I MO
4° Je pense que c'est la même cause qui a fait écrire conservant au lieu de exorwant, Au?, de Gralia el lib. Arhitrio, cap. 20. tom. X, pag. 730 D : «O-lcndil non solum
• bonas iiominum volunlales, quas...in aeler- « nain dirigit vilain, ycrum eiiam illas quas « conservant sœculi crealuram, ita esse in
• Dei poieNtaie, ut, etc. »
L'idée de cette correction m'est venue en prrmier lieu de ce que dit sainl Léon. lib. I de Vocal, genlium, cap. 4, lom. I, pag. 3 : « Kl cum prœ->enlrm \ilam deccnler exor- « neut, njtcrnœ (amen hcaiitudmis prœmium « non habcnl.» Item p;g. 7 • « uju< l.uiium « t< mpoi is v itani storililer ornavit. » On dirait q:?*' saint Léon a emprunté la pen-ée d' saint Augustin, qu'il avail eu effet beaucoup lu.
Mais saint Augu-titi lui-même semble rendre I»» rétablissement que je? propose indnbilab'e, eu employant ailleurs dans la même pen-'ée le terme que je rétablis; t"in. X. pag. O.'.G U : «In eis [daus les réprouvés) ■ huin.inam rr ut u;:turnm, et ex eis ordinmi « sa»eulî piœsentis exornat.» Confer lom. \ II, pag. 6?0 G. « Loquhnur enim nune d • natura « mentis liumanre. qu i isla vita mortalis nr- « natiir, non de fide atque ii.ncre veriîatK.»
J'ai remarqué en certains endroits des échantillons d'écriture ancienne rapportés dans la Diplomatique, que la lettre c ue différait guère de la liquide /; et M. de Va- I«>is dan» son édition d Ammien M incliin, pag. Wfc, nol. a, dit que ces deu\ lettres se toi fou laient souvent . Sœpe enim mon ni, ditil, bas ii Itéras !c, l) confttndi solcre : coulis, par exemple, s'éerivanl pour / aW«i.
Je crois que par celle raison on a écrit :
1* Docendi a i lieu de dolendi, lom. V Hieron., pag. 1078. Le comn>eu(airc qu'on y trouve sur les paroles, Nequcm vcslrum yrat'iremut, I ad Thess. cap. n, porte : « Api.d « istos el Corintliios, et Ephesius laboravit, « quibus occasioncm au ferre cupiebat, Tel « docendi. Tel de se aliquid suspicandi.»
il parait visible que docendi ne peut en aucune sorle convenir à cet endroit, et que dolendi y avait été mis par l'auteur pour commencer le mot gr/tvaremns.
2' Docrbil pour dolebit , dans le poème adversus Marcianem, p. O'iO, co!. 1, \er>us fi ne m, de l'édition de Tertullieu:
Mii-c tro|.i«l;nis peinais, vel quant» fsl terra reruuiril l*ailiiricii»-uuiiiiiii.st muos redUere juv*a docebit.
3° Cudere pour ludere, Comment, in Canl. Prolog, num. 3 Append., lom. I Ambr., pag. 15V8 A : a Sic eliam virgo noslra debuit prius « .imore plo cudere.... ne se prius domioico
• jugo timefacta subducercl. »
Confer pag. 15613 F : ïamquam lascivienti luttent amore.
Confer eliam Ambr. de Virginibus lib. III, c p. C, lom. Il, pag. 181 C: Ludere oculis.
Les variait es qui vonl suivre, montrent qi.e la lettre c se (onfond ail avec * : desipilù, dreipilis, lom. V Aug., pag.OVolt : conçois, coanors, lom. \ 11, pag. 10 A. Mais les fautes qu'on peut corriger sur celle observation lu montreront encore davantage :
lu Licessat a été mis au Heu de l s<escat, Hieron. in Matth., cap. v, t. IV. pag. 10 : «Si « nos hœrelicus in disputalione perçussent, « el dextrum dogma volucrit vuinerare, op- « ponatur ei aliud de Scripluris te»tinmnium; a cl tamdiu verberanli succedcnles sibi dex- « t. ra< prœlieamus,doneciuimiciira/«cp«A-.jf.»
2" Hoc pour nos. Opeiis imper f. num. 11, lom. X Aug., pag. 1303 A : « Hoc postquam « uti crêperont propria voluntale, id est, tnolu «auitni cogente nulîo, tu dicis liberutu arbi- « li ium pcrdidhsc. »
11 est évident, par ce qui précède, qu'il faut lire hos (primos parentes).
3' Coitante frtu verbi, ou, comme portent d'autres manuscrits, connûtes <et ve> bis, .>u lieu de, son nie fétu verbi, Aug. de Fi ie rt Symbolo, cap. 3, n. k, lom. VI, pag 15 J K : « Id facimus cottantes cl verbis, et i,<so sono « vocis, et vullu, et geslu corporis. loi S' i- « licet machinamenlis id quod ititus est de- « monsfrare cuptenles. »
Sonansfftus verbi, est la voix. Confer tom. V, pag. i»70 C : «Notlra quidem Terba cogi- «t itione concipiunlur, voce pariuntur.» Lo rélablisseinent de ce texte suffirait seul pour démontrer que les lettres c, s, se mettaient l'une ponr l'autre.
Auctoritate pour austeritate, Expnsil.
in Canl. rap. n, 13, tom. Il Cassiod., pag. 510 ; « Emrrserunt mulli de synagoga Judas:»- « rum, qui et in Clirislum crederenl, el lameti « legein cirnaliler observare vcllenl, magis-
0 que auctoritate logis deleclarenlur, quam « du!c dine Evangelii. »
La l< tire s, prise pour un, c, d ins le mot, aufteritate, détermina le copi le à prendre e pour o, qui lui ressemblait beaucoup; el lui fil lire auctoritate. Le môme auteur (aun je crois être Gilbert l'Universel) dil plus haut, pag. 505, in cap. i, 1 : « Pcr uboia « Cbristi dulcedu Evangelii intelligitur... Vi- « num autem austeritatem leg s significat. »
5- Acceptant pour assertum, dan, Apulée, de Doctrina Plat. lib. Il, pag. 503 de la dernière édition, an 10*8 : « Qui natura imbulus
1 esl ad sequeudum bonum, non mo«io sibi- « met natum pulal, sed omnibus : nec pa:i aaut simili modo, Tcrum palriœ unumqui m- « que acccplum esse, debinc proximis , et « moi cœtcris, qui familiari usu vcl uottlia « jinguniur. »
On fera Toir d'ailleurs, en parlant de la lettre p, qu'elle se confondait avec r; et l'on ne peul guère douier qu'Apulée n'eût écrit ast?t tam; soit qu'on considère la ressemblance des lettres qui composaient les deux mots, soit qu'on fasse attention au sens de cet endroit. L'éditeur, que le mol accepta,* parait avoir beaucoup exerce, aurail souhai'é trouver quelque fondrmeiil à mettre addictum à la place; mais ce dernier terme n'a malheureusement aucun rapport avec acception, ni par les lellrcs, ni par le son; cl I on trouve dans assertum la mémo signification précisément qu'aurait-mid/c/um.
Je pense aussi qu'outre la faule acceptum, mis pour assertum dans le lexte d'Apulée, il s'en IrouTe une autre, par l'omission du
10lt
DICTIOMyxinE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE. 1P!i
monosyllabe se, avant sibi; et que l'autour /lirait écrit, non modo se sibi natum putat. Olie de rnière méprise a pu avoir sa source dans la précipitation du copiste, qui crut que celui qui lui dictait «'était trompé, en prononçant de suite deux os du pronom personnel, elavail corrigé le premier par le second.
§ IV. Pclalollrc D.
Dans les manu-crits, la lettre d ne se distingue aucunement des deux lettres c. I. On peut s'en convaincre dans les échantillons d'écriture rapportés dans la Diplomatique. Divers savanl> en ont fait la remarque, el ont corrigé en conséquence différentes faute* dans les ouvrages des anciens écrivains. Voyez la dernière édition de Cassh-dorc, loin. 1, p. 177, not. b : clémentes, pour démentes, etc.
De là les variantes, seditduntur, seducunt>tr, loin. 111 Aug., pag. 630 F : Pro nobis indigna, pro nobis se inclinans, lom. V Aug., pag. M) J G.
1* Gela a occasionné une faute, lom. I Ambr., pag. 25 C, où on lit catadupa , au lu u de cataclyta, mot dont la forme des lettres é ail entièrement semblable à celle de tous les caraclères qui composent catadytn, que portent les meilleurs manuscrits. On peut s'assurer qu'il faut lire cataclyta, en <-on<»u!(anl loin. X Aug., 1209 K.
2"C'c>lsnns doute celle forme de la lettre d qui a fait donner tant de noms différents au siège épiM-opal du fameux Julien d'KcI.ine. Voyez la prêt icc de l'Ouvrage 1 nparf.iit, lom. X Aug., pag. 8b7. Pierre Dia- « re l'appelle Julianus Edanensis. Ce dernier mot ayant éiô subslilué a Eclnncnsis , qui présentait la même forme de lettres, les écrivains postérieurs, qui ne trouvaient aucune ville de ce nom, en ont cherché quelqu'une qui en approchAl, el l'ont appelée, les uns Celnnensis, les autres Alellanensis.
3- Le nom du prêtre Eraclius, désigné par sainl Augustin pour être son successeur , se trouve par la même raison défiguré en bien des endroits où il est question de lui; cl Htrunius lui-même le nomme Eradius dans ion Kpitomc, pag. 513.
Celui de sainte Thèele l'est également dans le catalogue du pape Gélase, rapporté par G rai ion sous le litre, Quœ concilia sancia Jtomana Eccletia suscipint , distinct. 15. «Li- « bel» qui appellalur Thcde cl Pauli, apocry- « phns. »
Thede, a pris la place de Thtclœ, ou, comme o:i écrivait souvent, Thecle.
4° C'est la même cause qui a fail mettre rcrudatus au lieu de leruclatus, dans le vocabulaire universel latin-français imprimé à Paris en 175V. Car la raison de l'élymologie, rendue indubitable par un endroit de saint Augustin, quest. 22, m Judicef, lom. III, p.ig. GJ2 I) , démontre que verudatus est une faute.
N oici ce que dit sainl Augustin dans l'endroii que je viens de citer : « Aul laie clausu- « reencnus fuit, quod sineelavi posselclaudi,
« nec sineelavi aperiri. Nam sunt quaîlim « tilia, sicut ea quœ veruclata dicunlur. »
5* Celte forme de la Ictlre d a fail changer orfiï* en oculis, Léon. Serm. 52, cap. G, tmn. I, pag. 250 : «Mullas illusiones Domino « sacerdolalibus serviens oculis, licenlia po- « pularis ingcssil.»
La première partie du d élant prise pour un c, la seconde jointe «à i, qui suivait, présenta la forme de la lettre u; parce que / se confondait avec t el u avec deux ii; ce qui donna les deux syllabes, oeu : après quoi is, qui restait, fui pris pour /*, qu'on regarda comme une abréviation de lis, qui devait nécessairement linirlc mol.
0* On trouve, par une méprise de la même espèce, clamante au lieu de damna' te, Aug. serin. 12, alias 10, du Divcrsis , lom. V, pag. 7 V D. «Nam et approbarc quod bene faeit, et o improhare quod peccal, nemo reetc poicit, v nisi ad eadein i lia in silenlio cordis vet lau- « danle, vcl clamante voce veritatis. »
Il suffit de faire attention que, comme il y a une antithèse enlrcapprofrrire et improbuie, il devrait y en avoir une a is-i qui manque entre laudanle et clamante. L'a Itmiion à la forme du d nous rend celle antithèse avec toute la beauté de la pensée de sainl Augustin, en nous conduisant au rétablissement du mol dammnte. On voit que le saint docteur fait allusion à Rom. u, 15 : Inier se t'nvicetn cogitolionibus accusantibus, aut etiim drfendentibus.
11 faul d'ailleurs observer qu'on doit lire en cet endroit ab eadem, à la place de ad eadem; ci celle dernière correelion esl fondée sur ce qu'on va faire voir ci après, sur le changement mutuel des lettres d. b.
7* Celle observation sur la lettre d nous procure la connaissance du véritable nom d'une ville célèbre dans l'histoire de France. M. le Bœuf a fait voir que CUAleau-Meillan est la ville nommée par nos historiens Castniin Mediolancnse. La seule difûcullc qu'il avait sur sa découverte, c'est qu'il ne voit pas assez de rapport cotre le nom français Meillan et le latin Mediolanense. Mais ce rapport devient le plus juste el te plus partait, dès qu'on lira Mediolanense, comme on ue peut guère douter qu'il ne faille lire.
Il y a entre les lettres d, b, un certain rapport, soit pour le sou, soit pour la forme, qui les a fait quelquefois changer par les copistes, lis ont mis, par exemple :
1* Arbore pour ardore, Ambr. Ilexaem.
lib. V, cap. 7, lom. 1, p. 87 D : « Hoc docel o muraBiiœ et riper» non jure generis, sed « arbore libidiuis expetitus ampkxus.»
2* Adfumtura, pour absumtura, Ambr. de excetsu satyri, lib. I, n. 71, loin. 11, pag. 1132 F : «Non enim amilti, sed prœmilli videntur, « quos non adsumtura murs, sed œiernilas « receplura est. »
D. M ibilton, Diplom. pag. 59 B, observe que la Ictlre t se mettait pour d, set p*nir sed, aput pour apud. El I). Couslanl dit dans son édition de saint Hilaire, pag. 770, nul. y : à Auliquis libri» solemne csl mutare
« t in d. » Le changement réciproque de ces deux loi Ires a fait écrire :
1" Trcpidandi à la place de trepidnnti, II i ar. in Math, cap. xiv, n. 10, pag. i:83 F : «Quod aulem trepidnndi ilii, non viiiulem « perveniendi ad se Dominus induisit, sed ma- «nuin exlendil, apprelunsuruquc sustinuit, « lucc ratio est . »
2* Otiosus pour odiosus, dans l'explication inlcrlinéaire de- Job, cap. xi. Hier. lom. Il, il p., pag. 80, initio : «Numquid potesl vir « vi rlio>us laudi -m hahere, ruin si in offen-
• sioue niinias verbositatis otiosus ? »
3° Sitlitam pour sotidam, Tertul. de lté' iurrfctiune carnis. num* '50. pag. 347 B : «îla-
• les i^iiur Dominum conlirmanlcm ad v et sus « lnerrtiCDs... sulilam rcsurrcctiouem.»
4u Ostendel pour osimttt, Appcnd. tom.X Aug., p. 10'e A : «Perspeclum icsl) hoc lan- «itim eus de gratia conlileri, quod quœdam «lilcro arhiirio sil magistra, seque per co-
• lioi litioms, per legem, por doctrinam... « [» rque lerrores exli insecus juilicio ejus <yr- « lendet. »
h'Cradtt, pour grnlus, Amhr. tom. I, pajî. 322 C : « Possessio enim justi gratum esse « Deo : insipicntiuni auient nullus gradus.»
