‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 351 sur 455 · SCE SCE · texte numérisé non relu

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N*3. Sceau et contre-sceau de Philippe IV. Pmi.ippus : Dei : gratia : Frakcorvm : Rex. —

Contre-sceau sans légende.

Les sceaux des reines de Franco ne dif- coralion en est la même , simple dans l'orifèrent de ceux des autres dames que par la ginc , et de plus en plus riche à mesure couronne et les armoiries ; autrement la dé- qu'on s'arance dans le moyen âge.

N* k. Sceau de la reine Constance, deuxième femme de Louis YII. Sgillvm. Régine

Constancie. (Cabinet des antiques.)

Les régents du royaume eurent quelquefois des sceaux particuliers, comme régents; mais il parait aussi qu'ils scellaient également avec le sceau de la couronne.

Diction*, de Diplomatique.

S.'. -aux des rois d'Angleterre, d'Ecosse ei d'Irlande.

Les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique, après avoir exposé les différentes opinions émises au sujet du temps vers le-

'47 DICTIONNAIRE DE DlPI.

quel les rois d'Angleterre ont commencé à sceller leurs diplômes, concluent que, dès le vin* siècle, les sceaux ont été employés pour un petit nombre de diplômes, il est vrai , et qu'il ne faut pas entendre d'une manière absolue les textes qui mentionnent l'usage où l'on était, avant le règne d'Edouard le Confesseur, d'apposer simplement des signatures ;mit actes.

Un diplôme d'Offa , roi des Mercicn*,de l'an 790, est scel'é d'une empreinte plaquée de forme ovale. Le buste du roi est «le profil tourné «ers la droite , et la tête est ceinte d'un diadème surmonte dans sa partie antérieure d'une espèce de fleur de lis (l). Les sceaux d'Kdouard le Confesseur et de ses successeurs sont en forme de majesté; mais, comme nous l'avons dit plus haut , le trône est beaucoup plus décoré el plus riche que ceux des rois de France. Les rois y sont représentés tenant soit une épée , soit un sceptre d'une main , et de l'autre un globe surmonté d'une croix. Sur le contre-sceau , qui est de la même grandeur que le sceau , le roi est à cheval , portant sur Vécu trois léopards, qui devinrent , depuis Jean sans Terre , les armes de l'Angleterre.

En Ecosse , on ne Gl probablement pas usage des sceaux pour authentiquer les acte» publics, avant Malcom III, qui commença à régner depuis Tan 1057 : c'est l'opinion des Bénédictins. Le sceau de Duncan II le représente à cheval, tenant une pique avec l'étendard de la main droite, el un bouclier de la main gauche. Edgar , son frète, qui régnait en 1098, est représenié assis, couronné, tenant un sceptre fleurdelisé el une épée appuyée sur le genou gauche : c'est le premier roi d'Ecosse qui se soit f til représenter assis sur un trône. Il portait pour exergue sur son sceau : Ymago Edgari Scoilorum Batilei. Les attributs de ses successeurs varient, ainsi que leur pose. Les uns ont une épée el un globe surmonté d'une croix, les autres remplacent l'épée par le sceptre; enfin plusieurs n'ont que ce dernier attribut , et appuient leur main sur la poitrine. Les couronnes sont presque toules surmontées de trois pointes ou rayons : celle du milieu est une fleur de lis entière, tandis que celles des deux côtés n'offrent que la moitié de cet ornement. Lexeste du costume est une imitation de celui des rois d'Angleterre. Les revers des sceaux représentent , comme en Angleterre, le roi à cheval , el ce, depuis Alexandre 1" jusqu'à Jacques VI.

Les sceaux des rois d'Irlande sont trèsrares : on en connall un de Fedlimid , petit roi tributaire de l'Angleterre, au xiir siècle. Il y est représenié à cheval , portant l'épée et le bouclier.

Sceaux des

s et des rois de Germanie ou des Humains.

« Les plus anciennes lois allemandes et bavaroises citées par l'abbé de Godwic, disent les Bénédictins, ne laissent nul lieu de douter

(1) Kthtvm tie inlfograpftie, t. 11.

