‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 79 sur 455 · III. CHIFFRES An A BBS CHEZ LES PEUPLES CIIBKTIENS · texte numérisé non relu

III. CHIFFRES An A BBS CHEZ LES PEUPLES CIIBKTIENS

Nous ne répéterons p.is ici ce que nous avons dit plus haut sur l'origine de ce* signes , nous nous bornerons à présenter deux opinions opposées qui attribuent l'importation «lu système décimal chez les peuples modernes : l'une aux Arabes, l'autre aux tirées ou aux Latins. Quant à l'origine indoarabe, les traités d'arithmétique du xur siècle , cl particulièrement celui de Pl.mmle, moine g/ec de ce temps, attribuaient déjà eu année.' Cet auteur n'a pu ignorer l'âge de son système de compter aux Indiens. Après avoir maître , dont il écrivait la vie. L'épitaphe a donné la ligure des neufearactères au moyen donc suivi un compte rond en donnant 70 ans desquels on peut écrire toute sorte de nomà Charlemagne au lieu de 72., Les anciens l'res , Planude ajoute : Les Indiens ont un catalogues des papes ne donnent a Jean XIII dixième caractère qu'ils appellent tziphron , que six ans onze mois et cinq jours de pon- qu'ils représentent par o et qui ue signifie rien tilicat. Cependant son épitaphe porte qu'il selon eux. Ce mol qui en arabe s écrit

« les copistes ont pris l'un pour l'autre. Vu «carré et Pu arrondi par le bas ont encore * donné lieu à un plus grand nombre de mé- « prises, à cause de leur ressemblance avec « le chiffre u. Pline, dans les anciennes édim lions, assure que de son temps on a vu deux « éclipses en XII jours, quoiqu'il soit nalu- « rellcmenl impossible que cela arrive en si a peu d« temps. On croit n\cc beaucoup de « fondement qu'une faute si grossière doit « èire mise sur le compte des copistes igno- « rants ou peu attentifs qui ont pris Pu ou ht a r pour fl, et un lieu de XV ont mis XII. « D'autres , ayant transcrit tout au long «. ce passage, dont le chiffre était peut-être « déjà corrompu , ont. mis duodreim diebut «au lieu de quindecim.» Ce dernier exemple suffit pour montrer combien il est important de transcrire les textes avec toute l'exactitude possible, et de no passe permettra de traduire lis chiffres par îles mois , ou de substituer à un signe numérique un autre signe qui, dans l'usage ordinaire, peut avoir la même valeur , mais dont l'emploi peut donner lieu a de graves erreurs dans une foule de circonstances.

Lors même que l'on est arrivé à lire exactement des nombres exprimés en chiffres romains, leur interprétation peut encore présenter de graves difficultés. « Il est important d'observer, disent les Bénédictins, que les anciens écrivaient souvent les nombres par des comptes ronds, laissant à quartier les nombres imparfaits. Celte manièredecompter n'est pas rare dans les livres sa rés, Elle a passé de là dans les monuments. Il est certain , cl personne ne l'ignore, que les Pères du troisième concile d'Ephèsc étaient au nombre de 37». Néanmoins la seconde profession de foi rapportée dans le Diurnum romanwn l'appelle seulement un concile de deux cents Pères, ducenloruin sanctorum Putrum. Selon cette manière de compter, l'épitaphe gravée sur le tombeau de Charlemagne porte que ce prince mourut septuagénaire , c'est-à-dire âgé de 70 ans. Kginard, son secrétaire et son confident, qui rapporte cette inscription, ne laisse pas de dire qu'il mourut dans sa 72

épitaphe porte q a tenu le sainl-siége pendant sept années. Pom M ibillon cite une charte de Raoul, évoque de Châlons, datée de la xxvr année du règne de Lolhaire, quoique la 27' courût depuis le mois d'octobre. C'est que, pour faire un compte rond, on ne mettait point en ligne, de compte I surplus de la 20' année. » Ou verra à l'article des dates que les chartes omettaient quelquefois le millième ou le centième, et que, dans le xiv siècle, ou se contentai! d'écrire L ou ML pour désigner Pannée m ceci.. Une inscription lumulaire de la cathédrale d'Auxerre de 13l)i a négligé le centième, de sorte qu'on lit mil qualre-vingl-

qui

phron zéron (tout à fait vide) , ayant clé détourné de son acception primitive , désigne aujourd'hui, dans sa première partie (isiphroni les neufearactères arithmétiques, et dans la seconde (zéron! , le zéro. Des manuscrits d'arithmétique arabe s'intitulent, Ou calcul indi n et développent le système décimal.

