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Louis le Bègue, qui succéda à Charles ta Chauve dans le royaume de France, en 877, se qualifiait simplement llludovicus misericordia Dei rex. Carioman, son fils, prenait pour formule de suseriplion : G ratia Dei rex.
Charles le Gros , successivement roi; de Souabe (876), roi d'Italie (879) et empereur 1 880), emploie des formules différentes suivant son changement de dignité. Avant son avènement à l'empire il s'intitule Carolus divina favente clemenlia rex. Ughelli cite un acte qui porte Carolus gratia Dei rex. Après son couronnement comme empereur, il emploie le plus souvent la formule suivante : In nomine, etc., Carolus divina ordinante ou favente clementia , gratta ou providentia, ou simplement gratia Dei, et quelquefois ejusdèm omnipolentis Dei miscricordia imperator augustus. Voici le début d'un acte de sa femme Uicarde : In nomine, elc, Ricardis Dei favente clementia imperatrix auguste.
Au x* siècle , les formules de suscription des derniers rois carlovingiens contiennent toujours un des termes gratia , clementia ou proridentia Dei (Voy. les Généralités des susrriplions). et la qualification de Rex Francorum ou Rex simplement. Lothaire ayant associé son fils Louis V à la royauté, on mit dans la suscription de leurs diplômes : Lotha» rius genitor , genitusque Luaovieus. Gérard Dubois a publié un diplôme qui commence par cette formule : In nomine, etc., Lotharius et Ludovicus divina ordinante providentia reges augusti.
Hugues Ca pet employa diverses formules de suscription : ttugo Francorum rex ; Uugo média toris Dei et hominum propitiante miscricordia ou divina ordinante ou prœurdinante clementia ou opilulante divina gratia ou enfin omnipotentis Dei déponents gratia rex. Après l'association de son fils Robert à la royauté on mil en téte de ses diplômes : Hugo et gloriosissimus filius suus Roberlus Fruncoium reges, ou bien Hugo atqueRobertus gratia Dei reges inclgti.
Les souverains de 1 Allemagne prennent le titre de rot des Romains ou simplement do rot ; Henri 1", dit l'Oiseleur, est qualiGé dans un de ses diplômes rex Franciœ orienlalis co qui désigne la Germanie. Le titre à'imperator augustus ou à'imperator seulement ne se renroulre dans leurs diplômes qu'après le couronnement comme empereurs par le pape.
Les roisd' Angleterre présentent des suscrip* lions singulières. Edmond I" commence ses diplômes par : In nomine Domini nostri J. C. ego Edmundus rex Anglorum, écriera rumaue gentium gubemator et reetor. Kdred, fils d'Edouard I", prend le litre de Rex terremis sub polentia régis sœculorum œlernique principis, magna Ûritlaniœ temporale gèrent imperium, etc.
Au xi* siècle , le roi Robert emploie différentes suscriplions. Outre la formule ordinaire Dei gratia. clementia ou misericordin, suivie d'une épilhèle el des mots rex Fran corum, on rencontre dans quelques diplôtm s Rex et augustus, rex Francorum semprr augustus. Le même prince a pris aussi les titre»
DîCTIONXaIUE DE DIPLOMATIQUE CI1HETIF.NNR.
do gloriosus , serenUsimus , clementissimus. Il est le premier de nos rois qui ail employé le mol ego au commencement des diplômes.
Les successeurs de Rohert , pendant le xv siècle , continuent de s'intituler Dei gratia Francorum rex.
Les rois de Germanie prennent lo litre à'imperator Romunorum ou d'imperator augustus, et d'autres analogues, quand ils sont sacrés empereurs ; cependant ils se qualifient encore du nom de rexRomanorum, parce qu'à celte époque roi et empereur étaient synonymes. Henri III, surnommé le Noir, a pris quelquefois des litres singuliers, tels que celui-ci: Heinriçus Dei gratia rex, serais tervorutn Dei.
Les diplômes des rois d'Angleterre affectent des tournures de phrases particulières dans V énoncé des litres des princes. Us y sont appelés Rasileus, moturcha,rex et princeps, rex et rector, etc.
