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CHAPITRE IV

Quatrième source d'altération. Méprises ordinaires aux copistes

§ I. Lettre initiale on finale supprimée lorsque le mot précèdent finissaU, ou que le suivant commençait par la même lettre.

Les copistes supprimaient souvent nne lettre, soit au commencement, soit à la fin d'un mot, lorsque deux mots écrits de suite avaient la même lettre, le premier pour finale, et le suivant pour initiale. Voyez la Diplomatique, pag. 57, 0 : Bonorum eorum pour bonorum meorum; hœreditate suas pour hœr éditâtes suas.

On observe dans le tome VII de saint Augustin, pag. 128, note c, que rien n'était plus ordinaire aux copistes qu'une pareille faute, parce que dans ce cas celui qui dictait ne faisait entendre bien clairement que le son de la lettre qui commençait le second mot , el que le scribe en conséquence mettait, par exemple, labe superabani, pour labes superabjnt. Celle raison peut avoir lieu en bien des occasions , rt elle ferait rentrer ce qui est dit ici dans l'article qui regarde l'identité ou la proximité du son. Mais on pourrait en trouver une plus générale et qui renfermerait tous les cas, dans l'usage d'employer les caractères majuscules pour inarquer qu'une lettre devait être répétée. Car il esl aisé do voir que les copistes postérieurs, n'entendant nen à cette manière d'employer les majuscules, ne s'avisaient pas de les répéter, à moios qu'ils n'y fussent contraints d'ailleurs par quelque défaut trop grossier contre le sens ou contre la syntaxe.

Quoi qu'il en soil, il est indubitable que lorsque la suppression ou l'addition d*une lettre n'opérait aucune différence dans le son de deux mois prononcés de suite , souvent les copistes supprimaient ou ajoutaient celte lettre, soit à la fin du premier mot , soit an commencement de celui qui suivait. C'est une chose qui arrive encore tous les jours, lorsque quelqu'un écrit sous la dictée d un autre.

De là les variantes pastoris serventur , pasloris eruentur, tom. V Aug., 263 C ; médiocre m melum, mediocrem astum, tom. I Ambr., pag. 145 B. (Un copiste avait écrit, mediocrem motslum, el ce dernier mot fut ensuite changé en metum, parce qu'il fallait là un substantif, el qu'on ne faisait pas attention que, pour l'avoir, il n'était question que de supprimer la le!tre m) ; ex eadem mortuus parente, ex eadem ortus parente, tom. I Ambr., 5<>1 C : Servilis saltem (on sallim)% servilis Altini, tom. II Ambr., 767 C; dignt* adibus, dignis sedibus, tom. 11 Ambr., 878 A.

De là sont venues aussi les fautes suivait les :

1* Major abutei is an lien de majora abu-

« 73 ELEMENTS DE CRITIQUE. Î074

trris. Comment. In Ephl. ad Rom. c.ip. n, lom. I.pag. 1120 A : « Non inlenlo adspectu

lom. V Hicron., pag. 931, medio : « Tu nu- « légère iler, sed tnutuo solticitos excfpere

• tero imprudensaVger, ad vulnera major abu- « sermones. » Je préfère à experiri la leçon letù ipso nmedio. » du grand nombre de» manuscrits, qui porte 2* Qu'a mundum au lieu de quain mun- excipere.

<lum, loin. Il, il p. Hieron., pag. 242, in 11* Aller amore pour altéra amore, Ambr.

psalm. xi.v : « Inspectionu sanrla qua mun- de Offiriis, lib. I, cap. 2V, tom II, pag. 30 I) :

« dum protnertbilur cor. Beali enim muudo « (Jacob) acceplus domi parenlibus, ut aller

« rorde... » « malurttate provocatus obsequii benedi-

5* Si cireumeidieset pour sic cireumei- « clionem darct, aller amore propcnderel. ■

disse, Appnid. lom. III Aug., p. 153, B : Il est question, dans le second membre, de

« Ideo siufulalioiiem hanc vocal Aposlolus Ucbecea, sa mère.

« Paulus, quem constat si circumeidisset Ti- 12" Totus omni tempore pour lotus somni

« molbeom, ut non tacerel rem se super- tempore, Ambr. de Excessu Satyri, num. 73,

« fluam proplt r illorum scandalum facere. • tom. Il , pag. 1133 C : « Mihi conquerenti

On a vu, dans ce qui a été dit sur «ou et, a quod non reviscres quiescentem , totus

qu'on l'écrivait souvent par un e seul. Le « omni ttmpore individuus cornes adfuisti ,

copiste ne pouvait donc manquer de rendre « itautilloperfusussoporcmcmbrorum,e(c.»

par et la finale de circumeidisse, après avoir 13- Lapsus in terra sim pour lapsus in ter-

écrit si au lieu de sic avant ce mot. ras *im, lom. I Ambr., pag. 109- B: « Hoc est

4* On trouve de mémo si eredilis pour sie « ergo quod invidi't (diabolus) dicens... Istc

ereditis , lom. X Aug.. pag. 1130 B : c Qui- « de terris migrabil ad cœlum, cum ego" de

« bus duobus si ereditis , tolum traducis « cœlo lapsus in terra sim. » La mémo faute

• dogma conlcrilur. » En lisant si eredilis, se trouve p. 035 B : ■ Non solum veniret in ij faudrait quœ duo au lieu de quitus duobus. « terra, sed etiam ; et on l'a corrigée dans l*er-

5* Philosophis sed au li»'u de philosophis « rata, en mettant terras. *

et, Terlull., ad versus M.irconern, lib. Il, «ni. » • . M

num. 10, pag. 389 D : « Deum nos a proplie- 1 "* LeUre ai00l4e fc la fln

■ lis et a Christo, non a philosophis, sed ab La suppression d'une lettre finale dans le

« Epicuro erudimur. » cas qu'on vient devoir est assex ordinaire:

0* La même faute se trouve, par la même niais on rcucontre presque aussi fréquent-

raison, lom. X Aug., pag. 334 A. « Ita ut ment des exemples de lettres ajoutée» à la On

« ipsis quoque pudicis non obtempère! con~ d'un mot , lorsque l'iniliale'du mot qui soi-

« jugatis, sed et quando non est oecessaria vail pouvait servir de finale au précédent.