Mais l'époque la plus ancienne où Pon peut faire ictwonli r l'usage des chiffres arabes n'e.sl pas si bien dei rminée ; cependant, scl"ti les Iténédictius , ce serait au xr siècle qu'il faudrait la fixer. Ils avaient d'abord avamé que les chiffres vulgaires n'avaient été counus en Europe qu'au xtir siècle; mais la dé-

i>3 cm

couverte <l'nn manuscrit de Gui d'Arezzu les « f.nl modifier leur opinion. Voici comment il- «expriment dans leur ive volume : « Nous unons de découvrir des chiffres à peu pies i rumine ou les représente aujourd'hui il a us c un beau manuscrit du xr siècle qui con- > lient les œuvres de Gui d'Arczzo, religieux

• de nuire ordre vers l'an 1028. Dans son ^ traité tic compter sur la table couverte do « poudre, noui avons vu les 1, 2, 3, 5, 7,8,

• lJ. Trois de ces chitTres sont contournés et i renversés : les seules ligures du 4 et du G «s'éloignent de la forme de nos chiffres arabesques, il y a plus le célèbre Nicolas Vi-

• guier allesle que Bernclin, disciple deGer-

• bert, moine béuéiiciin qui monta sur lo

• samt-siége l'an 993, composa quatre livres «de Abaco et numeris , desquels se peut ap- « prm;lrc l'origine des chiffre» d»ni nous usons

• cujourd hui es comptes d'arithmétique. Viirnier ajoute : Lesquels M. de Savoye Pithou

« m'a assuré avoir tu en sa bibliothèque , et ■ reconnaître en iceux un savoir et une intfli licence admirable de la science qu'ils traitent. < L'ouvrage de Derneiiu, que ilom llivet n' t '. a* connu, se trouve deux fois dans ta bii bi'.olhèquc du Vatican parmi les mauuscriis ide la n ine de Suède (co l. 480) et parmi « ceox d'Alexandre Pélau (cod. 45:19) qui ont j originairement appartenu à l'abbaye de

i Saint- Benoll-sur Loire. On peut donc assurer que tous, ou du moins la plupart de* 'diilTres vulgaires , étaient en usage d.ms

• les mathématiques , tant on France quVn » Italie, sur le décliu du Xe stèce cl au co u- « menremenl du suivant. »

M dr Wailly couGrmc l'opinion émise par (es Bénédictins, t-l cite à l'appui un manuscrit de. la bibliothèque royale du commencement du xnr siècle (1) où se trouvent également Ifi neuf premiers cfiiffres arabes ; mais il fait ^marqucrquelczéronese rencontre ni dans lun ni dans l'autre manuscrit, a Or, dit-il, coitiinc ce chiffre est la base de noire numéro lion décimale, tout porte à croire qu'au

ii siècle el au commencement du xu siècle t'Q connaissait seulement la série des 9 signes numéraux, mais ou ne savait pas qu'a l'aide d'un signe auxiliaire ces 9 chiffres pouvaient «primer des dixaines. » 11 est étonnant lou- 'efois qu'en empruntant aux Arabes leur \v>ième de numération, on ail laisse de côté

s ?ne le moins important , comme valeur , 'nais celui qui devait jouer le plus grand rôle d«ns le calcul. Si, aux xi el xir siècles, ou na pas connu l'emploi des chiffres vulgaires â»ec leur valeur de position , c'est-a-dire combinés deux à deux, trois a trois, etc., de oanière à désigner des unités, des dixaincs ou des centaines, etc., suivant qu'ils occupent k premier, le deuxième ou lu troi>iômc rang <f> r. montant de droite à gauche, nous allons »n;r Vincent de Beauvais nous apprendre <iuaa siècle suivant le calrul décimai était IMrlaitcincnl connu en France (2). « Vincent ^Beauvais , dit M. Dauuou (3; , expose la Scorie des nombres et indique les opéra-

'•i Ancien fonds latin, n. 7193, f. 2. v.

