‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 440 sur 455 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Troisième source d'altération.

% I. Ignorance des copiâtes.

On ne pouvait guère s'attendre à trouver beaucoup d'exactitude dans des copiesécrites ou par des religieuses ou même par des filles esclaves. Car on sait que le travail de copier entrait dans les occupations des premières , comme il paraît par l'avis que leur donne l'auteur du livre intitulé : Régula monackarum (Patrol. XXX , Ilieron. XI) , cap. 13 : Saeri codiees vtl Itgtndo , vel scribendo genua prtmant ; et on te voit encore plus clairement par les cahiers écrits de leur main , qui se conservent dans la bibliothèque du roi. Et pour ce qui concerne à cet égard les filles esclaves, il y en avait anciennement qui joignaient même l'art d'écrire en notes à celui de l'écriture ordinaire : Ancilla aseita nolarum ptrita, dit quelque part Ammien Marcellin.

Les hommes eux-mêmes, qu'on employait plus communément au travail de transcrire, n'avaient guère plus do capacité que les filles ; et l'on voit dans Cas&iodore qu'il y en avait (et c'était communément le plus grand nombre) qui ne connaissaient pas même tes règles de la grammaire. Que pouvait-on attendre de pareils copistes ?et qu'attendre même de ceux qui revoyaient leur -travail, dans un temps où l'on ne connaissait plus ni la pureté et ta beauté du langage ancien, ni encore moins les idiomes delà langue , ce qui a t u lieu pendant un asseï grand nombre de siècles? Il aurait fallu, pour rendre les copies exactes , qu'elles eussent élé retouchées par une main habile et intelligente. Mais ce secours manquait le plus souvent, et les fautes se n ultipliaient quelquefois sous la main même des réviseurs.

Aucun auteur , dit saint Augustin , n'a eu le talent de s'exprimer de manière à se faire comprendre eu tout par tous ses lecteurs : Nullus hominum ita locutus est, ut ab omnibus in omnibus intelligeretur , de Trinit. lib. 1, num. 5. Mais, indépendamment de cela, bien des eudroils étaient inintelligibles aux copistes , par le peu de connaissance qu'ils avaient et de la langue en elle-même, et de ses locutions particulières. Ils se trouvaient arrêtés presque à chaque pas par ces deux causes : Aut ignotum verbum faeit hérere lectorem, aut ignota locutio, dit le même saint docteur , de I) »clr. Christ, lib. Il , cap. U. La beauté même du langage des anciens docteurs de l'Eglise venait encore augmenter l'embarras, non -seulement des copistes, mais des écrivains n.émes du bas âge ; cl l'un d'eux, qui parait être du ix' siècle, dit, vers le commencement d»* l'appendice du tome VI de saint Augustin ces paroles a peu près : Pr opter eloguii venus tatem non facile intelliyuntur a nabis sancii Patres.

Dans ces occasions les copistes substituaient au terme ou à l'idiome qui leur pa-

DlCTIONXiME DE DIPLOMATIQUE.

raissait irrégulier, des expressions à leur portée qui y eussent quelque rapport, mars sans avoir égard bien souvent au sens, ni quelquefois aux règles de la syntaxe. On peut voir à cette occasion les variantes qu'a fait naître le mol retiquiarium, non compris

f>ar le grand nombre des copistes dans es Confessions de saint Augustin, lib. V, cap. 8.

Il arrivait quelquefois aux scribes on à ceux qui revoyaient leurs copies, de vouloir corriger les leçons vicieuses ; mais leurs tentatives n'ont souvent abouti qu'à augmenter le mal. Ils n'avaient pas assez de critique pour en découvrir la source, et, peu satisfaits eux-mêmes de leur travail, ils avertissent quelquefois de s'en tenir à leur leçon , jusqu'à ce qu'on en trouve une meilleure : Sic lege donte melius invtnias, dit l'un d'eux dans l'appendice du lom. V de saint Augustin , pag. 4i2 C. Malheureusement il* mènent asseï souvent dans l'impossibilité d'y parvenir , parce que leurs corrections téméraires ayant fuit disparaître la première faute, il ne reste plus aucune trace qui puisse conduire à la leçon originale : de sorte qu'en ce* occasions on n'a d'autre ressource que la découverte, asseï rare aujourd'hui, de quelque manuscrit plus ancien, dans lequel se soit conservée l'ancienue faute qui a occasionné les suivantes.