OMA1IQUE CHRETIENNE. 7;* de la haute antiquité des sceaux el des anneaux en Germanie. On y voit que les duo du pays s'en servaient avant Charlernagne , mais c'est à lui qu'on en rapporte l'usape fréquent et réglé. » Charles le Gros , dit M. de Wailly , n'employa que des sceaux ronds, et cette forme a été conservée par tous ses success'mrs à l'empire et an trône de Germanie. Il parait que les empereurs avaient en même temps plusieurs sceaux , el qu'ils se servaient tantôt de l'un , tantôt de l'autre. Un exemple de cette pluralité de sceaux se montre dans Rodolphe de Habsbourg , qui eut huit sceaux avant son élection , el quatre autres lorsqu'il fut roi di s Romains. Il est probable qu'il se servait de plusieurs de ces types à la même époque.

Les sceaux les plus anciens représentent les empereurs et les rois de Germanie eo buste ou à mi corps , el de profil. Cet usa^ dura jusqu'à Henri II, qui se fit représenter assis sur son trône, el qui fui imité par tous ses successeurs. Les attributs ordinaires, le globe avec ou sans croix , et le sceptre à fleur de lis, se rencontrent sur les sceaux dont nous parlons. Henri II est déjà coiffé d'une couronne fermée en forme de bonnet , et ornée, dans sa partie supérieure, d'une petite fleur de lis.

Depuis Charles IV, disent les Bénédictins, l'usage avait prévalu que les empereurs ne prissent qu'une seule aigle pour leurs armes, lorsqu'ils n'avaient pas encore demandé la couronne au pape; mais lorsqu'ils l'avaient obleoue, ils prenaient l'aigle double ou à deux létes. Depuis Frédéric IV, mort l'an 1&>93, les sceaux des empereurs d'Allemagne ne les représentent plus assis sur des trônes. Cette représentation est réservée pour le premier côlé des bulles d'or. La minuscule gothique parait pour la première foi» sur un sceau de Charles IV cité par M. de Wailly.

Sceaux des rois de Hongrie, de Bobêtne, de Suèdr, de Daoemark el de Norvège.

« Heineccius conjecture avec fondement , disent les Bénédictins , que les anciens sceaux des rois voisins de l'Empire sont une imitation de ceux des empereurs. » Ls décrivent en effet des sceaux des souverains de Bohême, de Hoogrie el de Suède des xi.ir, xiv et xv* siècles, du genre des sceaux de majesté qui sont une copie des types impériaux. Ceux des rois de Danemark sont un peu différents. Les plus anciens sont en brome. Celui de Valdemar II, contemporain de Philippe Auguste, est rond el sans inscription, et porte deux pouces el demi de diamètre. Le roi en babils royaux est assis sur un siège ordinaire, porlanl une couronne ouverte munie d'ornements -en forme de tours. Il tient un sceptre fleurdelisé de la main gauche , cl présente de la droite un globe crucifère. Au revers est un bouclier chargé de trois lions avec vingt -quatre cœurs semés sur l'écu. D'aulrcs se rapprochent davantage des sceaux royaux d'Al-

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lemagne ; mais ils conservent néanmoins quelque chose d'original. Les caractères go- Iniques n'y paraissent pas avant l'an 13M. Depuis Valdcmar IV, les rois ont fait mettre la croix de Danemark sur leurs sceaux.

M. de Wailly décrit un sceau d'un roi de Norwége du xm* siècle qui ue s'éloigne pas de la physionomie générale des sceaux royaux de ce lemps. 11 représente d'un côté le roi assis sur un trône à dossier orné, et de l'autre monté sur un cheval au galop.

Sceaux de* rois el des princes fi'tislie et de Sicile, des em,>cre>rs frauçais de ConslantioojJe et des rois de Chypre.

Les types des premiers rois d'Italie présentent les mêmes caractères que ceux des empereurs carlovingiens. Il n'en est pas de même du sceau commun de Hugues, comte de Provence, et de son Gis Lothaire, qu'il associa eu 930 à la couronne d'Italie. Ce sceau est un ovale dont te plus grand diamètre est horizontal. Le père et le OU sont représentés à mi-corps et de proGI, tournés l'un vers l'autre, la tète ornée de trois fleurs de lis, et portant chacun un sceptre fleurdelisé.

