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nasse Guidonis e oui lis Barri (1). It s'agit ici «lu comie de Bar-sur-Seine, qui devint évéque de Lan grès.
Comtes de Beaumont. Le sceau de Mathieu II , comle de Bcaumonl , mort avant 1177, étail équestre et portail pour légende : f Sigillum Mathti comilis de Monte.
Comtes de Boulogne. Idc, comtesse de Boulogne en 1173, avait un sceau en ogive enr lequel elle est représentée debout, un faucon sur le poing gauche : Sigill. Ide comitisse Bolonie; au contre-sceau on voit l'écu de son mari et le sien accolés.
Comtes de Bourgogne. Béalrix,61Ieet unique héritière d'OUion 11, est représentée debout sur un sceau en ogive; au contre-sceau est •une aigle. (J. 198, an 1225.)
Comtes de Châlons-sur-Saône. Béatrix, Glle et héritière de Guillaume 11, comte de Châlons, est figurée sur son sceau, debout, la téle nue, tenant un lis (an 1223).
Comtes de Chartres. Le plus ancien sceau qu'on connaisse de ces seigneurs est celui d'Elisabeth, qui succéda en 1218 à son néreu Thibaut, comte de Blois et de Chartres.
Comtes de Clermont et de Blois. Thibaut VI est figuré sur un sceau équestre de Tan 1213. J'ai vu un sceau de Thibaut, comte de Blois, de l'an 1149 (2) , qui le représentait à cheval, la lance à la main.
Comtes de Comminges. Bernard V employait en 1227 nn sceau à double faee d'égale grandeur; il portail sur son bouclier une croix pâtée.
Comtes de Dreux. Robert II portail en 1202 an sceau équestre. Sur son bouclier se voit un écusson échiqueté de six tires et bordé.
Comtes d'E lampes. Le sceau le plus aocien qui se trouve aux archives du royaume concernant ces seigneurs n'est que de Tan 1361.
Comtes d'Eu. Philippetle, troisième femme de Raoul III, comte d'Eu, est représentée debout entre deux étoiles , tenant une fleur île lis de la main droite , avec le contre-sceau de ses armes (1246).
Comtes d'Evreux. Louis, frère de Philippe le Bel, à qui ce prince donna le comté d'Evreux en 1307, portait de France brisé d'un bâton en bande.
Comtes de Grandpré. Henri V avait deux sceaux équestres tout à fait différents par le diamètre, la légende et les armoiries (1201).
Comtes de Joigny. Guillaume , comle de Joigny, est représenté à cheval ï'épée à la main, sur un sceau de Tan 1180 (archives de l'Yonne).
Comtes de la Marche. Hugues II, comle de la Marche, est représenté à cheval, la léte nue, tenant les rênes de la main gauche, et appuyant la main droite sur un chien qu'il porte en croupe; une trompe de chasse est suspendue à son cou (an 1224).
Comte de Laval. On possède aux archives du royaume (J. 178), un sceau d'Emme, Glle de Gui VI, seigneur de Laval, de l'an 1256.
Comtes de Montfort. Le sceau de Simon IV, comle de Montfort, de l'an 1193, le représente
(I) Arcblvesdu l'Yonne, fond* de. l'abbaye de PonUguy.
à cheval, sonnant de In trompe et portant un bouclier sur lequel est un lion contourné à la quelle fourchue ; dans le champ on distingue des arbrisseaux; deux lévriers courent près du cheval. Légende : f Sigillum Simonis de Monteforti.
Comtes de Poitiers. Alphonse, frère de saint Louis, se servait d'un sceau équestre avant 1249; on y lit : Alfonsus filius régis Francie cornes Pi et aven.
Comtes de Ponlhieu. Guillaume III , comle de Ponlhieu , a employé un sceau équestre avec un contre-sceau a égale grandeur; son bouclier porte quatre bandes; l'écu marqué au revers du sceau n'en porte que trois. (J. 731, an 1212).
Comtes et marquis de Provence. Raymond Bérangcr IV, devenu comte de Provence en 1209, portail les armoiries d'Aragon, comme petit- fils du roi Alphonse, qui s'était emparé de la Provence en 1167. Il employait en 1234 (J. 611} un sceau à double fare de même grandeur; d'un côté il est représenté tenant un étendard , et de l'autre armé d'une épée. Charles, comte d'Anjou, marquis de Provence et comte de Forcalquier, employait en 1253 (J. 178) un sceau équestre sur lequel il est représenté portant un bouclier semé de France, bordé de châteaux; au contre-sceau est un écusson portant quatre pals : ce sont les armoiries des anciens comtes de Provence.
Comtes de Rethel. On a un sceau équestre dcHugueslI,comledeRelhel,deranl201,V.S.
Comtes de Roucy. Jean 11, comte de Roucy et seigneur de PierYeponl, est représenté a cheval sur son sceau pendant à un acte do l'an 1227.
Comtes de Saint-Pol en Artois. Hugues V, comte de Saint-Pol, employait en 1221 un sceau équestre, sur lequel il esl représenté portant un bouclier à trois pals de vair brisés d'un lambel di< cinq ou six pendants.
Comtes de VaUntinois. Aimar III de Poitiers , comte de Valenlinois et de Diois, employait un sceau équestre en 1270.
