‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 438 sur 455 · W4S ELEMENTS DE · texte numérisé non relu

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p.ig. 465. On y Ht servitus au lieu de territxts :

Suot djla servitus libéra dooa luis.

9 XXI. De h lettre X

La lettre ar avait quelque ressemblance avec a, comme le remarque M. Valois dans son édition d'Amm. Marcellin, pag. 68, not. e, et c'est, dit-il, pour celte raison qu'on trouve ultra pour ultrix : disceptatria pour

diteeptatrix : perpleae pour perplexe.

La forme de la lettre x pouvait la faire prendre pour les deux lettres rs, et c'est ce qui avait fait mettre pan au lieu de pur, rétabli par le P. Sacbin, Episl. 32, alias 12, Paulin, ad Severum, num. tk, pag. 208, lin. 13, ult. edilionis.

La même faute se trouve tom. III, Aug., pag. 109 B, dans la phrase suivante : « Hoc « enim noininc firmamenti magna pars rc- « rnm significari potest. »

On peut s'assurer que c'est le mot pax qui est la vraie leçon, en Usant ce qui est dit dans le même tome, pag. 1V7 B : Tranquillissima et pacrttissimi spatia.

Dans le tome IV de saint Augustin , pag. 1668 C, le grand nombre des manuscrits porte vis, où l'on eroit avec raison qu'il faut lire nix. Cela est venu de ce que le copiste prit x pour s , comme il avait d'abord pris n pour tt, qui en effet ne s'en distinguait point.

Celte observation sur la lettre x pourrait, ce me semble, contribuer au rétablissement d'un texte de saint Augustin, dans son livre contre Sécondin. On y lit, tom. VIII, pag. 525 D : « Hoc ergo timoré, cum in puerfii « ingenio saperem, me ab illa socielaie di- « vulsi. »

Le seul manuscrit qui nous reste de ce bel ouvrage porte sertit saperem , et il me parait assez vraisemblable que la leçon primitive était : « Cum in puerili ingenio Afer vix saperem. La finale d'ingenio se confondant avec l'initiale d'a/ër, fut supprimée, Vf fut prise pour *, aussi bien qu'x, ce qui donna servis.

L'altération de cet endroit a été d'autant plus aisée, qu'il s'y trouve une ironie délicate pour l'intelligence de laquelle il faut avoir présent à l'esprit ce que dit Sécondin, pag. 520 C : « Punie» gentis... recessionem, m quas per h more m facta est... Romani ho- « minis ingenium. »

Dom Couslant remarque dans son édition de saint Hilaire, pag. Ii83, not. 6, que ex est formé comme et dans les anciens livres.

Et comme rien n'est plus ordinaire aux copistes que de confondre et avec est, ce dernier mol a été changé en ex, Terlull. de Corona, num. 13, pag. 109 A, edil. ann. 1675 : « Et ex omnis publics laaiitiao luxuria capta- « trix. »

Il est évident qu'il faut lire: Et est omnis... Par la même raison est parait avoir été écrit pour ex dans l'explication du Cantique des Cantiques, cap. u, m, inter Opéra Cassiodori, tom. Il, pag. 509, col. 1 : « lpse ■ enim Dci Filins per naturam est, rcliqui

« elecli per graliam. potestatc accepta est « unico Filio Dci.ul sinl filii Dei.»

Celle ressemblance dans la forme des monosyllabes ex, et , me paraît fournir un moyen presque sûr de rétablir le lexlc suivant de saint Augustin, serm. o62, de Resurreclione, cap. 15, tom. V, pag. U27 D : ■ In voluptatibus manducandi et bibendi, « nubendi, uxores ducendi, et eos carnaliler * generandi. »

La leçon visiblement faulivo et eos, a sans doute pris la place de ex eis, parce que le copiste prenant d'abord ex pour ct% substitua en conséquence eos à eis.

§XX11 De U lettre Y

Cassiodore dit de cette lettre : « Klittera « anliquinon semper usl sunt, sed aliqtiando « loco illiu«, u ponebanl : Sltriam,Suracusn.<, « pro Syrinm, Syracusos. • Tom .11, pag. 608, ult. edilionis.

Delà sont venues les variantes Catadupn, Çntndytn, tom. I Ambr., pag. 25 C.

Je n'ai pas d'autre remarque à faire sur celle lettre, et je n'en aurai guère plus à faire sur celle qui va suivre.

| XXI II. De U lettre Z.

La proximité du son a fait confondre* la tel Ire % :

1* Avec c, ainsi qu'on le voit par les variantes celandos, xelandos, tom. III Aug., pag. 72. G. Il en est venu une faule. tom. V. Hieron. pag. 1 18, init., où on lil : Auris cœli audit omnia au lieu de auris xtti.

