‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 353 sur 455 · SCE SCE · texte numérisé non relu

SCE SCE

N 9. Sctau le [lu y tus, abbé de Suint G'rmmn-det-Ptés , en 121C. ( i .S. #/Jvaonii Abba('<«)

(aci G<ri>l)lJII de 1 RATIS.

Au su* siècle, on a représenté quelquefois les abbés assis, et l'on voit, d'après les remarques de M. de Wailly, que cet usage n'était pas encore entièrement abandonné an mi' et au xiv siècle (1). A l'imitation des évéqnes.lcs abbés, vers le milieu du xiip siècle, se sont quelquefois fait représentera genoux devant l'image du patron de leur abbaje. C'est vers le même temps que quelques autres parurent avec le costume et l'altitude des évéquest tenant la crosse de la main gauche et bénissant de la droite. Au contresceau on rencontre assez fréquemment l'image du patron de l'abbaye, qu'il est trèsrare de trouver sur le sceau (2).

« Quant aux légendes des sceaux , dit l'auteur des Eléments de paléographie, elles commencent en général par les mots Sigiltum N... abbatis, suivis du nom de l'abbaye; l.t forme N...abbas, etc., est beaucoup plus rare. Après le nom de l'abbé on trouve souvent la formule Dei gralia, et plus rarement Uei permission*, voluntate, miseratione, etc. Les légendes qui , au lieu d'exprimer le nom de l'abbé, portent seulement les mots Sigiltum abbatis, suivis du nom de l'abbaye, n'indiquent pas toujours un sceau personnel a tel ou tel abbé en particulier, mais un sceau qui pouvait être employé successivement par plusieurs abbés de la même abbaye. Des sceaux de cette nature peuvent être considérés comme communs à l'abbé et au monastère, quand ils sont employés dans une communauté de l'ordre de Clteaux. » — < Les abbés et les communautés de cette réforme, disent les Bénédictins, n'eurent pendant longtemps qu'un même sceau pour sceller leurs actes et leurs contrats. Cet usage leur suscita beaucoup de troubles et de vexations de la part des séculiers vers l'an I234>. On prétendit que ce sceau unique ne suffisait pas pour faire foi, parce qu'il arrive souvent que les communautés ne

(t) Ktêmeatt de paléographie, t. II, p. 153. (1) ttkL, loc. dt

(3) Ce qui le prouve , c'est qu'au revers du sceau d'ua

sont pas de même avis que les abbés , et que d'ailleurs ils ne peuvent transiger ni intenter des procès les uns sans les autres. On rejetait donc les actes qui n'étaient scellés que du sceau de l'abbé jusqu'à ce qu'on eût interrogé les moines pour savoir s'ils avaient consenti à ces actes. » Une bulle de Gré* goire IX confirma l'usage suivi jusqu'alors par l'ordre de Clteaux. M. de Wailly décrit plusieurs sceaux du xiu* siècle de l'abbaye de Longpont, qui sont de l'espèce donl il vient d'être question. J'en ai Vu également du xii*, du khi* et du commencement du xiv* siècle, qui appartenaient à des abbés de Vauluisant , de Pootigny et de Preuilly , maisons de l'ordre de Clteaux, qui ne portaient pas de noms d'abbés, et qu'on peut ranger dans la même classe (3). La même coutume existait aussi au xm* siècle dans l'ordre de Grammont ; on lit en effet dans une charte de 1236, citée par les Bénédictins : Ego prœdiclHS llelias présentes litteras sigillo nottro de assensu capituli nostri sigillavi , r urn nos et tolus ordo noster Grandimonlensis unico lantum utatur sigillo.

Lorsqu'un acte est scellé à la fois du sceau de l'abbaye el d'un sceau portant pour légende les mois Sigiltum abbatis, suivis du nom de l'abbaye, il ne faudrait pas encore supposer que ce type était personnel à l'abbé qui l'employait. Kn effet, dit M. de Wailly, on trouve au bas d'un acte de 1292 (J. 163j, dressé au nom de l'abbé el de l'abbaye de Valsery, l'empreinte du sceau de l'abbaye et celle d'un autre sceau qui porte pour légende : Sigillv. abbisVallis Serene: or, le même type avait été employé par un autre abbé des l'an 1261 (J. 460 J Ou .doit conclure de tout ce qui précède qu'un sceau de cette nature suspendu à un acte non daté ne suffirait pas toujours pour faire connaître l'abbé sous lequel il i\ pu être dressé, quand môme on saurait d'ailleurs que tel ou tel abbé en particulier a fail

abl>é de Vauluisant de l'an 1239, on lit contra »giU. Talîislucenlii. Archive» de I'Youju, fiitMsde l'abtuyu de Pou- Ugej.

usage «la même type pendant tout le cours xur siècle. Le général des frères mineur*

de son administration (1). avait, en 1517, un sceau ogival en cire roujtc

« Les sceaux des abbesses, disent les Béné- coulée sur une couche de cire jaune, sur le-

dictins, ne sont pan antérieurs au sir siècle, quel on voit trois rangs de saints au dessus