Comtes de Valois. On possède aux archives du royaume un sceau d'KIéonore, fille de Raoul le Vaillant , comtesse de Valois et do Saint-Quentin, où elle est représentée debout, la main droite appuyée sur la hanche , et portant un faucon sur le poing gauche. Au contre-sceau on voit un lion (1194).
Nous terminerons cet article par quelques remarques générales des Bénédictins. « La plupart des sceaux des grands vassaux sont équestres et désignent toujours des personnes laïques du premier rang. On n'y voit des armoiries qu'après le milieu du xi* siècle ; encore y sont- elles assex rares. Les chevaux bardés n'y paraissent qu'au xm*. On en voit encore Su xir* siècle dont le haroois esl des plus simples. Les plus anciens sceaux sont les moins grands et les moins chargés d'ornements. Tous sont ordinairement de figure ronde, et marquent le nom et la qualité des princes, qui n'y sont repré-
(Ij Archives de l'Yonne, même fonda.
scnlés debout que très-rarement. Tous ne portent pat des tuniques sur leurs cottes
d'armes : plusieurs paraissent nus Dès
le xi' siècle, les ducs et les comtes sont souvent revêtus tantôt de mailles de fer plates comme des écailles (ce qui s'appelait anciennement tquammata vestis), tantôt d'autres cottes d'armes , composées de crochets de fer entrelacés, et qu'on nommait hamata vestis. Us portèrent des écos ou boucliers longtemps avant que le blason fût en usage : mais ces boucliers ou n'étaient chargés d'aucune figure • ou c'étaient des ûgures arbitraires. Au xni* siècle , les jeunes princes curent des sceaux équestres propres à marquer leurs divertissements et leur jeunesse. Au lieu de les figurer en armes, on les représenta allant à la chasse : tantôt portant un faucon, tantôt suivis d'un chien, et précédés d'un oiseau voltigeant (1). »
2* Sceaux des nobles qualifiés vicomtes, seigneurs, chevaliers, écuyers, etc.
Nous avons dit au § II que l'usage des sceaux ne se répandit généralement dans la
noblesse qu'au milieu du xir siècle. Les empreintes de celte classe de sceaux sont de plusieurs sortes. Il y a d'abord les sceaux équestres , à l'instar de ceux des grands vassaux, ducs, comtes, etc., qui furent eu usage jusqu'au milieu du xive siècle, quoique, dès la (indu siècle précédent, cette forme tendit à être remplacée par celle des sceaux armoiriés. Les sceaux de la seconde espèce sont ceux qui représentent simplement les armoiries de leurs possesseurs. Ces sceaux se voient , dès le xir siècle , à des chartes données par des nobles qui n'ont probablement jamais porté de sceaux équestres ; ils furent aussi employés primitivement dans des familles qui , plus tard , las quittèrent
riour prendre la forme des grands vassaux., Is se multiplient au xur siècle , et finissent par se rencontrer presque seuls , du moins dans les chartes de la noblesse du second rang, depuis le milieu du siècle suivant ; ils sont accompagnés alors de timbres et de supports. En voici un de ce genre tiré des archives de l'Yonne et pendant à uno charte de l'an 1212.
N* 0. Sceau de Milo, seigneur d'Hervy. (f Sig) illvm Domini Milokis {de Ber)iuc (o).
Une troisième espèce de sceaux de la noblesse secondaire, mais dont on ne connaît qu'un très-petit nombre d'exemples, se compose de ceux où les seigneurs sont représentés debout tenant leur écu d'une main et leur épée ou quelqu'autre attribut de l'autre. Les Bénédictins en rapportent deux du xn« siècle, et M. de Wailly un de l'an 1377. On a remarqué que dès l'an 1190 on mettait une brisure ou une barre dans l'écu des puînés. Les figures équestres ne se rencontrent jamais sur les sceaux de la noblesse allemande du second rang. Elle ne commença même â se servir de sceaux qu'au xur siècle, époque où l'usage en devint commun dans toute l'Europe.
3* Sceaux des dames de qualité»
Nous avons déjà eu occasion, en décrivant les sceaux des grands vassaux, de parler de ceux des dames de la haute noblesse. Il résulte de toutes les recherches faites sur ce sujet que cette classe de personnes n'a employé des sceaux que depuis le commencées Nouveau Traité de Diplonutique, t. IV, p. 130.
ment du xir siècle. Le plus grand nombre
des sceaux représente les dames debout ; d'autres sont a cheval , à la manière des hommes ou assises ; en ce cas la forme ronde est employée, tandis que, dansle premier cas, la forme est ovale ou ogive. On rencontre plus souvent en Allemagne qu'ailleurs les darnes représentées assises sur des sièges plus ou moins ornés. En général elles portent à la main un oiseau, une fleur de lis ou quelqu'autre symbole. L'écusson de leurs armes se voit ordinairement à leur contresceau, mais ce n'est que depuis le dernier quart du xur siècle que la plupart d'entre elles adoptèrent l'usage de faire graver sur leurs sceaux deux écussons, l'un aux armes de leur mari, l'autre À celles de leur famille.