0 Inviti pour intidi, Ambr. dp Obilu Val< utiii., iium. 3, loin II, png. 1174 B : «Fient « oinnes, (lent et ignoli, fient el limenlcs, fient « et inviti.» Ce prince avait des envieux. Ibid., 1178 I£ : « Jactabant invidi. quoi...»
7" Stipidum pour slipitum, Cassiod. de Orlhogr. cap. 1, loin. Il, pag. 607. col. 2 : « Varro du U intei vaila esse spalia. quœ sint
• imer capiia valioruro, id est, stipidum qui- « hi'S vallutn fil. »
§ V. Do la Iciire E
Les savants éditeurs de saint Ambro:sc reo. arquent que lib. VIII in Lucam, nuin. 92, tom. I, 1V9V B. queli|iit s manuscrits portent un e simple au lieu de la dipluhongue œ dans le mol istœ; i l l'on rcncon'rc en différenis endroits des exemptes d'un part-il changement.
T Parte, au lieu de partœ, Amiti. Marcellin, pag. G42 edit. Val sianœ : «Vieil lamen « futte>ta principis destinalio, cl adulabilis .« quoruimlam tentenlia regiorum : qui no m pi ne jain parte vicloriœ (ul opinab.intur) « cunsors lieret (iratianus,* properari cursu «céleri suadebant. »
2 Pro certo quœ, au l'eu de pro certoque, dans la lettre de l'empereur Constantin à Celsus, * ii aire. d'Afrique, p: g. 291, eol. 2, des iiiouumenls donnés par M. Dupin, à la suite des umvres de saint Optai : «Sciée ilaque
• pro ctrto quœ habere dcheaut, elc.»
Ou voit par ce second exemple que la dipluhongue se melt.iit à son lour à la place de l e simple.
tuqne. au lieu de e \ quœ, ibid., pag. 479, col. 1, vers la lin': «Nimwum iliud attendis, «ne pctiloris susc pieu's personaui, ettque in «jûd.cium millis... duCi'ie in judiciu compcl-
• laris. •
V Comte el ornaïf, pour comlœ et ornntœ, tom. V Uicron., pag. 111, à la lio : « Si iu
E CR!TnUF.. lOli
«carne placendi studio comte et ornate pro- «cidanl.»
Confcr Tertul. pag. 13 D : Si impudirarum rilu procédai is cultœ et eiptctœ.
5" Judœœ pour Judœe, Hierou. Episl. ad D.ird.inum, J/>m.ll, p. 009 : «Hœ-esl, Judœœ, «luarum longiludo et lalitudo lerrarum : iu « bis ({loriaris, elc.»
<i* Bubylonque pour Baryton quœ. Hieron. in Nahum cap. u, lom. III, pag. I.Ï7V. vers la (in : *Ut quod Ninive habuerat, Itabylon- « r/ne viccrat, possiderel. »
7" Juste sereritatis pour juslœ severitalis, Léon, serm.21, lom. I.pag. 1 : «Deum quo- «que juste Scverilalis exigeutc raliotie. ergn «hoinitiem...antiquam mutasse seulenliam.»
C'e>l juste, écrit au lieu de juslœ. qui a fait meure avant teveritati» la virgule qu'il faut supprimer.
8* Mente pour mensœ, Léon. lom. Il, pag. 120 : «A Dominir» aulem m* nie convi- « v io segregrnlur. »
Les anciens terminaient en a i, le génitif singulier d. s noms féminins d.; la première déclinaison, el menaient, par exemple, menait pour mensœ; magnai pour miynœ. Dans la suite, l't fut changé en e , et l'on écrivit vmgnae au lieu de magnai; après quoi se form i la diphlhongue en uuissanl les deux lettres ae ; el écrivant maynœ, pour magnai, ou ntagnae.
Celle manière d écrire la diphlhongue a par deux lettres sépuées l'une de l'autre a occasionné bien des faulcs, et l'on eu verra divers exemples dans l'article 'concernant la leitrc e. lin attendant je vais en c.l« r un qui fera voir ce qui pouvait arriver dans le cas i.ù celle diphllMn<;ue écrite de la sorlc se tiouvail au commencement d'un mot.
Ou lii d mis le discours de saint Viclrice. de Lande sanctorum, publié par M. le Bœuf, iium.U: oI:la vjrgo monilia œternitnti* orna- «meniapercussori colla subjecil.uLa première svllabe du mol œternilatis, se Irouvanl écrile avec le» deux lettres séparées ce , le copiste joignil l'a à moniti, que le sens exig'* visiblenienl, et ch.mgea en conséquence ornata en ornnmentu. Car on ne peul s'cmpêclu r do voie qu'on a la pensée cl les expre»siuns de saint Viclrice en lisant : « Illa virgo monili « œlernilaiisornuiupei'cussori collasubjccii. » Sur quoi il n'est pas inutile de remarquer qu'oinafn se rapporte à cw//a, et non pas à virgo. Les docteurs de Louvain eux-mêmes sonl tombés dans une méprise semblable par rapport à la dipluhongue rr, et ils oui mis in memoria elatis opibus, pour iu memoriœ talis opibus, Aug. Confcss. lib. X, cap. 40.
Les lettres e, », se menaient souvent l'une pour l'autre, cl le dernirr éditeur tl<» saint Jérôme en fait la remarque, lom. III Hieron., p. 7ô, not. b : «e el », dit-il, promiscue. « scribuiil libr.trii. » D. .Mabillon observe la même chose, Uiplom. pag. 5J B.
De là les variantes, t?/ros, reros, t. VII Ang , p. 437 A; cotliniant collineant, tom. VIII, pag. 170 F; liniamtntis, tincumenits, ibid., pag. 71 G; uudire, audere, ton». IV.
«US DICTIONNAIRE DE DîPt
pag. I'ïOO Bjminefur, merelur, lom.il Ambr., p iiî. ;:9C B.
De là aussi les fautes dont ou va voir les exemples :
1" Objni pour objici dans les actes du concile d'Aquilée, num.V7, Ambr. W)m. Il, pag. 798 F : « Posleaquam objeci libi , vidisli epi- « slolam Arii quaiti damnare noluisli, asse- « rerc aulem non potes, ideirco nunc refugis «et cavillaris »
Il fa m d'ailleurs supprimer !a virgu'e qui suit libi, et écrire de suite : Posleaquam objici titn vidisti rpistohm Arii.
2° Pcn&et al puur pensitnt , Marii luVrcal. pag. 18:t ull. « d t : «Judex omnium domi- « nantibus Iributum penset, al Dominus crea- «lu:œ d<ducitur in spcluucam.» Il faut ponctuer : Tribulum pensitat : Dominus craturœ. Couler ibid. pag. 301 : Didraymam pendtabat.
3- Repente non \ our repentino dans l'explication inlcrlinéairedeJob cap. xxvii, loin. Il Hicron., ii p., pag. 95: «Smlenlia Dei dam- « nans illum, repente non impeiu prtevenict. »
k' Concidm» pour concèdent, llieron. tom. IV, h p.. pag. 71V : «Nec vanilalem apoel- « Inmos subslantiam cnrporalein, ut illc assli- «mnl, aliis verbi» in Manichsi scila concitdens. » Conferlom. 111, pag. 107. lin. 13 : In Orijcnis scila concedil. Julien d'Eeiane dit île môme : Qui in tiaducit scita concedunt, lom. X Aug., pag. 1083 A.
b" Vendantes pourtendenlis, Léon. lom. II, pag. 2-25 : « Quos vero cotisaient sacrant fcinerentos esse pn tio dignilalcm, convieios «oporlet arceri, non siue periculo facinus « laïc vendenles. »
6- Omnes pour omnis, Ambr. de Spiritu fciicto, iib. I, cap. 3, num. 46, lo:n. Il, pag. 009 E : «Subler croalura omnis, supra divi- «nitas l'a Ici s et Filii et Spiritus saucli. Il Ji
• servit, hase rognai :itla subjaccl, isla domi- «nalur: illa opus, hœc auctor eslopcris : i » la « ai! oral omnes, hœc adoratur ab omnibus. »
7- Yictoriam au lieu do tcco»dïawi,Theoph. Alcxandrini lib.Pa>ch. II, lom. IV Hier., il p., p 710 : a Verum quid isla memoramus ? « Cum in taniam irrupvril victoriain (Ori- « gencs), ul aliuJ Saltalori crimeu impin-
• gai, tic. p
8' Ille pour Tertul. advenu* Praxeam, hum. 17, pag. 510 : « Rcx Israelis, quia ille a proprie cxcidil sors gonlis islius. »
0* Aude pour audï, Augu-l.opisl.217, alias 107. tom. II, pag. 800 A : « Quod si de pre- « cibos Eccle>iœ el de martyre Cypriano « parum pu las e-se quod dixi , aude raa- « jura. »
10* Irœ pour e te, epist. Zosimi papa) nd epii-cnpos Afric, Appoud. loin. X Aug. , pag. 99 A : « Tara caduco ac nullo fondait mine criminalionis ignore, procul dubio « ira; fuil, ul de persona lalium.. . qurere- « rclur. »
Le copiste n'entendant rien à la locution
• re est, ère m en est, pril e pour t. et mit ira», ti mont plus aioémeiit que la diplilbonguo kcciivuil communément par une simple, et
M A TIQUE CHRETIENNE. «>l«
que les deux mois n étaient point séparés l'un tle l'autre.
11* l'iri pacifici pour veri pacifici, Exposit. in Caul. cap. m, 7, lom. Il Cassiod., pag. 513 : « Probabilius tamen praesens ac- « cipiiur Erclesia, in qua sancli Dei sopitis « tumul'.ibus viliorum, amplexu Salomonis, a td ost, viri pacifici deleclantur. » Conter fit, pag. 51V : « Videle regem Salomonem, « id est, rerum pacificum Christum. » Ilcm , cap. 8, ) 11, p.ig. 53V : Diltcto meo, qui est ver us pacifie us.
La pensée vents paci ficus (ou, verut Salo* mon) , se rencontre commuitémont dans le* écr. vains ecclésiastiques, el elle y t- si souvent défigurée comme ici par lo changement d e en i, lorsque ces mois soûl employé* au géailif, veri pacifici.
i'± Pendet, au lieu de vendit, Aug. de Civitale Dei, Iib. Il, cap. 16 , dans le litre du chapitre : » De gradibus et diffcrcnliis croa- « lurarum, quod aliter pendet usus ulililalis, « aliter ordo rationis. »
Lo sens exige uu mot qui ail la môme signilicalion que pensai ou œslimqt ; cl cYst co qu'on trouve d.ais pendit. Con fer de libéra Arbitrin lit». 111, cap. 5, loin. I, pag. 617 B : A'iler œstimat ratio, aliter mus.
Cc« doux endroits comparés l'un à l'autre, paraissent démontrer, pour le dire ici en pissant, que lis litres des chapitres de la Cité de Dieu sont de la main de saint Augustin. Et si le P. Hardouin a pu, dans sou délire scandaleux assaillir eu particulier, comme un IVuilde l'imposture, l'ouvrage de Librro Arbilriu, il pouvait avec autant de Iniiilcm ni exercer de mè ne sou impudente césure contre la production si admirable el si universellement admirée ds Civitate Dei.
§ VI. DetalellreF.
Ri -n n'élall plus ordinaire aux copi los qiied'eerire l'une pour l'autre les lettres f, s; et cela a occasionné un grand nombre de variantes, comme : facial, sapint, Aug. I. X, p. 13 (3E; serimn,firiam,\oui. I Ambr., 320 B; sœviendi, ferieiidi, lom. Il Ambr., 391 l); *edem, fidem, ibid., ÎJ9J C; deferunt, deserunt, ibid., « 05 A ; figurula, siynala, ibid., 6'10 B; tièortifera veslibala , mortis sera veslibuta, ibid., -979 K.
(;'esl ce qui a fa il écrire :
1" Insulns pour infutas, Hicron. episl. 5V, ali as 2ù. ad Pammachium , lom. III , n p., pag. C8V. versus finem : « Anlequam Chrulo « lofa mente servirel, notus eral in senaiu ; a sed mulli alii habebant insulas proconsu- « laro«. »
'£ Fat sis nu lieu de saisis, Hicron. tom. III. pfig. 873, in Ezerhiclis cap. xxv :« |»cr- « (titqnc Dominus omnes reliquias mari- « timae rogionis , qnœ fulsis tunditur flu- ■ ctibus. »
3* his'.antia pour inflantia, Hieron. tom. V, pag. 359 : « Et non solum de carnibus « loquor; sed in ipsis leguminibus inshintia « cl graviardeclinanda sunt. »
V° Sive au lieu de fine, lom. V Hicron., p.
«Lî ELEMENTS DE CRITIQUE. i0|S
Gti, versus initium : « Hoc sitt concludit « gnifiratur occasus, qui malis innameris « .«• rmonctn. » • casi. lamquam vilia jumenla funduntur. *
5' Proftctor, au li*»u de prosector, ÏVrtul. Je mettrais aussi infiino au lieu de intimo de Anima, num. 25, pag. 283 : « Hoc et Hip- Aug. loui. V, pag. 93 E: « Dicunl in cordé « pœralcs habuit. . . el majorum quoque <i suo, quia tes bumanas Dcus nec respicit mprofictor Herophilus. » Couler pag. 270, « nec rogil, sed oranino in intimo qundam à la On. Héroplule était un anatomiste qui « hujus mundi fundo dimisil nus casibus Gt la dissection de deux cents corps en vie. a volvl. »
6* Covfidentium pour cons'drnlium, Concil. Tnlci. m, cm. 17, dans la Som.nc de Carranza, |>«iï. 333: a fin la) erudelitatis
• opus est nuntiatum, quantum confitltn- « lium aures siicerJolum non possent susli- « nere. »
7* Inseclione po-ir infeclione, dans le discour* d«« saitii V.c r ce, donné au public par M. le B<ruf, num. 11 : « Corpus autem inse-
• ctione spirilus œternuri diviua coliigimus « lectione. »
Confer lom. VIII, pag. 353 F ; « In isto ■ quasi fundo infimo universœ crealurœ. »
Un endroit de saint Ambroisc de l'iduis cap. 1, num. 4, tom./||, pag. 186 C, me porterait à croire que les lettres f, i, se ressemblaient quelquefois ; car il paraît au moins trèn-probahle qu'il faut y lire prœlatio au lieu de prtrfatio : « Sollicitas igilur aurcs pra> « fatio facil. »
Il est question de la préférence donnée Les anciens voyaient dans la teinture ( in- cn'rc les aulrc* veuves a celle qui fut choifretio ) qui pénètre une étoffe l'image de la sit' pour nourrir le prophète Elie; et il est
jnan ère dont l'âme est répandue dms tout le corps.
