‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 5 sur 455 · MONSIEUR IV. DE WAILLY · texte numérisé non relu

MONSIEUR IV. DE WAILLY

CHLF CK ^ECTJOf. AUX ARCHIVES LU ROtAlHB.

Monsieur

A l'apparition de vos Eléments de paléographie on a pu dire que la science des antiquités manuscrites allait renaître en France, car c'était le premier ouvrage important qui eût paru depuis près d'un siècle sur celte intéressante matière. Digne successeur des Bénédictins, vous avez fertilisé de nouveau la portion la plus arido du champ bistorique. Si les anciens ont posé les règles de la Diplomatique, vous 1er avei dégagées des superfluilés qui les encombraient; vous y avez porté le flambeau d'une saine critique, et nous avez enseigné comment on devait l'appliquer avec fruit.

Je suis heureux de pouvoir reconnaître, dans le faible travail que j'ai l'honneur de vous adresser, tout ce que je vous dois de vues droites et sûres, d'appréciations excellente! en ces matières ardues. La bienveillance dont vous m'avez déjà plusieurs fois honoré me commandait de le proclamer hautement , lors même que je n'y eusse pas été spontanément porté.

QOANTIN

Paris. — Imprimerie J.-P. MICNE

avant-propos.

Lorsqu'on veut pénétrer dans les sources mêmes de l'histoire du moyen âge, il est impossible de le faire si l'on ne connaît pas la diplomatique et la paléographie. Comment, en effet, porter dans ses investigations utio critique sage et raisonnée, si l'on ne sait so rendre compte des usages si divers et si varies des actes anciens? Comment les distinguer les uns des autres, si l'on ne peut même les lire exactement? Comment s'assurer do l'authenticité do texte d'un manuscrit, si l'on ne sait pas en déterminer l'Age par l'inspection de son écriture? Ces questions, dont on multiplierait facilement le nombre, justifient surabondamment la nécessité des grands travaux faits sor la matière. Mais leur grandeur môme rend les recherches difficiles : c'est co qui nous a décidé à essayer de metlro la science sous une forme plus pratique et à la portée de toutes les classes de lecteurs.

Nous avions devant nous les œuvres des savants fondateurs de la science, D. Mabillon et les auteurs du Nouveau Traité de diplomatique; nous y avions joint leur docte continuateur, l'auteur des Eléments de paléographie. Ces trois ouvrages renferment toute la diplomatique et la paléographie française : principes généraux, origines, démonstrations des faits pendant la succession historique depuis les premiers siècles chrétiens jusqu'aux temps modernes, tout y est compris, précisé, développé. Mais, au milieu de tant de richesses, on est embarrassé pour faire on choix cl pour resserrer en un volume sous forme de dictionnaire une somme de documents aus«i considérable. Au siècle dernier un bénédictin avait essayé d'abréger les travaux de ses devanciers cl les avait résumés en un dictionnaire raisonné de diplomatique. Cet ouvrage nous a servi de cadre dans lequel nous avons fait entrer tout ce quo nuire format et les nécessités de la science nous ont paru demander aujourd'hui.

Les anciens maîtres diplomatisles, comme les Juifs rebâtissant Jérusalem, tenaient l'épéc d'une main cl la truelle do l'autre; leurs ouvrai s sont remplis de sorties contre les adversaires de l'antiquité et de la vérité des archives ecclésiastiques. Ils y entassent des matériaux énormes pour la défense des principes attaqués : de là une grande confusion qui rend les études difficiles. Nous n'avions I» is à nous préoccuper de cet ordre de faits aujourd'hui; nous devions nous borner à résumer leurs découvertes et à les compléter par celles des auteurs modernes.

Noire cadre ainsi tracé, il nous cûl <Mé facile de le remplir avec plus de temps et surtout plus de lumières. Mais nous sentons bien noire insuffisance rt nous sommes sûr d'avance d'avoir commis bien des erreurs, tout en ayant mis tous nos soins et tous nus efforts à suivre les traces des maîtres de la s* ience.

* Tout en adoptant la division alphabétique que le plau do l'encyclopédie commandait,

Diction*. »b Diplomatique.

nous avons conservé avec soin à chacun des articles son caractère complet, et si quelques répétitions se ronconlrcnt, elles ont paru indispensables pour faire comprendre la corrélation des suji ts : s'il en était autrement, les renvois aux mots complélifs suffiraient pour en mettre en évidence tous les aspects. c

Les objets variés qui sont traites dans no- ~ tre diclionnairo nous paraissent demander quelques explications. Tout en nous préoccupant surtout de ce qui concerne spécialement la diplomatique et la paléographie chrétienne, il nous a paru utile d'y ajouter beaucoup d'articles qui s'y rattachent indirectement et complètent la connaissance des usages du moyen âge.

L«-s abréviations, qui jouent un si grand rô'o dans les monuments paléographiques, présentent de grandes difficultés pour être réduites en système. Les exceptions y prennent tellement la place de la règle, qu'on no peut pas bien souvent fixer les cas dans lesquels tels ou tels signes ont telle on telle valeur. Ce n'est que par une longue pratique qu'on parvient à comprendre le mécanisme de cette tachygraphie. Nous avons donné des fac-similé des signes abréviatifs et une liste des principales manières d'employer les abréviations. On peut rattacher à ce sujet les si- Ries, qui sont une autre espèce d abréviations, et dont nous avons recueilli une longue liste. Il en est de môme des lettres monogrammatiques et conjointes.

Les anciens auteurs ont raconté l'histoire des anciennes archives; nous l'avons continuée jusqu'à nos jours en Franco, où ces précieux dépôts sont devenus l'objet des plus grands soins.

Les papes ont donné des milliers d'actes connus sous les noms de bulles, de brefs, etc. Nous sommes entrés dans quelques détails sur leurs différentes espèces et sur la naturn des sceaux de plomb, t|ui ont donné leur nom à la première espèce de ces pièces. Les Bénédictins ont formulé des règles de critique des bulles, que nous avons reproduites d'après ces doctes auteurs. Les officiers de la chancellerie apostolique, tels que les notaires, les chanceliers, etc., les banquiers en cour do Rome, ont été définis dans leurs fonctions. Le clergé dans toute sa hiérarchie, depuis le souverain pontife jusqu'à l'humble clerc, a été présenté dans ses rapports avec la diplomatique.

Les formules d'annonce dans les chartes, c'est-à-dire la mention du sceau, de la stgn.htnre, du monogramme, etc., sont une des plus grandes singularités de la diplomatique, cl prouvent le peu de rigueur qu'on incitait autrefois dans la concordance des faits réels arec ceux qu'on annonçait dans les actes. Ainsi telle pièce annonce des signatures qui n'y ont j.imais été apposées; telle outre est revêtue d'un sceau qui n'est cependant pas annoncé. e:c.

Les autres espèces de formules, telles que

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