Les veuves conservaient en général le sceau qu'elles avaient employé pendant leur mariage ; cependant M. de Wailly rapporte que Jeanne de Flandre, femme d'Engoerrand, sire de Coucy, en fit graver un nouveau, à la mort de son mari, qui portait ces mots : S. Johanne de Flandria uxoris quon-
le» eonscrTaieSt8r qu" Hé de reine, si" c^éê'Tr- ^/i' P3' riGoureus™"' scieurs sceaux M h ■ renie» sur cuiee. parce que les juges, appartenant à des aura sceaux (2). r n nQb]^ ^ resislèr^( paj ^ ^
C. Sceaux de» cours, des tribunaux t des juges des,r de »ub»t'luer leurs propres armoiries à
«/ des notaires. " celie* du prince ; mais le texte des actes
Le parlement de Paris n'eut pas dans les ^es difficultés (*). » premiers siècles d'autres sceaux nue ceux a™. ^
delà chancellerie royale. Les ordonnances , M nAl . Scea«de»no"i^
rendues dans son sein étaient scellées du ^7 ? nolaires «"«"ent des sceaux particuliers
grand sceau royal, ou du sceau ordonné en ?™ii«5°?TIICemcnl du .Vï slèc,e' Le l'absence du grand, ou même du sceau du ,,e .^.Cologne, tenu en 1310, leur ordon-
Cbâtelet. Cependant cette cour souveraine îî„îî-.d ïer SOUS ,e".r propre Sfeau lc»
peut justifier, disent les Bénédictins, par une ? , vxatmu.' dé«™ P^rks notaires apos-
commission de Philippe de Valois adressée 'oll(Jucs « impériaux qu on rencontre de
à Pierre Hangesl et à Foulques Birdouil, ™8 5 ™î:r,T ?a\ V form.c Cn ^j1 «braire:
pour sceller, en l'absence du chancelier, du .e$r crJ"Xt lan,Jot des fl'ur9»
sceau du Châlelel et contre-sccller du signet î I? IT'- dc* clefs' de* CCPS de vi8ne« ctc-
du parleroeut les lettres qui leur sont en- .,h nola,res r°ya"x scellèrent arec des
voyêes. Celte commission est du 4 janvier phT* P1roP^emcnltd,,^ «urlout depuis que
1348. » L'établissement de chancelleries par- S ïiT t e" e\i3l9 i** R™'-
liculières près des parlemenU à la Gn du xv 1 ,ea Ubel,,onage» à son domaine,
siècle, ayant attribué à chaque cour un petit D. Sceaux de» communes.
sceau aux armes de France 'pour l'expédition Les villes de l'Empire avaient un sceau
îenuïîïï^nî ÏÏtZîLÎ*/*™ e" CUl PDb,ic au commencement du T siècleT,"
depuis ce temps un du même genre. esl pro5a51e que |a désorganisation du ré-
Les autres cours souveraines avaient des gime municipal, après l'invasion des barsceaux particuliers avant l'extinction des bares, amena l'abandon de cet usage. Les grands Gefs. L'échiquier de Normandie ajouta Bénédictins ne regardent pas comme authentifie fleur de lis à son sceau, après la con- tique le sceau que la ville de Liège aurait quête de la province par Philippe Auguste, reçu, selon Baronius , de saint Hubert, son Les Bénédictius eu décrivent un autre du premier évéque, mort au plus lard en 7.J0. xv« siècle. « L'extrême raroté des sceaux au vm* siècle*
En général les sceaux des cours el tri- disent les Bénédictins, ne permet pas dc
bunaux portaient Jes armoiries du roi ou croire que les villes en aient eu alors de pu-
du seigneur au nom duquel la justice était blics. Les plus anciens ne sont que du xir
rendue (3). Il en résulte que les types chan- siècle. L'établissement des communes À la
gaienl fréquemment. « Quand les rois de An du xi* siècle et sous le règne de Louis lo
France, dit M. de Wailly, devinrent rois de Gros, est la véritable époque des sceaux
Navarre, un grand nombre de prévôtés roya- publics des villes. » Quelques villes avaient,
les modiGèrent leurs sceaux. Cependant les outre les sceaux authentiques , un sceau
armes de Navarre existaient encore sur le distinct pour les affaires de justice. Les au-
sceau de la prévêlé de Sainl-FIorentin en leurs que nous venons de citer parlent d'un
1343, quoique la Navarre n'appartint plus sce.iu de ce genre appartenant à la ville do
alors aux rois dc France; il ne faudrait donc Doulens en Picardie, qu'on appelait le ecel
pas , pour ûxer la date des sceaux , se Ger aux causée. »
exclusivement aux indications que fournis- * Il n'est pas de sceaux, dit M. de Wailly,
seat les armoiries. » qui offrent autant de variété que ceux des
« Les Bénédictins, dit le même auteur, an- communes; ils représentent tantôt l'image
noncent que les sceaux des juges établis du saint patron que les habitants honoraient
«ans les justices royales el seigneuriales ne d'une dévotion particulière, tantôt les rem-
devinrenl communs qu'au xiir siècle. Ils parts et les tours qui les protégeaient contre la
commencèrent par employer leurs sceaux tyrannie des seigneurs voisins. Les villes corn»
particuliers; mais une ordonnance de Louis uierçantes adoptaient volontiers pour emblè-
>e Hulin, en date du 17 mai 1315, prescrivit mes des ancres, des barques ou des vaisseaux,
aux baillis et aux sénéchaux d'avoir de pe- Souvent c'est le maire qui est représenté de-
(J Eléments de paléographie, t. H, p. 193. (An 1320. ) lenant un livre de la nmin droite et une staïuelifl dans U main.