La lettre /"se confondait ayecc.'.et D. Ma- |)illo:i fait obsever dans sa Diplomatique, pag. 59. B, que les copistes éc. ivaient referrntia pour reverentia ; provanus pour profunux. On trouve à cause de cela les varian-
dit trois lignes plus haut : « Nam utique « muliffî viduœ ante, sed una omnibus ante- « fertur. » Ce dernier mot semble annoncer que prœlatio était la leçon originale.
I! nest peut-être pas inutile de remarquer que la lettre f s'enrployail quelquefois à la place des deux lettres ph ; et l'on en trouve
le* fere, .vrre, loin. 11 Ambr., p; g. 1119 E, la preuve dans la lettre 18 du pape Hormistt le> f inies dont on va voir les exem; I s : da<, uù le savant D. Constant a si heur.u- 1* Infectam nour invectum ; Hilar. de sèment substitué phinees se à fine esse. Voyez Trinitnte lib. XII , num. 19, pag. 1117 D : son livre intitulé, Velerum codicum t tm/tcùe • Cum tamen ultra parlium infectam compa- confirmaiœ, pag. 718. J'ai rapporté l'endroit ra'ionem Dcusct velil, el provideat, el per- en entier dans la première partie de cet ouvrage-ci.
§ Vit. De la lettre G.
Les anciens, suivant la remarque de Cas-
« agat. »
Cela veut dire que la volonté, la science < l l'action de Dieu sont inliniuienl au-des>us des choses dont l'Ecriture sainte apporte la comparaison, pour nousdonner l'idée des perfections et des opérations de la Divinité.
2* Invitât pour infidœ , Ambr. epist. 6, num. 16, loin. I!, pag. 776 C : « Sanc si « pucllnrnm parentes vindiclam crflagilarcnt, « partir» prece, jiarlim eliani relorquen to « in ipsos i »viice culpam custodiœ, sese re- « vocal uros »
Je suis presque persuadé que les variantes qu'on a trouvées trop corrompues, el que. p ir relie raison on n'a pas mises au jour, > «uniraient , si elles étaient comparées les •:»es aux autres, plus que de la probabilité au rétablissement du mol infiJœ.
3* Veracissime au lieu de feracissimef tom. IX Aug., pag. 274 A : « Quare ipsi fruclui, « quod per lotum munduui ©eracï«i'me proo venerit, invidelis ? »
•i* Fera au lieu de vera, Tertul. Apol. num. l'»,pag. li C: «Malus Jupiter, si fulmenlllius « est, impius in ncpolem, invidus in artifi- « ce m : haes neque fera prodi, neque fa Isa e confingi apud religiosissimos oportebat. •
Quelquefois cette lettre est confondue avec /cmn:. c le montrent les variantes quid (aga, çuid tu ogas, lom. I Ambr., p «g. 135 E ; fortitudo, fortitudo, ibid., pag. 801 F.
Je n'hésiterais presque pas, en conséquence de cette observation, à substituer, funduntur h funduntur, Cassiod. in psal lxxwi, 51, lom. IJ, pag. 263: «Morte pecudum, stulloruui fci-
siodore. tom. H, pag. 593, n'avaient pas la lettre g, el ils la remplaçaient par c qu'ils prononçaient comme y dans l'occasion. Ils écrivaient, par exemple. »cemrna qu'ils prononçaient gemma. El voila pourquoi, selon le inéuie aulcur, on conservait l'ancienne écriture du nom propre Caius, quoiqu'on prononçât encore de son temps G Uns, comme faisaient les anciens.
C'est sans doute par celte raison que d-s copistes à qui l'on dictait ont écrit Gainsrius, tom. IV Aug., pag. 1572 C; el dans d'autres endroits encore au lieu de Coi Sein*, qui s'est conservédansTerlullicn, imie ce semble, par saint Augustin en cet endroit.
De là sonl venus les changements si fréquents dans les manuscrits des lettres c. g: Sotcmnis veteribus cumin ilalio fuit liltera~ rum c, g* dit Pontanus in Marroh., pag. (iVl. Et d'ailleurs, comme le remarque Erasme, rien n'était plus facile qu'un pareil changement : Facilis transitai est a c in g corjnalam litteram. chil. 5, cent. 1, adag od.
De là les variantes, perrenseat, pergem rat, Hilar. pag. U5V B; rectan, rn/imu. tom. X Aug.. pag. 911 F : Ecdiciœ, Egdiyiœ, tom. IL 888 F.
De là enfin les fautes suivantes •.
1* Crassalam pour grassetam, Cassiod. in p<al. i.xxxiv, 1 :«l)icendo averti li cipli» « tem, o>lciuiil caiu pro humaoi» quiikm
2° Vacantes pour vagnntrs, lom. II Hicron., i! p in psal. xux,,pag. 250. Le communiaient expliquant ces paroles, meœ sunt omnes ferœ sytvarum, dit : * Irralionabitcs cl ilivrr- « >is monlibus roranfe* homines, quos opor- « ici vucaliunc filii Dei salvos lieri. »
L i proximité du son pouvait faire confondre la lettre g avec x cl avec s; et Ion mi
,nJ9 DlC.TIONNAn... »
• '....bu. <f«Tr cd divina ».»~; '•» *»< ™" « *«-
• m.scralmne submolam. » ^ prQ hnbUUale au „pu de probnbilitate ,
dans les Adages de Junius, mis à la suile de ceux d'Erasme, cenlur. 3, adag. 43 : « Sic « milii nulla csl fuma perliuaxtjiie sentenlia « sequenli id quod pro hubilttale animum « rommovet. »
//se confondait souvent avec n; et Dodwi'l, dans sa dissertation d< Diptychis Eccle- »t>, § G, remarque que rien n'était plirs aisé, voit dis exemples dans les variantes gelu, p0r exemple , que le changement des mots trias, lom. Il Ambr., p; g. 28a C : ingéras, in- bominum « I nominnm.
C'est ce qui a donné lieu aux faulcs qui suivent :
1» Somine au lieu de homine, Marii Merc, p.-.g. .'.9G edit. UaluziaiifD : « Homo igitur « fai lus csl vrre is per quem fccil et souilla « Deus cl Pater : cl non , ut nounolli cxtsii- « mant , in nomine fuit , ut tanquam homo « inletligalur a nobis Dcum habens mhabi- « lauti in. »
2' Cohibentibus au lieu de conicentiuus, Hicron. in Episl. ad Galatas, cap. u , lom. IV, pag. 239, lin. ult. : « Immincnlibus bine a inde falsis fralribus, et bis qui majores « craut aliqua ex parle cohibentibus. » Il
seras, dans l'Appendice de saint Cyprien de l'édilion d'Oxfoid, pag. 115, not. 6: gnaviter, suaviter, Appcnd. loin. N. Aug., 2GJ A. Ce dernier exemple me poilerailà croir • qu'indépendamment de la proximité du son qui avait toujours lieu lorsque Vs se trouvait en- Ire deux voyelles d'un même mot, cl assez souvent même lorsqu'elle serva l d'initiale, il fallait qu'elle eût pour la forme en elleluéme quelque ressemb ance avec g. Quoi qu'il en soit, il parail indubitable que g a pris la place d'*, cl s celle de gt dans h s deux lexles qu'on va voir.
1 (ierere a été mis au lieu de serere, Tertu I. ad Vxorem, lib. I, num. 5: « Nam quid nVsl pas inutile de remarquer a celle occasion que les mois cohwere, conivere, se trouvent fréquemment l'un pour l'autre, cl qu'on ne .es rencontre que rarement sans variante.
3" Ilomine pour nomine, Tertul. adcrs it Marcionem, lib. Y, pag. 473 D. : « Eudciu « moilo el in hominc bominis revineemr. » '•" Mos pour /ie»« , dans Sévère Sulpic *, dt
m gesliamus Lberos gerere, quos cum h.ibc- « mus, prœmitlere oplamus, respeetu scili- « cet imminenliiim angustiarum, cupidi el « ipsi iniquissimo islo steculo eximi ?»
2* Suaviter au lieu de gnaviter, Cassiod. in psal. xvn, 22, lom. II, p ig. Cl, initio : « Tune incendium charitatis ardescit, et fado « ;igminc in gl.tdios suaviter ruunl. » (Il fui a sé de mettre suaviter, parce que \'n se coufon lait avre u, comme s avec g.)
La forme assez approi h nie des lettres g, g, a fait mettre le mot barbare anteguis à la place d aui equis. Comment, iu novum Test, loin. V Hier., 800. post médium : a Non cum a pecumis anteguis, sed cum proprio laborc m demi homo sequi Dcum.», En substituant aut à tint dins anteguis, j'use du droit que m'en donne la ressemblance entière des lettres n. u, dans les manuscrits.
Je crois devoir avertir en finissant cet article que, selon Cas-iodore, loin. Il, pag. 5ï8, les copistes ajoutaient quelquefois la lettre g au commencement du mot narratio et écrivaient gnnnatio, comme si ce mol fût venu de gnarus. Cela pourrait avoir occasionné en cci tains eudroits gencratiouu lieu de narratio.
§ MU. De lalelire H.
I.a leltre h ressemblait si fort au b, qu'on a bien de la peine à les distinguer l'une de l'autre dans les manuscrits; el M. Valois en fait l'observation dans son édition d'Amm. M icell n, pag. 178, not. c.
C ' s' ce qui a fait mettre:
l ' Bonarum au lieu de honovum. Cassiod. in p-al. Lxxxv, 9 : j Cultus bominum non «ficil honorabilem Dcum, quem constat « bonorum omnium procul dubio I irgilorem.»
Voyez dans le dixième lunie d - saitil Augustin, p;»g. U'»4C, ces mêmes mats Ojho-
\ Ua beati Martini, p. 17G , edit. ami. t(W3. On y lit , après les noms des convive»» ipii se trouvèrent au repas donné à saint Martin par l'empereur Maxime : « Médius inter not « Martini Presbylcr accubueral; » el il est évident qu'il faut lire : Médius inter bas.
il se confondait quelquefois a\ec u ou r, qui se formaient de la même manière , et on eu a la preuve dans les variantes, subhastalœ, subcastatœ , lom. Vil Aug, pat;. 85 A : hylem , vitem , tom. ) Ambr., 140 A. Vi ilà pourquoi on lit proh beamus au lira de provideamus, Cnmm. in 1 ad Cor. cap. i, 24, Append. tom. U Ambr. pag. i*6 D:
« il et magis quœ sunt saluti pruximi nem cessaria prohibeamus , quam noslra» voo luntali. »
Un endroit de la Icllrc , ad ami cum œgrotum, tom. V Hicron. , pag. 52, versus fiucm, montre que la lellre h pouvait èlre prise pour /; car il csl visible qu'on doit y finmihi te, au lieu de milite, dans la phraso suivante : u Hœr milite absente mundus isls « stiggessit , qui te prawenle in me uon ba- « bebat consilium. d
La forme de 17/ majuscule approche as«« de celle des deux lettres EL; et c'est pour cela que, tom. I Ambr., pag 78 0. un manuscrit porte Hymnum, au lieu de Elymmu.
C issiodorc, tome II , page 547, vers la lin, observe que les copistes ajoutaient quelquefois o i retranchaient mal à propos la lettre h; cl il recommande de corriger les endroits où l'on reucoulrc celte faule : Aspiruiiontsx
tero super fluam deme, nul adjice competcnter.
Celle observation m'a procuré l'intelligence d'un texte de «airil Jérôme , in Jotiœ caput 1 , 5 : « Hoc quasi hoino locutus sum : • cœ'crum quasi Dru»» el his, qui eu m esscm « in forma lua, non suin rapinam arhilralus a aeqnaiim me esse lui... d co, etc. »
Si j'avais eu présent à l'esprit l'avis de Cas>io«lore , cet endroit m'aurait moins arrêté qu'il n'a fait. J'aurais supprimé sur-Lchamp la lettre h , el lu ti, au lieu de his, comme il faut évidemment le faire.
11 faut de même supprimer h dans hœc ferre, el mettre e (ferre , ou , comme on écrivait anciennement, eeferre, Mirii Merc.
pag. 188, edit. Ba uzianœ : « Talia a<1miltil, « queo sincl.lalem >cstram commovebunl « jintas in eum compelcntesque pœnas hœc « ferre. »
§1X. Do la lettre !.
Celte lettre s'écrivait anciennement sans point, et ce n'est qu'au treizième siècle, comme l'observe D. Mabillon , qu'on a commencé d'y en tm ttre un. Cela ne pouvait manquer de présenter aux copistes une double leçon dans un même mol, lorsque cette voyel e se trouvait jointe aux lettres m , n , u. etc., paice que .les traits de plume qui forment es lettres ne différaient en ri. n de la voyc'le i.
De là les variantes /«'rte. huic , tom. VI Aug. . l'iV K ; Africain , Apicani, tom. IX , pag. 71 , nv)t. d ; etuinet , enim et , ibid. , pag. 400, nul. b; injuncta, invicia, ibid., pag. 403, nol. u ; imam, unum, loin. 1 Ambr., 11. .G A; gemiuum, genninum, Append. loin. Il Ambr.» 38 B; nnscentem, irascenlem, tom. V Aug.» pag. 1V.9 A; mulantur, imitanlur, tom. III Aug., 88 B; lanamve , lanamine , tom. I Léon., pag. 742; initiari, imitari , tom. I Ambr. , 322 B ; in eo , mco , ibid. , 716 B ; ti eos in os , loin. Il Amb. , 1118 F.; ruinam, rimnn, ibid., 1088 K; gestumque, gesliunt, quœ , ibid., 1001 K; mentis, meritis , ibid. , 914 K ; ' ttnu/i, uni mi , loin. I Ambr., 581 D; tnundniioncm , inundationem , lom. 1 Aug., pag. 077 F ; nu'niw , in usu , lom. V Aug. , 72. A.
J'ai cru devoir rassembler cette multitude de variantes à l'occasion de la voyelle t , parce qu'aucun caractère de l'alphabet n'a donné lieu à Un aussi grand nombre de Taules, el que ces varimles mettent sur les voies, pour c niiger une infinité d'endroits des anciens écrivain-.
Je v.iis en présenter différents exemples qui serviront , avec les variantes qu'on a vues ci-dessus , à montrer à combien de méprises, et souvent assi 2 importantes, étaient exposés les copistes par le défaut de poiut si t les i. C'est ce qui a fait mettre :
1* Ingluvium (mot barbare) au lieu de inguinum, Aug. serm. 10, uum. 4, tom. V, pag. 03 C : « Nam si propter dies prajsentis t *a?culi , qui boni dicuulur et non sunl , in a si-pultura cordis per epularum aggercs , i in luxurise ac vino!cntiœ gurgitibus , in « lurpisïimis ingluvium voluptalibus , clc. »
: CRITIQUE. WH
Il était assez difficile que des copistes peu habiles, comme ils Pétaient communénv-nt tous, parvinssent à tirer le mol inguinum des caractères qui le composaient, lesquels, à la réserve d'un seul, ressemblaient tous à des t.