Les sceaux de cire des princes lombards sont remarquables eu ce qu'ils ne sont jamais suspendus, mais appliqués aux chartes, quoiqu'ils aient des contre-sceaux. Ils sont représentés en buste, ou à mi-corps, de pro- GI ou de face. Les seigneurs normands qui ont conquis les Etats des princes lombards vers le milieu du xr siècle, scellaient en or et en plomb; ils furent imités par leurs successeurs. Une bulle de plomb représente Richard et son lils debout, de face, tenant un sceptre en forme de massue, vêtus d'une luuique qui ne descend qu'aux genoux, et, par- dessus, d'un manteau qui cacbe leur bras gauche. Au revers on voit une ville : t Capua specio$a.

Les sceaux des rois de Sicile de la maison de France, aux sut* et xiv siècles, son; trèsnebes : d'un coté les princes sont assis dans un trôoe, tenant le sceptre et le globe; de I autre ils sont à cheval. Un de ceux de Louis I", couronné en 1382, représente une aigle la tète couronnée de fleurs de lis, les pattes appuyées sur un lion et sur un bœuf rOucbé, ayant sur l'estomac î'écu semé de fleurs de lis à une bordure.

M. de Wailly décrit une bulle d'or d'un doge de Venise de l'an 1306, qui se voit aux archives du royaume (1). Elle représente saint Marc debout et nimbé, tenant de la main gauche son Evangile , et de la main droite son étendard, qui s'élève verticalement dans le milieu du champ; à la droite de saint Marc on voit le doge debout, tenant aussi l'étendard de la main droite. Du côté de saint Marc on lit : 5e. Marcvt; et du côté <iu doge : Pe. Gradonico Dux. Au revers, le champ est uccupé p-iruue légende surmontée d une croix et divisée en six lignes. Celle ; bulle a plus d'un pouce et demi de diamètre.

Une bulle d'or de Baudouin I", empereur de Conslaulinople, représente ce prince assis

(1) Ellnenu de puléogra^U, t. il.

sce m

sur un trône en forme d'X. dont les deux branches supérieures sont terminées par une fleur de lis ; sa couronne est fermée ; le sceptre et le globe impérial sont surmontés d'une croix. Au revers il est monté sur un cheval au galop, l'épée à h main, et porte TécQ de Flandre sur son bouclier. Sur le premier côté son nom est en caractères grecs, et sur le second en capitales romaines mêlées de lettres gothiques. D'autres empereurs grecs ont scellé en cire. J'ai vu un Philippe, empereur de Roménie en 1284, dont le sceau, en cire rouge, le représente d'un côté assis sur un trône à dossier, la couronne ouverte avec des pendants terminés par des perles tombant de chaque côté de la tête; il lieql de la main droite un sceptre, et de la main gauchi; un globe crucigère ; sur l'autre côté du «ccau il est à cheval, casque fermé et couronné en tête, l'épée d'une main et le bouclier de l'autre; cheval caparaçonné (2).

Les rois de Chypre de la maison de Lusignan sont représentés sur leurs sceaux, assis sur le trône, ayant sur la tête une couronne fleurounée, tenant d'une main le globe crucigère et de l'autre un sceptre. Les sceaux des derniers souverains de celte ile, au xv siècle, figuraient l'écu de leurs armes, écartelé de Jérusalem, de Lusignan, d'Arménie et de Chypre surmonté d'une couronne royale.

Sceau» des rois d'Espagne et de Portugal.

Les Bénédictins ne citent pas de sceaux des rois d'Espagne antérieurs au xu* siècle. Alphonse VIII, roi de Castille, et ses deux Gis, suspendirent leurs sceaux à un diplôme accordé en 115C à l'abbaye de Saint-Denis. M. de Wailly cite un sceau de Ferdinand la Saint, suspendu à une charlc de 1237. Cote empreinte, qui a quatre pouces de diamètre, représente le prime monté sur un cheval dont le caparaçon porte, ainsi que le bouclier du roi, les armes de Castille et de Léon. Le champ du revers est écartelé aux mêmes armes. Une empreinte du sceau de Sanche IV de l'an 1294 représente d'un côté le roi assis sur son trône, tenant de la main droite un sceptre terminé par une aigle, et de la main gauche un globe crucigère ; à sa droite est un château, et à sa gauche un lion; de l'autre côté, le roi est à cheval, il porte une épée et un bouclier écartelé, comme le caparaçon, aux armes de Castille et de Léon. On sail que les rois d'Espagne ont scellé en plomb et en cire. Les armoiries des différents royaumes qui composaient leur empire sont ugurées sur les sceaux de quelques-uns de ces princes et sur la roue, ou grande signature qu'ils mettaient au bas de leurs diplômes.