[* JVoureau Truité de Diplomatique, t. IV, p/23l. gauche. Sur l'auire cote sont le* arme* de llourgojcne.
ri i i" reuconlre de* oxcfpUon» lorl curieuses a cette (4) Les sergems royaux avjinL des sceaux |.ri>|>resâ
» 1 » mi lc 8tf'an <le ,a °°ur du <,uC ,,e B°urK°o'>tf l'-ur office. En 1301, le ;>r<hôt dV S.en§ at rsie l\mili. mimé
(Ar**- de lïouije, an 1388 ) Il repré*ma d'une empreinte de ce g. nre. (Aicb. deïïuuiu. l'uUou.) " «u cote uo personnage assis sur uu siège a tôle de cÉiitn,
7{3 DICTIONNAIRE DE tm'LOMVliQl'E CHRETIENNE. VA
bout suries remparts ou monte surun cheval particulières de la commune, ou cènes du séide bataille; ailleurs on le voit awis et rendant gneur dont elle reconnaît l'autorité ; qaella justice, ou entouré des échevins et déli- qucfois cnûn on y trouve des emblèmes bérant sur les intérêts qui lui sont conflés(l). destinés à rappeler le nom de la ville (2). • Ces types représentent aussi les armoiries
N* 7. Sceau de h commune de Montcuc , en!2W. t S. Dbl communal db Mowtcvc. - U coulie- sceau représente une coix cleschéc et pattée. (Archives du royaume.)
E. Sceaux det bourgeois et de» corps de
métiers.
« Les bourgeois, artisans et autres particuliers, chez les Grecs elles Romains, avaient des sceaux, disent les Bénédictins, pourscellerles testaments, les lettres, les vases, les briques et les marchandises. De simples particuliers d'Antiorhe avaient des cachets qui leur étaient propres, au temps de l'épiscopat de saint Mélèce, en 361. Le Digeste et les Institut es font souvent mention du sceau du testateur et des témoins. Mais l'usage du sreau a été longtemps inconnu aux particuliers parmi nous. D. Mubil.on estime qu'il n'était pas encore établi Tan 1122. Guillaume Nicolson, dans sa Bibliothèque historique d'Angleterre, soutient, au contraire, que les sceaux furent communs à tout le monde aussitôt après la conquête des Normands, en 1066 ; mais A peine les seigneurs normands et anglais en avaieul-ils alors. Les chartes-parties endentées et les chirographes y suppléèrent souvent dans les xi\ xu» et xui* siècles....» • Sur le déclin du xnr siècle on voit des personnes de la plus vile condition avoir des sceaux en Normandie. Dans les pays voisins, ces sceaux particuliers n'auraient pas Tait Toi, puisque Philippe de Beaumanoir exige, pour la validité d'un testament, qu'il soit secllé « du scel aulentique ou de pluriex sceaux de nobles persones de religion qui portent se aux. « Aux xiv* et xv siècles, le droit d'avoir des sec ux était si peu attaché à la noblesse, que les simples bourgeois
(I) Eléments de paléographie, t. H.
(3) Dans les sceau i de quelque* villes, les têtes des Uouia jures som (lissées en forme de cercle, dout le
jouissaient du même privilège, parce que peu de personnes sachant écrire, l'authenticité des actes dépendait proprement de l'apposition du sceau. Delà tient que les simples trompettes delà garnison de lu cité de Carcassonne donnaient des quittances de leurs gages sous leur sceau, comme on voit par les ortginauxde Van 13Vfc qui nous restent encore ( Vaisselle, Hist.du Lang.J.lV). La propriétédes sceaux n'était plus dès lors une marque de noblesse. De là vient qu'en Bretagne on trouve plusieurs bourgeois, sur la fin du xv" siècle , qui avaient des sceaux et des armes. En Allemagne les particuliers commencèrent à se servir de sceaux au siècle précédent. En Angleterre on ajoutait le sceau public quand le privé n'était pas assez connu. Du Cmge cite plusieurs chartes du xv siècle scellées des sceaux des maires de villes, parce que les sceaux des particuliers au nom desquels ces actes furent passés étaient inconnus à la plupart du monde. In cujus rei testimonium pressenti scripto sigillum meum apposui, et quia sigillum meum quam pluribus est incognitum, ideo sigillum majoratus villa Oxoniensis prœttntibus apponi curavi. Les détails des diverses figures représentées sur les sceaux des particuliers est inutile : chacun suivait son goût et son caprice. On préférait ordinairement les instruments et les symboles de la profession qu'on avait embrassée. Le sceau de Pierre de Bona, médecin de Henri VII, empereur d'Allemagne, servira d'exemple. Le sceau, reproduit par les Bénédictins, représente un médecin vu à mi-corps,
maire, assis ou a cheval, occupe le centre. Sur le sceau de la commune de Dijou on convie vingt leies.