« utovratur, et quando neccssaria est, ali- t* Ainsi la conjonction quoque s'écrivanl

« quando citius, aliquando lardius , non eo- anciennement coce, le c pouvait se joindre

« rum sequatur nu tus, sed suos exseral mo- au mol précédent, et faire mettre, par exenv

« tus. » pie, hœc quoque au lieu de ha quoque. C'eat

Nutus, sed a été écrit pour nutus et; après ce qui est arrivé dans Marius Merrator , ul-

quoi la conjonction sed a fait ajouter non , lim. editionis pag. 316 , in One, où> le teste

contre la foi de' presque loos les manuscrits, porte : « Nonne supra memoratis hœc quo~

Ufen de plus clair que cet endroit , en lisant • que sont germants sententiee, eamdcm blas-

et ponctuant.... Aliquando citius, aliquando « phemiam parturientes? »

êardius eorum sequatur nutus, et suos ex se- 2* Esset traditio a été mis par la même

rat motus. méprise, au lieu de esse traditio, tom. III

7» Le texte suivant de saint Ambroise^in Aug., de Gencsi ad litleram, lib. X, cap. 23,

psalm. cxvm , num. 19, lom. 1, pag. 1227 pag. 272 C: « Consuetndo tamen mains Ec-

C,' fournit un autre exemple de sed mis pour « clcsiaa in baplixaudi» parvulis nequaquain

et dans un cas semblable : * Grattas tibi agi- « spernenda est... nec omni no credenda oisi

« mus, Domine Jesu, quod créas! i nos, sed « apostolica esset traditio. »

« creatos feris , besliis , mutis animantibus 3* Finem monstrtsrem au lieu de fins mon-

m pra>fecisti. » On voit qu'il faut lire nos et. strarem, lom. X Aug., pag. 1232 D : « Quasi

D'ailleurs on sait que le d et le t se mettaient a ego proplcr aliud teslimonii recorda lus

fréquemment l'un pour l'autre. « sim, quam ut ejus finem monstrarsm forma-

8* ilonorandi suscepit pour honorandis s torem seminum omnium Deu.mcredi.opor-

jujc'pii /Terluil. de l'udicilia, num. 10, pag. « 1ère. » Julien, qui parle en cet endroit, dit

i>08, in fine : « lnceslorum plane fidélisai- qu'il n'a cité le passage de saint Paul que

m mus advocatus , quibus honorandi suscepit pour montrer, par la fin du passage qu'il

«banc causam ad versus- Spiritum sao- rapporte, que, etc. Gela est évident, soit

« cium. » par le contexte entier, soit par le livre II de

9" Certa cogitations sectari pour certas co- Nuptiis et Concup., cap. ik.

gitationes sectari, dans Marius Merrator, & Supers titionissuœ pour supers titioni suœ,

pag. 403, edit. Baluzianat : « Oporlet igitur Append. lom. II Ambr., pag. 116 C : « Ipsi

• ad ralionem pietatis omnia referentes , « etiam nobilcs , per quos superstitionis sucs « certa eogilationt sectari. » Le mol cogita- « originem antiquitalis adsignant. »

lion*, ajanl pris la place de cogitationes , fit 5* Prœsligiis Salanos au lieu de prœstigii

mettre ensuite eerta pour esrtas. Satanée, ibid., p. 238 F. a Commonel ut per-

10* Mutuo sollicitos pour mutuos sollicito, • severent in abrcnuntialione pompa et pres-

Anbr. de Excessu Salyri , lib. 11, num. 23. « stiqiiâ Satanœ. » Le mot prœstigium, ii, est

1 0~ri

employé par le même auteur , Append. lom. « nus) ut jugiter donet ne collati bénéficia

lil Aug.t pag- 51 B. « possinl à nobis fidei tempore discedere. ■

G' Quid divines au lieu déçut dicinœ, epist. Le sens et I ex pression fidei cnlor, si commune

Pclagii ad Demelriadem, Append. tom. II chez les anciens, démontrent que la lettre m

Augusl., pag. 6 0 : «Vide quid Chrisliaui fa- a été ajoutée par lo copiste.

« cere possunt, quorum in melius per Chri- 2" Fuetus au lieu de fatus, dans le Com-

« stum natura et vila inslrueta est, et quiddi- mentaire sur les ËpKres de saint Paul, Ap-

i vinœ quoque graliœ juvanlur auxilio. » pend. tom. 11 Arnhr.. pag. 286 C. Episl. II ad

7" Alligntos forte au lieu de alliyato forte, Thcssal.if, 6, où Ton lit : « Quod supra quasi

tom. 111 liieron. pag. 1331 : « Sanclos intelli- « sub velamine fartas est, dicens : nisi vene-

« gimus, quos nlliyatot forte Doniinu* eri- « rit discessio primum. »

« puil... de inferis. » L'iniliale de forte se confondant avec «, le copiste joignit celle lettre à alligato.

8" Servos suos au lieu de servos vos, tom. V Hieron. pag. 45, lin. prima : « lia et isti ser- « vos suo s sibi similes fa cere niluutur. *

3* Ambigit pour abigit, tom. III Hieron., pag. 1621, in Habacoc m : « Unde et in Can- « lico Cautirorutn, Aquilonem sponsus omis bigit , et Austrum vocat. »

4* Crassa au lieu de cassa( tom. 111 Hieron., p. U'i8 : « Uloranes illius repromis- « sioues quas sanrti propheia3 ore suo ceci- « nerunt, non inanem sonumbabeant, et cras-

9* Dans l'admirable éloge que fait en deux mots Cassiodore du grand pape saint Léon,

il parait que la lettre s a été par la môme « sa soiius Iropologiœ nomina. »

raison ajou'éc mal à propos dans le mot 5* Servus nu Mou de ter us, epint. ad Parti -

sedis, et qu'il faut lire : » Papa Léo sedi suœ mach. lom. IV, u p. Hier., pag. 582 : « lia rl

f compar, * au lieu de tedit suœ. Cissiod. in « ego servus consolalor, qui importune per

c htennium lacui.

6* Turbarum pour tubnrum , ibid., pag.

589, epist. ad Abigaiiin : «Ut Jéricho rorrual, « sarerdotalium turbarum subversa claugor»- « bus. »

7* Surdum pour sudum, epist. ad amicom œgrolurn , tom. V Hieron., pag. 46 : « Per lin. penult. : « Secundum meum sensum, quo « nas vias alla précipites gradiunlur... quos

per p.ilmara crux inlelligitur , etc.; » et il « fa Hit surdum lempus et dcccpil. » est visible que la finale de secundum a fait 8* Conttituimus au lieu de constitimus . mettre meum au lieu de étira qu'il faut réta- dans^ l'Apologétique de Terlullien, num. 46.

p. 35 B, cdil. an. 1675 : < Conttituimus , ul « opinor, adver-us omnium criminum inten- « lationem , qus Christianorum sanguinein « flagilal . i* Terlullien emploie assez souvent le verbe consistere dans la signification de défendre une cause contre quelqu'un. Voyea

psalra. ut, in One. (« Dont le mérite allait de pair avec la sublimité de son siège.»)