< Depuis l'an 150V, que la couronne d'Espagne tomba dans la maison d'Autriche, disent les Bénédictins, les sceaux des empereurs d'Allemagne et des monarques espagnols sont presque les mêmes jusqu'à la Gn du xvu* siècle. »

Les rois d'Aragon ont des sceaux de majesté avec revers équestre, ou des sceaux

(i) Archives di ITonue, prieuré de Michury.

151 DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE. 7."î

éuuestrcs seuls. Il en est de même des rois dont les inscriptions varient beaucoup (3).

de Majorque. Les chevaux sur lesquels ils sont montés

Les rois de Navarre de la maison de Cbam- n'ont des croupières et des caparaçons tral-

pagne avaient des sceaux équestres d'une nanls qu'en 1247. Les comtesses de Flandre

belle exécution, avec contre-sceaux armoi- sont représentées à cheval ou debout dam

liés. Louis le Hitlin, avant son avènement à un sceau ogival. L'écriture minuscule goihi-

M couronne de France, avait/ comme roi de que ne parait dans les sceaux de Flandre

Navarre, un sceau de majesté avec contre- que vers 1387, sous le comte Philippe,

sceau équestre. Charles le Mauvais est re- Sceaux des duc» de Normandie,

présenté assis sur un Irône dont chaque . . . .* -,

côlé se termine par un homme sauvage\u « «iste pçu de sçoaux des ducs de Nor-

a : .o- «5o,i« mnncnni c„r «lniit nia nd le ; le'pl us a nci en que les Bénédictins

à mi-corps ; ses pieds reposent sur deux ^ e$l de Ri£hard „ cl dc ran

T existe aux archives du royaume, dit «015 Le prmce v élail représenté en busie

M. de Wailly (1) . deux sceaux 'de rois de nu-tête, revêtu de la chlan.yde, tenant de la

Porluff.nl , l'un de Denis le Libéral , l'autre mam dr0.,te une laocte e dc ia main gauche

Th Esc IV, son fils. Le sceau dé Denis, un bouclier, avec cette légende : f ««carrfu*

suspendu à un acte daté de l'ère 1336 (an D" co>n": ,R,chard 11 ne scclla,t Pas

S g) a trois pou, es sept lignes de diamètre, loojou» ^s ^P'Ames ; ««esw urs II.-

Le roi, coiffe d'un casque couronné et fer- ;nard » Robert I" et Gu. aume II, se con-

mé, est monté sur un cheval au galop, dont tentaient souvent d y mettre leur mono-

lVcaparaçon est aux armes de Portugal ; les Kram'ne °° una c.™*« a'eJ ' emP£,n'fL Ûn

mêmîs armes sont reproduites sur son bou- ™*het ou estampille trempé dans I encre. Ou

» . r> o nui niil ri i ■ un cr>f>nn no I .