Voici un exemple du procédé des copistes en pareille occasion. On lit dans saint Amb roi se , de Abraham , lib. II, cap. k, lom. i de la dernière édition, pag. 319» : « Exo- « ritur enim Me va mentis famés, quando « appetentia carnis hujus exundat, et exspec- * talcs aqua saluli adversœ sunt. » Personne ne doutera, je pense, qu'il ne faille lire exspécial ea quœ saluti adver$a sunt. Les trois mots, extpectat ea quœ, étaient écrits saus aucune distinction, suivant l'ancien usage, et avec un « simple à la fin, au lieu de la i'tphlhon^ae iexspectateaque. Un premier copiste ayant rendu cela par extpecialœ aquat, comme en effet on pouvait le rendre, suivant ce qui a été ci-dessus , en pariant de la voyelle e, les copistes suivants n'hésitèrent point à substituer adversœ à adeersa, pour faire accorder l'adjectif avec le substantif. Et ce dernier mot, qui déposait contre l'altération des précédents, se trouvant lui-même altéré, on a lu cci endroit dans la suite et jusqu'à celle heure, sans soupçonner même qu'il fût corrompu, quoique sûrement ou n'y comprit rien.

Ce o'était pas seulementdaos des endroits réellcmeut fautifs que les copistes entreprenaient rUe faire des changements : leur ignorance leur faisait souvent supposer des fautes dans des textes parfaitement sains. Alors ils se donnaient la liberté de les changer et d'y substituer quelque chose qu'ils entendissent ; et saint Jérôme leur en fail le reproche, epist. 52, alias 28. < Scribunl librarii c non quod inveniunt, sed quod inlelligunt ; u et dura alieuos errores emeudare niluntur, ■ ostendunl suos. »

Le saiul docteur en donne an exemple,

tom. M, pag. 401, en avertissant que des scribes ignorants avaient substitué dans quelques exemplaires, emite, et bibite à émit* et comedite, lsai. cap. lv, putantes. dit-il, este conséquent tins, si biberentur potius aquce quam comederenlur. Ils avaient aussi, comme on voit ibid., pag. 1241, mis Juda à la place de Jehu, parce que, ne connaissant pas ce dernier mol , qui ne se rencontre pas souvent, ils lui substituèrent celui de Judo, qui leur était familier.

§11. Exemples de fautes occasionnées par l'ignorance dos copistes.

On pourrait en citer un très-grand nombre . mais je me bornerai à une certaine quantité, assez grande cependant pour f.iire connaître la marche et le procédé des copistes, dans les oudroits qu'ils ne comprenaient pas.

1* C'est rimpérilie d'un copiste qui lui a ■fait mettre cujus sanitas in calis est, au lieu de cujus sanitas in pennis est, Append. tom. il Hieron. prg. 288, in psalm. lxvii : * Si non « nobis occidat sol iniquitalis, non potest « nobis oriri sol justifia), cujus sanitas in « cœlis est. » Le scribe lisait sans doute dans le cahier qu'il copiait , putnis au lieu de pennis, et crut remplacer habilement ce mot par celui de calis , sans faire attention, ou plutôt sans savoir que cela était pris du prophète Malacb. iv, 2.

2* C'est celle iuipérilie jointe à la témérité de changer ce qu'on ne comprenait pas, qui a rendu méconnaissable en un endroit I élégance de Sévère-Sulpice. C'est vers le commencement du premier dialogue, pag.