10* pans l'explication du Cantique des Cantiques, mise p. «ni les œuvres de Cassiodore (et que je crois être du célèbre chanoine d'Auxerre Gilbert l'Universel , mort évéque de Londres), on lit pag. 529, tom. U, col. 2,

blir.

11* Iptis specialiltr au lieu de ipsi specialiter, daqs la Vie de saint Honorât , cap. 6, num. 27, tom. 1 Leoq., pag. 763 : « In nullo « vilaiordine non ita viguit, ut ipsis spéciale «ter aplus vid<$relur. » («11 se conduisit

dans tous les emplois qu'on lui confia comme les pages 5 B, 36 B, 61 lin. ult., 93 A.

si chacun en particulier eût été celui qui convenait à ses talents. »)

12* (Jualibet tuli çommotione pour qualibrt alto çommotione, dans le can»u 8 do concile de Nicée, lom. U Lavp., pag. 21 : « Be- « quiratur sane ne qui forte pro aliqua in- « dignalione aniûti , aul conlentioue, aut « quolibet tali çommotione stomachantis « episcopi abjeeti sinlv» U est visible que « elle leçon est celle qui'approche le plus de

9' Serviebant pour setviebant , Gelas, ad Orienl. cap. 9, tom. 11 Léon., pag. 195: « Aut ratholici cni:n erant, aul haretîci , de « qiiibus illa ludibria passim g> rehaulur «l « latrocinia delestanda sercielianl. »

10* Trépida pour tepida, Léon. serm. 72. cap. 2, loin. I , pag. 312 : « Flammam fidei « illuminala corda concipiunl ; et quœ eranl « trépida , reseranle scripturas Domino, ef- « ficiuulur ardeutia. » L'antithèse exige le—

la primitive, et c'est la répétition de la let- pida. On peut d'ailleurs comparer avec ceci,

serm. 73, cap. 5 : « In templo suo , nec to- « nebrosum aliquid vull esse, nec tepidum. m

ire I qui a fail défigurer ce canon.

| III. Lettres ou syllabes rtV plus on do

qu'il u'ca

11* Adultertum pour adulterum , Aug. ao Ulilitaie jejunii, cap. 7, tom. VI , pag. 619 C : « Vutcanus et Mars inimici sunl. et jus- « tam caus.im habel Vulcanus. Odil euim a miser uxoriï adulteriwn. » .

12* Germinaverinl pour geminaverint , concil. Elrberit. can. 2, p. 80 de la Somme de Carranza : « Eo quod germinaverint sec- « lera accedenle homicidio, vel triplicareal- « coharrente mœchia, etc. » Il faut d'ailleurs triplicarint à la place de triplicarent. 13* Iwpedimur pour impendimur, Terlull.

V Tempore a été mis à la place de tepore, Apolog. nom. 44, pag. 34 C : « Al enim illud qans le texte suivant de Cassiodore in psalm. « delrimemum reipuhlioœ tam grande quara ox,vii|, 117 : « Semper rogandus est [Domi- « verum nemo circumspicil : illam injurias^

C'est une faute où sont souvent tombes les copistes (cl où quiconque écrit tombe encore tous les jours). Saint Ambroiseen fail la remarque, in psalm. cxvm, serm. 17, num. 35, tom. I, pag. 1194 : Potest fieri , dit-il, ut in utramlibet partem duarum adjeclione aut diminulionc litterarum scriptor erracerit.

Exemples d'une lettre ajoutée dont un mot, et quelquefois supprimée.

« ei viîâl is nu lias expcndit, cum loi jusli im- « pedimur, cum (ol innocentes crogamur. • Confer de Spcctaculis, pag. 81 B : « Cum ma-

* gis compelal innocent! dolcre, quod bomo « par eius la m nocens factus est , ut laui « crudeliter impendatur. »

Ce dernier exemple regarde la suppression Fune lettre dans un mot, et je vais y enjoindre trois autres.

tt# Volens pour volvens , Marii More. pag. 151 ulliinœ editionis : « Eadem et per oadein « volens, in eooVm lu lo versuram suivit. »

15* Itcrum pour intérim, dins le symbole 4e Kufin , tom. V Hieron., pag. 143, versus line m : « Ad quos primam ilerum responsio-

* nem sermonibus Paoli faciaraus , dicentis v eis : insipi ns , etc. »

if>* ConfirUtis nu lieu de confinxistis , tom. 111 Hieron., p. 9'»0 : « Deinde oculos ves- « tros levatis ad abomination' s rosiras, quas « de vestro animo confixislis. « La môme faute esl répétée , pag. 1028, confixerant au Lieu de c on fins er an t.

Exemples d une syllabe ajoutée ou supprimée.

1* Opacitatis pour opacatis, Comment, in lob, cap. 28, tom. V Hieron., pag. 731 : «Hi « ergo Christum logis lillera obtectum.... « opacitatis significalionum umbraculis non « polucrunl omnino perspiccre. »

2* Manifestissime pour manifesti me. tom» IV Hieron., h p., lib. III adversus Rufinum , pag 457 : « Si a me ficlam epistolam suspi- « caris, cur eam in Romans Ecclesiœ char- « tario non roquiris, ut cum deprehenderis « ab episcopo non datam , manifestissime cri- « minis reum tenta» ? »

3" Solicitudinem pour solitudinem, Tertul : de Monogamia nuro. 1G, pag. 535 A : «Quid

* si solicitudinem domus oblendat ? quasi « una mulier freqoentiam prœstet nomini ad « fugam proxitno.» Le mol frequenliam exige solitudinem.

4* Derelinquit pour delinquit, Hieron, adversus Helvid. loin. IV, u p., pag. 143 ; m Unde et virgo majoris esl mercedis , dum « id conleinnit, quod si feceril , non dere-

* linquit. »

5* Miserabiles pour mirabiles , de Vocat. omn. cent. lib. Il, cap. lt, tom. I Léon., pag. 47 : « Excrilquidcm fréquenter potens « et misericors Deus miserabiles islos suœ « operalionis effectua. »

6' Legislator pour legis xelator , Marii Mercai. pag. 242 ullims edit. : «Ait enim

* Hcbraeus et Hebrajis, legislator vere. et ex « Iribu Benjamin. » Coufer Pbilipp. m , 5 el 6; item Acl. xxit, 3, œmulator legis.