2* A vec g : Gela et ielus, font des variante», tom. I), Ambr. pag. 285 C.

3* Celle lettre pouvait, par la môme raison, être confondue avec s, et c'est pour cela qu'on trouve Sara au lieu de Zara, comment, in Marc. cap. xiv, tom V Hieron. pag. 914. « Coccum in manu nostra, ut sara iigernus.»

II est visible qu'il y a là une allusion au verset 30 du xxxvm* chap.de la Genèse.

S XIIV. Do U lettre &•

On se servait du caractère & non-senlement pour indiquer la conjonction et, mais encore pour le faire entrer dans la composition des mots à la place des deux lettres et, el l'on écrivait, par exemple, retin&L pour relinet.

La conjonction & se trouve écrile comme la diphthongue œ, pag. 369 de la Diplomatique, dans l'extrait du cabier de saint Germ.iin.

Dans le même ouvrage, pag. 299 A, cette conjonction est marquée par un i simple : è fnciunt pour et faciunt.

Cette observation présente un moyen également simple et sûr pour rendre à différents textes l'intégrité qu'ils avaient reçue de la main de leurs auteurs, et que les copistes leur ont fait perdre dans la suite parle changement d'e/ en c, ou d'een et.

1* J'en ai rencontré un qui m'a beaucoup el longtemps embarrassé, dans la lettre du pape Gélase aux évéques de la marche d'Ancône.

Celte lettre, imprimée «Iqns l'Appendice du loin. X de saint Augustin, porte, page IV» D de cet Append. « Nam cum spiritua- « les animi, ctiam cum desint isfa consorlia, « imaginariis infcstcnlur illecebris; quf/n »<l- « roodum alterni «exus inluilu, qui illicite « notantes, non vehementius incitentur? »

Je ne pense pas que qui que ce soit puisse douter de l'altération do ce texte, elle e*li trop évidente : mais il suffit de faire attention à la manière dont on écrivait la conjonction cf, pour en rendre le rétablissement tout aussi évident. On n'a qu'à séparer la ■voyelle edu mot illicite, et la rendre par et, on trouvera illicil et nolentes , qui est visiblement la leçon primitive.

2° De même que en été mis pour et dans l'exemple précédent, et de son côté a été mis pour e dans celui qui va suivre. Il se trouve, Léon, serin. 15, cap. k, tom. I, pag. 131 : « Superat enim verborum copiam criminum a mtiltiludo; et quibus ad iudicaudum pauca « sufficiunt. » Un peu d'attention suffit pour voir qu'il faut lire e quibus, en ne menant d'ailleurs qu'une virgule après mullitudo.

3- La voyelle e parait de môme avoir é é changée en et, Laclanf. Div. Institut, lib. VI, cap. 18, tom. I, pag. 485, nov. edit. : « Scd « vidclicct hœc illuin ns fefellit. quod cum « de virlutc loqucictur, in quacumque con- • lentione vinceret putavit esse virtulis. *

Je suis très-porté à croire que la leçon primitive était vineere, au lieu de vinceret; mais la lettre Gnale du premier de ces mots fut d'autant plus aisément rendue par et, que le copiste peu babile voulait trouver un subjonctif à la suite de quacumque, et mil sans hésiter vinceret.

k" Il faut au contraire esset factura*, au lieu de esse facturus dans la lettre de Pelage à la vierge Démélriadc ; Append. tom. II Aug. pag. 5 G : « Qucm dum ad imaginent « et simililudincm suam facerc disposuit , « qualein esse facturus oslcndit. «

C'est principalement par rapport à la diphlhongue a que les ropistes scsonléquivoqués en écrivant e au lieu d'il , ou et au lieu d'e.

On a vu dans ce qui a été dit sur la lettre e, num. 2, que les deux lettres qui composent cette diphlhongue s'écrivaientséparées l'une de l'autre sans aucun» liaison entre a et e ; et dont Mabillon en fait la remarque, Diplom.. pag. 58 F.

Agricota, par exemple, s'écrivait agricolac ; ce qui présentait sans aucune différence les caractères dont on se servait pour exprimer agricola et. Ces deux leçons pouvaient donc être confondues, et elles l'ont été effectivement loin. II Ambr., pag. ooOE. où la plupart des manuscrits portent agricola, au lieu de agricola et.

Je n'ai pas recueilli un nombre bien considérable d'exemples de fautes occasionnées par la manière dont on écrivait la diphlhon-

?ue, parce que je n'ai connu qu'assez lard a source des méprises qui en ont été la suite, et que dans les endroits où j'ai pu être arrêté par ces méprises, je passais outre

sans apporter de remède h un mal dont j'ignorais la cause et souvent même sans en chercher. Je présenterai cependant encore assez de ces sortes de fautes avec leur correction pour faire sentir combien elles peuvent se remontrer fiéqucmmenl dans les manuscrits, et pour en indiquer le remède Comme elles ont toutes la même origine nue celles dont on vient de voir ci- dessus ces exemples , c'esl-à-diro la confusion d et avec e et d'e avec et , je les placerai sous les caractères numériques qui suivent ceux que j'ai employés pour les exemples précédents.