199 d'une édition de l'an 1693 : Fuisse autem illic pluviam, y est-il dit, ne quando ifuidem auditum est. Ces derniers mots ont visiblement pris la pince de ne fando quidem auditum est ; mais cela était trop au-dessus de la sphère des copistes pour qu'il demeurât hors d'atteinte à leurs mains grossières , et je ne sais si aujourd'hui même la correction que je propose aura l'approbation de certains littérateurs , ou, comme les appelle saint Augustin, litteriones. Car j'ai ouï dire que quelques maîtres d'un collège trouvaient à rcdire.au premier vers de l'hymne de M. Coffin : Fando quis audivit f C'est pour celle raison que je crois devoir ici appuyer celte expressiou de l'autorité de deux des plus élégants écrivains, Cicéron et Apulée. Le premier emploie, lib. I de Natura Deor. cap. 29. toutes les expressions que noire saint historien avait visiblement empruntées de lui, ne fando quidem auditum est. Le second dit dan» son Apologie, pag. 530 de la dernière édition : Multnfando, Maxime, audisti.

3* C'est "sans doute la même cause, c'esl- A-dire l'ignorance, qui d.ins la page suivante du même historien a introduit malitia à la

f>Iace de malacia , comme on va le voir par e texte : < Ejcctos nos in illud litlus expoa nimus, et ne slalim repetere cursum possi- « mus, maris malitia atlineri. »

On lit par la u.éinc raison Scorpione

au lieu de Scipione, Hieron. Apolujgia, tom IV, il part., pag. 269 : « Quolidie in plateis a ficlus hariolus stutlorumn.ire» verberat, et « obtorlo scorpione dciit< s mordent iurfc « quatit. » Le copiste ne vil dans ce mol que le nom propre de Scipion. s» us que l'idée de bâton (exprimée pag. 227, dans la même pensée, par le mol faste) lui vlot eu aucune sorte.

5a Ne nutum quidem au lieu de ne mu quidem, tom. 111 Hieron., pag. 40, in lsai. cap. m : « Scd el ad nostros principes referri t potesl, si altérant subjeelam sibi plebem, « et pau pères delinquentes publiée arguant « alque confundanl , divitibus aulem pejora « peccantibus ne nutum quidem faccre au - « deaut. » Le copiste ne connaissait pas l'adage (employé en différents endroits par saint Jérôme) ne mu quidem facere audet. Voyez Erasm. chil. i, cent. 8, prorerb. 2.

6* Yilificant au lieu de velificant , ibid., p. 393, in lsai. cap. liv : « Hicamici Judaeoruni ■ vilificant mulierem derelictam... quam ad « puuclum et ad modicum dereuquil Domi- « nus, Jérusalem esse dicentes. » Les copistes ne virent pas qu'il fallait faire une pause après, velificant (qui doit être suivi d'une virgule) , el regardèrent ce mot comme un verbe actif, tandis qu'il est neutre.

7* Vinculo pour viculo, Hieron. in Jerem. Cap. i, tom. 111, p. 528 : « Fuit aulem (Je- « remias) de génère sacerdolum, et vineudo « Anathot. »

La même faute se trouve, Tertul. ad versus Marcionem, lib. IV, ntim. 29, pag. 446 : « Discipulos, ne ignem postularenl inhuma- « nissimo vinculo, coercuit. »

8* Quœ pour quem, Hieron. in M.ilach.

cap. i, tom. Ul, pag. 18o8 : < Sentiat per « lormenta, quœ non sensil per bénéficia. •

9*/n suis humeris au lieu de , in svorum humer is, idem in Zach. cap. xi, tom. 111 , p. 1779 : « Ecechiel pcrfodil pariclem , el in « suis humeris excipitur. » Le copiste voulut la, comme on voit, faire accorder le pronom possessif avec humeris.