7* Quasfides pour çua* fidèles, Léon, epist. 56, cap. 2 , loin. I, pag. 549 : « Si quœ sunt « morœdc lus quœposcimus ordinandis, per ■ occasiones, quas /fdes gralia drvina provia derit, litleris nos vestrœ dilèctionis in- « slruite. > Confor pag. 698, lin. 4, fideli occasions

8* Solitœ pour solicita}, Léon. serm. 37, cap. 4, loin. I , pag. 203 : « Ac ne in multis » laboret solitœ discrclionis inspectio, ipsam

« matrem lirtutmn omnium charitatem in « secrelis sua) mentis inquirat. »

9* Libertale pour liberalilate. Tertull. adversus Marcionom , lib. IV, num. 31», pag. 457 A : « Par cril in liber la te oplimo Deo. s. Le sens décide pour liberalitate.

10* Mysterii pour minitterii, lom. V Hieron., pag. 766, inilio, Comm. in Job, cap. 38 : « Te forsilan disponente mysterii sui « pergunt cursom (elementa aslrorum).»

11# Prœdicaverimus au lieu de prœjudicaverimus, Tertull. de Cullu femin. lib. I, num. 2, in fine : «Nisi ergo hic jam proedicaveri- « mus, res eorum (dœmonum) prœiamnando, « quas in illis tune damnaluri sumus , illi « poli us nos judicabunt atque damnabunt. »

12 Sequalurau lieu de se queratur, tom. V Hieron., Comm. in I ad Corinlb., cap. xii, pag. 1C01 : « Ut pro invieem sollicili simus, a dum atternlroindigeinus« ne quis sequatur « et gratia el honore privalum. ■

13* Il faul de même lire se queruntur a l.i place de sequuntur, Ambr. episl. 18, num. 1 1, lom. H, pag. 8C5 1£ : « Duduin cœpiiuus, cl « jam sequuntur exclusos.» 11 est a propos de remarquer sur cet endroit , que duàum y signifie depuis peu, et que c'est comme si nous disions en français : Nous ne sommes venus que d'hier : nous commençons seulement à paraître. Celte signification de dudum se rencontre en différents endroits, et l'on pourrail en citer plusieurs exemples qui font voir que cet adverbe s'employait de la même manière que olim , pour signifier il y a peu de temps, aussi bien que t7 y a longtemps.

(IV. Suppression d'une syllabe, lorsqu'elle se tromcii écrite deux fuis de suite.

On a vu ci-dessus que lorsqu'une lettre était répétée de suite, souvent les copistes ne récrivaient qu'une seule fois. La même chose arrivait dans le même cas par rapport aux syllabes, el en voici quelques exemples.

1" Invidiam se trouve au lieu de in invidiam , lom. IX Aug., pag. 561 C : « Qui de « imperalorum legibus conquerunlur, invi- « (fiant calliolicorum exaggerantes, sire mor> « les... sive omnia quœ paliuntur. » Il est visible qu'il faut lire in invidiam («pour rendre odieux les catholiques »), parce que le régime de exaggerantes ne saurait être que mortes et omnia. Confer ibid., pag. 637 Ë : Quod etiam in invidiam noUram fecisse asseveramini.

2* Ou lit de même injuriai au lieu de in in* juriœ, tom. I Ambr., pag. 685 D : « Unus ex i sociis (David) miuilatus est quod injuria} « pretium caput ejus (Semei) auferrel. »

3" Intelligibilem au lieu de inintelligibilemt dans Marius Mercator , pag. 261 de la dernière édition : « Al nos naturas quidem in- < confusas servamus, et summam divinam- « que unilatem et nobis intelligibilem confl- « lernur. » Confer pag. 267 : Summa quadam et ipsi soli nota conjunctione

4# Enim morlale pour entm immortate, dans le livre de Novalieo, de Trinitale, cap. 7, pag. 710 C de l'édition de Tcrtulliea: « Quod entm morlale est, quidquid est, illud

use

« ipfum anûm et simplex et semper est.» Les deux dernières lettres de enim firent supprimer les deux premières de immortalt.

5" Jnterpretatum ponr ininterpretatum , tom. 111 Hieron., pag. 1301, lin. k : « Non « ignoro, Pammachi, difficillimum me duo- « decim prophetarum opus cudere, certe tn- « terpretatum Latinis,el quod magis lemcri- « lalem noslrain possit arguere, quam « scienliam prodere. »

de mots entiers.

Non-seulement les copistes supprimaient une syllabe dans les cas qu'on vient de voir, mais il leur arrivait aussi de faire la même chose par rapport à des mots entiers dans la même occasion , c'est-à-dire lorsque les mêmes mots se trouvaient écrits deux fois de suite.

Ceci peut se rapporter en partie à ce qui

6'Deo sptendeatau lieu de dcDeo splendeat, a été dit dans le chapitre des abréviations, I.eon. epM. ad De m triadem, cap. 7, tom. I, § 2. Mais il y a des cas où ce ne peut être pag. 95 : « Dignom quippe est, ut imago Dri l'emploi des lettres majuscules qui ait oc- « Deo splendeat, et inde pulchra, inde sit casionné la suppression de certains mots, « compta. » Le sens exige, ut imago Dei de et dans lesquels celte suppression ne peut Deo splendeat. être attribuée qu'à des méprises de copistes.

7* Illi rera ponr illi libéra, tom. X Aug., En voici quelques exemples, png. 1159 B : « Non ilaque illi vera midi- 1* Le mol pore* a été supprimé par cette « taie importune genilalium sccreia vulga- raison dans le texte suivant de saiul Auguste banl. » lin, tom. V, pag. 8V6 C : « Prœcipe hujus En se rappelant que les lettres b et v se « muodi diviiibus non superbe sapere. Agmettaient lune pour l'autre, et ensuivant « noscant pauperes $uos: pauperes nomines, les vues qui sont une suite de ce qu'on vient « sunt el liomines; dissimilis veslis, sed side voir sur la suppression d'une syllabe qui « milis cutis. » Il faut, pauperes pires suos; se trouvait répétée, il est aisé de voir que la mais pare» fut supprimé, parce qu'il se conleçon primitive de ce texte était : « Non ila- fondait, aux yeux du copiste, avec les deux « que illi Hbera nuditate importune genita- dernières syllabes de pauperes. « lium sécréta vulgabant. » Confer Cassiod. 2° Les deux mots ex parte manquent par

l'effet d'une semblable méprise, ibid., pag. 10V8 : « Immo quia dat fructum, ex parie « non dat fructum; véniel Dominus ejus, et « dividel cum. » On voit qu'il faut lire : « lmmo quia dat fructum ex parte, ex parte « non dat fructum. »

3* La même cause a fait disparaître le mol lacent, dans S. Ambr. in psalm. cxvm, serm. 20, num. 35, tom. 1, pag. 1231 C : « Deniqoe qui Susannam absolvil tucentem, « se obtulit morli. » Tout semble annoncer que saint Ambroise avait écrit : « Dcitique « qui Susannam absolvil tacentem, lacent se « obtulit morli. >

On pourrait autoriser cette correction par une semblable tournure d'expression , cm-

de Anima cap. 12, tom. II, pag. 638 : lbi nullus probatur libérant erubeseere nuditatem. Item Aug. tom. V, pag. 773 B : Latenti carne... libéra fronte.