ble à celui de son père. Sceaux des ducs de Bretagne

B. Sceaux des nobles. On commença plus tard que dans le reste n . de la France à se servir de sceaux en Bre- Nous o avons pu résumer qu avec peine t e Le ,us ancicn ,»on connaisse est les principaux caractères des sceaux des cJui d-A|£in qui commença à régner en princes souverains dans le paragraphe pré- im Ce ince egt repre8enté à cheval, sans cèdent. On comprendra qu il nous serait en- élrj pétant des éperons formés d'un seul core plus difficile d y réu-sir pour tous les dard vê^u d.un manleaa attaché sur l'épaule nobles de France. C est dans les ouvrages droi( ,e9 rénejJ dana ,a roain gaucne, fépér. spéciaux qu il faut aller chercher ces dé- d mg |fl majn drojle el ,a ,é,e nue; ,e chcTal tails (2). Nous nous attacherons donc seule- n.fl ni c;iparaçon> ni croupière. Les prédément à faire connaître les sceaux des grands Cesseurs d'Alain prenaient quelquefois le lifeudataires, et quant à ceux des autres no- lre de ro|8 el 80uvent ct.lui de comtes, bles, nous n eu donnerons que les caractères A ,a fin du X1. siècle |e Ulre de roj avail fail généraux. place à celui de duc. Les sceaux des ducs de 4- Sceaux des nobles qualifiés ducs, marquis et Bretagne furent presque tous équestres juscomtes. qu'à 1« "*n du XIV' siècle. Depuis celte épo- Sceaox des comtes de Flandre. <luc ces seigneurs se firent représenter de- ... ,, bout ou assis sous un pavillon, ou sur un Le plus ancien sceau que 1 on connaisse |f0 lcnanl ré éo ^ main el réc0 dc

•de ces seigneurs est celui d Arnoul I", dit le jjre, de lau\re, Dom Lobineau fait ob-

Vieux, troisième comte ou marquis de Flan- Sprvo« ,e duc Pierrc Miiucl,r a inlroduit

*re,plaqué au bas d une charte de I an 9»1. Il , hermines dan« les armoiries de Bretagne représentait le comte assis, tenantde la main , . t d.|jn quarlicr lt., arme8 du con\,e droite une épée nue, et portant un boliclier de Dfe son ^ Jcan „, iUa Cf, ar suspcn.lu a son cou. L emploi du mot signum ■ ■ ' ^ d l'é. usson herminé qui dans In légende {signu. Arnulfi Uandiensts . à "J successeurs Marehisi) prouve, selon les Bénédictins, que rtsla * 8CS 8UCCC8s(,ur8- «e type devait servir de signature. Un sceau Sceaux de» ducs du Bourgogne de Baudouin le Pieux, de I an 1065, le repré- Le plus ancien sceau connu des ducs de sente à. chevar, sans selle, sans étriers et Bourgogne est celui de Robert I", fils dc Rosans éperons, coiffé d'un casque pointu, te- bert, roi de France (4). Il est ovale et reprenant l'épée et le bouclier. C'est un des plis sente le duc debout, en costume de guerrier anciens sceaux équestres que l'on connaisse, romain, tenant une lance à banderole d'une Les sceaux pendants furent employés pour main et appuyant l'autre main sur un boula première fois par Baudouin VU, vers 11 11; (lier; dans le bas du champ est une fleur de H introduisit aussi dans la légende la formule lis au pied nourri. Ce sceau est au bas d'une Dei gratia. Depuis Thidrri, en 1159, les corn- charte de l'an 105^. Hugues 11 est à cheval, tes de Flandre se servirent de Contre-sceaux armé d'une lance el d'un bouclier au premier

(t) Eléments de paUoqraphie, t II. (S) Nouveau Traité de Diptomanqu*, t. IY.

(i; Ta*** le Nouveau Trmié de Diplom. et les EUnuMs (4) Ibid., loc/cil. I. II.

blason de Bourgogne, bandé de six pièces et bordé. Ce sceau de Tan 1102 est dépourvu tte légende. Les sceaux de ses successeurs, jusqu'à la réunion de la Bourgogne à la France, le* représentent tous à cheval, armés de toutes pièces et sur des chevaux richement caparaçonnés. Sous les ducs de la deuxième race, les armoiries des différentes principautés qui formaient la Bourgogne sont gravées dans le champ du sceau ou au contresceau. La duchesse Marie, fille de Charles le Téméraire, a employé un sceau équestre de plus de quatre pouces de diamètre.

Sceaux des ducs de Lorraine.

Malgré l'opinion de D. Cal met, les auteurs diplomatistes regardent comme faux un sceau attribué a Albert, duc de Lorraine à la fin du x' siècle. On cite comme le plus ancien celui de Thierry, do l'an 1078. Ce sceau équestre avait trots pouces et demi de diamètre. La selle du rheval est fort simple; le duc lient une lance de la main droite et de l'autre un bouclier. Ses successeurs ont continué à se servir de sceaux équestres. Ferry de Bitcbe, en 1196, porte pour la première fois les trois alérions de Lorraine. Fs furent conservés par ses descendants. Un sceau de 1208 représente Ferry II monté sur un cheval dont le caparaçon traînant est orné d'un rang de six alérions; c'est la première fois que l'on voit cet usage dans les sceaux des ducs de Lorraine. L'aigle éployée dans l'écu, ou servant de cimier, se voit aussi pour la première fois dans les sceaux de Ferry IV. Les sceaux du xv* siècle sont de la plus grande heauté.