10* Oculos au lieu de oculis, el sanctvs

Îuosque, au lieu de sanctus quisque. ibid., patj. 809 : « Et poslquam fueniit hoslilium 1er- « minorum cuncla subversa , lune oc«*/«.« « possumus videre Israelis , el sanetos qu**~ « que dicere : MagniGcelur Dominus in 1er- « ininiscorumqu4 nieiitecunspiciunlDeum.a (On sait que les anciens expliquaient communément le mot Israël par videns Deum.)

On ne saurait rien entendre a cet endroit, à moins qu'on u'y lise : 7*unc oculis possumus videre Israelis, et sanctus quisaie dicere, il l'on comprend par tout <e qu on vient «ie voir ci-dessus que les trois lettres que j'.»i changées pour rétablir le texte y avaient e'j introduites par l'ignorance des copistes qu\ comme dil saint Jérôme , changeaient < ; qu'ils ne comprenaient pas. Pour ce qt regarde la locution, oculis videre Israelis, o: peut voir ce que dit saint Paulin pag. 248, num.. 8, de la dernière édition : Nicticora oculis cernere inter sœculi obscura.

Il- Christopro vobis infirmuntibus, au lieu

iûCD

ELEMENTS DE CRITIQUE

«1c Christi pro vobis infirmitatibus , serai. 1%5 Aug., lom. V, pag. 700 K : « Krgo gra- « lias agile Christo pro vobis infirmantibus, « et fauces satiaudas para le Ghrisli divini- « tati. >

La correction que je propose, grattas agile Christi pro vobis infirmitatibus, esl fondée, suit sur lu rapport des mots, soit sur la connaissance des procédés ordinaires aux co— l istes dans les endroits qu'ils n'entendaient pn§. Mais si celte restitution du texte pouvait paraître douteuse , il me semble qu'elle deviendra indubitable , en rapprochant de cet endroit t e que dit ailleurs le mémo saint docteur, lom. III, u part., pag. 555 B : « Agate mus ilaque gralias et poleslati divinilalis, « et misorationi infirmitatis ejus. »

Gralias agite Christi choqua d'abord un copiste ignorant, qui ne prenait pas garde à la suite, et qui ne pouvant plus laisser in/irmitatibus, après avoir mis Christo, ne trouva rien de plus approchant que le mot infirmantibus^ qui du moins convenait à tobis.

12" Calholicœ au lieu de cathoiici, lom. IX Aug., pag. 558 G : « II I i (Donalisl») inten- « ttonein in aliud delorserunt, redeuutes ad « C«Bt iliani prrsonam, quam dicebant catho* u licœ Ecclesias non obesse. »

Uue Faute toute semblable se trouve pag. 371, uum. 332, de la dernière édition de saint Optai: « Ubi Donnlistffi respondent, rccilalioa nom du Cïb- iliano calholico non potuisse m compclorc. » Il faut lire catltolicis.

13* Jnvidam mentem au lieu de invidum dentem , Appcnd. Inm. V Aug., pag. 133 A : « Erigamtis in cœîo menlem, et non cure-

• mus inridam menlem. » L'auteur était trop habile pour parler de la sorte, et il connaissait l'expression d'Horaco : Et jum dente minus mordeor invido ; mais son copiste n'en savait pas tant , cl prétendit le corriger.

H" Ipsa cognilio Dei au lieu du ipsa cognilionem Dei, dans un sermon de saint Césaire, Appcnd. toro. V Aug., pag. 507 F : a Sapientiam ditinam discerc diligatis, et ■ intcillgcrc appclatis,qnia ipsa cognitio Dei « fideliter se qurcrentihus et insianler medi- « tanlibus Iribuit. » Ipsa est relatif à sapientiam , et coijnilionem est régime de trtbuit.