Auz.iv siècle, la chancellerie de nos rois continuede leur donner lelilrc de N . Dei gratia on misericordia Francorum rex. Louis VI prend le nom de filius régis, el Louis le Jeune ajoute souvent aux formules ordinaires les mots dux Aquita»orum avant d'avoir divorcé d'avec la reine tiléonore. Le même prince a
Îris pour la première fois le titre de rex ïanciœ dans des lettres de l'an 1171 (1). Celte expression, rare eocorc à la ûn du xu; siècle, était plutôt employée dans les actes en langue vulgaire au xhi» siècle , el celle de Francorum rex dans les actes latins. Les qualifications d'imperator el d'uuyu*tu$ se rencontrent encore dans quelques diplômes.
Les empereurs d'Allemagne emploient les mêmes formules qu'au siècle précédent: Rex Jtumanorum, avant le couronnement a Rome, • t imperalor auguslus, semper augustus, et d'autres termes analogues, après celte cérémonie.
Les rois d'Angleterre énoncent souvent lous les litn-s des principautés qui leur sont soumises. Leurs noms ne sont fréquemment marqués que pir la lettre initiale.
Au xiu* siècle, la formule Dei gratia Francorum rex est généralement usitée pour les diplômes latins de nos rois, cl celle deroide France pour les actes français, comme nous l'avons dit plus haut. On cite comme une des exceptions à celte règle l'ordonnance do Louis VIII, rendue en 1223, relativement aux juifs, cl qui porte Franciœ rex. La reine lllanche, mère de saint Louis, commence ainsi ses diplômes t Blancha Dei gratia Franciœ regina, elc.
Les usages de la chancellerie, des empereurs sont les mêmes qu'an xu* siècle, si ce n'est qu'on fait souvent figurer après leur nom la liste de leurs Etats.
Les diplômes des rois d'Angleterre commencent ordinairement par leur nom; telle est la formule de plusieurs actes de Jean sans Terre: Ego Joannes Dei gratia rex, elc. Il supprime sou nom dans les mandements qu'il
(I) Orrfoun. dn> rois de Franco t. IV, p. «û.
adresse à ses sujets et à ses officiers : Rfx Comitibus baronibus, mUitibus et omvibis fidelibus suix.perregnum Angliœ constitutif .<'ilutem, etc. Le roi Henri III emploi*» les mêmes formules et surtout la dernière. Ces princes font souvent mention des différents élats quVs possèdent.
Au xiv sièclr, les qualifications des rois de France dans leurs suscriptions peuvent se diviser en deux espèces: 1' dans les actes en latin, c'est tantôt N. Pei gratia rer Franciœ (el quelquefois Navcrrœ), el ta n'Ai N. Dei gratia rex Francorum; 2* dans le< actes en langue vulgaire, ils s'intitulent potla grâce de Dieu rois de France, à quoi il» ajoutent quelquefois et de Navarre.
Philippe de Valois donna au roi Jean, sou fils, qui n'élait encore que duc de Normandie, le litre de lieutenant du roi. On trouve cette qualification en 1345. Depuis la bat.-iiile de Poitiers, où ce dernier roi fut fait prisonnier par les Anglais, jusqu'à sa délivrance, en 1360, on mit en «été des lettres royaux le nom de son Gis atné, Charles, duc de N.»rmaiidie, soit comme lieutenant du roi, soit comme régent. Dans ce siècle l'épilhèle «le très-redoulé fut souvent employée en parlant des rois el des grands vassaux.
Les diplômes des empereurs d'Allemagne el ceux des rois d'Angleterre ne présentent rien de particulier dans les formules déjà usitées dans le sièrle précédent.
Au xv siècle, les formules de suscriptions ordinaires continuent à être usitées dans la chancellerie de France. Mais pendant les guerres civiles la reine Isabelle de Bavière, femme dtt Charles VI, ayant institué une cour souveraine à Amiens, on y intitulait les actes de la manière suivante : Isabelle, par la grâce de Dieu, reine de France , ayant pour l'occupation de M. le roy le gouvernement et l'administration de ce royaume.
