Signatures remplacées par des sentences
Les signatures ont été remplacées en diverses circonstances par des sentences tirées de l'Ecriture, quoiquo le plus souvent ces sentences aient accompagné les souscriptions comme des ornomcnls consacrés par l'usage. On n'en rencontre pas ordinairement dans les diplômes de nos rois ; mais les papes en firent un usage fréquent et particulièrement dans leurs bulles consbtortalcs. Depuis Léon IX, chaque pape adopta une sentence propre ( Voy. Cbrcles). Au xir siècle, les chanceliers commencent a les écrire à la place des papes. Au xr et nu xii* siècle, un certain nombre de prélats d'Italie imitent cet exemple dans leurs souscriptions, et les chanceliers des comtes do Toulouse faisaient de même pendant le xir et le xur siècle.
G. Signatures des absents; des personnes qui n'étaient pas nées.
Un f lit singulier et regardé comme un signe de fausseté par plusieurs auteurs, cV»t la présence, sur des chartes, des signatures
acte», line donation sor papyrus, de l'an 639, citée par M.illtii, et rcvfiluc, il est vrai, de quelques sigualurea originales , présculc ensuite lus noms des témoins et leurs qualités annoncés par la formule twlitia itnium . qui se rencontre daos les Charles de plusieurs siècles. »
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tic personnes absentes au moment de leur rctlat lion et même d'autres qui ne sont nées que longtemps après. Cependant rien n'est jjlus simpl« et plus naturel. Il fut d'usage, pendant certains siècles, de signer les actes à diverses reprises et à des époques pins ou moins élo:gnécs. De là, disent les Bénédictins, ce désordre et ces transpositions dans les signatures : les évéques souscrivant audessous des abbés, les archevêques au-dessous des évéques ; parce que tout d'abord ils signaient selon leur rang immédiatement les uns après les autres. Mais c'est par celte rnison-là même que ceux qui le faisaient les derniers, dans les temps postérieurs, se trouvaient hors de leur raqg. Aussi pour remédier à cet inconvénient, laissait-on des blancs au bas (les chartes pour recevoir les confirmations des successeurs ou des descendants des bienfaiteurs primitifs. De là viennent ces signatures placées avant et après les dates dans la même pièce, ces souscriptions des procureurs avec celles des personnes qu'ils représentaient. De là la présence dos signatures do plusieurs princes sur des diplômes de leurs prédécesseurs, ou la réunion sur la même charte de plusieurs souscriptions d évéques du même siège. De là enfin ces actes des conciles où figurent plus d évéques qu'il n'y en assista. L'existence do cet usage est surabondamment démontrée par les Bénédictins, par des monuments de toute espèce qui remontent au v siècle cl finissent au nu* (1).
7. Ordre suivi dans tes souscriptions; place qu'elles occupent.
L'ordre des signatures entre elles a toujours dépendu des règles de préséance, qui ont varié suivant les temps. Pendant une longue suite de siècles, les souscriptions des évéques et des abbés suivent celles des rois et précèdent toutes les autres, même celles des princes. Mais, par la suite, les fils des souverains prirent le pas sur eux. Dans leurs chartes, les grands vassaux, s'assimilnnl aux rois, signèrent les premiers; mais dans les diplômes royaux les prélats conservèrent plus longtemps le premier rang.
En France, disent les Bénédictins et D. Mabitlon, nou-sculcmcnt les évéques, mais même tes abbés avaieul encore rang au xn* siècle sur les grands officiers de la couronne. Il en était de même à peu près en Italie, en Espagne.cn Allemagne et en Angleterre. Les privilèges des rois d'Espagne étaient signés parle roi. la reine, les infants, les évéques et les grands du royaume. Les anciens rois d'Angleterre souscrivaient les premiers, ensuite les évéques, puis les abbés, enfin les ducs et les comtes. Il n'y a que les archevêques de Maycnce, de Trêves et de Cologne qui se soient maintenus en possession de signer après les empereurs, quoique autrefois tons les prélats, sans exception, eussent la préséance et les prérogatives qui y sonl attachées, sur tous les seigneurs laïques d'Allemagne.
M) Nouveau Traité de Diplomatique, t. Y, p. 3 et suiv.
sic
« Ouanl à l'oidre qu'observaient entre eux les ecclésiastiques, les dignitaires des cathédrales et les doyens mêmes n'avaient rang qu'après les abbé*. Ils cédaient de plus à de
simples prieurs réguliers titulaires En
général les chanceliers, les notaires et les écrivains des chartes les signent presque toujours les derniers. » La place qu'occupent les signatures dans les chartes est ordinairement le bas de la pièce. Toutefois cette, règle n'a pas toujours été suivie, et l'on rencontre des chartes signées en tête . sur les côtés ou même dans Te corps de l'écriture. Ces deux dernières manières sont rares.
L'usage de signer en tête des actes se rencontre dans les royaumes de Naples et de Sicile et seulement pour les ttignaturcs des rois oo des donateurs , les autres étant rcjeiées au bas de la pièce. On peut encore mettre au même rang quelques croix tracées en haut des chartes par les rois d'Angleterre, les premiers ducs de Normandie cl quelques autres personnes du xi siècle.
Les souscriptions qui sont placées au bas des diplômes précèdent ordiuairemenl la date; cependant on rencontre de nombreux exemples du contraire. M. de Wailly rapporte un diplôme de Hugues C tpct, qui prouve que les fiénédiclius ont émis un principe trop absolu quand ils ont avancé que les Capétiens, jusqu'à Louis le Gros, mettaient constamment leur souscription ou leur monogramme avanl les dates (2). [Voy. CiiAscBLiicns.)