8* llabere cœptum au lieu de habert reeeptum, dans Mari us Mi-rcalor, pag. 37 de la dernière édition : « lllud quoque memi- « neris nos tenere, el in fidem nostram ha- « ber» cœptum de duahus mortibus, etc.» Confer supra, pag. 33: « Qu» a le anlea « improbata... nunc... in fidem tuam rteipi m meroerunt. »

Ces textes de Marius Mereator me fournissent une occasion dont je crois pouvoir profiter ici pour on éclnircir un de saint

Augustin , de Civilate Dei . lib. X, cap. 32. , ée ,e , t d ^ , m

Ooyht, tom. VII pag 2G8 B: I>t«t Par- g \ £c , E,cazaret pèlerin i lia m, ut

phynus.... nondum receptam unam quamdam (( ,flC„.rfo,em taefrdos.n

sectam, quœ umversatem continent vtam cm.- J. H ffle para|l éf |dc||l q(JC |e mo( ^

giant ne-se trouve plus, par la même raison, dans Cassiudore in psalm. lxxvi, v. 13, où l'on lit : « Ergo hic versus contra illos « increpandos dicilur, qui adhuc supersti- « tiohum errore caecabantur; ut infeliecs « agnoscant quem refugiunl% quos scquun- « tur. » Ou'on lise : « Agnoscant quem refu- • giunt, réfugiant quos sequuntur; » cl l'on a indubitablement, ce me semble, dans son intégrité primitive, le texte de Cassiodorr. 5" Je ne doute point non plus que dans le

liberandœ. Les manuscrits porlcul pour la plupart : « Nondum receptum in unam

• quamdam sectam, quod universalem con-

• tineat viam , etc. ; » el cette leçon parait claire et indubitable, en la rapprochant des expressions de Marius Mereator.

9* On lil dans Lactance, Divin. Inslit. lib. 1, cap. 22, tom. 1, pag. 103 de la nouvelle édition : « Poluerunt enim et libri aboîeri, « et res tamen in mtmoriam non exire. » Je suis presque persuadé qu'il y avait dans l'o

liginc, in immemoriam , et que ce dernier sermon 133 de saint Pierre Chrysoiogue il mot a perdu d'autant plus aisément sa pre- ne faille répéter le mol ligno dans la phrase mière syllabe, qu'outre qu'il se trouvait pré- suivante, où il est question du martyre de ' ' 1 '' saint Pierre el de saint André, tous deux

couronnés par le supplice de la croix : « Ut « qui Chrislo compati gestiebanl, in semei- « ipsis figura ni , formamque exprimèrent a passionis, et redempli ligno consumraa- « rentur ad pointa m. » (Ul redempti ligno, ligno cousumraarcntur.J

cédé d'in, il était d'ailleurs peu usité. Le cens exige au reste cette correction , à moins que quelqu'un ne voulût lire, tamen memoria non exire, ce qui demanderait un c hangement trop considérable et peu fondé sur les causes ordinaires des fautes de cj r>6tcs.

On voit par ces exemples que c'était la confusion causée dans IVspril des copistes, suit par le même mot répété, soit par la suite immédiate d'un autre, fort approchant du premier, qui leur faisait quelquefois supprimer l'un des deux.

§ VI. Transposition de lettrei, de syllabes et de mots.

On rencontre de temps en temps dans les ouvrages des anciens écrivains des lettres, •les syllabes et morne do* mots entiers qui ne sont point dans leur place naturelle. Mais c'est surtout par rapport à la transposition «les lettres que cette méprise a eu lieu ; et Higaull s'en plaint dans une note sur Terlullien, pas;. 164 de la dernière, édition. Les ropisles écrivaient quelquefois, par exemple, tailigoi pour gallico*; locuntur pour coluntur; calonica pi>ur luconica; et dom Mahillnn fait la même remarque, Diplorn. pag. 57 D, en citant l'exemple de spallcntium, mis au lieu de psallentium.

C'est sans doute ce qui a occasionné les variantes laicot, aliquos (ou plutôt comme on écrivait alors alicot), loin. VI Aug., pag. 74V, note b; Da, ad, lorn, V, pag. 43 E; Sojritwn. potilum, Appeud. lom. 11 Ambr., p. *ï5E.

Celte espèce de f.iulcs pourrait peut-dire en certaines occasions avoir eu sa source dans les caractères lironiens, qui pouvaient se ressembler beaucoup, et peut-être même avoir la même forme pour l'expression de roots, dans la composition desquels entraient les mêmes lettres, quoique dans un ordre différent. Mais il parait que communément c'était de la part des copistes l'effet d'une inéprise à peu près semblable à celle qui ferait dire, dans une conversation, le» conserve* d'un couvent, au lieu de cojtverseê.

Quoi qu'il en soit , on trouve différents exemples de pareilles transpositions (surtout par rapport aux lettres) , et j'en citerai quelques-uns qui pourront mettre pour ainsi dire sur les voies, el faire parvenir peut-être en quelques occasions au rétablissement de leçons primitives.

On pent, en faisant usage de ta connaissance des méprises où tombaient les copistes à cet égard, se convaincre qu'ils ont écrit :

1* Probati» au lieu de probasti, Sulp. Severi dial. 1, circa inilium : « Enim vero, in- « quam, salis probati s quantum plus amor « possit, qui noslri causa tôt maria lantum- « que terrarum cmensus.... vcnis'.i. » Il faut d'ailleurs lire pius au lieu de plus. Voy. les lettres i,t.

2" Partent au lieu de jpatrem , dans les actes de la conférence de Carthage. num. 222, p. 368 de la dernière édition de saint Optai : « Ne Christianus partent sibi dicat in terra.»

3" Notoria pour notiora, Sulp. Severi Hist. in Etiseum propbeiam : «Qu» omoia notoria « sunl, quam ut noslro stylo cgeanl. »

4* Putiut au lieu de posuit, lom. IV Aug., p.«g. 427 A : « Et liœc npclila polius. » Ou

: CRITiQUE !68t

peut consulter lYitdroît pour se convaincre que potiu» n'.y convient en aucune sorte. Posuit contient toutes les lettres qui composent potius, et rétablit visiblement le texte.