Les différentes éditions , excepté la dernière, qui a conservé la leçon fautive des manuscrits, ont substitué ingluv>arum. Mais ce terme est tout aussi barbare que l'autre, et il surfil, pour rétablir in/uinum, de faire attention soit au sens de cet endroit, soit à la ressemblance entière des caractères qui formaient anciennement ces deux mots.
Si celle correction au reste avait bvsoin de quelque appui étranger, ou en trouverait un, soit dans saint Augustin lui-même, qui emploie l'expression toluptalcm genitnlium , tom. X, pag. 1148 F, soit dans le philosophe Apulée, qui dans son Apologie, pag. 413 ult. edit., dil , en parlant de la philosophie : « Delicias ventris et inguinum , ucque vult « ullas, neque notesl. »
2* Unum au lieu de vivum. Comment, in I ad Cor. cap. xv. 43, Append. tom. Il Ambr., pag. 10"), lin. ult. : « Surgel autem (corpus) ■ m virtute, quia jam lolum unum eril ac « vegelum. »
Le mol ti'eum était composé de dix traits de plume qui tous paraissaient être des t ; et l'un de ces traits pouvait aisément échapper au copiste qui alors écrivait unum «m lieu de vivum.
3n Ail pour nul, dans la traduction do l'ouvrage de D^dyme, de Spirilu sancto , Hieron. tom. IV, pag. 518 : « Scrutantes... « in quo ait, quale tempus significabat it « qui eral in eis Spirilus Christi, etc. »
Il parait certain que ait a pris la place de aut , dont la Vulgale porte le synonyme tel. 11 y a d'ailleurs ici une autre laule, in quo pour in quod ; mais on sait que rien n'est plus ordinaire que le changement d.* quod en quo dans les manuscrits.
4* Le défaut de point sur lï faisait confondre in avec ui.
Il inc. par exemple, a été mis pour Auic, Aug. epist. 108 , alias 255 , n. 5 , lom. II , pag. 300 F : a [line alii duoiiccirn... non dio lala damnalione conjuncli sunl. »
In civitate pour vicinitnte, dans Jean de Sarisbéri , de Nugis curialium lib. Il , cap. 27, vers la fin, pag. 1 17 de l'édilion de Leyde : « Sicul nec mundilia, dum sui integritale « viget , quarumeumque sordium in civitate « polluilur. »
On sait que la consonne une se distinguait pas de l u voyelle par la forme , cl par conséquent in se confondait avec ri comme avec ui ; cl les deux mo's in civitate prirent d'autant plus aisément la place de vicinilale, qoe l'n et l'u ou v étaient entièrement semblables dans les manuscrits.
5* La même raison faisait confondre ju avic ri, cl te savant éditeur de saint Ililaire observe, pag. 890, nol. i, que les mots vis et jus s'écrivaient l'un comme l'autro , et c'est par celte raison , pour le dire en passant ,
qtif loin. IV Ai. p., 1601 D, on lit vis ou il f,.H .il jus : in psal. cxlvii , num. 16. Cela a fa il met ire :
\ indicarcnt au lien de judicarent, lom. V Hieron. in Job. cap. xxix, pag. 735. « Mani- « fcslum est, quia judices in porlis sedebant, « ut tindicarent populum. »
Judicari an lieu de vindiçari, ihid. in capul xix, p. 710, lin. ultima : « Quo judicio « jusli juriieis Dei , polcro dè subsannalo-
• ribus jttdicari. »
Juris pour viris , dans Jean de Sarishéri , de Nugis curialium , lib. VII , cap. 2o, p ig. 4.5 de l'édition de Lryde : « Inscrit se juris a liberi spirilus, mulier barbnri sanguinis, a quie a niiîippo rege tumultui inœrens dam- « nata, provocarcm , inquil, ad Philippum, « sed sobrium. »
Il Tant d'ailleurs , comme il est aisé de voir, ch. mgerdans ce texte tumultui en temuletito.
Yiribus au lieu de juribtts , dans une loi du grand Théodore , Append. loin. X Aug., pag. 40 A : « Locum sane, in quo vetita len- « l.inlur, (censemus) fisci nostri viiibus « aggregari. »
Comme ces deux mots s'écrivaient sans aucune différence, et que viri'ius était pins familier aux copistes, ce dernier a souvent pris la place de f autre, dans le texte des lois, et jmibus ne s'y trouve que rarement : on le rencontre, par exemple, Append. tom. X Aug. . pag. 260 E.
I idet au lieu de jubet, Aug. in Joan. tracl. 112, num. k , tom. III ,11 p., 78V G : a Si me,
• inquit , qnœritis, sinitc hos abire. Inimicos « videt, cl hoc faciuul quod jubet. Sinunl « abire, quos non vull perire. »
Videt donne une pensée pour le moins trèsfroide, qui ne sent en aucune sorte le génie de saint Augustin ; mais on le retrouve avec sa beauté ordinaire dans le mot jubet. (Jésus- Christ donne des ordres à ses propres ennemis, e< ils les «Acculent.)
Le changement a été d'autant plus facile, qu'outre que le d se confondait souvent avec 6, Je copiste ne connaissant pas l'emploi du verbe jubere, dans une signification absolue ci indépendante d'aucune suite (jubere aliç tem , donner des ordres à quelqu'un ) , se détermina à écrire videt plutôt que jubet. Cet emploi du verbe jubere se trouve dans un passage de Ciccron, cité par Lactan'ce, Divin, înstit. lib. \ I, cap. 8, lom. I , pag. 551 nova? cdii. : a Est quidetn vera lex, recta ratio.... « quœ tamen net] ne probos frustra jubet, aut « velat ; nec i m probos jubendo, aut velando « movet. »
6" Les syllabes in, ni, se confondaient entre elles par la même raison , et on lit septrm in au lieu de septenni, dans Sévèrc- Sulpicc, Sacra; Uist. lib. I in Jacob ; « Sed « imphlo tem,>ore Lia ei supponitur : ac « sursitm srptem in servilio subdjtur, atquc <■ ei Kaclu I liadilur. »
Je croyais d'abord que c'était une faute d'impression ; mais ayant consulté une au're édition, plus ancienne et plus mrre-c'e que ce'le dont je me .servais , j'y .11 trumé de même testent m f.rvitio, un lieu de frpienni
iîATIQUE CHRETIENNE. tOii
servitio ; ce qui 11 'a fait penser que la faute est ancienne , et peut - éire commune à tous les manuscrits qui nous restent.
7° Cela faisait aussi prendre la syl'abe in et la lettre m réciproquement l'une pour l'autre , et l'on trouve eu conséquence :
Multwn au lieu de inultum , episl. lnnoc papa) ad episcopos Maced. num. 3, tom. II Léon. , pag. 93, lin. 2 : 1 Sœpe accidit, quo* « lies a populis, aul a lurba pvcc tlor, quia « iu mimes propter mulliludiiiem non polest a vindiçari , miillum solere Irausire. »
luire au lieu de mire , Ambr. de N »e el Arca , cap. 12, lom. I, pag. 242 H : « El ut « ego arbitror, inire muudam adscril heb- « dom idam. »
In ira au lieu de mira , lom. V Ang. , pag. 115 E : « Kemansil ci in ira simpb x , per- « fecl.i el immutabilisjucundit.is* ordis ejus ■
La syllabe m, ne se distinguant point de la lettre m , pouvait par conséquent être aisément omise ou ajoutée, lorsqu'elle se rencontrait immédiatement après celle lettre.
Elle a été omise tom. 1 Ambr., pag. 513 D, où il faut lire : Tribuum inveniretur , pour tnbuum renirelur, comme il est marqué dans l'crrata.
Elle a été ajoutée, tom. II , pag. 3!V C, dans ce texte : « Hœ<*. enim incorruptibilh : « qood aulem vere bonum, hoc incorru- « plbile. »
On ne peut douter, ce me semble, qu'il ne faille lire hœc tnim corruplibilia.
8 On a vu plus haut que les syllabes ju et 11 se confondaient mutuellement, en conséquence du défaut de point sur i. La même chose arrivait aux syllabes ju et in , parce que la forme de I n ressemblait à celle de Vu.
C'est ce qui a fait écrire :
Judieium pour indicium , Comment, io Proverb. cap. xix , lom. V Hier., pag. 56V: « Quod aulem mulla s«pios iteraniur. firmi- « tatis judieium est; ut Joseph somnium « régis inlerpretans ail : eo quod sit sermo « Dei, et veraciter impler.tur. »
Il tant corriger la même faute, Léon. serai. 56, cap. 3, tom. I , pag. 260 : « Cumque se « a cibo alii in quo judieium Dominos pn- « suerai, contincrent, tu manum non relra- « bis a paropside. »
La voyelle i , outre sa destination propre; s'employait aussi, comme on sait, pour la consonne j , et s'appelait alors improprement i consonne.
Cela a pu en certains cas occasionner des fautes , el je pense que le mol rfi«m a , p.ir cette raison , été écrit au lieu des deux monosyllabes et j'rt'n., Comment, in I ad Cor, cap. xt. tom. V Hieron. , pag. £98 : « Bene- « diceus , eliam passurus , ultimam nobis « 1 ommcmoraiionem , sive memoriam de- « roitquit. »
On voit ai«ément p?.r la forme des deux lettres i, /, qu'elles onl pu souvent être mises l'une pour l'autre, selon que la vojelle «e trouvait plus allongée cl la liquide plus racorni cie.
C.'e->i pour cela qu'on trouve le? variantes plus } pms , lom. Il Ambr. , 1185 A, el que
FLEMF.STS DE CIUTIQIE.
tOîfi
I > mots injecta , ihUctn, se confondent par les copistes, comme l'observe M. le président Jloubier dans ses Remarques sur Cuérm, pag. 3'jy. Celle confusion des deux Litres a fatl mettre :
1" Fieri à In place de fleri , Comment, in I adThess. cap. iv, lom. V Hieron., pag. 108J:
• Aliter débet ficri qui peregre pergit, aliter « il'e qui morilur. »
2* /*iu* au lieu de pin*, Sulp. Severi Dialog. 1 , circa inilium : « Enim vero salis « probalis ( il faut probasti ) quantum plus
• amor posait , qui noslri causa lot inaria i lantomque lerrarum emensus... venisli. »
3° Vitro pour ultro , Lactantii Syinpo<. OEnigin. 27, loin. H, pag. 2.7» mvai edit. :
■ Vivo novem vitas, si non me G œcia fal- ( lit; Alraque sum semper nullo compulsa i dolore: Et non irasens n'/ro convi inlieo.»
11 faut d'ailleurs changer la ponctuation lu second rers de la manière suivante : » Alraque sum seraper : nullu compulsa do- « lore, et non irascens. »
V Visionis pour ultionis, Ambr. in psal. ixxti, iium. 33 : « Cngnitio ergd Dei digna-
■ tionis est, non visionis. »
Luc te t au lieu de jactet , dans le dis- 'ours de saint Victrice , publié par Al. le ïuîtif , nuni. 13 : « Ne aul cupidilas vexe; , i aul luctet ambitio. »
On a vu que Vu se formait souvent de nême que l'a.
Oa rencontre aussi quelquefois les lettres , r, l'une pour l'autre ; et voici des exemples qui rendront ce changement, c me emble , indubitable , en les joignant d'aileurs aux variantes pio. pro, lom. Il Ambr., ag. I lî>3 D; pie dtcla, prœdicta, Append. om. X Aug., pag. 52 F : fer ire , ferre, lom.
II , pag. 23 K.
1 Pro a été mis au lieu de pio , Append. >m. Il Hieron., pag. 5W (de psalmo cxx\i) :
Pro quidem sensu, sed erra nies David lue
Chrislum inlci pretauiur. »
Voyez l'expnssiou pio s< nsu, employée en are il cas dans trois endroits du laine 111 de ïiut JérAnc, pp. 46V, o23, ISOi.
2° Vrbibus au lieu de tiribus , Comment, i Lamcnl. cap. ti, loin. V Hieron., pag. 812 :
Ne enim pularenl Hebi œi se Iriumphatores
urbibus suis exslilis c. proOlclur ilios non
in suo gladio fuisse viciores. »
La première syllabe de viribus ayant été rise pour ur, le copiste fut comme naludlemenl déterminé à rendre les deux derères par bibus , el à écrire urbibus au lieu ; urnbus, qu'il croyait voir dans le cahier î il copiait.
3° Prœsident pour pie sedent , Lac tint, ivin. Instit. lib. I , cap. 20, lom. I , pag. 90 >vœ edil. : « El Tuliuus , in cujuh sinu pudendo uûbentes président, ul illarum pudiciliam prior Deus delibasse videalur. o Celte correction parait indubitable, s. il ir lo sens, soit par ce qu'on vieul do voir r le changement ti'i en r; soil princ palcenl par ce que dit saint Augustin, loin. VII, g. lo7 F : « Priapus... super cujus imma- []) Voyct au clwp. 8, a. 4, remploi que faisaicul les copistes de la particule vel.
a nissitnwm cl lurpissimum fascînum sedere- « nova nnpln juhehatur, more honcslissiiuo a et rcligiosissiom iitatronarum. »
Le m il r> liijiosisïimo , da passage de saint Augustin , semble fait pour aul liser le changement de président en pie sedent. (Je pense d'ailleurs que, dans ce passage de saint Augustin, la leçon primitive portail vre au lieu de more : Julxlmtur ure nt'Hi unaium.)
Joignez à cet exemple du changement de pie en prœ celui que vous trouverez ciai»rès, mis iiieidcmmeul sur la lettre o, DUm. 5 : Prœdicentium pour pie dicenlium.
•V* Les corrections précédentes serviront d'appui à celle qui va suivre, laquelle est beaucoup plus importante el trë: -propre à répandre un grand jour sur ce qui fait la matière du présent article.
Dan< S. Hilaire, pag. 1319, fragment. 3, num. 2V, on lil : o Inhi'oere nesciuiil enim, « et forliores de seclcribus cili» iunlur. »
Le manuscrit porte inberc , vei ji.bere (deux leçons qui, suivant ce qu'on a vu plus haut, ne se distinguaient pas l'une de l'autre,j'use confondant avec inj (I).
Le P. Sirmond en a fait juveneseunt enim ; mais il ne parait pas douteux, après le* exemples précédents, que le saint et illustre docteur n'ait écrit, en composant son ouvrage, Rubci e nesciunt enim, faisant a"usiou à Jérém. vi, l i : Erubetcere nescierunt.
Dans le même ouvrage de saint liilaire, pag. 132G B, la leçon a Gusia, comparée A celle du manuscrit a Gusra,' vient encore confirmer l'affinité des lettres i, r, par rapport à. leur forme.
J'ai remarqué dans saint Augustin quelques endroit*, où l'i et le t se trouvent coufondu* ; et I). Co stant fournit la preuve du changement qu'éprouvaient ces deux lettres, en disant pag. In de S. (Maire, nol. e : «' Rvpouimus ex inanuscripto Valic. : A, ta • «un/, quamvis legi qucai, a/m sunt. »
Voici d ailleurs den variâmes qui le confirm -nt : d< niqur, dent quœ, tom. \ III Aug., p;ig. 7'.!3 A ; reyiam, rertum, to n. X, pag. 9! I F; alternis, nlicnis, loin. VII, pag. 31 A; atio, alto, lom. IV, pag. 31o C. .