7n." SCE
coiffé d'une toque et vôiu d'une robe; il tient de la main droite une cornue qu il lève à In hauteur de sa lôle; dans le haut du sceau on voit une aigle au vol abaissé. Comme exemple du caprice qui régnait dans celte matière, M. de Wailly rapporte aussi le sceau de herre Michel, bourgeois de Tours, panetier du roi, qui représente un éléphant portant une église ( an 1271, J. 727 )•
On a des preuves q ue rhaq ue corps de métier pouvait avoir un sceau commun représentant le symbole le plus caractéristique de la profession. M. de Wailly cite d'après le Trésor de numismatique, les sceaux des corps de métiers de la ville de Bruges, dont les empreintes sont suspendues à une charte déposée aux archives de Lille. Dans la ville d'Arles, les corps de métiers réunis avaient un sceau commun qu'Aniberl a fait graver dans ses Mémoires sur l'ancienne république d'Arles.
F. Sceaux du clergé (t). « Sceaux des cardinaux.
Les anciens auteurs diplomatisles n'ont pas connu de sceaux des cardinaux antérieurs au xv siècle. Cependant, l'élection du souverain pontife ayant été réservée exclusivement au sacré collège , par un décret d'Alexandre III, au concile de Latrao, tenu en 1179, on ne peut guère douter qu'ils n'aient eu depuis ce temps des sceaux publics. M. de Wailly, dans ses nombreuses recherches sur les sceaux, en a découvert de ce genre dès le xir et le xm* siècles. il rapporte entre autres un acte de l'an 1224, écrit par quatre évéques, six prêtres et cinq diacres cardinaux, à Louis VIII pour l'engager à remettre en liberté le comte de Flandre. Celle pièce, déposée au Trésor des Chartes (J. 553), ne fut scellée que par un évéqac, un prêtre et un diacre; mais il résulte du passage suivant que les autres cardinaux avaient aussi des sceaux : Quia vero non est de consuetudinequod omnium nortrum sigilla eidem tmprimantur tcriplure , nec aliquibus lilteris niti privitegiis duntaxat apottolicis subscribamus, sijiltis priorum nottrorum Uugonis Hostiensis epUcopi, Leonis litulo sancte crucis in Jérusalem presbileri, Octotinni sanctorum Sergii et liachi diaconi, cardinalium, présente m cartam fecimui communiri. Les >ceaui de celle lettre sont en cire jaune; il en est de même d'un aulre sceau de l'an 1245. «Mais, dit le même auteur 2), à partir de 1*270, tous les sceaux <lc cardinaux que nous avons rencontrés au Trésor des Chartes sont en cire rouge. Au xiv* siècle, celle rire rouge était quelquefois appliquée sur un moule de cire jaune; dans les deux siècles suivants, on la plaça aussi au fond d'une boite. Ces empreintes ont presque toutes la forme de l'ogive; nous n'en avons rencontré que trois qui fussent rondes. »
....... « Les sceaux des évêques-cardinaux
ne diffèrent pas en général de ceux des au-
(t) Noos renverrons an moi Bulle pour l'élude des h eaux d>s papes.
12) Etémenu de paléographie, t. Il, p. ifs. (5; Ainsi la croix est. représentée sur le sceau du car-
Sf.E 7ff.
Ire* évéques. Ceux des prêtres et des diacrescardinaux sont en général plus variés. Quelques prêtres, il est vrai, sont représentés debout, la mitre en tête, et les mains élevées comme un officiant lorsqu'il prononce Dominus vobiscum. Nous avons trouvé aussi un sceau sur lequel un diacre rsl représenté debout, la miire en léle, et tenant un livre contre sa poitrine; mais la plupart des pré- Ires et des diacres-cardinaux faisaient graver sur leurs sceaux des images destinées à rappeler le titre particulier de leur cardinalat (3).»
Sceaux des conciles.
Les conciles n'ont probablement pas eu • de sceaux communs avanl le xv siècle. « Les copies des acles de la conférence tenue à Carthagc l'an 411, furent scellées, disent les Bénédictins, du sceau du président et des évéques gardiens. Chaque évéque, au xiv siècle, apposait son sceau aux actes des con« nies. Celui de Cliâteaugontier, tenu en 133G, eu fait foi. Pierre, archevêque de Tours , le conclut ainsi : in quorum omnium teslimonium sigillum nostrum , una cum sigillis tuffraganeorum noslrorwn ad hoc prœsenlium et consent ientium, prœscntibus duximut ap-
ponendum Le premier concile général
qui se soit servi d'un sceau commun est celui de Constance, commencé en 1414 el fini en 1418. On y voit les lêles de saint Pierre et de saint Paul séparées par deux clefs posées en sautoir. La légende est ainsi conçue : Sigillum sacrosancti concilii civitaiis tonitantiensis.
Sceaux des évêqncs.
Dans les premiers siècles, les évéques ne scellaient qu'avec des anneaux représentant des sujets arbitraires. Ils y faisaient aussi graver leur nom el leur monogramme. Ces anneaux représentaient aussi fort souvent les patrons des cathédrales. Quoique plusieurs évéques aient eu dès le ix' siècle des sceaux proprement dits, cependant la plupart n'avaienl encore que des anneaux. Au x' siècle on rencontre déjà sur plusieurs sceaux l'image el le nom des évéques; mais cet usage, qui devint à peu près général dans la suite et dura jusqu'à la fin du xiv siècle, ne fut complètement établi qu'à la fin du xir.