Ou y voit leurs images ou celles des saints desquels plane le Saint-Esprit, et au bas est

patrons de leurs églises. Les abbesses sont saint François (6).

représentées tantôt debout, tantôt assises, Sceaux des abbayes et autres communautés réguLcres.

tenant des fleurs de lis de la main droite et Les sceaux des abbayes ressemblent assez

un livre de la main gauche. Celles qui sont à ceux des églises cathédrales. Les sujets

d'un moindre rang paraissent à genoux en qui y sont représentés sont ordinairement

prières, et leurs sceaux, moins élégants, re- relatifs aux saints patrons des monastères,

présentent les saints patrons de leurs églises et, comme les légendes offrent également la

ou les armes de leurs abbayes. Leurs sceaux même analogie, il est souvent nécessaire de

recourir au texte des chartes pour ne pas

furenjt distingués de ceux de leurs chapitres au xur siècle (2). » Il résuite de l'examen de

(2). » Il résuite de l'examen de confondre ces deux espèces de types. La différents sceaux que les abbesses sont figu- forme circulaire, qui est celle des plus anrées quelquefois portant la crosse d'une ciens sceaux, s'est généralement maintenue main et uu livre de l'autre. La posture âge- dans ceux des monastères, quoiqu'on en nooillée n'indique pas absolument un rang trouve d'ogivaux et même d'ovales. Les léinférieur, selon M. do Wailly (3). gendes sont ordinairement composées du Les moines pourvus d'offices, disent les nom du patron de l'abbaye, suivi de celui du Bénédictins, eurent des sceaux dès le xur lieu où elle était située: fSigiliv. sec. Morte... siècle; ils décrivent en effet celui dont se caritate (1151, fonds de l'abbaye de Sainlservait 1 officiai de Corbie en 1285. Nicolas Marien d'Auxerre}. Les mots capilulum et de Place, rentier de l'abbaye de Preuilly en ecclesia qu'on rencontre ordinairement sur 13-20, avait un sceau sur lequel était gravée les sceaux des églises pourvues de chapitres, l'image de la sainte Vierge tenant l'enfant et qui semblent leur être propres, «e trou- Jésus, et au-dessous un personnage à ge- vent aussi sur ceux des abbayes. Les sceaux noux : f Maria tnaler Dci, miserere mti; au qui se confondent le plus facilement avec contre-sceau une N dans des segments de cer- ceux des églises sont ceux où les légendes ne cle (k). Au xiv* siècle, le pitancier de Saint- contiennent pas de noms de lieu, comme Germain- des-Prés avait un sceau en ogive dans celui-ci, qui appartient à l'abbaye Saintreprésentant un religieux debout, la tête nue, Germain d'Auxerre : f S. sci. Germani epi. tenant de la main droite un couteau cl de la (1133, fonds de l'abbaye de Pontigny). gauche un poisson. Au-dessous, on voit à « Le mot convenlus, qui est employé dans droite une fleur de lis, et une rosette à gau- la suscriplion de la plupart des chartes dresche. Sous les pieds du pitancier parait un séc? au nom des abbayes, se rencontre fréécu*son portant une petite bouteille sur- quomment sur les légendes des sceaux, quoimonléc de deux pains et bordée de fleurs de qu'il ne doive pas se traduire par courent, lis posées trois, d><ux et une. La légende est: mais par assemblée, réunion; nous n'avons f S. Pitenciarie sci. Germani de Pralis justa pas eu occasion de le rcuconlrer comme Par. (5). « Depuis que le dépérissement de synonyme de capilulum sur les sceaux des l'ancienne discipline et le relâchement eu- églises cathédrales ou collégiales : l'emploi renl érigé en litres les offices claustraux, de ce mot dans une légende peut donc faire disent les Bénédictins, les moines qui en fu- présumer que le sceau appartenait à une renl posesseurs eurent leurs sceaux partiru- abbaye (7). » Nous ajouterons à celle rcmarliers aussi bien que les titulaires des pricu- que fort judicieuse que l'usage du mot conté* dépendant des monastères. Mais les sim- ventus a lieu régulièrement sur les sceaux pies moines, quoique de familles nobles, ne des communautés religieuses fondées depuis paraissent pas un avoir eu avant la Ou du le xur siècle, tels que les ordres mendiants, xur siècle, et ils étaient obligés de se servir par exemple, dont les maisons n'ont jamais du sceau de leur abbé lorsqu'ils voulaient rali- é é appelées que couvents, ûerquelqueacleauquel ils étaient intéressés.» Les légendes dont les termes désignent Les remarques qui précèdeut ne s'appli- clairement des sceaux d'abbayes sont ainsi quent qu'aux moines proprement dits que conçues : t Sigill. Âbbatis et ecclie Premonles Bénédictins distinguent des religieux des strati (abbaye de Premoutré 1225. J. 731]; ordres mendiants établis dans le xm* siècle S. Capituli Far.... sive Beileemicensis (B<te\ depuis. Dans les ordres de Sainl-Domini- ieemicensis) cenobii (abbaye de Ferrières ou que et de Saint-François, les docteurs, les Bethléem, 1270. J. 346), etc. bacheliers et même les simples religieux eu- Nous terminerons cet article par quelques renl des sceaux particuliers avant la fin du remarques sur les dessins des personnages