§ X. De la 1,-Ure K.
Les anciens employaient la lettre k à 'a place du c, el écrivaient, par exemple, Aondemno pour condemno. Do là vient qu'ils donnaient à un calomniateur la dénomination d'officier de la lettre k> comme le dit Cassiodore, in psal. lxxi, k : « K litteram ju» ■ dites antiqui damnalionibus affigebanl, et « quoniam crude is impugoalor condemna- « tionibus favel alieuis , K litterœ militem c calumniatorem appellare voluerunt. »
On sait que, par celte raison, la lettre c a été appelée triste et malheureuse, et ? pour le dire en passant, j'entendrais tout simplement de celle dernière lettre l'endroit de saint Ambroiso qui a lanl embarrassé les interprètes : Lugubre cerœ prima littera sono t, de Tobia, cap. xiti. (L'initiale du mol cera est une lettre funeste.)
nï7 DICTIONNAIRE 1>E OTLO
Dans l'Appendice de saint Cyprirn (édition «'. Oxford, pag. 2;)8), Jean Vallis, vers la fin de sa préface sur IcComput de saint Cypricn, observe que, dan* l'écriture ancienne. «»n employait le k pour tenir la place d s d ux lettres ca, el qu'on écrivait lu us pour car us. On voit même que, îoutc seule en caractère majuscule, elle siguifi ' cirissime, Vj-pend. tom. I\ Aug., pag. V7 I), où K. NH. doit se rendie par curtssime nabis. De même, d ins nue lettre de l'empereur Constance , aux éiéqnes. Hilar. pag. 13U I), parentes k signifie parentes curissimi.
Les Bretons ont conservé l'usage de faire servir cette lettre à indiquer une syllabe entière; et figurée de celle sorte, i}. elle a chez eux la même valeur que ker. Ils écrivant, par exemple, û| mot tan, le nom propre Kermorvtin
§ XI. D • la lettre L
L pouvait être prise pour 6 dans les cas où la seconde partie de celte dernière lettre n'était pas formée avec assez d'exactitude. Ou en voit la preuve dans les variantes prolutum, probatum, loin. X Aug., pag. 180 C : ribicibus, titi, cibo, loin. Il Ambr. pag. 12, D, où le copiste, lisant vili pour vibi, changea cibus eu cibo.
La confusion de ces deux caractères a fail mettre :
1° lîene au lieu de lene, tom. IX Aug., pag. 307 K : « Al ego inter strepilum vel p<sl « sliepilum ejus grandem, et nimis ut pulat . ip-e lerribilem , lente, ut dicilur, et bene « hoc ip^uin repelo. »
L'expression ut dicilur annonce un adage; et l'on ne trouve que de la platitude, pour ne rien dire de plus, dans bene, de la part d'un homme parlant de lui-inémc , comme fiil ici saint Augustin. Cou fer tom. V, pag. 790 D : Itationem teniler reddamus; ibid. pag. 159b K: Dicile leniter.
Les mots lente et Une semblent faits, au reste, pour entrer dans la composition d'un adage, soit par leur signification, soit par leur son, soit par les lettres dont ils sont formé*.
3* Probnta au lieu de prolata, tom. X Aug., pag. 1291 B : « Senlentia Manichœo- « ru m de crimiuum est probnta consiliis. »
La même chose pouvait avoir lieu par la même raison par rapport à la lettre d, lorsque la première partie du d (qui se formait comme dans nos imprimés) n'était pas nette» meut distinguée de la de rnière.
C'est pour cela qu'on lil :
1* Tululil au lieu de tutudil, qu'il faut rétablir dans les Actes des martyrs Saturnin, Félix, etc., placés par M. Dupin à la suite des œuvres de saint Oplat, pag. 236, num. V : a Iiigemisceus (proconsul) spirita i gladio « graviter vulneralus... marlyrem Chrisli « gravissions ielibus tutulit. »
2* Dedicata, au lieu de dtlicata, tom. III Hieron., pag. kOS : « Efficiamur cum eo unus c spirilus impleamusque sabbala dedicata. »
On a vu sur la lettre i qu'elle a été chan-
1VTIQLE CHRETIENNE. 10Î8
gée dans quelques endroits en r. La liquide i, qui souvenl ne se distinguait pas de la voyelle»", pouvait par conséquent cpmuier le même sort ; el d la parait être arrivé dan» la lettre U3, alias 162, d « saint August.u, num. 13. tom. II. p. 94 C, i-ù on lit : « Ce» e a eliam ipsis securnlibus legibus prenas justas a et débitas luent : » au lien de sœcularib ■# legibus, comme d'autres endroits de saint Augustin font voir qu'il faut lire, et qu'il est porte dans quatre manuscrits du Vatican, cités à la fin du tome, pag. 1:09.
On trouve d'ailleurs d'autres variantes qui confirment ce changement : révérend», revelanda, tom. Il Ambr. pag. 101'» B: damari, damait, ibid , 1028 C; lectum, rectum, tom. VI Aug., pag. 137 F.
On peut donc mettre sans hésit- r :
l" Fluet us pu lieu de fructus, Append. loin. Il Uieron., pag. 209, in psal. xxxi : « Mwlti fructus cituvioru n in jud co im- « pios vallabunt, qui sanctis nociluri non a erunt. »
2" De même, fragrnt à la place de flagrat , Ambr. Hexaem. Iii». VI, cap. 9, tom. I, pag. 1.J8 K : « Ideo diulius odor flngrat acceplus, « quam s nno n sonat, aul visus apparel. ■
3' Il y a bien de l'apparence que saint Ambroise, qui fait si souvent usage des pensées et des expressions de Virgile, avait écrit urvo, au lieu A'alvo qu'on lit, iiexaem. lib. V, cap. 18, loin. I, pag. 103 D : « In utero pro- « prios n< cant fétus, et parricid ilibus suc- « cis in ipso genilali alvo pignora sui veu- « tris cxstinguunl. »
Il est en effet plus que probable, par uttro qui précède et ventris qui suit, que l'éloquent et illustre docteur n'aurait pas voulu employer, dans l'espace de deux lignes, trois termes synonymes, et qu'il s éiau servi des expressions de Yirg le, Georg. III.
4° Je substituerais avec pre que autant de confiance reprtluntur à reperiuntur, que portent les meilleurs manuscrits, Ambr. de Pœnit. lib. 11, cap. 10, tom. 11, pag. 43G D-, et où l'on a admis reprehenduntur. « Mcrilo « reprehenduntur, qui saepius agendaui pœ- « nilenliam putant; quia luxurianlur in « Chrislo. »
Lse confondant avec r, el i avec /; on trouve dans reperiuntur toutes les lettres de reptlluntur, expression qui aurait plu* de rapport a adolescenliores riduat decita,à quoi le saint docteur fail allusion et qu'il emploie dans un cas tout semblable, pag. 551 D, de Fide lib. V. num. 4, à l'occasion d'un passage de saint Paul où se trouve aussi le mot detitd : « Hœrclicum a cominisso sibi ovili t repellit. »
Il a pu arriver quelquefois que la lettre s, n'étant pas courbée bien distinctement, ail été changée en /, el l'on en trouve un exemple llieron. in Matlh. cap. xvm. loin. IV, pag. 85 utlim» edil. : « Sin aulem ob faclain « cantumeliam simul implacables... nonne € uobis videmur rtete redigmdi in carce- « rem? » *
Il parait clair en effet que le mot simul a pris la place de simus; el cet exemple sufû-
mil seul pour établir le < hangomcnl réciproque ries lettres /, *; mais ce changement est confirmé d'ailleurs par les variantes : linum, sinum, dans I I vie de saint Hilaire d'Arles, cap. xiv, tom. 1 Léon., pag. 7V2 ; musti modo, mullimude, dans saint Hilaire, pag. 718 E; tigno, signo, loin. IV Aug., 409 D.
§ XII. D<> li I. urc M.
On a vu dans eu qui a été dit sur la lettre i quedinste^ manuscrits la lellrem nesedistinguail po nt de la syllabe in. De là in en pour f/.eu, pag. 1^47, nul. g, de la dernière édition de saint Hilaire.
Il me semble que in eis a de même élë mis au lieu de mets, dans le commentaire pélngien des Epilresde sainl Paul, incapul vu ad Rom., tom. V Hieron., pag. 9iG, à la fin : « Aliéna desideru, in eis fraudai e non « optans. »
li fau; d'ailleurs lire dans ce texte fraudari au lieu de fraudare, la lettre t ayani été changée en e. ainsi qu'on a vu ci-dessus que rela arrivait fréquemment. On a, en eff t, à ce qu'il me parait, la pensé» et les expressions do l'auteur, en lisant : Aliéna desidero, m ?is fraudari non optans.
Celte le Un; ne se distinguait point non plus de la sjllahe ni; <l ou I sait anciennement eliam susceptus hospitio, dans un endroit de Minucius F»lix, au lieu de et Jani susceptus hospilio, qu'Herald a rétabli sur le manuscrit du roi. Voyez ses notes, ad Minuc. Fel., pag. 27 de l'édition de Lcyde.
Promùcue sciibuntur m et n, dit le dernier éditeur de saint Jérôme, tom. 111, p;ig. 76, nul. b; et Cassiodore avertit de corriger les mots où l'on trouve l'une de ces letlrcs pour Taulre. L*e là, les variantes mutatione, nutatione, loin. I Ambr.,112 l):*inu :.ti.simalati, ibid., 781 A : tiascimur,maximus, loin. II, pag. 901) A. De là aussi les fautes suivantes :
1" Impiis pour in piis, Cotnuieut. in Prov., cap. xxii, tom. V Hieron., pag. 573 : « Nec « valco lentaiiouibus résister», *ed impiis
■ boni proposiii vmcor iuceptis.»
2- Inaniter pour immaniter, ibid., pag. 822, Comment, in Lamcni. cap. m : a Mondi « enim gloriam siliens, dum mullas pro ea « tribulalioue» reperil, amaruui esi quod - bibit; sed quia boc nimis inaniter miiii-
■ P»it» ejusdem amariludinis malum discer- « nere jam prae ebrietatc non sulficii.»
Il esi aisé de voir par le sens et par le rapport des lettres que dans l'or, g me, l'auteur avait écrit imm miter.
3- Fumus au lieu de funus, Terlul. de Anima, num. 3:J, pag. 289 A : « Si iia judica- « bilur, nonne illa anima plus solalii quam
• supplicii relalura esl, quod fumus inlcr « cocos preliosissimos iovenil? »
km In perfecta pour imper fecta, tom. IX AuS> P^K- *7 E : « Sicut aulem spe salvi « l.icti sumns, ila spe mundati sumu* m
■ perfecta salule et in perfecta mundi.ia.j» 5* Neque au lieu de meque, tom. X Aug
pag. 387 A : « Neque (ibi juuiori major êi
• prœpositus subdilo, correctionis cxeuipluin,
ELEMENTS OE CRiTlQlE. im «qnanto humilius, tanto satubrius exhibe-
« rem.»
On voit, dans plusieurs endroits de la Diplomatique, que les jambages des lettres m, », avaient,, dans certains siècles, une forme presque entièrement sCmbab'e à celle di s lettres c ou o; de sorte que dans le cas où ces deux lettres se trouvent l'une auprès «le l'autre, on n'aperçoit qu'une tirade ce presque fermés et approchants de Vu. C'est pour icla * que, tom. Ml Aug. , pag. 288 D, on voit les variantes inoportuno, impôt tuno.
La lettre m s'employait par les anciens dans des endroits où l'on a mis dans la suite une/ à la place. On écrivait, par exemple, ammiratione pour admiratione; et cet usage, dont les copistes postérieurs n'avaient pas de connaissance, a pu être une occasion de bien des fautes. Lis docteurs de Lou>ain eux-mêmes ont substitué animi rat,one à ammiratione, comme on l'observe tom. 1 Aug-, P 'g. 41V de la dernière édition.
On trouve à cause de cela amovere au lieu de admovere ou amtnovere, dans la Vie do saint Honorai, cap. 5, tom. I Léon., pag. % 703 : « Ad cunversalionem ( ou plutôt coati veniotiem) iu.nn stimulus amovere poluisa set.»
Il y a des mois où l'ro entrait au lieu du 6 qui y a é:è substitué, et l'on écrivait, par exemple, summmistrat pour subministrat ; ce qui a occasionné la variante suum mtnistrat, tom. \ 1 Aug., 278 C.
Celle observation présente un moyen , ce me semble, indubitable de rétablir le texte suivant de saint Augustin, tom. X, pag. 23G E : « Incremcnlum suum ministral m> «ciillus.ila ut non ostcmlat lantummodo « veritatem, verum ctiam impertial charilaa tern. »
Les copistes ajoutaient ou supprimaient souvent la lettre m à la lin des mots : Librarii grammulicœ ai lis experles, ibi mai i me probantur-errare. Nain si m litteram inconcenientrr addas uut demas, dictio tota cou fusa est, dit Cassiodore, de luslitulione diviu. Liller., cap. 15.
Je joins à ce témoignage celui du savant éditeur de sainl 11. lune, p. 12V7, no!, g • Vcteribus in tibris in fine verburum sœ/iitstme abundat Hltera-m. Ou corrigera, en couse* qu ihc de celte observation, les endroits suivants :
1° Voici, dans un seul texte ass z court, le double exemple de Vm ajoutée tt supprimée mal à propos à la fin d'un mot. C'est vers le commencement du premier livre Pasch. de Théophile d'Alexandrie, loin IV IIieron.,11 p., pag. C92 : o Intimas scriplura- « rum mcdullas bibout, verit item .dugmatum « falsi uominis scienliu condemnanles. »
Il n'est personne, je pense, qui ne convienne qu'il faut, suivant l'avis de Cassiodore, supprimer l'm à la fin de veritatem, il l'ajouter à scientia, en lisant : « Yeritalc dogma- « lum falsi nominis scimiiam condcinnan- « tes. »
2u II me semble que la môme faute se rencoutre aussi dans deux mots du passage
suivant dp sainl Ambroise, de Apologia David , cap. 6, in fine lom. I, |<ag. 68j F : v Ecce vcrborum contumelia parricidii leva- « vil œrunnnm.» Et je ne puis, en mon particulier, eiileudrc cel endroit , qu'en lisant : « Ecce vcrborum contumeliam parricidii le- « va vil crumna. »
(La douleur accablante que causent à David les attentats d'un fils parricide diminue, à ses yeux, le crime des paroles outrageantes de Séméi.)
