II. SERMENT DE FIDÉLITÉ
Le serment de fidélité était le lien qui rattachait entre eux tous les membres de la hiérarchie féodale, depuis le plus humble vassal jusqu'au plus puissant. Ceux qu'on prêtait dans le midi de la France avaient une forme particulière; ils étaient adressés au seigneur et commençaient ainsi : Audi tu, etc., de ista hora in antea fideiii ero tibi, etc.
Selon les Bénédictins nos rois n'exigèrent point de serment de fidélité des évéques antérieurement au îx* siècle. Hais ces personnages, étant devenus possesseurs de grands fiefs et membres de la société féodale, se trouvèrent astreints à toutes ses lois. Ce ne fut pas sans de vives protestations qu'ils s'y sou» mirent, et leur serment ne consista, pendant longtemps, que dans le toucher des Evangiles ou des reliques, tandis que celai des hommes liges se prétait à genoux, téte nue, les mains jointes et mises dans celles du roi.
C'est par suite de cette influence de la société féodale sur la société religieuse qu'au xi« siècle les évéques réclamèrent des abbé* des monastères le serment de fidélité et d'obéissance. Mais ils ne furent pas mieux reçus dans cette prétenlion par les abbés qu'il* n'avaient eux-mêmes accueilli celle des roi9 deux siècles auparavant. Les abbés, s'ap-
Suyanl sur l'opinion des docteurs ei sur les écisions des conciles, voulaient s'en tenir n l'obéissance canonique, et un certain nombre, de monastères réussirent à s'exempter du serment de fidélité, et restèrent directement soumis au pape. Cependant, malgré ces exceptions, le principe du serment de fidélité dû. â l'évéquoet aux supérieurs ecclésiastiques prévalut tout à fait dans l'Eglise. Le Traité de l'ancienne et nouvelle discipline, par le P. Thomassin, contient des preuves nombreuses de serments prêtés par des archidiacres à des abbés, par des clercs aux évéques, par des vicaires aux curé», par des curés à des dignitaires d'églises cathédrales, etc. Ces
(5) Souvenu Traité de Diplomatique, t. IV, p. 6Î59.
\{) Citron, i'iteliacen* raauusc delà bibliolti d Auxerr*