Sceaux des dauphins d'Auvergne et de Viennois.

On cite une pièce de l'an 1149, dans laquelle Guillaume VII, dit te Jeune, s'intitule Dauphin d'Auvergne, cl déclare que cet acle e«t scellé du sceau de son dauphiné. Son fih Robert, surnommé Dauphin, qui lui succéda en 1169, employait en 1199 un sceau sur lequel il esl représenté à cheval, tenant une épée de la main droite et un bouclier de la main gauche (1). Au contre-sceau on voit un dauphin. Guillaume le Vieux ayant dépouillé en 1155 son neveu Guillaume le J une, delà plus grande partie du comté d'Auvergne, il y eut dès lors des comtes d'Auvergne qu'il ne faut pas confondre avec les dauphins d'Auvergne.

Les comles de Viennois prirent le titre de dauphins depuis Gangues IV. On connaît un sceau de Guigues VI, connu sous le nom de Guigues André, de l'aq 1226; il est à deux faces d'égale grandeur. A l'endroit est le dauphin à cheval, et à l'envers un château à trois tours. D'aulres sceaux des dauphins de Viennois des xui* et xiv* siècles représentent aussi ces seigneurs à cheval, et au contresceau sont gravées les mêmes armoiries. Le d.-iuphin se voit d;ins le sceau privé de Guigues VII, en 1251); il en est de mémo dans celui de Guigues VIII. M. de Waiily décrit, dans ses Eléments de paléographie,

(1) Eléments de paléographie, t. II, p. 175.

le sceau du dernier dauphin, qui, après la cession à la maison de France de ses nombreux domaines, entra dans les ordres en 1350, et fut pourvu de l'évéché de Paris en 1354. Ce sceau le représente assis, en habits épiscopaux, bénissant de la main droite ct lenanl de la main gauche une croix ; de chaque côlé de lui est l'écusson delphinal soutenu par les symboles des quatre évangélistes, deux pour chacun, puis on voit sainte Catherine et un évéque debout, et au-dessus de la téle du prélat , la sainlo Vierge, tenant l'enfant Jésus, est assise entre deux anges, et esl accompagnée de saint Pierre et de saint Paul.

Sceaux des comtes de aumpaguc.

Thibaut, comte de Champagne et de Blois en 1125, est représenté sur un sceau, à cheval, tenant une pique ct un long bouclier triangulaire. 11 ne prenait pas le titre de comtedeChampagnenonpIusqueThibaotUl; ce dernier s'intitule comte de Troyes dans la légende d'un sceau équestre de l'an 1198. Son contre-sceau porte les armes de Champagne. Au xur siècle on voit autour des contre-sceaux de ces seigneurs la devise Passavant le meitlor. Ils prenaient souvent, dès le siècle précédent, des cachets antiques pour leurs contre-sceaux.

Sceaux des comtes de Toulouse.

Le sceau de Raimond de Saint- Gilles, comte de Toulouse, en 1088, est le plus ancien que l'on connaisse. C'est une bulle de plomb sur le premier coté de laquelle est représenté le comte à cheval, tenant de la main droite une épée levée, avec ces mots pour légende : f S. Ruimvnili comitis; sur le revers esl une croix de Toulouse. Raimond VII a employé un sceau où il esl représenté d'un coté assis, tenant de la main droite une épée placée en travers sur ses genoux, et portant de la main gauche un château à trois tours; près de sa léte, à droite, est un croissant de lune, et à gauche un soleil. Au revers, qui est de mftme grandeur, le comte est à cheval, avec les armes de Toulouse et les mêmes empreintes du soleil et de la lune que sur la face. Constance, sœur de Louis le Jeune, mariée en 1154 a lUymond V, comte de Toulouse, employait un sceau rond où elle étail ûgurée d'un côlé assise sur un trône, tenant dans ses mains la croix ct le globe surmonté d'une fleur de lis, ct de l'autre sur un cheval au trot. Sceaux des comtes d'Auxerre et de Nevers.

