‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 396 sur 455 · SOMME · texte numérisé non relu

SOMME

Les archives do la préfecture ont été, dès leur origine, | lacées dans un local favorable a la conservation des anciens litres, vaste cl bien éclairé, convenable sous tous les rapports; mais telle a été, jusqu'à ces dernières années, la négligence de l'administration, que des litres précieux ont. pu être suustra is en grand nombre. Le travail de dépouillement n'a été commencé qu'en 1839; ou a dû l'appliquer d'abord presque exclusivement aux papiers administratifs, et on n'a pu l'étendre qu'à une faible partie des documents historiques.

Lo chai trier de l'ancien chapitre de la cathédrale d'Amiens a éprouve peu de dommage» : il renferme sept volume.- de carlulaires très-beaux et dans lesquels sont transcrits pins d* G'JO pièces historiques, relatives à celle congrégation puissante, et dont un grand nombre sont d'une date antérieure au xii* siècle; quatre de ces carlulaires appartiennent au xiii*.

Le chai trier de l'abbaye de Corbic, une des plus célèbre- de France, fondée dans le vir siècle, avait été, à l'exception des carlulaires transmis à la Bibliothèque royale, déposé aux archives de la Somme. Il a elé constaté que sur 5,853 pièces que contenait ce charlrier, 2,099 ne se retrouvent plus aujourd'hui. Cependant les litres précieux qui y sont encore en grand nombre donnent à celle partie une grande importance historique. On y trouve des documents sur papyrus, qui remontent aux temps mérovingiens.

D'autres abbayes, et particulièrement celb s de Saint-Martin aux Jumeaux, Saint-Jean lez Amiens, Saint-Arheul , le Gard, Valloir» s, etc. ont laissé, in 'épcndammenl des pièces originales, des cailulains remarquables.

Le surplus des papiers et litres d'origine ecclésiastique concerne les prieurés, communautés et confréries qui existaient dans la circonscription du département.

Au nombre des docuo.euts féodaux qui comprennent beaucoup de plans terriers, on d .il mentionner ceux des barons de P.cquigny, vidâmes d'Amiens, qui avaient dans cc^o ville des privilèges cl droits seigneuriaux fort anciens et étendus.

11 s'en faut beaucoup que les archives de l'ancienne intendance de Picardie soient restées nu complet. On y signale toutefois une collection d'ordonnances cl beaucoup de

pièces relatives à l'organisation d<'S corporations d'arts et métiers dans les \ illes d'Amiens . Abboville, Saiul-Queiilin , Calais, Monldidier, Périmne, etc.

Les archives do l'hôtel d»» ville d'Amiens ont une importance historique qu'elles doivent à leur conservation presque intégrale, depuis le commencement du xur siècle, et à l'importance même d'une constitution municipale qui a é:é prise pour modèle dans presque toutes les autres communes de Picardie. On y remarque, à partir du diplôme original de la charte commune, confirmée en 1209, par Philippe-Auguste, des chartes royales en assez grand nombre, et des documents du plus haut intérêt sur le régime administratif et financier, tant de la municipalité que des hôpitaux et des établissements de bienfaisance. Mais l'histoire municipa'e de la ville, les phases successives de sa constitution se retrouvent particulièrement dans 1 , ICO registres formant cinq séries. Les legistres aux chartes, au nombre de plus <'e 20, sont les plus piécicux; ils s'étendent depuis les premières années du xiv* sic e jusqu'à la fin du x vin*. I s contiennent l'enregistrement des litres de la cité, les char!, s royales, les privilèges de la commune, les

f>ièces relatives à ses droits cl à ses procès, es résultats des élections et les noms des magistrats, les actes de l'échevinage, eu particulier les ordonnances de | olice, h s registres des corps de métiers, contenant. 30) statuts, brefs ou ordonnances municipales et tilres divers, dont le plus ancien remonte à 1257, les inventaires des revenu* des ho • pices, enfin beaucoup d'actes relatifs aux événements politiques.

Les registres ut délibérations de l'échevinage ou corps municipal s'élendenl de IV C à 1789, et forment 102 volumes; les registres aux causes contenant les actes de la justice civile, mairie, prévôté cl police de la ville, en forment 381; les registres aux contrat», c'est-à-dire Li collection des actes que !• s magistrats municipaux authentiquaient, eu vertu d'un pouvoir spécial, forment 14V volumes, de 14V1 à 1621 ; enfin, 451 volum< s contiennent les comptes de recettes el dépenses de la ville : le plus ancien remonte j Tannée 1383.

Au milieu des l ires municipaux transcrits dans ces registres, se trouvent mêlées des lettres de rois ou grands personnages de la lin du xv# siècle ou du xvr, adressées aux habitants pour leur notifier les grands ornements politiques. Parmi les lettres originales, on très-grand nombre, il y en a »jo Louis XI, et plus do .']00 des rois Henri IV, Louis XlII, Louis XI. cl Louis XV. L'ex-stence de ces registres nombreux ait stc combien l'ancienne administration municipale do la cité d'Amiens prenait d'iuté et à la bonne conservation de ses litres. Quelques-uns des plus anciens sont en parchemin cl d'une exécution magnifique, dans lanut Ile s'est reflétée la splendeur dont brillait au moyen âge la commune d'Amiens. Il est utile de incnl onrier en outre l'existence de quatre

APPENDICE.- RAPPORT SUR LES ARCHIVES DEPARTEMENTALES

inventaires de ces archives, réJigés en tto8, U88.1551 ell732.

Le ministre de rinstrnelion publique a fait explorer d'une manière spéciale , dans l'inlérét du recueil des monuments inédits du tiers-étal , les archives de la préfecture de la Somme et celles de l'hôtel de ville. Le résultat de ce travail a dépassé les espérances. Cina élèves de l'école des chartes ont rapporté, d une mission qui a duré deux mois et demi, 3,000 pièces, la plupart d'un haut intérêt, relatives à l'histoire municipale et industrielle d'Amiens.

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