5" Revelandum au 1ioudere/«eafu/tim, Sulp. Sev. Dial. 3, pag. 244 editionis ann. 1693 : a Cœterum et si didlogi speciem, quo ad re- « velandum faslidium lectio variaretur as- « sumpsimus, nos pie prestare profilemur « historiœ verilatem. »

6* Unde qui pour undique, lom. VII Aug., pag. 128 A : « Unde qui talcs jam morum la-

■ bes superabanl alque abundabant, quando cscribebal isla SaUuslius, canebalque Vir- « gilius. »

7* Potito au lieu de sopito, Cassiod. de Anima, cap. 5. lom. Il, pag. 632. « Si Divi- « nitas perfectas et rationabiles animas «créât, cor aut posito sensu vivunt in- «finies, aut juvenes inveniuntur excor- « des ? »

8* Vem'aro pour vineam, Cassiod. in psalm. 79, in fine : « Qui reniant Chrisli dilata la m « tolo orbe conspexit. »

9* Carere pour arcere, Casai od. in psalm. xlix, 22 : « Amenlia est ccrle illum memoria « carere, quem prasenlem semper constat « existere. »

10* Crudelitatem pour credulitatem (le même que fidem). Hicron. in Matlb. cap. ix, tom. IV, p. 32, lin. 1 : « Ne per auslerilalem « nimiam, etiam crudelitatem quam ounc hait bere videlur, amiltat. »

11* Credulitate pour erudelitate, Appcnd. tom. II ; Ambr., pag. 266 B : « Ut et perfidos

■ gravet impictatis s use credulitate, et fideli- « bus Dei praadieet verilalem. » Le même auteur dit impie ta ti» tuœ crudelitatem, Append. tom. 111 Aug., pag. 147 D.

12* La mémo faute se trouve ibid., pag. 279 8, credulitate, au lieu de erudelitate : « De impictale alque credulitate queritur Ju- « dœoruna. » Confer. Appcnd. tom. III Aug-, pag. 69 E : Impictatis et crudelitatis.

13* Dixerimut pour direximus, Append.

tom. X Aug., pag. 92 C : « Hbîc <-d sancli- « tatem luam de concilio Nu midi» scripla « dixerimut. »

14* Ita pour ait, Ambr. in Luc. cap. x, tom. I, pag. 1421 B : « Miliens ergo discipu-

< los in messem suam, qua sollicitum rau- « nus operarii requtrebal, neaves cœli sparsa « semina dissiparent, ita ; ecce ego raitlo vos,

< sicul agnos inter lupos. »

15* Immunitio pour imminutio, Ambr. de Officiis, lib. 1, cap. 36, loin. Il, pag. 48 E : « Quidquid acciderit quo frangi antmi soient, « aut palrimonii amissio, aut honoris immu- « nit io, etc. »

16* Moverent au lieu de vomerent, dans le discours de S. Vicirice, publié par M. le Bouf, num. 13 : « Protinus sertis spatia om- « nia redimila ridèrent, maires lecta comple- « renl, porta undam populi moverent. »

17* Paire au lieu de parte, Léon, serin. 32, cap. 2, lom. I, P- 185 : « De quibus (gcnli- « bus) quondam bcalissimo palriarrlia) Abra* « bac innutiierabilts fucrat pro tiissa succès-

m sio, non carnls semine, sed flJui fecundi-

■ laie genernnda : et ideo ste-llarum molli- « tudini comparala, ut nb orani genlium pa- « Ire, non lerrena, sed ©œlestis progenies spe- « rarelur. » •

18° Parte nu lieu de pâtre. Append. lom. V Aug., pag. 6 E : « Egredere, inquit, et de « rognalione tua. Coguatio ista, vilia intelli-

• gunlur alque peccala, qum nohiscum quo- « dam modo ex parte n.iscuntur, et ab in- « fjnlia malis actibus addunlur ac nutriun- « lur. »

19* Pa tribus pour partibus, lom. VI, pag. f02 B : In patribus luis non habes lapidem «angularem, quem secundum divlnilaten; < palri tequalem non crçdis. »

20* Auditores pour adjutores, Cassiod. Variarum lit». XI> epist. 7, tom. I, pag. 177, in line : «Habcbunt nos bene agenle*. in quo « possumus, auditores. Rcmuneralorem e,nim « a 1 1 ■ esse promilto, quem se aliqua hone- « slate tractasse cognovero. »

On roit dans le même auteur, tom. Il,

Iiag. 639, une variante qui porlc adjutores à a place de auditores; et l'on trouve dans l'Append. de S. Cyprien, pag. 174 de l'édition d'Oxford, col. 1, vers la 6n, prudentem adjutorem, au lieu de prudentem audit orem, que plusieurs anciens lisaient, Isai. cap. m, 3 : où notre Vulgale porte prudentem eloquii tnyttici.

21* Admittendo pour adimendo, tom. V Hicron., pag. 1017, Comment, in II ad Cor. cap. m : c (àfinisterium, juslilia)) quod mini- « slrat justiliam admittendo peccala. » (On ne trouve pas toutes les mêmes lettres dans cet exemple, mais il est visible que la faute a élé occasionnée par une transposition.)

22' Conabitus pour conatibus, Hieron. in Zacb. cap vin. tom. III, pag. 1748. « Tarn « homines quam jomenla in agricullura, in « niercimoniis, operibusque divcrsis, cassis « conabitus frustrabantur. »

Cet exemple de transposition ressemble i celui de getese pour segete, dans Vincent de Lérins, Biblioth. PP. edil. ann. 1576, tom. V, pag. 82 B.

23* Pugnatoribus viris au lieu de pugnatoris viribus, lom. III Hieron., pag. 1461 f in Abdiœ cap. i : «Qui anle lumen sibi scientia) « promitlebant... limehunt et formidabunt , « ecclesiastico viro obtinenle sophismata eo- « rum : in tantum ul nullus resiJeal qui pos-

* sil, vel régis consilio, vel pugnatoribus

* viris, pro hsreticoruin superbia et falso

• dogmalc dimicarc. »

24* Repente de coelo pour derepente cœlo, lom. V Hieron., pag. 7i>, versus flnem, de Scientia divivœ legis, posl médium : « Ecce « si umbrato repente de cœlo, »olis claritas « nostris aspeclibus denegetur.... pavemus,

■ contre miscimus, etc.*

25* Quod propter au lieu de propter quod, SJarii Marc. pas. 372, lin. 1, ullim. edil.:

■ Dicitur ergo Chrislus Dei Verbuin, quod « propter noslri similis homo est, et factum « est in servi formas...