3° L'wi a été ajoutée dans les trois mois, Wam (idem «prêtant, Marii Merc. p. 188 «dit. Baluzi.tttœ : « Simjiliciores quuMiam ■ cleruos dtc.epit, et i//rmi firent «prêtant « quam Paires Nie a?aj cdidcruul, fidei alleiaï, « immo vero pcifi;liœ subscribere comptilii.» (Au lieu do il ta- fide «prêta. )
4° Mémo faute dans qu.ilem, mis au lieu tle quule , ibid., pag. 371 : i Ad perfcclioucin a alicijus bujusmodi negolii , gunlem farlum n esse iticimus sub Cyro Persaruin et Mudo- • ruin rege. »
o- Ibid., pag. 331, dans omnem se confert in lîgnutn, où il faut omne.
G" Item ibid. , pag. 407 : Jntellectumqm dictumque difficile est, au lieu de inlelluiuque dicluque.
(Je n'ai point lu d'auteur où les faute* do copistes, remarquées p;r Cassiodorc touchant la lettre m, ?c rencontrent si fréquemment, cl je ne sais si l'on ne pourrait point en tirer quelque induction relative aux manuscrits qui restent des ouvrages de Marius Mercalor. Toujours parait-il, ou qu'ils ne se trouvaient pas dans la bibliothèque de Cassiodorc, ou qu'ils n'y ont pas été copiés de son vivant, ou du moins qu'il n'en avait pas revu les copies.)
7" Il faut aussi supprimer Vm dans mentem cowphctere , et écrire mente complectere , Hicron. in Agg. cap. u, loin. III, pag. 1(399, in Une : « Ouidquid rétro gestum est, mentem « compb iiere, et proptrrqus, quant i susli- « nueris; ul cum dt iucrps prospéra tibi « cvinerinl, scies qua causa cvencrinl.»
Il f.iiit d'ailleurs , dans ce texte, lire «cias au lieu de scies.
5 XIII. De lileiircN.
La lettre n se trouve souvent confondue Avec u ou r; et on le voit par 1rs variantes necessiludinis, vicitsiturtinis, loin. Il Aug., 425 G; nostrorum , vestrorum , tom. V, pag. 49 II; vobi«, nobis, tom. VIII, pag. 3oG A ; noverut, non crut, tom. I Ambr., 873 B, etc.
Cela est venu de ce que la consonne v s'écrivait comme la voyelle u, ainsi qu'il est marqué dans la Diplomatique, pag. 215 K. Or u cl n ont presque toujours la mémo forme dans les manuscrits. De là, indicatif pour judicavit. tom. I Ambr., 257 C ; indign tm pour indiguum, lom. 1 Aug., 104 E. (Onéciivail anciennement indiguum pour indigum. Gourer loin II Aug., 627 B, ou les niauusciiis portent i ndiguœ pour indigœ.)
Cela a fait met ire :
1* Factione au lieu de factiore, lom. VII Aug., pag. WD: « Quouiam ( respublica )
UATIQUE CHRETIENNE. 103*
« non esset res populi, cum tyrannus eara « factione capessrret.» Ce qui précède exige visiblement cette correction.
2° Vêtit pour nolit. Laclanlii Institut, lib. VII, cap. ul!., pag. 591 nova? edit. : « Et « quis est, qui h abc bona parare et acquirere « sibi vetitf » (E se confondait d'ailleurs avec o.)
3* Auquxtior pour angustiort Amb. de Jncob et Vita b -ata, lib. I, cap. 6, num.23, lom. I , pag. 452 D : « Quid eniin te angil ?... « Nom census lenuior, victus augustior? Sed « crunt tibi divilia; rémunérations œteinro, « in quilius rei ullius cjjere non possis.*
4° ism'm pour cum, tom. IV Hieron., pag. 245 : a Quia sciiicet génies simulatione sua « judaizare compeileret , dura enim cupiunl « œmulari. »
L'u du mol eum ayant été pris cl écrit pour n, les traits de plume qui restaient et qui tous avaient la mémo forme, ne pouvaient manquer d'être tendus par im, pour former un mol latin {enim).
Aimulari aliqueiu, signifie se piquer de faire comme quelqu'un et d'imiter sa conduite.
5* Yox au lieu dctiox, de Ci vitale !)<-i, lib. XIX, cap. 13, lom. VII Aug., 558 C. Les manuscrits portent lux, vox, auras spirabil es, à quoi l'on a substitué sans fondement lux istn ti«ibili«, aura spirabiles; tandis qu'il n'était question que de changer une lettre en uno autre, avec laquelle elle se Confondait.
N sa confondant avec u, comme on vient de voir, et u avec a, comme on a vu dans ce qui a été dit de cette dernière lettre, num 1 , il pouvait arriver que Vu fût pris pour l'n, et l'on en trouve un exemple tom. V Hieron., pag. 10ij9, lin. 1 : « Subjecla sil ci (uxor viro) « lamquam infirmior, ul regnatur. » On voit qu'il faut regatur.
Cela sert à éclaircir un endroit de saint Augustin, tom. VII , pag. G37 B, où on lit : « Sed illum (Origenem... non immerilo rc- « probavit Ecclesia : quia cl hoc quod mise- « ricors videbalur amisit, etc. »
On ne peut, ce me semble, entendre cela comme il faut qu'eu lisant quin au lieu de quia, cl en ponctuant d'ailleurs de cette sorte : Sed illum non immerito reprob >vit Ecclesia. Quin et hoc quod misericors videbatur amisit.
.La manière dont se formaient les lettres n, r, les a fait assez souvent changer : par exenipe, insemiratrix pour inscminatrixt loin. \ 1 Aug., 81 1); eautionem, cauiiorem, loin. Il Ambr., 320 B. Je me borne à ces deux, exemples de variantes occasionné, s par la forme de ces lettres, parce que 1rs corrections que je vais présenter sufûraieul seules pour en établir la ressemblance.
On ne peut en effet douter, ce me semble, que les copistes n'aient écrit :
1" Annorum pour armorum, Comment, in Job. cap. xxxix, lom. V Hieron., pag. 784 : « In lucem jacula lua ibuut, in spleudortin « coruscalionis annorum tuorum. »
2" Animo pour arma, dans te discours de saint \i< triée, publié par M. le Bu*uf, num. 8; a Hic (invenictis) Eufeiniam, que
« quontlam uslulalo animo sub percussorc » virgo non palluil. *
(On a imprimé à Atixerrc, en 176i, une traduction de cet ouvrage», dans laquelle , par une omission faiic élu z l'imprimeur, le mol quvndam de cet endroit ne se trouve pas rendu; ce qui était cependant assez important pour faire voir que sainte Euphéiuio avait déjà rendu autrefois à Jésus-Christ un premier témoignage, dans lequel elle avait eu l'épaule marquée d'un fer rouge.)
3* Sercus au lieu de sensus, Append. tom. V Aug., pag. 501 D, serin. 298, alias 3 de Tempnre : « Numquid ferreœ sunt carnes « hominum, eliam si servus ferreus iualiqui- « bus inveniatur? »
4* Recordant pour recondant , Comment, ht Prov. cap. i, tom. V Hierun., pag. 518: « Ostcndil... semper moris cs>e sapientum , « uldiclis ni.:joruin, aliquando eliam mino- « rum auscultent; et quidquid in cis uliiila- « lis auilierint, ad se repliccnt, suoque in « corde recordant.*
5" Ratio au lieu d^ natio, Sulpic. Sever. t'ia'og. 1 : « Qi.emdam illius ( Hicronymi ) « libeilum legi, in quo (ola nostrorum ratio ■ monachorutn ab co vehemenlissime vexa-
• tur et carpitur. »
6* La même faute se rencontre, tom. X P;,g- 972 E- " Eant nunc, et omnia « quidquid possunl Manichsœ rationù mo- « liantur ingénia.»
Il faut mettre nationis.
7" 7>rrmf au lieu de tenens, dans ce qu'Ennodc dit de saint Crépin, évéque de P.ivic, loin. II Léon., pag. 869, col. 2, in tnedio : «Favoris nescius, pcrlinaci terrens a disiriclione censuram.*
La forme des deux lettres n, p, parait entièrement la mémo dans l'écriture du v et du vi* siècle , comme on le voit dans 1rs échani liions de la Diplomatique; et l'on la nus en fait la remarque dans ses notes îur Macrobe, pag. 727 de l'édition de Lryde. De là les variantes toluntatem, voluptatem, mots très-souvent confondus dans les cci ils anciens, comme lom.lAmbr..lVJC; tom. X Aug., llo6 D ; tom. IV, 191 F; tom. VI, 8i G. De là encore cœpcris, coneris, tom.V Aug. , 1025 D; ipse, in *?, lliiar. pag. 6^9 A.
> oi!à pourquoi on rencontre assez souvent les deux mois in se, mis par erreur à la place du pronom ipse; et en voici deux ou Irois exemples :
1* Append. loin. III Aug. pag. 152 A : « Ita et Salvator in se Mariam arguil, dicens : « nondum ascendi ad Palrem. »
2° Tom. X Aug., pag. 673 F : « Ecce cir-
• cumeisus tradii nascenti de se, quo caruil
• in se. » Voyez une d« mi-page au-dessous : « Dicilis per rerum naturam licri non posse, m ut quo ipse caruil, Iradal proli parens.» Item, pag. 98V C : • Circumcisus prspu-
• liatuin gignil, (rajiciens in illum quo ipse « jain caruil. »
3* On lit aussi homo in se au lieu de homo ipse, dans Junilius, Bibl. Fi', tom. VI, pag. 31 D; edit. Paris, ann. 1576.
4" La ressemblance du ces deux lettres a
Diction*, de Diplomatique.
ELEMENTS DE CRITIQIE. I03J
d>nné lieu A une fanfe grossière dans Terlul. de Orationc , num.7: Senties pour s'ptitt. « De C lin stntic*, île Lamei h auicm septua- « git-s seplies uilio reput. ila est. »
La forme de la lettre n ressemblait à cell » des deux r i; et c'est ce qui a occasionné les
variantes sed items, seduceris, loin. III, n p. Aug., pag. 381 F : Yurios, vanos , loin. VI, pag. 52 A.
Celte lettre pouvait par conséquent, m certains cas, être changée en lï, parce que, comme on verra dans la suite, r et t se confondaient assez souvent.
De là esl venue la leçon faulive. bnpliznns ru lieu de laptizatis, tom. II Aug., pag. iiOV D : « Felicianus... modo cum Piimiauo « vester episcopus (sedel), el nemin m posl « cum baptizans.»
J'ai mis sedet à la place de sed qui est dans le texte; et on eu verra ailleurs la raison.
Les anciens menaient n / dans certains mots où nous employons deux // à la place, et ils écrivaient, par exemple, inluminant p«>ur illuminant ; inlectus pour tllectus; in/iers pour illices; intudere pour illudere; inlusio pour illusio, elc. La syllabe in pouvait en certaines occasions ôhc prise pour une ptéposilion et occasionner diiïcrenles fautes.
La même chose avait lieu par rapport à la lettre r; et pour adoucir le sou de celte dernière liquide, qui était extrêmement rude lorsqu'elle se trouvait deux fois de suite, ils disaii ni, par exemple, inritare pour irritare.
C'est sans doute ce qui a fait mettre im itent au lieu de irritent (écrit imitent) dans saint Paulin, serin, de Gaiophylacio, num. 8, pag. 220 ult. edilionis : « Vide ne... adver- « sum te edili gemitus, quos nécessitas labo- • ranlium, le non miseranlc, confeclis exlor- « sa'ril, feriant cl invitent patrem orphauoa rum, etc.»
L'habile éditeur (M. le Brun de Rouen) met à la marge irritent, et l'on voit que cette correction est des mieux fondées.
Celle observation conduit au rétablissement d'un texle du faux Ambroise, in II ad Tim. cap. il, 23, Append. tom. 11 Ambr., pag. 303 E; on y lit : « Insensalœ quœslio- « ues... modestos hmnincs cogunl ad lilcm : « immutantur enim nimia contradiclione lin- « pielatis eorum; el irali dicunl aliquid coati Ira proposilum suum.»
Au lieu de immutantur, un manuscrit porte invilantur; cl il esl visible que ce mol a élé substitué à inritanlur , qui formait la leçon primitive, comme le sens el la manière dont s'éi r.vail irritantur ne p mit lient pas d'en douter.
On rencontre une faute tout opposée, mais qui a la même source, dans le discours de saint \ ictrice, de Laude sanelorum, mis au jour par M. le Bœuf, n. k : « Ii rilatio « potestalum esl viduarum et coulinentiuin « mullitudo. »
Le sens exige inviialio. (C'est un spectacle attrayant pour tes princes de la cour céleste, qu'une multitude de, etc.)
Les savants éd. leurs de saint Augustin remarquent, loin. 111, pag. 6'jl, nul. r.que
K-5 DICTIONNAIRE DE DlfLi
les anciens faisaient aussi cnlrcr la lettre n dans des mots où noui employons m à la place, et qu'ils écrivaient inmanibus, inbutus, impunis, inmensus, pour immanibus, etc.
Cela a pu quelquefois donner lieu à des fautes de la part des copistes postérieurs; et je crois qu'en particulier inmo, écrit pour immo, a fait mettre in me à la place de ce dernier mol, dans saint Augustin, in psal. cil, num. 9, tom. IV. p. 1118 E , où le texte porte : « Itaque modo quodnm naturali m t mentura reparanda) quasi jnvenlutis, aquila < dicitur collidere et perculere ad pclram « ipsum quasi labium suum superius, quo « nimis crescente edendi adilus ciauditur.»
Il est, ce me semble, au moins très-vraisemblable, vu d'ailleurs l'affinité des lettres c, », et celle de e, o, que le texte primitif était : Inmo cura, dont in mensura prit ensuite la place.
§XIV. D« la lettre O.
La figure circulaire de l'o n'étant pas exactement formée, pouvait le-faire prendre pour les deux lettres ci; el j'ai cru en trouver une preuve dans un endroit de Terlullien, lib. Il ad Uxorcm, num. 8, pag. 171 B de l'édition de 1675. On y lit : « Unde nisi a • diabolo maritum petant idoneum exhiben- « da> >ell», et mulabus, et cinerariis percm griiiœ proccrilalis? »
Le mol cinerariii m'embarrassa nt, parce qu'il ne me paraissait pas vraisemblable qne la grandeur de la (aille fût recherchée dans un baigneur, comme elle l'était dans un porteur de chaise, il me vint en pensée que etnerariii pouvait avoir pris la place d'onerariis, qui me paraissait convenir parfaitement. Le lecteur jugera de la solidité de co soupçon, qu'on pourrait appuyer par ce qui est dit plus haut, pag. 104 A, lib. I : Nec Germamcos bajuloi.
L'o et le D majuscule se ressemblaient si fort, qu'ils pouvaient très-aisément être confondus, et c'est ce qui a fait mettre degradatio pour o gradatio, loin. IX Aug., pag. fcOo F : « Degradatio mira prœdicenlium bo- « minum, non jam ut velus proverbiom fer- € tur, quod volumus sanctum est ; sed etiam, « qnando volumus, el quamdiu volumus. »
11 f.iul d'ailleurs lire pie dicenlium, au lieu de prœdicenlium, dans ce texte : O gnadatio mira pie dicenlium. Voyez la lettre t, num. 4, et les variantes prœdiclu, pie dicta, Append. tom. X, pag. 52 F.