\i\ SvccuUuu doctrinale l.v. XVI* écrit vers li50.

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lions dont ils sont les objets, y co npris l'extraction d s racines. Il a une connaissance précise des chiffres arabes et du calcul décimal : « Invenîaj sont untem figura) laies « 1 , 2, 3, V, a, d. 7, 8, 9 ; qundibel in primo « loco, ad dextram posila,s«gnificai u iilal< m

* vel unilatcs ; in si cun lo, denanum vi l de. « narios ; in h r.io centeuarium v- 1 cenlena- « rios; in quarlo milleuarium vel mitlenaa rios; et ul brevius loquar, quu$lil'Cl (ignra

* posila in secundo loco signilicat decies ma- « gis quai» si e>sel in primo, el decies m agis « in tertio i|uam in secundo, el sic in inllui- « tum. » Cependant il fait observer que ces neuf caractères ne serviraient pas à exprimer le nombre dix, et il enseigne l'usage d'une dixième figure , savoir du zéro. « Inventa e»l « igitur décima figura talis se. o, nihilque rea prœscntat,sed (acil altam (iguram de< upium « siguilicare ; etc. » Plusieurs Occidentaux avaient connu et employé les chiffres arabe* avant le milieu du xnr siècle; mais en voilà le système nettement exposé , pour la première fois peut -être , dans un livre écrit en France. Ce chapitre du moins n'est emprunté d'aucua autre ouvrage; il est précède du mot aurtor. »

L'opinion qui attribuait aux Grecs ou au moins aux Latins l'origine de notre système de numération était presque abandonnée , lorsque M. Charles a cru pouvoir la réhabiliter dans un mémoire adressé à l'académie des sciences en 1819. S'appuyant sur la traduction rxacie d'un passage de la géométrie de Koccc qui a été vivement controversé depuis longtemps, et qui décrit un système particulier de numération qu'il attribue à Pylliagore, il étab li :

1" Que 1 iï »blc de l'ytbagorc, Mensa Vythn» yorica, dont parle Huée ■ et qu<- les modernes ont appelée Abacus , n\st point la labié de mul! ip icatiou Comme ou l'a pensé jusqu'ici ;

'2" Que ce mol AbacU* signifie, chez B >ëco un tableau parltculier dressé pour la pratique de l'arithmétique, dans le >yslème de nuinéralioa dont il parle.

Kl 3' que ce système reposait sur ces trois principes, la progression décuple, l'usage de neuf chiff es el la valeur de position de ces neuf chitTres.

M. Chaslcs ajoute que ce système s'est conservé pendant plusieurs siècles en pre- • naut le nom ti' Abacus, cl qu'il est identiquement le même que celui qui a élé cullivé aux x* et xi' siècles par Gerbert cl ses disciples.

Ce système, identique à celui des Arabes quant aux principes, en diffère dans la pratique par des colonnes tracées sur le tableau qui, en marquant distinctement les différents ordres d'unités, permettaient de laisser 1 1 place vide partout où nous mettons un zéro.

C'est par la communication de manuscrits de la bibliothèque de Leyde que M. Chasles n trouvé la solution de la diiiicullé relative au zéro. Il paraîtrait que dans une pièce de 10 vers sur le système de Wibacus, on trouve les noms el les valeurs des neuf chiffres, qui

(3) Witf lia. de ta Fia<icc, i. XYIlt, p.

DICTIONNAIRE DE DiPLOMATIQUE CHRETIENNE.

sont tgin, andras, ormis, arbas, quimas, calcis,xenis, temenias el celentis; le dixième s'applique au zéro et s'appelle sipos, qui vient du grec psephos, je{on à compter {rond, cercle), ou, si l'on vcul se rapprocher de l'origine hébraïque qu'onl plusieurs des autres termes , on peut dériver sipos de l'hébreu psiphas qui a la même signification que psephos.

Un premier manuscrit de la bibliothèque royale sur#e sysième de VAbacus contient également les dix vers des manuscrits de Leydc, el dans un second se trouve un traité complet de VAbacus avec les colonnes, el l'on y fait aussi usage du zéro sous le nom de sipos el plus souvent sous celui de rotula. Ce traité esl de Radulphc, évoque de Laon , mort en 1135. On y voit que ce système de n«mé ration était tombé dans l'oubli chez les nations occidentales, et que Gerbert et llermant l'ont remis en pratique.