26* Mox ut ad se pour mox ut se ad. Cas- Siod. Variarutn lib. XI, epist. 40, loin. I,

pag. 187 : « Srarus rsca pellectus, cum jun- « ceum carcerpm cœperit introire, mox ut m ad se exitium suum invilatum fuiss* cogno- ■ verit, in candani labitur, paulalim se ab « anguslo suhdocens. »

27* Evadere poluissrt. ut attendit pour ut evadere potuistet, ostendit, Cassiod. tu psalin. cxxix, 8, tom. II, pag. 4'i8 : « Sed «cum dicitur, ipse rediuict, nuliam po«*si - « bililatem in domine, evadere potuissel.ut « ostendit. »

On voit, par les différents exemples qui viennent il Vire r.ipporlcs, qu'on rinconl e beaucoup plus fréquemment des transpositions de lettres qu'on n'en rcncoulre de mots ; et l'on sent assez que les premières sont effectivement beaucoup plus faciles et devaient par conséquent être plus communes que les autres.

§ VII. Liste de quelque* mois eo particulier sur lesquels il arrivait plus (militairement aux copistes de se rapprendre, eu écrivant l'un au lieu de l'autre

Il est un certain nombre de mots, surtout parmi les monosyllabes, à l'égard desquels les méprises des ropistes ont été assez fréquentes, et qu'ils écrivaient communément l'un pour l'autre. Comme ces mots reviennent souvent dans les auteurs , du moins pour la plupart, parce qu'ils sont d'un usage fort commun, il ne sera pas inutile d'en présenter ici un petit catalogue, mais sans entrer dans l'examen des causes différentes qui onl pu les faire confondre et mettre réciproquement l'un pour l'autre. Ces causes, par rapport à qu?lques-uns, seraient difficiles à élre assignées bien précisément, et* par rapport à d antres on les trouve dans ce qui a clé dit ci-dessus, en parlant de la ressemblance que certaines lettres avaient arec d'autres. Je me contenterai d'exposer ici le fait tel qn'il est, en l'accompagnant, soit d'autorités, soit principalement d'exemples qui le rendront indubitable.

1. JVon, nos. Les copistes mettaient assez, souvent les mots non et nos l'un pour l'autre, et en voici différents exemples : i 1* Quasi nos simus au lieu de quasi non simus, Comm. in I ad Cor. cap. vu, lom. V Hieron., pag. 989 : « An forte nos solos cre- « dimus immortales, quasi nos simu* ex ho- « minibus gênera ti?»

2° Quantum non facimus pour quantum nos facimus, ibid. in cap. vi ad Galatas, pag. 10V7 : a lnanis aliter gloria est, si ex his quaa « non pracipiuntur in lege, omnes cogamus « facerc , quantum non facimus ; et cum « ipsi non polerimus.hœc superflue dicamus.»

3* Non similem pour nos similem, Append. tom. V Aug., pag. 312 F : « Si hune mun- « dum relinquimus, non similem Paraclelum». « sicut apostoli, id est, Spiritum veritalis « quem millet nobis Paler, accipiemus : quo- « niam non est personarum acceplio apud* « Deum. »

4* Non habere au lien de nos habere, Concil. Aurelian. m. can. 24, pag. 307, de la Somme de Carranza : « Judex" civilalis vel « loci, si harcticum... quameumque perso-

t nam de calholicis rebaptirnssc cognnverit,

• quia reges won constat habere ralholicos, « non slalim rebaplizantes adstrinxcrit, et ad « régis (idem proplerea dislringcndos addu- ■ xerit , annuali cxcommanioatioiii sub- « datur. i.

5" Quos non pour quos nos, Cnssiod. de Ortbogr. tom. Il , paç. 606 : « Ut lalius dicta « probare possetis m aucloribus suis, quos « non propter fasli lium vcslrum defloran- « dos esse putavimus. »

6* Et non credimus pour et no* credimus, Tertull. advcrsus Praxeam, n. 21, in fine:

• Quo discedimus? verba vit» habes, et non « credimus quod tu sjs Chrislus. »

On lit dans 9. Aug. tom. IV, p. 802 E : « Notuisti vidcre peccala noslra , cl ideonon

• vidisti , quia ipsa videre no!uisli. » Les meilleurs manuscrits portent nos vidisti, qui parait être la véritable leçon, comme on pourrait le faire voir par d'autres endroits ; mais es varliutes montrent que nos se confondait avec non, et cela nous suffit ici.

7* Non esse riperas au lieu de nos esse riperas, tom. I\ Aug., p. 225 D: « Jam vi- « dete utrum vos possilis ostendere non esse

• viperas, nisi oslcndcrilis omnes chrhtia- « nos omnium gentium , iradilorcs esse et « homicidas, et non esse christianos? »

8" Nos intelligentes pour non intelligentes, Appcnd. tom. Il Hicron., pag.230,in psalm.ïL: « lu die judicii, in qua Judacos nos intclli*

• gentes damuabit Chrislus. »

9* Nos agnoscil pour non agnoscit, Hicron. epist. Vl. ad Furiam, de Yirginitate servanda, loin. IV, |i part., pag. 337 : « Qua « flducia crigil ad cœlutu vullus, quos Con- « ditor nos agnoscit ? »

10" Ad nos taies pour ad non talest tom. II Léon., pag. 107, lin. 34 , de anathematis vinculo, cap. 7 : « Perierunl itaque duplici % modo, aut permanentes in eo quo lalem « sententiam susceperant, aut déficientes ab « eo quo talcs îucrant, et incipienU-s esse « quo non talcs fucraut, quibus est illa pr®- « lixa seutenlia : ul consequenler ad nos « talcs non perlinerel illa scutenlia, quœ uou « lalibus prœflxa non fueral.a

2. Et^ut. Dom Coustanl Tait observer dans son édition desainljlilaire,pag.40, nul. g, et pag. 135, not. a, que rien n'est plus fréquent dans les manuscrits que le changement réciproque des monosyllabes et, ut. C'est ce qui a fait mettre :

1* Jta ul sit au lieu do ita et sit, tom. X Aug., pag. 170 F : « Quia vero peccavit vo~ « luotas, secuta est peccantem peccalum iia- « bendi dura nécessitas, douée tola sanelur « infirmitas, et accipiatur tanla liberlas, in « qua sicut necesse est pcrmaueal beale vi- « vendi volonlas, lia ut sit eliain bene vi- « rendi et nunquam peccandi voluularia « felixque nécessitas. »

i 2* Ut Spiritus sanetus au lieu de et Spiritus sanetus , tom. 111, i p. Aug., pag. 443 C : « A festivitate Agni immaculati Christ! « Jesu quinquaginta dies numerantur, ut « Spiritus sanetus de allissimis datas est. » Coufer tom. V, pag. 47 A ; « Ab illa resur-

CMTIQUE. 108C

« rectionc.... numerantur quinquaginta dies, « et venit Spiritus sanetus. • Item ibid., pag. 48 C.