La manière dont les évéques étaient représ« niés a éprouvé des variations. On les voit d'abord à mi-corps, ensuite assis, puis debout; quelquefois aussi agenouillés quand le haut du sceau figurait l'image d'un saint. Au xv° siècle, la plupart des évéques avaient abandonné cet usage et ne faisaient plus graver sur leurs sceaux que des armoiries. Les Bénédictins donnent pour cause de ce changement l'habitude que prirent, au xiV siècle, les évéques et les abbés d'Allemagne (qui étaient des princes ou issus de grandes familles) d'ajouter à leur effigie l'écu de leurs armes et celui de leurs églises. Cependant, j'ai vu un sceau.de G. de Melun, archevêque
dinal du litre de Sainie-Croix ; saint Etienne, saini Michel, sur ceux des cardinaux de Sauil-Etieune, de Sauil-ilitliel, eic.
7fi7
TGJ
do Sens, de l'an 13*28, qui le représente bé- sentait cet évéque à mi-corps, véla deshabiti aissanl el accosté de deux écussons; ( 1 ) ce pontificaux, la milre en tôle , tenant une qui pourrait faire n mouler le commence- crosse de la main gauche, el donnant la be-
rnent de cet usage un peu plus haut que ne le pensaient les Bénédictins.
Vers 1350 au plus lard, les évéques de France commencèrent à sceller av e des cachets ou petits sceaux et à distinguer le grand du petit. Quelquefois ils scellaient avec leur grand sceau et leur signet tout ensemble.
Le plus ancien sceau reproduit par les Bénédictins est celui de Roricon, évôque de Laou (931 ) ; il éiait de forme ovale el repré-
nédictien de la main droite. « A compter de la fin du xu' siècle, dit M. de Wailly, el peodant les deux siècles suivants, presque toutes sceaux d'étéques ont la forme de l'ogive; la plupart de es prélats sont représentés debout, en habits pontificaux, donnant la bénédiction de la main droite el tenant une crosse de la main gauche. Quelques-uos tiennent leur crosse d'une main et un livre de l'autre.»
N* 8. Sceau de Gui, archevêque de Sent, 1180 : f 8lsn.LV H Gvinmvrs Sknonbnsis arciîiepiscopi. — Au contre-sceau : j Co*skh\a mk Dbvs.
« Le? Bénédictins regardent comme assez ordinaire cel usage, qui remonte en effet à une haute antiquité; mais nous présumons qu'il était tombé en désuétude dans la seconde moitié du xm* siècle Il ne faut
pas confondre les évéques qui tiennent un livre et une crosse avec ceux qui tiennent un livre seulement; ces derniers sont des évéques élus qui n'ont pas encore été sacrés. \u xii' siècle on trouve à peu près autant d'évéques que d'archevêques qui sont représentés assis; au xm' et au xiv', les prélats qu'on voit assis sont presque toujours des archevêques; mais il y en a aussi qui sont debout fit. »
Les évéques commencèrent à se foire représenter à genoux devant les saints patrons de leurs églises à partir du milieu du xnr siècle. Ces sujets se rencontrent plus souvent sur les sceaux du siècle suivant; toutefois II) Archives de l' Yonne.
ceux qui représentent les évéques debout ou assis ont toujours été d'uu usage plus répandu.
Les évéques se servirent de contre-sceaux dès le xii* siècle. Les empreintes en sont très-variées. Tantôt c'est le prélat lui-même qui y est représenté, ou bien ses armoiries; tantôt c'est l'épisode le plus saillant de la vie de son saint patron; d'autres fois c'est I*j4gnu$ Dci, la figure de la croix, la sainte Vierge, etc. En général il est nécessaire, pour expliquer les sujets figurés sur les contre-sceaux des évéques, de connaître les siinls sous le vocable desquels sonl placées les églises cathédrales.
Sceaux des prêtres dignitaires et cures, des simples prêtres et des clercs.
Scion les Bénédictins, les doyens des cathédrales n'ont pas eu de sceaux particuliers au xr siècle. Le seul sceau de ce genre qu'ils
(2) ElémenH de paléographie, t If.
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aient rencontré an siècle suivant est relui d'Hervé de Montmorency, doyen de Paris, en 1189, el qui portail seulement son nom en monogramme. Le concile de Londres de Tan 1227, qui ordonne que tous les ecclésiastiques constitués en dignité auront des sceaux authentiques, y comprend les doyens ruraux, mais il ne Tait nulle mention des doyens des cathédrales : c'est sans doute, disent les Bénédictins, parce que l'évéqne était alors regardé comme le supérieur immédiat de son ch i pitre, les exemptions des chanoines n'ayant pas encore séparé le chef des membres. Ht ils ajoutent plus bas qu'ils n'ont point do preuves que les doyens el préiôls des cathédrales aient eu ordinairement des sceaux authentiques distingués du sceau commun des chanoines.
Cependant il ne faudrait pas coneluro absolument de ce qui précèle que cette classe de dignitaires ecclésiastiques n'ait pas eu de sceaux authen!iques. M. de Wailly cite en eff l des preuves du contraire par li s sceaux de Robert, doyen de Laon en 1174; de Lébcrl, doyen d'Orléans en 122V, et de denx autres du même siècle appartenant aux doyens d' A xranches el de Saintes (1). J'y ajouterai ceux de Guillaume, doyen d'Auxerre en 1212; de Barlholomé, doyen de Chartres en 1217, etc. (2).