11) Voy. Eléments devab'oqraphie, t. Il, p. 254. (5) M. de Waillt, qui reproduit la description de ce sceau

(*) Nottv. Traité de Diplom tique, t. IV, p. 356. J'ai vu dWè* les Bénédictin», fait remarquer qu'il doit être cmr-

er'ixMKiani une eoarte de ii95 où l'abbe^se des lies sidéré comme éUui celui de la i»iunccrie, de même que le

d'Auxerre «unonce qu'elle n'a qu'un sceau commun avec sreau de TolBcialde Corbie est sans doute celui de l'ofb-

•on coûtent. cialilé, puisque ces sceaux ne portent pas les noms des

(3) Les sceaux des prieures supérieures de coramo- moine» titulaires. Celui du rentier de Preu-lh est bien

nautés se voient dès le xm» siècle et ressemblent ««ses i orojirc au moine qui s'en est sen i.

iui des abbesses. (6) Archives de l'Yonne, tonds de» CoruYIiersirAuicrre.

(•) Àrcb. de l'Yonne, prieuré de Micuerj. (7) Eléments de ixiléographu, 1. 11 , p 457.

qui sont représentés sur les sceaux des monastères. Quelquefois les abbé* y sont gravés avec leurs attributs; mais, comme nous l'avons dit plus haut, les images des saints patrons y dominent ; elles prennent les attitudes les plus variées, debout, assis, en buste, à cheval comme saint Georges, etc. Saint Pierre est crucifié la tête en bas sur le sceau de l'abbaye Saint- Pierre d'Auxerre, en 1516(1). S. Julien Nimbé porte un oiseau sur le j>oing sur celui de l'abbaye Saint-Julien de la même ville (1538). L'abbaye Saint-Marien avait pour type de sceau la gravure d'une façade d'egiise romane (2). Depuis le xiv* siècle les décorations architecturales s'y répandent, et les saints sont dans des niches surmontées de dais ou d'arcades. Quand une abbaye était dédiée à deux saints différents, leurs images étaient souvent réunies sur uu même sceau, ou bien placées Tune sur la face et l'autre sur le revers du sceau. Si la légende principale ne renferme pas le nom do patron d'une abbaye, il est souvent inscrit dans le champ ou au revers du sceau. Il arrive aussi que les légendes des contre-sceaux Représentent que des formules banales telles que seeretum sigilli, ctavis sigilli> etc. Au xv et au xvi* siècle les armoiries des monastères sont gravées souvent au bas des sceaux ou aux contre-sceaux.

Sceaux des HôteU-Dicu cl des maladrerics, et des m lires de ces maisons.

Les maîtres des Hôtels-Dieu et des maladrerics avaient des sceaux, au xnr siècle, qui étaient quelquefois distincts de ceux des établissements qu'ils administraient. Les Bénédictins font, d'après M. de Valbonays (.1), la description de ceux du maître ou abbé des lio.;piialiers de Saint-Antoine et de cette maison, du temps qu'elle fut érigée en abbaye par Boniface VIII. ■ On aperçoit dans l'un cl l'autre, disent-ils, des monuments del'hositalilé qu'on y exerçait envers les malades, us le premier est la figure du maître de Ibôpital. Il porte une chape et une mitre, cl tient à la main un breuvage dans une coupe, pour marque de ses fonctions. Des malades à genoux viennent rendre un témoignage public de leur guérison en présentant leurs béquilles à un religieux de celte maison. Dans le sceau de l'hôpital est ta figure d'un pauvre couvert de haillons et courbé *ur sa béquille, qui vient faire s>a prière «levant les reliques du saint, dont la châsse [Lirait en éloignement avec quatre hâtons qui J pendent, sur les ;uels elle était portée solennellement dans les processions qui se fusaient certains jours de l'année. »

Le sceau rond du maître de la léproserie de Pontferraut, attaché à tin aclc de l'an 12V7, est aussi celui de la maison ; il porte pour légende ces mots : f S. (ma) gri. et (donnis) de Ponte feraudi ('♦).

Le sceau du maître et des frères de la maladrerie du Roule, près de Paris, en 1260, repié-

(t) Archives de l'Yonne, fonds de l'ahl* ye Saint- Pierre. 12) Ilid., fonds -Je Saml-Julien el «If *..iiii-Msncn. 0/ Deschpiion de* scetttuc rfn <> nphhie.

Dir.TioNNAinK de Dti'UnuTiorc

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