15* In mutas causât au lieu de in malo causas, Appeud. lom. V Aug., pag. 267 E : « Taceat" lingua in bono negolio, quœ in « mains causas ublinerc consuuvit. »

16° Humana pour humano , Ambr. de Oniciis , li b. I , c.tp. 16, lom. Il , pag. 17 C : a Non dixit : B «ni divites, sed pau pores, d Indu incipil bcatiludo judicio divino , ubi « xrumna aïslimalur humatia. »

17* Sui pour 4wi7/i, lom. I Ambr., pag. 930 A : « Maguo iinpotu se prauipilavil in mare m (legio itœmoniorurn) , et aquœ illa) gregis « tut prsiipilalione lurbaiœ sunt. »

18. Octavo pour octavœ. ou, octavi, lom. III Hieron., pag. 4V6, raedio : « Rursumqoe « octavo addito sacramento , tricesimum

• scxlum psalmuni efficil lilleralum. » Le copislc ne connaissait pas l'expression si

commune dans les écrivains ecclésiastiques, octavi sa cr ornent um. (Le mystère renfermé dans le nombre huit.) Voyez en particulier lom. II Aug., 136 G.

19. Bunœ pacis pour bono pacis, tom. II Léon., na g. 830 , col. 2 , lin. 12 : « Ùl Dicli- « nius bonce pacis locum leneret presbylerii, « non acciperel honoris augmenlum. •

20* F idem au lieu de fide, dans saint Paulin, epist. 23, ad Scvcrum, num. 4, pag. 2i8, lin. 2, ult. editionia : « Ex quo manifestant' « est, o Judœe, nobis acquisitam fidem, iil>j c perfjdia périsse naturam. »

21- Sequuta sunt pour sequutœ sunt. Hic rou. epist. ad Demclri.idem, tom. IV , p. n, pag. 787 : « Alque ulinam rarum esset cxAn- « plura, quod quanto crebrius csl, lanlo « isiœ foliciores, quœ ne plurimarum qui- « dem exempta sequuta sunt. »

22* Utilitas pour utilitutis , lom. IV Hieron., pag. 285 : « Tune siquidem non pro- « desl circumeisio , eu m aliquid per seme- « tipsam putalur utilitas afferre. »

23* in illas feminas pour in illa feminas, Tertull. de velandis Virginibos, pag. 76 A editionis ann. 1675 : « Ol non utiquu de ipsa o Hva dixerit, sed in illus feminas futuras , «quas(il faut quasi) in matrice geucris « humain nominaril. »

24* Putrum pour parum , Gennad. Galalog. nom. 16, tom. Y Hieron. pag. 31 : Ôcri- « psil (Commodianus) adversum paganos ; et « quia patmm nostrorum alligeral liltcra», « magis illorum dogmata deslruere poluii, « quam noslra firmare. »

On irouye au contraire , mais également par un effet de l'ignorance des copistes . parum au lieu de pairum, Ambr. de Ôfficiis, lib. I, cap. 10, lom. II, pag. 65 0 : « Nam cura « dividerelur a Moyse possessio terrena po- « pulo parum, cxcepit levilas Domiuus a ■ lerrenœ possessiouis consortio. »

Saint Ambroise emploie assez souvent les mots populus patrum, pour désigner la nation juive , dont les chrétiens sont regardés comme les successeurs el les descendants , suivant l'expression du Laciance, Divin. Institut, lib. V , cap. 23 ; « Nam cum posset po- « pulo suo et opes et régna largin, sicut dc- « derat aille Judsis, quorum nos successorcM a ac. posleri sumus, etc. » tom. 1, pag. 423, ullimœ edil.

25* Cunctas pour cunctisf dans Jornandès, cap. 1, lom. I Cassiod., pag. 397 : Hahet « in parte occidua idem Oceanus aliquautas « insulns , et pêne cunctas ob frequenli.ini « eunlîum et rcdeunliuin notas. »

26* Malignorum spirituum, pout,malignos spirilus, lom. Il Cassiod.. pag. 525, cul. 1 : « Unusquisque ordo Ecclesiœ velul in aeio « contra hostes malignorum spirituum con- « sislil. »

27* Arcanœque naturœ , pour , arcanoque naturœ, Ambr. de liicarnalione. cap. 3, lom. II, p. 706 A : < Caveamus ne a siuu Pains a el quodam ulero paterno, arcanoque na- « turœ substantiam unigenili filii separe- « mus. » Rien de plus ordinaire à saint Ambroise que d'employer uiosi des adjectjb

*OTI DICTIONNAIRE DE DIPLC

neutres, comme, paradisi œterna. arbôrum occulta, etc.