Les archidiacres ont eu presque tons des sceaux particuliers, au moins depuis les premières années du xir siècle, pour régler les affaires de la partie du diocèse confiée à leurs soins : témoins les sceaux de Miloti, archidiacre de Troyes en 1202; de Manassè*,*archidiacre d'Auxerre en 1205; d'un archidiacre de Sens en 1206; de Kaoul, archidiacre de Pontbieu en 1207; d'Adam, archidiacre de Paris en 1211, el de plusieurs autres. 11 existe aux archives de la préfecture de 1 Yonne des sceaux de quelques autres officiers des cathédrales du commencement du xme siècle : par exemple, ceux du préchantre el du trésorier de l'église de Sens en 1206; ceux du chantre (1215), du sacrisle (1214) el du lecteur (1223) de l'église d'Auxerre (3).
Les simples chanoines eurent également des sceaux dès le même temps; ils étaient d'une très-petite dimension et représentaient toutes sortes d'objets.
Les sceaux des doyens des collégiales sont moins rares que ceux des doyens des cathédrales; mais, dit M. de Wailly, nous ne pentons pas .que tous ces doyens aient eu des iceaox particuliers; il est probable qu'ils employaient souvent le sceau du chapitre. Le même auteur rapporte celui de Henri, doyen de> Guise, de l'an 1151, qui représente «ne aigle perchée : t Henri ci decani Gusien- "'(L. liOO). Nous avons vu ceux de Pierre, d°yett de Saint- Germain l'Auxcrrois en H82 (4), et plusieurs autres du xiu' siècle.
Les doyens ruraux durent avoir des sceaux
(I) Etémenlt de paléographie, t. Il, p. 5*3 (-) Arch. de l'Yu.me, fonds de l'abbaye do VauloisanL. (3) flnd., fond» de Saint-Marien.
(*) Ibid., ronds de l'altbaye de Rciyoy. (3) tbid., fonds de l'abbaye de > auluisant. — Les wdviiicîtfes, qtt«00 (usut ranger dans la classe de* doyens
en exécution do décret du concile de Londres, dont nous avons parlé précédemment; ils n'avaient pas attendu cette prescription pour s'en servir, témoin un sceau d'Adam de Pont de l'an 1220 : f Sioill. Adb decani db Pontibus, qui présente une aigle au vol abaissé (o), el un autre de la même année, du doyen de la chrétienté de Trainel, qui porte aussi une aigle.
Les curés des églises paroissiales n'ont pas eu de sceaux avant le xma siècle, suivant les Bénédictins ; encore ne pouvaient-ils s'en servir alors que du consentement des seigneurs ou patrons du lieu. En 1238 le concile de Cognac décida que chaque église paroissiale aurait un sceau exprimant le nom de la paroisse, et non celui du curé. Toutefois plusieurs curés ont eu des sceaux particuliers; il en est de même des prêtres et des simples clercs. Les Bénédictins font à cet égard différentes remarques qu'il est utile de connaître. « Le nom de curé devint commun dans les actes et les sceaux aux xiv' et xv«
siècles Les sceaux des curés servaient
quelquefois de contre-sceaux à la noblesse. Ceux des simples prêtres ne valaient qu'un témoin au xiuc siècle; mais deux prêtres validaient un testament s'ils y apposaient leurs sceaux en présence et à la réquisition du testateur. En 1228 un simple clerc n'avait pas de sceau; mais à la fin du xm* siècle et au suivant, les sceaux des clercs devinreut communs (6). »
Les sujels qui sont représentés sur les différentes classes de sceaux que nous venons d'examiner sont très-variés, et en général n'offrent pas d'attributs qui les' distinguent entre eux, si ce n'est peut-être ceux des trésoriers et des sacristes des cathédrales, qui pourraient présenter quelques symboles de leurs fonctions, comme des clefs, par exemple.
Sceaux des offici alités.
Les évéques, les archidiacres et les doyens des cathédrales ont eu des officialilés chargées de juger les causes qui ressortaient de chacune de ces autorités ecclésiastiques. On ne remarque pas grande différence entre leurs sceaux, si ce n'est dans la légende. Ceux des olficialilés épiscopales représentent le plus souvent le buste de levéque au nom duquel la justice était rendue, ou bien encore une mitre, ou une main tenant une crosso avec ces mots : f Sigillvm ou mandatv n curie episeopi; ou, dans quelques-uns, le nom du pays suil immédiatement le mol cyrie. On rencontre de ces sceaux dès les premières années du xur siècle. Un sceau de la cour du doyen d'Auxerre de l'an 1259 présente un buste acoslé de deux lis. Le sceau de la cour de l'archidiacre de Sens (1229) porte l'image de saint Etienne à mi-corps avec ces mots : f Sigill. evric Archid, Senon (7).
ruraux, avaient de» sceaux a la môme éi*quc. J'en ai vu de l'an tîlOeiliti.
(6) Hom. Trmli de Diplmmam», L I V.
(7) Archives de l'Yonne, fonds de l'abbaye Sainie-Co-
lombe.
On regarde les sceaux propres aux officiaux comme très-rares. Nous avons éié as* sez heureux pour en reneonlrer un. Il est de l'official du doyen d'Auxerre, cl présente un buste léle nue rl cheveux frisés, el a pour légende : f Sigill. Guill. officiai, decani Auti- *«o. (1215) <l).
La plupart des sceaux d'officialilés sont orbicuiaires; cependant on en rencontre aussi un certain nombre de forme roude.
