‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 76 sur 455 · XVIIII. ou XIX, ou 1XX · texte numérisé non relu

XVIIII. ou XIX, ou 1XX

Si nous recherchons maintenant l'emploi de ces chiffres dans les chartes et les manuscrits, nous trouverons, avec les auteurs des plus savants traités de Diplomatique (I), h s observations suivantes.

Dans les anciens manuscrits, disant les Bénédictins on écrit quatre par III 1 et non

DiiLo:.:.Ur^::: c;, retienne. * »

au chiffre IV, il ne s'est pas rencontré jusqu'ici dans ;!ucnn monument antérieur au xvi' siècle; d'où l'on peut conclure que, sans être entièrement inconnu avant ce temps, on en faisailraremcnl usage, et que le plus souvent le nombre quatre, quatorze, vingt-quatre, etc., s'écrivaient Mil, XIIII. XXI11I, etc. Dans les tables et dans la pagination des registres et les comptes, les nombres, depuis 120 jusqu'à 199. étaient presque toujours exprimés par des chiffres quf étaient la traduction des anciennes locutions six vingt*, sept vingts, etc.; ainst, au lieu de CXXXVll, CXLV.CLXVI, CXCIX, on écrivait VI" XVII, VII" V. IX" XIX. Il y a quelques exemples de chiffres romains étrils à rebours qui correspondent à certaines locutions latines : au lieu de decitnus tertius, de ci mut quarlus, etc., on disait aussi tertius deeimut, quarlus decitnus; de là les chiffres VIX, IXX, etc., qui exprimaient les nombre seize (sextus decitnus), dis- neuf (nonus decimus).

L'autre mode d'emploi des lettres alphabétiques à la numération consiste, comme nous l'avons dit, à donner à chaque lettre une signification distincte et indépendante de toute union avec les autres, ainsi que sans ordre de progression. Quand la lettre

était surmontée d'un trait horizontal , le nombre primitif devenait mille fois plus grand, evceplé toutefois pour les lettres A et B, qui n'acquéraient qu'une valeur décu-

par IV. On lit dans le Virgile de Florence, à p|,..' v'oiri la tislo des lettres de l'alphabet 1» lêlc du uuatrième livre do l'Iînéide : In- »v

la tête du <]ii cipit lib. 1111 féliciter', et à la lin du neuvième : Inc. lib. Y II 11 féliciter. Le manuscrit du roi 488V, du vm* siècle, offre le nombre quatre écrit de la même manière, et le nombre neuf est rendu pir VIIU, à moins qu'il n'use du n'a? (c'est-a dire de l'épisème iivec trois 1 ; te qui n'est pas rare. Ce manu>cril, ainsi que les autres plus anciens, se sert «le I X avant l'L pour marquer quarante. Quoiqu'il y ail des exemples fort anciens du nombre quarante exprimé par XL, ou a, dans la suite, continué à répéter I X quatre fois et même six fois pour signifier quar ante cl soixante. Le demi, semi, était exprimé par un S à la fin des chiffres : ainsi on écrit CIIS pour cent deux et demi; cet S prenait quelquefois la Ogure de notre 5.

Les Bénédictins ne disent pas quand on a commencé à se servir du chiffre IX. Il résulte de plusieurs monuments originaux qu'il était en usage au xni" siècle. M. de Wailly rapporte un fac-sunile d'un manuscrit de la d< uiième moitié d.i xn' siècle où le nombre dix-neuf est écrit XVIIII, et il pense qu'à cette époque le chiffre IX se rencontrait moins souvent que le chiffre V suivi de quatre 1 : c'e l ce que nous avons reconnu également. Toutefois, ajoute cet auteur, on trouve l'X précédé d'un 1 sur plusieurs inscriptions fort anciennes, notamu.cnt sur une médaille antérieure de 25 ans à 1ère chrétienne et que les Bénédictins ont fa t graver dans leur 25' planche. Une charte de 1189 a

avec l'indication des nombres qu'elles expriment avec ou sans le trait horizontal.

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