Souscriptions des réécrits des papes
Dans les premiers siècles, les papes se bornaient souvent à la salutation finale Bene valete pour toute souscription ; ou bien encore à celle-ci : Deus te incolumem servet. Ils apposaient l'une ou l'autre do leur propre main. Ce n'était guère que dans les actes synodaux cl des conciles, et dans d'autres Actes publics tels que les deux professions do foi qu'ils devaient souscrire, l'une avant, l'autre après leur ordination, qu'ils signaient leur nom. Cet usage dura jusqu'au vur siècle. Los bullcs-priviléges portaient seulement pour toute souscripiion, au dessous du texte, qu'elles avaient été écrites par tel notaire régionnaire ou archiviste, et datée.* ou délivrées par tel chancelier ou bibliothécaire : Scriptum per manusfeU\, Data per manits, etc. Celle règle doil passer pour constante depuis le vir siècle jusqu'au xir exclusivement. Dès le commencement du i\* siècle, lo nom <lu pape mis en monogramme a servi de signature ; mais cet usage n'a duré que pendant ce siècle. Nous avons eu lieu de nous convaincre, disent les Bénédictins, que les papes se sont reposés sur leurs bibliothécaires, notaires , chanceliers, vice-ebain cliers, du soin d'écrire leurs salutations au moins depuis le x' siècle ; leurs sentences depuis le xr; leurs signatures, consistant en ces ler-
{i) LUsnenis de palé-oQTnphie, t. I, p. 211.
m DICTIONNAIRE DE DIPL<
mes : Ego N. ealholicœ Ecclesiœ episcopus,ei pcul-éire de tracer leurs croix mêmes, depuis le xii'. » C'est au xiv* siècle seulement qu'ils recommencèrent à signer de leur propre uni n* Mais on ne pourrait aisément assurer que dans cet intervalle les papes n'ont jamais écrit eux-mêmes la formule qu'on vient de rapporter. C'est, dil M. de Wailly, ce qu'il est impossible d'affirmer. Eugène 111, par exemple, l'a fait en certains cas.
Ce fut aussi au xiv* siècle qu'on Vit s'affermir de plus en plus un usage né vers la On du siècle précédent, et qui consistait dans l'apposition d'une ou de plusieurs signatures sous et sur le repli ou quelquefois même sur le dos des bulles. Il n'y eut d abord que le nom cl le surnom de celui qui signait. Le plus souvent le nom ne fut marqué que par la première lettre ; mats le surnom fut écrit tantôt tout au long, tantôt en abrégé. Dans la suite ils fureut quelquefois accompagnés dé ces mots : Gratis de mandat o domtni nottri papœ. Les premiers commencements de cet usage remontent au moins au pontificat d'Innocent 111; il s'étendit peu a peu dans le cours du xur siècle, cl depuis Grégoire X il devint assez commun ; mais alors le nom du souscripteur était souvent placé sur le repli seulement cl du côté droit.
Dans le ixr siècle on trouve des privilèges pontificaux signés par des évoques, des pré- Ires, des diacres et des sous-diacres-cardinaux. Au siècle suivant, ces souscriptions deviennent moins rares. Les cardinaux signent les bulles solennelles des papes dès le x' siècle, comme ou le voit dans l'aclc de canonisation de saint Udalrie, évéque d'Augsbourg, par Jean XV, où figurent les souscriptions de neuf d'entre eux. Mais, avant Innocent II, le plus grand nombre des bulles, même celles dilcs solennelles , n'étaient pas souscrites par les cardinaux, ce n'esl que depuis ce pontife que leurs signatures deviennent communes dans celle dernière espèce de bulles. Quand les signatures d s bulles étaient nombreuses, on les disposait ordinairement sur trois colonnes. Celle du centre était réservée au pape et aux cardinaux-évéques ; les prélres signaient a gauche et les diacres à droite. Les signatures des cardinaux étaient quelquefois tracées de leur
Firopru main, et d'autres fois il n'y avait que a croix ou le parafe, cl le nom était écrit par le notaire. 11 est de règle diplomatique que les cardinaux ne souscrivaient que les bulles en forme solennelle : c -pendant l'antipape Anactel 11 a donné une bulle datée simplement du lieu cl du jour du mois, qui esi revêtue de sa signature et de celles de deux' de ses cardinaux (1). Mais c'est là une exception rare.