Sceaux des églises et des ctiajiclles.
« Les sceaux des églises, disent les Bénédictins, remontent pour le moins au ix* siècle, puisque le 18* canon du sixième concile d'Arles, de 813, el le 27' du concile do Mayence, (cnu la même année, ordonnent que les prêtres tiendront le saint chrême enfermé sous le sceau : Presbyleri sub sigillo custudiant chrisma. Les sceaux des églises cathédrales représentent pour l'ordinaire les saints patrons ou les saints évéques les plus illustres. On a dit ailleurs que l'image de saint Rémi était imprimée sur le sceau dont Hincmar, archevêque de Reims, scella la lettre formée qu'il écrivit l'an 860 à Francon, évéque de Tongrcs. Nous avons vu, dans les archives de l'abbaye de Jumiéges, le sceau en cire blanche de l'église ou chapitre de Rouen, pendant à une charte de 118» par un ruhan de soie rouge el blanche. On y voit la sainte Vierge tenant d'une main un globe et de l'autre un sceptre; mais il est sans contre-scel. » Les mêmes auteurs continuent la description de plusieurs sceaux du xiir siècle qui démontrent l'exactitude de leurs propositions.
Les sceaux des églises collégiales portaient quelquefois l'image de leur doyen , mais le plus ordinairement celle du saint qui leur servait de patron, et dans les derniers siècles des armoiries.
La forme de la légende qui se rencontre le plus fréquemment sur les sceaux des chapitres est celle qu'on lit sur celui du chapitre d'Auxerre : f 5. capiluli S. Slephani Autissiod. (117S). Quelquefois le mol capitulum n'est pas exprimé, mais il ne faut pas en conclure que le sceau n'appartient pas à une église à chapitre. Il y a des sceaux où le mot capitulum est remplacé par congregalio ou universitas. D'autres sceaux ne contiennent pas le nom de In ville où l'église était située; tel est le sceau du chapitre de la cathédrale de Carcassonne,cilé par M. de Wailly, qui porte ces mots : f S. sanctorum Naxarii Z. Celsi. Un sceau du chapitre d'Auxerre attaché à un acte de l'an 1120, qui représente le buste de saint Etienne grossièrement gravé, n'a pour légende que ces mots : Stgillv. canonicor. sci. Slephani (2).
Les sceaux de quelques chapelles qu'a
(1) Arch. n« l'Younp, fonds de Satot-Marien. W tbid ., fonds de l'abbaye de Pooliguy.
l)\l ATIQUE CHRETIENNE. V.î
examinés M. de Wailly portent tous le nm capella sur la légende (3).
Sceaux des sn(>érienrs des commmiaulé* religt>a«es dei deut sexrt, des sinises moitiés el rel gic-ux.
Le père Mabillon pense que les abbés n'ont pas eu de sceaux avant le xi* siècV. Mais les Bénédictins citent un sceau de l'abbaye Sainl-Gal , dont s'est servi l'abbé Burchard pour sceller des lettres qu'il écrivait aux deux Oltous ; ce qui ferait remonter cet usage au moins au deuxième tiers du siède précédenl. Comme ils ne rapportent pas la légende de ce sceau, on peut supposer que ce type est plutôt celui de l'abbaye que relui de I abbé. Le commencement de l'usage des sceaux propres aux abbés ne parait bien clairement qu'à l'époque fixée par Mabillon. Les Bénédictins ont donné, d'après Schannat, le sceau de Richard, qui devint abbé de Fulde après le premier quart du xi* siècle. Ce type, de forme ronde, avait deux pouces un quart de diamètre ; l'abbé, représenté à micorps, la tête nue, lient une crosse de la main droite et un livre de la main gauche : f Richardes abbas.
Au xii* siècle les sceaux des al>bés devinrent plus ordinaires, quoiqu'il y en eût encore qui se contentassent du sceau de la communauté. A celle époque plusieurs monastères décidèrent que les abbés auraient des sceaux distincts de ceux de la communauté. Quant à l'ancienneté relative de ces deux espèces de sceaux , quoiqu'on ne puisse rien affirmer à cet égard, il est probable que les sceaux di s abbayes sont plus anciens que ceux des abbés, au moins dans la plupart des cas. Au xur siècle, la plupart des chartes portent à la fois le sceau de l'abbé et celui de l'abbaye; Mabillon pense que celte double garantie était probablement nécessaire pour la validilé des actes. On pourrait aussi expliquer simplement ce fait par la présence de l'abbé, qui , ayant un sceau, devait naturellement l'apposer aux actes dans lesquels il était partie intéressée. H y a des cas où le sceau de l'abbaye parait seul, ce qui se voit dans les engagements contractés par certaius monastères, où il était d'usage de n'employer que le sceau commun à l'abbé et à la communauté.
La forme des sceaux des abbés les rapproche beaucoup de ceux des évéques, et si ce n'était leur moindre dimension on les prendrait pour tels au premier coup d'oeil. Les images qui y sont gravées représentent ordinairement l'abbé portant sa crosse d'une main el un livre de l'autre. Les sceaux ronds sont encore d'un usage assez'fréquenl dans la première moitié du xir siècle; mais peu à peu l'ogive y domine, el sur la fin du même siècle on n'en rencontre plus guère que de celle forme.
(3) BUtnetit$ de paléographie, L II.