Louis XII mil en usage les formules roi de France el Francorum rex selon la langue dans laquelle les actes étaient dressés ; mais il y a quelques pièces où il prend encore d'autres qualités : ainsi, dans les lettres patentes par lesquelles il donna plein pouvoir à ses députés de traiter de la paix entre lui cl les Suisses, on lit : Lous, par la grâce de Din, roy de France, de Sicile et de Jérusalem, duc de Milan, à lous ceux, etc.
On rencontre toujours dans les diplômes des empereurs d'Allemagne les formules anciennes N. divina favente clemenlii ou Dei gratia Romanorum imperalor uugustus ; ils font suivre « nsuile la liste de leurs Etals. Maximilien I", ayant surcédé à l'empereur Frédéric III, immédiatement après sa morl, prit le titre d'imperator eleclus avant que le pape eût confirme son élection.
Les rois d'Angleterre commencent à prendre le litre de rois de France, même av ml le traité de Troyes qui eut lieu en li20, el par lequel la couronne de France passa de Cli.trles VI au roi d'Angleterre Henri V. Celuici donna des lettres ainsi conçues : Henri,
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par la grâce de Dieu, roy à" Enaleterre% héritier et regenl du royaulme de France et seigneur d'Irlande. a$ tresorer, clc. C'était avant la mort de Charles VI. Edouard IV remplaça souvent tous les litres des suscriptions par le mot unique rex suivi de l'adresse ou de la notification. Richard 111 changea les anciens usages dans une lettre adressée au pape Sixte IV, en reportant son nom et ses qualifications du commencement du diplôme à la fin de la pièce après la date: Beatissime pater pott humillimam commendationem et devotissima pedum oscula beatorum. Après le salut et la date vient la souscription : Excellentisiimœ tanctilatis vettrœ devolissimus filius Ricardus Dei gratta rex Angliœ et Francias et dominas Hiberniœ, etc. »
Au xvr* siècle, François I" prit dans ses diplômes latins les titres de rex Francorum, dux Mediolaniet Genuœ dominut ; mais dans ses édita et lettres patentes écrites en langue t vulgaire il ne s'intitule que par la grâce de Dieu, roi de France. Dans un acte il se donne le titre de très-chrétien ; les qualités de Dauphin de Viennois, comte de Valentinois et deDiois, se trouvent dans l'édit qui ôta aux religieux et aux religieuses le droit d'hériter de leurs parents.
Les édils de Henri II commencent par : Henri If, par la grâce de Dieu, roi de F rance, à tous présents et à venir, salut; au lieu que ses lettres patentes portent seulement : A tous ceux qui ces présentes lettres verront , salut , sans aucune suscription. François II prit le titre de roi de Franco et , d'Ecosse après son mariago avec Marie Sluart. Un diplôme rapporté par les Bénédictins contient les noms du roi et de la reine, et une longue éuumération de leurs Etals. Charles IX. ne se servil que du titre de roi de F rance, excepté dans les actes qui concernaient le Dauphiné.
Henri III employa la même suscription que celles de ses prédécesseurs immédiate, excepté qu'au lilre de roi de FrnnceW ajouta celui de roi de Polôgne. Il en est de même de Henri IV, qui . ayant réuni à la couronne la Natarro en 1589, s'intitula dès lors : Henri, par la grâce de Dieu, roi de France tt de Navarre; suscription qui resta celle de ses successeurs jusqu'à la révolution.
L'empereur Charles-Quint continua, ainsi que ses successeurs, l'usage de l'ancienne formule de suscription iV. divina favente démenti* liomanorum imperator semper auy un us, c e. ; puis ces princes y ajoutent la longue énuméralion de leurs Etuis.
Avant le schisme d'Angleterre. Henri VIII avait ajouté à ses litres celui de (i lei defensor, que le pape lui avait accordé; mais après cet événement il se qualifia : Dei gratia Angliœ et Franciœ rex, fidei defensor et dominus Hiberniœ, et in terra supremum caput onglicanœ ecclesiœ. C'est d'après un décret
(1) eii>nenu de pulèogravhie. t I. p. 201. (i| Louis, c«*ntc ilr S.nu ci r>\ antinuiv.ilam nnr cbarlo ik 1230, «nul ij'j j-aj d'i ufan'h : uxo.e n li i/'C»/» itl'sqnt Si-