28" Intelligibilem pour intelligibilis, Am« br. de S. Spirila lib. 1, cap. 11, loin. H, pag. 625 A : « Spirilus veritatis... omnem intetli- • gibilem substanliœ creaturara inenarrabili « divinitalis pleniludine supereminel. »

29* Quod foetwn est pour quod foetus est, Appeod. tom. 111 Aug., pag. 85 F : « Homi- « nem falsa spe dejecil, De in boc maneret « quod factum est per Cbristum Dominum, » Quod factus e$t paroi un solécisme au copiste, qui ne vit pas le rapport de factus avec hominem.

30* Virgines dictai pour virgines dictos t Append. loin. II Arobr., p. 198 B : « Nam si « mulieres intelligas, ut ideo putes virginet « dictas , quia corpora sua incontaminata « servaverunt, excludis ab bac gloria san- « ctos ; quia omnes aposloli, exceptis Joanne - et Paulo, uxores habueruot. » Si l'ou ne met virginet dictos , il n'y a là aucun sens juste. Voyez ce qui précède.

31* Protoplasto au lieu ûe protoplasti, Append. tom. X Aug., p. 123 B : « Ut nec « nomines Deo prosimi valeant osleodere... « quales a Deo protoplasto facli «uni. » Il faut évidemment protoplasti , dénomination d'Adam et Eve, très-commune chez les anciens ; mais le copiste ne comprenait pas ce terme, et il crut, en mettant protoplasto , faire accorder l'adjectif avec le substantif.

32* Ment cm tncam pour mentem me suam , dans la Vie de sain! Honorai, cap. 5, num. 24, pag'. 76V, tom. 1 Léon. : « Quolies mentem « mram, quoties animum , quo:ies linguam « nominabal! » C'est une expression de len-% dresse , employée par saint Paulin, poem. xxi, 38V ; Mens mea (Theridius).

33" Connexis pour connexi, epist. Gelas, ad Orient, cap. 9, tom. II Léon., pag. 195: « Cum illfs non eslis passione conjuncti, sed « polius persecutoribns eorum socielate con- « nexis. » "

34* Autore gratiœ, pour, autore gratia , de Vocal. Gent. lib. 11, cap. 27, tom. 1 Léon., pag. 63 : « ln cujus utique devotione devola « est et volunlas, que autore gratiœ eodem « proficit Umore, quo cœpit. » Confer epist. 40, cap, 2, pag. 510 : « Cum ipsa (Tri ni tas) « v es tri sit cuslos et autor imperii. »

35* Ipsa petra au lieu de ipse petra, Léon, serm. », cap. 4, tom. I, pag. 112 : « Soliditas « enim illa, quau de petra Christoetiam ipsa « petra factus accepit , in suos quoque se « Iransfudil hœredes. »

36* Fore pour forem, dans Lae'ance, Di- Tin. Inslit. lib. III, cap. 6, pag. 199 nova) edit. : « llaque neque bi clara, neque illi ob- « scura viderunl, sed ulrique, dum solam « scieniiam consertis manibus vel retinenl, « vel eripiitnl, non viderunl in medio consli- « tulam fore, qute illos ad sapienliam transu mitterel. »

Il esl visible qu'il faut Hic : Non viderunl in medio constitutam forem; mâis le copiste ne savait pas qu'on disa il fores au singulier, et il défigura le texte, en substituant à l'aventure le verbe fore. On peut consulter

MATIQUE CIIRETM.NNF. lo?î

sur le mot fores, employé au singulier pour porta, l'index de l'excellente édition de saint Paulin donnée par M. le Brun des Marelles, acolyte de Rouen, et voir en particulier epist. 28, alias 9, num. 5, ad Severum.

Page 1