. i^ii.-l.iv du \n* siècle, mi iwiUilo -lu- msu miiou ïtir cin u- «k- l'..u.icuis