3* Et pont au lieu de ut pont, Cassiod. de lnslit. Div. Litt. cap. 24, inilio : ■ Demus ila- « que nperam, et post inlroduetorios libros « aucloritalem cum expositoribus suis se- « dula intentione curramus. »

4' Ut uf.pnnr ut et, dans le discours de saint Y ictrice, publié par M. le Bœuf, nom. 14: o Superc t, amantissimi , ut ul peccalorum « nostrorum confessio subscqu.itur. »

3. Est, et. Dom Coustanl fait, p.ir rapport aux monosyllabes est, et, la même remarque

u'il a faite sur et, ut, ibid. note e. On lit cause de cela :

1* Tribulatio et au lieu de tribulatio est. Hier, in Zach. cap. vin. loin. 111, pag. 1748: • Et sont in nobis bella atque discordia:, el « unique tribulatio et sine puce Chrisli, quarn « ad Patrem vadens aposlolis dercliquil. »

Et id pour est id, tom. VIII Aug., pag. 523 A : « Nisi (aliter el de illo scnlias sœ- « eu o , et id quod dicilur slultuin satis et « ineptum. »

3* Et illa pour est illa, ibid., pag. 538 A : « Quid enim, si tali jam dilectione peccatrix « anima alque viliosa idem peccalum alleri « persuadeat, nonne et illa qua; persuadent! « consentit, tali rilio depravata, quali vitio « depravata illa quam scqui'.ur?»

4. Qui, cui. Rien de plus ordinaire que de rencontrer un de ces mots pour l'autre ; en voici différents exemptes :

I* Qui placere pour cui placere , dans l'ouvrage intitulé Virainis Laus, tom. V Hieron., pag. 112, inillo:« Dicat ergô mihi quai virum « non habet, cl lamen quœ mùûdi siiiit cogi* « lat qui placere desideral? »

2" Aliqui pour alicui , ibid., pag. 933, post inilium : «Non est una mœchia. Nam omne « quod Dco débet anima, si aliqui prœlcr- « quam Deo reddiderit, mœchalur. »

Quieam pour cui eùm, Tertull. dcllesurr. carnis, num, 46, pag. 333 A ; «Cœîerum fru- « slra opposuil vitam morli, si non est illic « ubi est el ipsa, qui eam opposait, exclua dendœ ulique de corpore. »

4° Qui dure pour eut dure, ibid. pag. 358 B : « Ergo salvum est, qui dure habcl Deus « corpus. Quomodo aulem salvum est, si « nufquam csl? Si non resurgit? Si non idip- « sum resurgit? »

5" Cui cum pour qui cum, Tertull. de Pudicilia, in fine, pag. 575 C : «Quis magis nega- « vit, qui Chrislum vexalus, an qui délecta* « tus atnisit? qui cum amilterel doluil; an « oui cum amilterel fusit? »

6* Qui vindictes pour cui vindiclœ, Ambr. epist. 19, num. 20, tom. Il, pag. 848 D:«A vo- « bis eum in morlcin affici volunl, quem ipsi a ultioue diguum de iis qui lœserant, judicaa veruni, el qui vindiclœ prasbuere ministe- « rium. » [Eum... cui, celui à la vengeance duquel ils ont eux-mêmes servi de ministres.)

7* Cut cum pour qui cum, Léon. serm. 52, cap. 5, loin. I, pag. 249 : a Quantum aulem « universis Cdclibus bac liumilitalc cullatuui

■ sit, primas bealissimus aposlolus expert us € esl : eut cum illui» instantis stevilia) veheu menlior procéda turbasset, ad repara tio- « nem vigoris céleri mutalione conversus « est. p

8* Cui nostra pour qui nostra, Hier, episl. 49, ad Paulinum, tom. IV, n p., pag., 563, in One : « Sub prœlexlu eleemosjnœ, prisli- « nis opibus incubantes, quomodo possumut « aliéna fideliter distribue™, cui nostra li- « mide reservamus? »

5. Ista, ita. 1° Tom. I Aug., pag. 671 B : Quod autem ista au lieu de quod aulem ita : « Quod aulem ista conslitulus est homo in « paradiso, ul operarcturel custodirel : ope- « ralio alla laudabilior, laboriosa uon eral. »

2° lta intérim pour ista intérim. Sulp. Se* veri dialng. 3, anle Gnem, pag. 2.4- odil. ann. 1693 : « De Martino aulem exspectaro « non debcs, ut ulla sil meta referendi. La- « lius ille diiïundilur, quam ut ullo valcat « sermone concludi. lta intérim de illo viro « portabis Orienli. »

3* Ista esse pour ita esse, Append. tom. V August., pag. 519 C : « Tiimen adquicsca- « mus ista esse ul asserit. » Conter Append. tom. VI, pag. 226 F : Si enim ita esl ul asserunt.

6. Si, qui. i'Si suliter fugerint. pour qui subterfugerint , dans l'ouvrage intitulé: Yirginitatis /aux, tom. V Hieron., pag. 112, inilîo : « Stultum est enim limuisse quod minus est, « et non timere qnod majus est ; aut ab his « non vitari quœ prohibeutur, si subterfuge- « rtnf que concedunlur. »

2° Si carnalia pour qui carnalia, tom. III Aug., î p., pag. 656 B : *De tonsura ovium « mearum calefacli sunt : qnod a frigore spei « lerrenso illorum vindicati snnt considéra- « tione, si carnalia per renonliationem po- « sncrunt exemplo gregis detonsarura. »

3* Perituri qui au lieu de perituri si, tom, X Aug., pag. 1103 E : «In quantum aulem « cum peccato nascuntur, perituri qui non « renascuntur, ad semen perlinet maledi- « ctum ab initio , illius anliqu» inobedien- « lias vilio. » Confer pag. 3)8 A.

7. Quasi, quia, le trouve dans saint A ugustin deux endroits où les mots quasi et quia ont été confondus. l'Tom. V, p. 334 E, où un seul manuscrit porte quasi, landis que tons Ire imprimés (copiés sans doute d'après d'autres manuscrits) portent auia. 2"Tom. VI, pag. 481 F, où le texte de S. Pau!, Il Thess. m : Non quasi non habuerimus poteslatem, est changé en non quia, quoique saint Augustin, d.ms son Spéculum , lise comme la Vulgale , non quasi.

Cette remarque sur la confusion des deux mots quasi, quia, sert au rétablissement d'un M endroit de saint Augustin, loin. VI, pag. 426 E, de Mendacio, cap. 7 : « Pudictlia « (comme portent tous les manuscrits) quip- « pe corporis, quia multum honorabilis per- « sona, videtur occurrere cl pro se (lagitare « mendacium. » Qu'on Hse quasi pour quia, cl l'on a, avec le texte primitif de saint Augustin, une pensée tout a fait digne de lui.

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