Les donalisles se contentaient d'abord de dire quod volumus sanctum est. Ils viennent par degrés jusqu'à dire quando volumus, et quamdiu volumus; voilà la gradation. Confcr infra, 5"6 B, o mira defensio I
L'ironie contenue dans pie dicentium se trouve de même en différents endroits; comme tom. III, u p. , 837 E, ptï homines; tom. VIII, 265 A, Pius homo Faustus dolet; ibid., Istos pios homines interrogo.
La forme de l'o ne pouvait manquer de le faire souvent confondre avec e. Gela arrive encore aujourd'hui; et l'on a mis, pag. 373 du Traité de la prière publique : Nos dis-
IATIQUE CHRETIENNE. 1035
tractions doivent nous inspirer c-s doux *enlimenls, au lien de ces detu: sentiments (d admirer... et de déplorer).
On trouve en conséquence les variante!
merum, morum, tom. I Ambr., pair. 1200 F : Eo quo, eoque, tom. I Aug., 336 E. C'est ht même cause qui a donné naissance aux fautes qui suivent :
!• Nescit au lieu Aenoscit, Ambr. de Virgir.ilate, cap. 19, num. 1-21, tom. Il, pag. 2i3 D : « Altum mare' scriplura nescit. ■
2* Ne me au lieu de tienne, dans la traduction du premier sermon de Neslorius, par Marius Mercator, pag. 55 edil. Baluzians : « Ne me inclinans reum levare qui ceridit, « lamquani ille corruerit, viluperatur. »
(On ne reproche pas à un homme qui se bai>se, pour en relever un autre qui -éta t tombé, de s'être laissé tomber lui-même.)
3* Semper quo pour sen perque , Append. t. II Ambr., p. 185 D : « Ul débitas reddant « pœnas int rilus in aiternum, semper pair tientes, non tamen penilus déficientes; ut « ipsa pœna illos quodammodo generet sem— « per, quo consumantur. »
On c>i, ce me semble, autorisé, soit par le sens, soit par les exemples précédents, à ponctuer et à lire : « Ut ipsa pœna illo* quo- * dammodo generet, temperque consuman- « lur. »
4* Fluente ponr fluento, tom. IV Hieron., pag. 267 : « Baplismum in Jordanie fluente « accipit. *
5* Ipse pour ipso, tom. II Aug., 315 E : ■ Qunmvis insolenlor elalus, el ipse suo lu* « more cœcatus audeat dicere, Noli me lan- « gère. »
voyez plus haut, 310 D : Ipso suo tumore cœcali.
6" Vocuit pour decuil , Append. lom. V Aug., 260 F : ■ Sinceritali non debuil araari- « tudo misceri ; quia pro nobis Domioum « sine peccato docuit cruciGgi. »
7* Malo. mis au lieu de mate, a fait totalement défigurer un endroit du livre contra Fulgcnlium Donatistam, Append. (om. IX.
Aug., pag. 6 F : c Interprètes malo desuper. « Legc, ut sensum possis accipere. »
Il ne paraît pas possible de douter qu'il n'y eût dans l'origine : Interpres maie, desuper lege, ut sensum possis accipere.
8* Novum au lieu de nevum (qui s'écrivait pour nœvum), Comment, in Euisl. ad Roui., cap. xiv, 16, Append. lom. Il Ambr., pag. 103 B : « Taie est, si quis decorus novum « forte habeal in fronte, uude deformelur « species ejus. »
(J'ai présenté la leçon de ceux des manuscrits qui approchent le plus de la véritable, comme il est aisé Uei'en convaincre.)
9* Ore pour ovo, dans le symbole de Rufin, tom. V Hieron., pag. 133, înitio : « De ore « nalum Castorem Pollucemque confirmant. »
10* Valorque pour cator quo, Cassiod. de Anima, lom. Il, pag. 629, col. 1 : «Quod si « virtus ejus (anima;) lantum esset, calorque « corpus vrgetaret, incisum digitum non po- « lerat cond:;lcre; sicul nec sol probatur
1(57 ELEMl NTS I
« quiriquam scntire , si ejus radios secarc « tenlaveris. »
Il faut d'ailleurs changer la ponctuation du celle sorte : Quod si virttu y us tantum esset calor, quo corpus vegetaret, etc.
La faute contenue dans ce dixième exemple est précisément le contraire de celle qoi a été corrigée ci-dessus dans le troisième, et toutes deux ont leur origino dans la ressemblance d'e avec e.
11* Censuerun4 pour consuerunt, Cassiod.
in psal. cxlit. 21 , tom. II, pag. 489 : « Expo- « silis omnibus locis, quaî laudem Domini « geucrare ac produccre censuerunt, etc. •
0 se mettait par les copistes dans des endroits où il fallait u. Voyez Cassiodore, tom. Il, pag. 547» vers la Gn; et la Diplomatique, pag. b9 B.
C'est ce qui a donné lieu aux variantes murait, morali, tom. I Ambr., pag. 1020 E; murum, morum, ibid., 1243 E; dos, dux, tom. JI Ambr.. 250 C ; putanda, potanda, lom. II Aug. 536 B; «une rident, non credunt, lom. I Ambr., 1372 C; adhuc, ad hoc, tom. IV Aug. 738 G.
On est donc bien fondé à changer :
1* Conter *um en cum versum, vers la fin de la lettre de Sécondin à saint Augustin, tom. VIII, pag. 524 A, où on lit : « Tu autem « converswn facis et pedem poois, ut est : « orbis, vita, salus, lumen, lex, ordo, pole- « slas, etc. »
Celte faute revient à celle qui a été corrigée dans la première partie de cet ouvrage, en rétablissant la pensée si belle et si énergiq usinent exprimée ; Veritas, cum putatur premi, resurgit.
2" Consedulilati en cum sedulitati dans le discours de saint Viclrice, publié par M. Le Bœuf, num. 3 : « Tu» quoque, dilectissime « fraler jEliane, consedulitali , tum etiam « exspectationi gralias ago. »
3° Confuderunt en confoderunt, Comment, in I ad Cor. cap. xv, 39, Appcnd. lom. 11 Ambr., pag. 103 B : « Omncs mundani phi- « losophi, qui menlem supin legi Dei humi- « liare, ut fidrm ejus susciperent, noluerunt, « diverse semper et contraria asscreutes, « inanissimis disputa tionibus iuvicem se con- « fuderunt. »
4u Potandus en putandus dans le livre contra Fulgentium Donatistam, Appcnd. loin. IX Aug., pag. 6 B : « Ut pula Maoichaus, quia « numquam fuit in paradiso, aqua paradisi « potandus est. »
Il se trouve une négation quelques lignes plus haut; et il est évident, par tout le contexte, qu'il faut lire aqua (au nominatif; paradisi putandus est.
5" Urbis en orbis, lib. Pasch. II, lom. IV Hieron., pag. 705, lin. ult. : « Imminenlia « Testa loti us nobiscum urbis festi vitale celo- « hremus. »
6° Nobis en nubis, Comment, in Job cap. xxx, tom. V Hieron., pag. 737 : « Quasi venli t impelu, cl quasi transvolanlis nobis cclc- • ritate, etc. »
7* Ad hoc en adhuc, Append. tom. III Aug., p.. g. 156 B : « Recte aulem agcnlihus dicit.
E CfMTlQUE. UZS
■ quod non sunt in carne, sed in spiritu : cl « ulique ad hoc in corporc suni. »
8* Adhuc en ad hoc, t'>m. V Aug., pag;. 8VC fi : c Adhuc habentur diviti» mullutnque « amantur : nidus colligilur superbias, ubi « nutrialur et crescal : quod pejus est, non « volet, sed mancat. »
J'ai mis, pour plus de clarté, deux poiui* après amantur.
9* Computatur en cum putatur, Comment, in Epist. ad Rom., cap. ix, 23, Append. lom. II Ambr., pag. 83 F : « Hoc est aut< m tnuni- « festare potenliam in muMa patientia; quia ' « computatur non vmdicaturu«, quia diu dis- « simulai... apparebît ejus polentia, etc. »
§ XV. De la lettre P.
La lettre p ressemblait quelquefois â f, comme l'observe M. Valois dans son édition d'Ammien Marcellin, pag. 21, not. e; et le mot flexuosas, par exemple, se trouve changé en plexuosas. C'est sans doute ce qui a fait écrire Fariseam civilatem, an lieu do Parisiam civilatem, dans saint Hilaire, Fragmenta 2, pag. 1353 A. La même cause a fait mettre factum au lieu de pactum, Ambr.
epist. 12, num. 5, tom. II, pag. 813 E : « Juxla « partium factum poposcimus, ut allcro de» < cedcnle, pênes supcrslilem Ecclesi* jura « permanerenl. » »
C'est une correction qui est duc à M. Valois, et qui est fondée, soit sur lo sens de cet endroit, soit sur la ressemblance des lettres p, /, dans les manuscrits.
Le changement réciproque de ces deux lettres, a aussi, si je ne me trompe, fait écrire :
1* fiepellendo au lien de refellendo, Append. tom. V Aug., serm. 152, pag. 267 D : « Accusalionem ergosuam Dominus lacen t c non Grraat, sed despicit non repelicndo. » Cunfer lom. 1 Ambr., pag. 1525 B : c Non « ergo accusalionem timondo confirmât, sed despicit non refellendo. •
2* Patrum au lieu de fratrum, dans la vio de saint Honorai d'Arles, cap. 4, tom. I Léon., pag. 7G1, lin. 4 : « Ipso», si dici polcsl, sin- « gutorum patrum soainos pio pensavit af- « fectu. »
Je propose cette correction avec d'autant plus de confiance, que le savant M. le Brun, dernier éditeur de saint Paulin, observe, in Paulini Vita, cap. 50, pag. 8G, que les copistes tombaient aisé>nent dans la faute d'écrire fratri pour pain, et sans doute vice t>er*o, parce que cette méprise avait pour source la ressemblance des lettres p, f.
(On sait que la dénomination des simple! religieux n'était point alors celle de Patres mais de Fratres.)
3* Fons au lieu de pons* Aog. in psal. i, num. 1, tom IV, pag. 462 E : c Non enim vo- « bis jam isla pcricula prslcrgressis, fons « misericordias Dei prscisus est. » Conter loin. V, pp. 1235 B, 1266 F, 1273 A.
P se confondait avec q : torquens avec /erpens, lom. X Aug., 296 E. (Voyez le Syllabus à la Gn du tome : ) Pueris arec quarts, loin. V Aug., pag. 839 G : Patiuntur avec
f/im/iiinfur, Paulini Pocm. 20, 66, pag. 92, nof. d.
Ces variantes pourraient, ce me semble, autoriser la substitution de quatitur à patitur, dans le texte suivant du saint Augustin, lom. V, p. 122 E : « Qui ergo slat et
* audit, in verbo non offendit. Qui autem loti (juitur, etsi (quod difficile est) non offendil, « palilur lamen et timet ne offendat. »
Outre la variante dans saint Paulin, citée ci-dessus, on en voit une semblable lom. II A mur., pag. G2t> D, où des manuscrits portent tempestatem patiamur, au lieu de tempestate quatiatur, (\u\ est dans le texle. Au reste, le mot offendit qui précède paraît favoriser beaucoup le changement de patitur en quatitur, dans le passage de saint Augustin que je viens de transcrire.
On voit, pag. 49 B de la Diplomatique, que p et r se ressemblaient dans ies caractères lombards, incertis, par exemple, s'écrivant comme inceptis; et M. Valois, dans son édition d'Ainm. Marcell. pag. 73, nol. a, dit en pariant de la lettre r ; « ln vetuslis codicibus «observavi, plerumque caninam litteram « seribi instar p. »
Cela a amené un terme barbare dans un sermon de saint Césaire, Append. tom. V Aug., pag. 4-34 D. On y lit : «t Omnia specta- « cula vel furiosa vel cruenta, vel iurria, « pompa? diaboli sunt. »
11 est évident que saint Césaire caractérise les trois principaux spectacles par les emportements du cirque, les meurtres de l'amphithéâtre et les obscénités delà scène; et c'est a ce dernier que se rapporte le mot turpia qu'il faut dans cet endroit.
Ne pourrait-on pas croire que la ressemblance de ces doux lettres a fait mettre redimeretur à la place de perimeretur. Ambr. de Spiritu sancto, lib. X, c. 9, tom. II, pag. 622 F? c Suscepit enim quod non erat, ut eclaret « quod erat : eclavit quod erat, ut (enlarelur a in eo cl redimeretur quod non erat. »
On verra ci-après, sur la lettre r, num. 1, qu'elle se confondait avec d, de sorte que lien n'était plus facile que le changement de perimeretur en redimeretur.
On a vu, § 13, num. 4, que p se confondait avec n; et ibid., num. 1, que n se confondait avec u. Le p pouvait par conséquent rire mis quelquefois pour u; et cela parait être arrivé, tom. X Aug., pag. 1219 C, où l'on trouve le mol poculis au lieu de toculis que le sens revendique : « Patiantur ergo a pueruli de islis verborum contrarietatibus ■ qusDJlionem, ul nullius majoris rei quam « sonorum capaecs pro alludenlibus sibi po-
• culis prœlienlur. »
IXYI.De la lettre Q.
Voyez ce qui en a été dit sur les lettres c, num. 1, cl p, num. 2.
S XVII. De la lcllreR.
La lettre r ressemblait quelquefois au d : cl voilà pourquoi les mots repeltere, depel- 1ère se trouvent l'un pour l'autre, comme l'observe M. le président Bouhier dans ses
Remarques sur Cicéron.paj .^l. Delà les variantes revietam, devictam, l.adanlii tom. Il, pag. 59, lin. 5, novœ rdit : refettione, dilcctiune, tom. X Aug., pag. 6,0 A.
Metlei en conséquence :
1* Deponeremus à la place de reponeremu$, epist. 4.2 Ambr., ad Sororcro, num. 6, lom. I, pag. 957 D : « Dcinde si coinpetcnlia « gratis virîs officia reponeremus, ipsius grn- « lia? remunerationem futuram omnium in a hac muliere declaravit. »
2» Detorquerek la place de retorquere, Marii Meic. pag. 329, lin. 7. ullinxe edil. : « ... Tcstimonia sanclorum Patrum... sccle- « slus el impius ad suuin nefarium sensum c retorquere con tendit. »
3" Deprehensus au lieu de reprehensus, Append. lom. III Aug., pag. '8 G : « Numquid « fur reprehensus, cum in qundrupium juxla « legvm damnatur, non dauinum palilur? »
La forme de la lettre r est absolument la même que celle de l'j, dans les manuscrits du vir ou vin* siècle, comme on peut le voir dans la Diplomatique.
De là les variantes partus, pas tu», lom. II Ambr., pag. 118 B; rapitt sapit, ibid., pag. 838 D; docemur, docemus, tom. IX Aug., 1*2 E; Con tincn ter, continent et, lom. X, pag. 722 A; Heparatis, separalis, ibid., p. 1231 G.
