‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 376 sur 455 · UTIQUE CHRETIENNE · texte numérisé non relu

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pressions semblables ; venait ensuite leur nom précédé d'Ego. » Mais le plus souvent nul préambule ne les empêchait d'y mettre en léle et leurs noms et ceux de leurs peuples ; ou bien encore ces noms étaient précédés de quelques formules du genre des suivantes : Lnrgiente Dei gratia, poteniia Régis sœculorum œternique principtt.

Avant le xv* siècle on n'attachait aucune Idée d'indépendance ou de droit divin aux célèbres formules par la ardee de Dieu, Dei gratia, per Dei gratiam, Dei dono, Dei nutu. Ces expressions ne renfermaient qu'une idée religieuse, que les rois, les nobles et les ecclésiastiques employaient par un senliment de piété et d'humiliié chrétienne. Les Bénédictins rapportent des exemples des premiers siècles de l'Eglise où l'on trouve cet usage. Des évéques du concile d'Ephèse, qui souscrivirent à la condamnation de Nesiorius, se qualiGèrent évéques par la grâce ou la miséricorde de Dieu. En 547 Victor do Capouc prenait le titre de famulus Christi et eius gratia episcopus Capuœ. Pépin le Bref est le premier de nos rois qui ait employé la formule dont nous parlons ; mais elle n'a été déGnitivement adoptée que sous la troisième race. Charles VII l'interdit, en 1H2, au comte d'Armagnac, et obligea, en 1449, le duc de Bourgogne qui l'avait reprise, après une assex longue interruption de la part de ses prédécesseurs, à déclarer qu'elle ne portail point préjudice aux droits de la couronne de France sur ses E'als. Louis XI voulut empêcher le duc de Bretagne de s'en servir, mais il ne put y réussir. Depuis ce temps les souverains se l'attribuèrent exclusivement : les évéques toutefois l'ont conservée en y ajoutant souvent et apostolicœ sedis gratia. Celle dernière formule n'est pas antérieure à la fln du xiu* siècle; cependant on cile une charte de l'an 1225*. donnée par Gauthier, évéque de Chartres, où se trouvent des expressions à peu près semblables : Divina permissions et apostolicaauthoritate Carnotensis ecclesiœ minitter humilie (2).

Voici quelques-unes des suseriptions que les Bénédictins ont rencontrées dans les di— p'ô nés des rois d'Espagne. Au xr siècle un diplôme du roiSanche commence ainsi : Ad honorem summi et œterni re js Patris el FUii cl Spiritus sancli. Hoc est privilegium quod ego Sancius Iianimiri régis ftlius, non met* meritis,sed sola Dei omnipotentis miseralione, Aragonensium et Montisonis rex, facto ad monaslerium S. Salvatoris Legerensi*. Il n'est pas moins humble dans le corps du diplôme : Nunc igitur ego. humillimus sercorum Dei servus, dono Dei Sancius rex, etc. On lit en tête d'un diplôme donné, en 1035, par Alphonse VI : in nomme Domini, qui est trinus et unus, Pater et Filius et Spiritus sanetns. Ego Alphonsus Dei gratin totius Hispaniœ imperator. Alphonse V III, roi de Castille, prend le même titre dans un diplôme de 1156. Ego Adefonsus Dei gratia tocius fiyspaniat

(2) GtUtia Chriuiwia , l IV, [.. 137.

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imper alor. Dans la souscription chacun do ses fils s'inlilulc Rex filiut imperatoris. Au xur siècle on trouve souvent le litre de roi suivi de renumération des pays soumis à l'autorité du prince qui délivre le diplôme ; en en peut juger par les exemples suivants : 1* Notum sit tam prœsentibus quam futuris, quod ego Adelfonsus Dei gratin rex Castellœ stToleti, dominas Vasconiœ, una cum uxore mea Alienor regina, etc. ; 2* Jacobus Dei gratia rex Aragnniœ, cornes Barchinonœ et dominas Montis Pessulani, dilectis suis universis baronibus, militibus, clc. ; 3" per presens scriptum tam presentibus quam futuris nolum sit ae manifestant, quod ego Ferrnndus Dei grntii rex Casletle et TvlHi, Légions et Gatliciœ, una cum uxore met Béatrice regina et cum filiis mets Alfonso, Frederico, Ferrando et Hmrico, ex assensu et beneplacito rcgine domine Berengarie genitricis mte, fado car tam donaiionis, etc. L'énumératiou des pays soumis à l'autorité de Henri 11 est encore plus étendue dans un diplôme en langue vulgaire, daté de l'ère l'»0G, ce qui revient à l'an 1308 : Nos don Enrique, por la gracia de Bios rey de Castiella, y de l'oledo, de Léon, de Gollizia, de Sevilla, de Cordoua, de Murcia, de Jahen, de Algarbe, de Algezira, et segnor de Molina, ele (1).

Au xv siècle Duncan, roi d'Ecosse, débute pnr celle suscriplion singulière: Ego Dunecanus, filius régis Malcolumb, c uns tans he-' redit art ce rex Scotiœ. Mais en général les rois d'Ecosse imitent le style de la chancellerie d'Angleterre : leurs diplômes sont presque toujours sans invocation; ils s'intiuihMil : N. rex Scottorum ou Dei gratia rex Scuitorum.

« Jusqu'au xur siècle, dilM. de Wailly, les diplômes des rois de Sicile sont tantôt en grec , tantôt en latin. Dans plusieurs diplômes, le roi Roger s'intitule : Ego Rogerius Dei gratia Siciliœ et Jtaliœ rex* Chrisiianorum adjutor et clypeus, Rogerii primi comitis hœres et filius, ou Rogerius Dei gratia Siciliœ, Calabriœ et Apulioe rex. Ces formules sont précédées souvent d'une invocation à la suile de laquelle vient quelquefois la date de l'Incarnation. Au xur siècle les rois de Sicile, à l'exemple des autres princes, éuumèrcnt dans leurs suscriptions les différents pays sur lesquels s'étend leur souveraineté; cet usage est suivi dans un diplôme donné en 1281 par le doge de Venise, et qui renferme la suscriptiou suivante : In t.'ci nomine àmen. Nos Johannes, Dei gratia Venetinrum Dalmatiœ atque Chroaliœ dux, dominus quart ae partis et dimtdiœ totius imperii Romaniœ. Voici deux suscriptions de Baudouin 11, empereur de Constaniinople : I" Nos Balduinus, Dei gratia fidelissimus in Chrislo imperator a Deo coronatus, Romaniœ modérât or et semper uugustus, uni ver sis, etc. ; 2" « Nos Bauduins por la grâce de l)eu

• très feiaux emperercs en Crisl , de Dru

• corones, gouvernerres de i'.omanie, cl tos

• lens accroi.ssaus, f.iejus à sçavoir, etc. »

SCS

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Manuel Paléologue. empereur des Grées, étant à Paris en I'i02, adressa à la reine de SuèJc des lettres patentes qui commencent ainsi • Manuel in Chiisto Dei fidelis imperator et moderator Romeorum, Paleologus et semper augustus, uni ver sis, etc.

On pourrait citer encore d'autres exemples de cet usage; mais, pour ne pas sortir de France, on sait combien les ducs de Bourgogne au xv siècle aimaient à étaler dans leurs diplômes la longue série des seigneuries qu'ils possédaient.

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