EtiGu le zéro est de forme grecque, puisqu'on sait que les Grcc9 prenaient leur omicron pour cette ligure, tandis que les Arabes avaient un point pour le môme u>age et un petit cercle, ou notre zéro, pour leur chiffre cinq.

Nous ne nous permettrons pas de trancher une difficulté qui divise depuis si longtemps le monde savant; cependant il nous semble possible d'accorder les deux systèmes en remarquant qu'ils ont une origine commune , qui doit être attribuée aux Indiens auxquels les Grecs, aussi bien que les Arabes, oui bien pu emprunter ce mode de numération ; chacun de o s peuples l'aura ensuite répandu dans l'Occident, dans la limite de leur sphère d'action respective.

Depuis l'importation des chiffres arabes , on n'a jamais cessé d'employer les chiffres romains. Quoique dès le commencement du xiv siècle , disent les Bénédictins (1) , l'université de Paris s'en servit pour enseigner l'arithmétique et les autres sciences prises

des Arabes, l'usage n'en devint ordinaire que depuis 15'M); encore les enlrcu êlnit-on souvent de chiffres romains. On trouve par exemple X2, XL Xt, pour exprimer les nombres 1*2, 13, U.

La forme de ces chiffre s subit, comme l'écriture, beaucoup de modifications, cl ce nVsl qu'an milieu du xvr siècle qu'ils forent loulà fait fixés comme nous les employons aujourd'hui. Leur emploi dans les actes n'eut lieu que depuis le xvr siècle. On cite quelques rares exceptions depuis le xiv, dans des signatures de notaires ; mais ces exceptions établissent la règle, loin de lïnfirm«T. Ce n'est que depuis l'ordonnance de I5i9 qu'on les voit sur les monnaies de France, pour marquer l'année de la fabrication..

En Angleterre, le monument le plus ancien où l'on rencontre les chiffres vulgaires est une inscription de 12 H (2) ; on les trouve plus lard dans uu manuscrit de la bibliothèque Collonienne de l'an 1292. En Allemagne, l'abbé Godwic signale, d'après Tvnzelin, un manuscrit de l'an 12C8 où l'on trouve un calendrier en chiffres arabes. En Italie, un manuscrit de l'an 12Urô est ainsi dalc en chiffres arabes. Les Espagnols devraient avoir reçu des premiers ces signes, mais il n'est pas certain qu'ils en aient fait usage avant le xiu* siècle. Alphonse X, roi de Casli Ile et de Léon en 12.Ï9, parait avoir beaucoup contribué, par ses tables astronomiques, a en répandre la connaissance.

IV. REMARQUES SUR LA F »RUE QU'aFFECTE*T LES CHIFFRES RtiMAl*- ET A RARES DANS LES MANU>CRITS ET LES CUARTES.

La différence entre les chiffres romains purs el ceux tracés dans les manuscrits el les chartes n'est pas très-sensible , à l'exception du cinq, qui prend la forme de Vv oncial, el du star, qui ressemble à l episèuie pav.

N* 1. Fac-similé de» chiffres gallo-romains.

, 'J. , 1* U <o 4» €b o« Sh*

Les chiffres hispano-romains ont fait plus haut le sujet .de remarques particulières. Nous ajouterons à ce que nous en avons déjà dit que le chiffre 50 esl exprimé par une figure qui ressemble au 2 arabe. 80 présente

N'2. Chiffres hispano-romains (Nouveau Traité de Diplomatique)

des traits inclinés vers la gauche et coupés par une ligne courbe ;* 2,000 est le chiffre 1,000 redoublé; d'autres signes de 1,000 cl de 500 sont également bizarres.

Les chiffres romains et arabes d'Allema- en apprendra plus que les descriptions les

onc affectent les formes les plus variées, plus minulicuses. L'étude du fat simile que nous en donnons

(I ) Traité de Diplomatique, 1. III, p. 530. (2) Wanl. Observ. tur tes écrits des moderne», t. XVI».

tr? cm cni 19a

iV" 3. Chiffres romains et arabes d'Allemagne (Nouveau Traité de Diplomatique).