5° Substantia et imago se trouve écrit nu lieu de subslantiœ imago; Ambr. de Clia et Jejunio , cap. 3, loin. I, pas. 537 A : « Qxiid « est enim jejunium, nisi substantia et imago « cœ'eslis ? <»

11 est évident que l'e séparé de l'a, dans la diphlhongue, fut regardé par lecopiste comme servant à exprimer la conjonction et, et que les expressions de saint Ambroise étaient dans l'origine: « Quid est enim jejunium , « nisi substantia imago cœlcslh? » (Le jeûne est-il autre chose qu'une image de ce qui sert do nourriture dans le ciel? )

Le mol substantia est très-sou venl employé par les anciens dans la signification de nourriture, et en général de lout ce qui fail vivre el subsister.

6* Dans le commentaire sur saint Paul, ad Ephes. cap. v, tom. V H éron., p. 10^8 . on lit : n Aqua lavit corpus , animam doclnui « mundivit : ita et vos corpora uxorura « conscientia animas, tnundale doclriuis. »

C'est une pensée pélagienne , et, selon toute apparence, de Pelage lui même, défigurée 1* par la ponctuation, 2* par conscientia mis à la place de continentia qui s'y trouvait, quoique non dès l'origine; 3 et c'est ce qui fail à notre sujet par continentia au lieu de continenlia et.

Il parait en effet certain que la leçon primitive était : «... lia et vos corpora uxa- « ru m continentia, et animas tnuhdalcdoc- « Irinis. »

l' Scientia virtute a été écrit par une semblable méprise, au lieu de scientia et virtut? ; Lactant. Divin. Insl. lib. III, cap. 12. tom.l, pag. 217, nov. edit. : « Summum igitur bo- « num sola immorlalitas invenilur, qua? nec « alitid animal, nec corpus altingit, nec po- « test cuiquam sine scientia virtute . id est « sine Dei cognilîone ac justilia provenire. * Confer inferius, p. 218, medio : « Qui nul pro « sommo bono scientiam, aut virlulem sunt « amplexi.»

8' 11 faut au contraire, mais toujours par la mémo raison, c'est-à-dire à cause du changement réciproque des lettres e, et, substituer prophetissœ à prophétisa et, Dialog. adversus Lucif. tom. IV, n p. Hieron., pa*. 30V, medio : « Item apud Angelum Thialy- « rorum, Jcz.ibcl prophetissa et Mmu'acm o rum escae el fornicaliones increpantur. •

(Prophet issœ est au datif: on reprocha à la fausse propbétesse Jézabel de manger des viandes immolées aux idoles, etc. J

9" 11 faut de même substituer irœ n/fertu à ira et affectu, Laclanl. du Ira Dei, cap. 18, loin. 1!, pag. 1G8, no\ te ('dit. : a Vcrum ii qui • nesciuut fines bonornm ne malorum, si-

■ cul libidine utuntur ad orruplel.ts cl ad « volu;>tat('S, sic ira et affectu, ait no. enduin o iisquosmlio hahent, irascunlur. » Conf«r pag. 177 : « Cuiiibel humi'i eripe hune « affectum (i'œ\ quis ctim non sputiahit ? »

10" Je mettrais aussi iijnornnliœ t"nehrts, au lieu de ignomntia et (enebris, Marii Merc. pag. 384, eilit. B îluz. : « Cum cs-et (iiuut.tc nitas) ignorantia et tenehris occupata,ct

■ pecrati snrdibus inquiuata. »

11' Après tcul rc qu'on vient de voir.il ne saurait être douteux que pâli et n'ait prit la place de patriœ, Aug. serin. li.'>,num. 3, loin. V, pag. Gdl D, où on lit : « Non polis « dulcedinem p: ti et guslure caplivus. »

L'e simple qui tenait la placedcla diphthongue à la fin de patrie ayant clé pris pour et, fit supprimer IV, et mettre pnii, et cela d'autant plus aisément qm- la liquide ressemblant comme on a vu ci-dcssusàla nivelle, le copiste crut voir deux ii de suite, et on re- Irancba un sans hésiter.

On retrouve la beauté ordinaire des pensées de saint Augustin dans Non pales dulcedinem patriœ gustare c tptivut, et l'on ne peut ►'empêcher de voir qu'où a en niéuie temps ses propres expressions.

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