Les comtes d'Auxerre de la maison de Nevers ne prennent sur leurs sceaux quo le tilre de comtes de Nevers ; le plus ancien que je connaisse est celui de Guillaume 11, suspendu à une charte de l'an 1140 (2). Le comte est figuré à cheval, vélu d'une robe qui descend à mi-jambes, coiffé d'un bonnet pointu. Il porte sur l'épaule droite une lance à pennon, et sur la gauche un long bouclier triangulaire : f Sigilhm Willelmi Nivernensis

(I) Arcb dersbbaycdePontigny.PréYeetursderYonos.

/5s DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE. TV)

comitis. Pierre de Courlenai, devenu comte (trois tnnrleaux posés deux et un,; le contre-

d Auxcrre et de Nevers par son mariage, en sceau reproduit cel écusson. Nous le don-

avec Agnès, descendante drs premiers nous comme spécimen des sceaux des grand»

seigneurs de ces comtés, paraît à cheval, seigneurs de la On du xii' siècle (1). l'épée à la main, ponant l'écu de ses armes

N* 5. Sceau de Pierre, comte de N tiers, 118i. siGi(i7rm Pétri) cornus nivbbsbwsh. — Au

contre-sceau t skcbetvm mevbi...

Pierre de Courlenai eut encore d'autres sceaux où il était représenté h cheval des deux côtés. Mathilde ou Mahaut, sa fille, épouse de Gui, comte de Nevers et do Forez, avait un sceau équestre où elle tient un faucon sur son poing; au contre-sceau parait le lion de Flandre sur un champ semé do billettes. Son mari, monté sur un cheval au galop, l'épée a la main, a retenu au contre-scel le dauphin do ces armes (1238).

Liste des p'us anciens sceaux connus des autres grands

Nous nous contenterons de rapporter dans cet article la dato du plus ancien sceau de chacun des autres grands vassaux dont il est fait mention dans les ouvrages des Béné- . dictins et de M. de Wailly principalement (2). De plus grands détails nous entraîneraient trop loin.

Comtes oVAlençon. Pierre, cinquième fils de saint Louis, doté par son père descomtés d'Alençon et du Perche en 1269, était figuré sur son sceau, à cheval, l'écu orné de trois ûeurs de lis brisées d'une bordure, le cheval couvert d'un caparaçon bordé, mais semé de Heurs de lis sans nombre. Au contre-sceau, l'écu de six fleurs de lis avec bordure. Légendes : t 5. Pétri filii régie Francor. comitis

(I) Archives de l'abbaye de Tonligoy. Prélecture de l'ionue.

Alenconis Z. Carnot. — Contras, Prtrt filii régis Francor.

Comtes oVAleth. Raimnnd Pelet, comte d'Aleth, est représenté d'un côté armé d'une épée et monté sur un cheval au pas : de l'autre il tend une lance ornée d'une banderole, et son cheval est lancé au galop, (au 1217).

Comtes ou landgraves d'Alsace. Le premier sceau connu de ces seigneurs est celui d'Albert le Riche, comte d'Habsbourg et landgrave de la haute Alsace ; il est attaché è une charte de 1196.

Comtes d'Armagnac. Géraud V, comte d'Armagnac et de Fezensac, est représenté a cheval, tenant l'épée à la main droite et un bouclier au bras gauche sur lequel est un lion ; le cheval est caparaçonné aux mêmes armes : t S. G. comitts Armaniaci et Fe....ci. (J. 392, an 1272.) .

Comtes de Bar-ie-Duc. 11 ne se trouve pas aux archives du royaume de sceaux de ces seigneurs antérieurement à Thibaut 11. Sur un sceau de l'an 1272, celui-ci portait deux bards adossés, semés de croix au pied fiché. 11 existe aux archives de la préfecture de l'Yonne un sceau d'un Ma nasses Guido, comte de Bar, suspendu à un acte de l'année 11(18, qui est de forme ogivale et représente une aigle ôployée avec ces mots : t S. Ma-

(2) T. II, p. UM78.

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