On peut donc lire sans hésiter :
!• Videamur au lieu de videomus, Ambr.
de Abraham, lib. 1, cap. 3, lom. 1, p. 289 C : a Ronum est ul rationcm pneveniat (Mes; ne c lamquam ab homine, ita a Domino Deo « nostro rationem videamus exigerc. d
2* Dolose au .lien de dolorc, tom. V Hieron., pag. 1062, medio : « Ali» dolore prajdi- « cant ad me gravandum. »
3" Rata au lieu de sata, Ambr. epist. 82, nom. 8, tom. Il, pag. 1102 A : « Si nimia « siccitale arueriul locorum gignentia, sorori « lamen tuœ sala non minuclur fecunditas. » (Le produit fixe cl convenu qu'elle devait tirer des fonds.)
h* Testarum au lieu de terrarum, dans lo discours de saint Victrice public par M. le Bœuf, num. 14 : « ln squalnro sordibusque « jactanlur, ipsisque terrarum cubilibus transa punguntur. » On va voir ci-dessous que» r et t se confondaient aussi.
5* Pateremus au lieu de paleremur, dans les Invectives de Rufin.llicron. loin. IV, n p., pag. 358 : « Latins quam proposueram... « respondi, verens ne iterum per brevitatem « aliquibus calumniis pateremur. »
6° Arbitros pour arbitror, Terlull. de Monogamia, num. 8 : « Taies arbitror infans « Dominus experlus , non a'.ios habuit et « adultus. »
7# Gratiora pour graliosa, tom. IV Aug., pag. 684- G : « Et quœ munira gratiosa, quam « sacriGcia laudis? »
Il est assez ordinaire de rencontrer l'une pour l'autre les lettres r, t, dont la forme est en effet presque la même dans les manuscrits, comme l'observe Doin Martianai, lom. 111 Hieron., pag. 528, not. b. De là, A/etuimus et meruimus, to.n. X Aug., pag. 746, lin. U : Septima cl se prima, dans un passage
1011 ELEMENTS Dl
cilé par Dodwel,disscrt. xi. de paurilale Martjrum, § 07, in Append. Cyprian.
On est donc bien fondé a substituer, t* Naresà notes, Hieron. adversus Jovin. Iib. Il, versus fincm, lom. IV, u p., pag. 227 : « In circuits platearum yuolidie ficlus bario- « lus slultorum nutes verborat, et oblorto « fusle deutes mordenlium qunlil. »
2° Propheturum à prophetatum , Micron, tom. IV, i p., pag. 511 : a Sern.o Dei ad eos m dicilur faclus, ut ad id quod ad consuetu- « dincm prophetatum est, liœc dicit Dominus, • etiaui illud addaiur : scimu qui faclas est « ad Isaiaui, e;c. »
3# Atiaclu à ia place de atractu, Hicron. lom. III, p. 787, in fini* : « Ucmori boissnm, « q»œ duodeim amiis cruore mauabal, Hm- « briœ sanavil atractu, »
4* Uruntur au li» u de utuntur, Léon, senii. 47, cap. 2. tom. I, pag. 23V : « Mulli enim, « quod dolcndum est , profectibus utuntur « alienis. »
5« Attitulentitr au lieu de articulentur Hislor. de Origaiibus Monast. Caril. dans le tom. 1 du Recueil de divers écrits de M. le Bœuf, pag. 414 : « Altaria vero... quibus ar- « ticulenlur cœ'A senaloribus... et visus (pour « uJus) ipse, et singulorum palain facil su- « porscnplio. »
6* Pareret pour pateret, à la fin du premier alinéa de la vie de saint Martin, par Sévère Sulpice : « Simul et legenlibus cousu- « lendum fuit, ne quod bis pateret copia con- « gesla fastidium. »
7" Adversatio au lieu de adversario, Teriul. Scorp. num. 5, pag. 4J1 A : « Quid aliud « est adversario idololalriaî atque martyrii, « quam n.orlis et vitœ? »
8* Norat à la place de notât, Tertol. do Speclacuiis, inilio, pag. 224 B : « Quiniilla « rnonstro^issim i... oplime notât pisciculos « necare, de aqua auferens. »
9° G ente pour génère, te Vocal, gentium, Iib. Il, cap. 9, lom. I Léon., pag. 46 : « In « omni génère, quai est sub cœlo. mullipli- « catum Abrabœ semenorirctur.» Le copiste, prenant le / pour un r, supposa là une abréviation, et écrivit génère.
10* Consccrata pour consectata. Ambr. de Mysleriis, cap. 3, num. 14, t. Il, p. 3^8 D : « Aqua esiini sine prœdicalione Dormnirœ « crucis ad nullos usus fulur.e salulis est; « cum vero fuerit crucis mysterio consectatt, « tune ad usum spirilalis et saltttans pocuii m temperatur. » (Il s'agit dans ce passage des signes de croix employés dans la bénédiction de l'eau.)
11° Converrens pour convertens, Ambr. in Lucam, Iib. V, num. 1C, tom. I, pag. 1359 A : « llaque illu (Matthaïu*) prius avnra de « merccdibus, dura de laboribus pcriculisqnc c nautarum emolumeuta converiena, verbo « vocatus, propria dereliquit, qui rapicbal ■ aliéna. »
La lettre r se confondant avec t, comme on vienlde voir, et t avec c, comme ou verra ct-après sur la lettre /, num. 2, on pouvait de même confondre entre elles les lettres r, c, et l'on trouve à cause de cela vocavit au
CRITIQCE.
lieu do voravit, TYHull. carm. d.- Jona et Ninive, pag. 57o, col. 2, versus Guem :
ViTPniemfjne ilaprm loll{;»ni ( «rrerit in alvum • Luiuquc viro cœh rabifcw, piUyi.pie weacit. '
La même faulo se rencontre dans s, irjt Augustin, de Beala vila, lom. 1, p.1{r. ,«301 F • « Ou.nes se vullu ipso, «-t cunsentieule voce « quidquid pra>parassem jam sumer.- ac 10- * enre vcllc discrunl. »
^\\ faut lire vorare, comme il esl aisé do
§ XVIII. De ia lettre S.
Voyez ce qui en a élé dit ci-devant dan< les articles concernant les lettres c, uum. 4- r num. 1; /, num. 4; r, num. 2. '
§ XIX. Dî la lettre T.
Le P. Que^nel, dans son édition de saint Léon, lom. Il, p.ig. 737, dit de la lettre t • « fcx littera /, ut babetur in anliquis codiei- « bus manuscriplis, facilis lapsus est ad lit- « leranï c, vel z, si dormilent scrihœ. »
Bv là les varianfes ni/ni tihi dorent, nihil ctfn dorent, lom. IV Aug.. pag. 1503 F- excellentiam; extollentiam, dans le recueil des variantes mis à la fin de la dernière édition do saint Paulin, pag. 101, lin. ult.
C'est celte ressemblance des lettres / r qui a fait écrire : '
1- Crist itos au lieu de trislatas, Iractat. I Origen. in Cant. lom. Il Hieron., pag. 8lii, verMis finem : « Ocmcrgo in fluctibus Wia,' « raoncm, et cristaios ejus. »
On peut s'assurer qu'il faut lire tristntn^ par le commentaire in cap. xxm Ezccb., tom. III, pag. 857 où lejtcrme tristatœ est explique par saiul Jérôme lui-mérne.
2* Arte au lieu de orce, de vila Kremitir.i, rap. 12, Append. lom. I Aug., pag. 4V B : œ lu omnibus quœ in publien, vel in occulta « aut objiciuntur, aul susurranlur, ex con- « scienliœ screnioris arte contomnat. ■
3» Vendicarc au lien de venditare, Append lom. II Ambr., pag. 310 B : « Aliud col re, et « aliud profiteri; aliud inlus ogerc, et foris « aliud vendicure. »
k' Utrum au lieu de verum. Hieron. in Matth. cap. xvn, tom. IV, pag. 78. in fine : « Postqtiam legis et prophelarum umbra di- « cesserit... tiiri<m lumen in Evangclio repe- « rilur. 0
Le / ressemblant au c, et celui-ci à e, le copiste lut et écrivit utrum pour vrrutn.
5* La mémo raison précisément a fait mettre teneat au lieu de tentât, Tci lui. de Oralione, num. 8 : « Ne nos indue is in t. utalio- « nem, id est, ne nos paliaris induci, ab eo « uliquo qui teneat. b
Il esl visible queTertuIlien a en vue en disant cela, 1 Thess. m, 5 : Ne forte tentaveril vos is qui tentât.
0" Temperatur au lieu de comparatur, Append. lom. V Aug., serm. 466, pag. 291 F : « Salulis humante , fratres ebanssimi , et « niundi rediviva libcrlas non roodica taxa- « lione rcquirilur, sed Christi sanguine letut peratur. »
Le copiste, ayant pris c pour/, mit comme naturellement e pour o qui lai ressemblait, et rendit la première syllabe du mol cumpnratur par tem, au lieu de com ; après quoi il ne pouvait manquer de rendre la seconde
f>ar pe, les voyelles a, e, se confondant d'ail eurs assez souvent.
La lettre t se confondant avec r, ainsi qu'on l'a fait voir ci-dessus en parlant do cette dernière lettre, num. 3, et celle-ci se confondant d'ailleurs avec /, comme on l'a vu dans l'article concernant /, num. 3, il
fiouvait Se faire quelquefois que les deux ettres f, /, fussent mises l'une pour l'autre, et cela est en effet arrivé, Ambr. tom. 1, pag. 78 D, où Ton trouve les variantes Elymtnn, Etymum.
Il s'en rencontre un autre exemple, si je ne me trompe, dans saint Jérôme, in Epitaph. Pau!», tom. IV. irp., pag. 686. On lit à ta un de la page : « Nunc in scopulus incurril ora- « tir», cl lutnenlibus flucluum motiOu», pr«. «sens utriquo nostrum inlonlatur uaufra- « gtum. »
J'ai peine à croire que motilms soit de saint Jérôme. Ce n'est pas proprement motus aquœ, qui tumel; mais c'est aqua mota; et je pense que la leçon primitive était molibus. Rien d ailleurs, comme on sait, n'est plus commun dans les anciens écrivains que l'expression fluetuum moles; et on peut la voir en particulier dans Apulée, pag. 730, lin. ull. do la dernière édition; dans saint Ambroise, tom. I, pag. 651 F; et saint Jérôme dit lui-même, tom. III, p. 178 C, undarum molibus.
On a vu sur ta lettre c, num. 4, qu'elle se confondait souvent avec *. La même chose pouvait donc arriver A la lettre t9 qui, comme on vient de voir, se distinguait a peine du c.
Je croirais qu'en conséquence tam multa initia a pris la place de tam mutsa initia, serai, de decem Chordis, tom. V Aug., pag. 48 E, où l'on trouve les variantes tam multa miVta, tam multa initia.
Rien en effet ne conviendrait mieux que la leçon suivante, formée par le seul changement de t en s ; « Sed si amas tam mulsa ini- « lia, time ibi et ultimum quod ait, etc. »
La variante tam multam mistricordiam ne mérite pas qu'on s'y arrête, parce que si elle avait formé la leçon primitive, les autres n'auraient pu en aucune sorte y être substituées.
Il se présente dans le même tome, pag. 102 D, une antre preuve du changement réciproque des lettres f, s. On y lit : « Sed in Isaac ■ et aries et Christus; » et l'on ne peut douter, en consultant le sens et ce que dit saint Attg. tom. VIII, pag. 230 D, qu'il ne faiHe, Sed Ht Isaac et ariete Chrittus. El ce changement a eu sa source, soit dans la confusion des lettres f, s, soil dans l'usage d'écrire la conjonction et par un e simple.
S XX. Do la Ictiro U La voyelle u ne se distinguait pas de la consonne v dans l'écriture ancienne, et ces
différemment la forme
deux lettres avaient i d'u ou de v, pour servir, soil de voyelle, sait de consonne. Le mol virbius, par exemple, s'écrivait virbius; et urbieus se mettait pour urbicu*.
Cela a donné lieu à une finie assez remarquable dans le Commentaire de saint Jérôme, in Isaincap. xxm, tom. III, pag. 144, medio; on y lit : « Ecce multo anle illa lem- « pora negotiatores et inslilores Tyri, prin- « cipes et inclyti describunlur, ul per hs3C « oslendatur opulentiœ magniludo, cum ne* « pntialor Tyri allerius verbis esse rcx « possit. »
Il faut évidemment lire urbis au lieu de verbis; mais le copiste, trouvant e an lieu d'i« au commencement do mot qui était écrit vrais, supposa que la voyelle e avait été supprimée après celle lettre, suivant l'ancien usage de ne pas écrire les voyelles, et mit verbis au lieud'wrAù.
Dans l'exemple qui précède c'eut le v mit au lieu de l'u qui a occasionné ta faute. Eu voici un où u mis pour o en a fait natire une qui n'est guère moindre. C'est dans le Commentaire pélagien sur saint Paul, tom. V, Hieron., pat?. 10i6, de la dernière édition. On y 1U : ■ Inimicitias et cetera sequenlia, < carnalia dicit ; qua> animac sunt non car- « nis ; ne Manichasi eum substanliam carnis « accusa re putarenl: sed oinne malum, ear- « nale deâniunt : omne beuum, s pi ri la le, « quia cœleste. »
On voit, en consultant le sens de cet endroit, qu'on y lisait originairement definivitt dont definiunt a pris la place à l'occasion d'u écrit pour v.
Les lettres u et n présentant la môme forme, et celte dernière se trouvant quelquefois pour m, il était aisé que m fui changée en u.
C'est sans doute parcelle raison qu'on trouve tervo an lieu de sermo, Hieron. in lsaias cap. m, tom. 111, pag. 36 : « Qui cuim près- « byterura perdide ruai , qualem superiur « servo monsl ravit... recte juveues princi- « pes accipiunt. *
Le premier jambage de la lettre u, se trouvant quelquefois plus long que l'autre, présentait la forme des deux lettres /*, et de la les variantes libertati , ubertati, tom. IX Aug.. pag. 471 B.
Je mettrais en conséquence uberlatem à la place de libertatem, tom. X Aug., p. 255 1), où on lit : o Quod quia vires nature» non « habent. couferri necesse est per gratis « libertatem. »
On a vu ci-devant que la lettre n se confondait avec les deux lettres t,i. La u;éme ebose arrivait à u <jui ressemblait loui â fait à n, cl l'on trouve a cause de cela Theude au lieu de Thetide daus le manuscrit de l'Epitome de Lactancc, cap. 10.
Il était encore plus aisé que l'u fût pris pour deux ti, ou deux tï pour u, part e quo les yeux n'y apercevaient aucune différence.
Celle méprise a eu lieu dans un vers du Forlunat, cité par M. l'abbé Dubos, Hist. crit. de la monarchie française, tom. III»