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a i'â' • -c^'ir " ïfe <?tViij^"/F^cL. qti & ^. -tp

N« 4. Chiffres arabes de France, xu siècle, i % b * * <> ? I î

i* t iO

Ces caractères de formes extraordinaire» différents de nos chiffres modernes; c-pen-

«ont tiré* d»'un manuscrit du commencement dant on reconnaît le 2. le 7 et lo 9 tracés à

du xu* siècle (Bibliothèque du roi , ancien rebours dans I» première ligne. Les modèle*

fonds latin, n'7193). A l'exception du 1 et du suivants sont plus intelligibles. 8, tous les autres chiffres sont loul à fait

Np* 5, G, 7. Chiffres arabes de France, xiir, xiv et xv< siècles.

CIJIROGKAPHE. Le mot chirographet du à l'empereur Gratien par saint Ambroise au

Ktev cfteir, main, et grapho, j'écris, signifie, iv siècle, a Juslinien par le p.ipc Vigile,

U.m> le sens propre, un acte sous signature au vi' sièeie. Il fut, dit-on, accordé à Cl -vrs

pmeo.Mais il a été employé au moyen âge dans le testament de saint Hemi (1 ). La

pour designer une espèce de chartes appe- môme qualification fut donnée à Chirtcs-

icei chartes-parties qu'on divisait en deux Martel par Grégoire III, puis à Pépin par

ou plusieurs exemplaires. Le mol cyrogm- les papes Etienne II et Paul. Accordée «om-

pnwnt qui était souvent écrit sur la partie munement à nos rois dans le xir siècle, celte

demeurée blanche entre les exemplaires, dénomination leur fui spécialement attribuée

mi a donné son nom. C'est surtout an xir sous Louis XI, en HCl). par le pape Paul II,

sieue que le nom de chirograpluï s'applique qui se servit toujours de celte expression

aux chartes divisées par des lettres capitales dans les formules de ses bulles ei de s. 8

ou par des dentelures. ( Yog. Chartes-pau- brefs. Le concile uY Pale, dans sa Mire a

T'ciini'Tir»i /-r.r»^r. Charles VII , re co il i i a 1 1 que les r>>is d. France

ivUHb 1 1LN (TRES-). Le litre de Très-Chrè- sont appelés très .chrétiens par IVxceilence tien avait élé donné à plusieurs empereurs de leurs mérites envers l'Eglise. On ne pouromains ayant de l'ôlre aux rois de France: vail proclamer plus nettement le rôle qu'a

il) Chritiianitat vestra est un titro donné par le pape Télage II a ChilJeUr i II.

DICTIONNAIRE DF. DIPLOMATIQUE ClllîhTIKNNK.

joué dans lous les siècles la nation française dans la défense de l'Eglise et la propagation du catholicisme.

François l" esl peul-étre le premier qui prit dans «es acle* le titre de Trts-Chrëtien.

CHRISME. Le chrisme, chrismus en lalio, rsl l'abrégé du nom de Jésus-Christ. On le figure par les deux premières lettres grecques du nom du Sauveur XPS. XPl. XPO.

XPM. La troisième lettre esl latine et sert à marquer les cas de Christus. Ce signe pieux fui mis en usage en téle des lettres des papes, des conciles el des rois. ( Voy. Labaklm.)

Le chrisme fut aussi employé à différents objets. On le voit sur les tombeaux des premiers chrétiens comme dans les manuscrits el les chartes des particuliers.

Christus vincit, Christus régnât, Christus imperal.

Cette légende glorieuse a clé longtemps inscrite autour des monnaies d'or des rois de France.

CHR1STO REGNANTE. Celte formule de date se voit dans hs actes des martyrs, depuis le îii' siècle, el dans les chartes, au moins depuis le vr jusqu'au xir siècle. Celle date, qui n'est souvent qu'une formule de dévotion, désigne aussi quelquefois un interrègne. ( Voy. Dates.)

CINABUE. Couleur employée dans les signatures de quelques princes. ( Voy. Signature.)

CIRE. Substance des sceaux. Voy. ce mot.

CLAUSE. On appelle clause la partie d'un acte quelconque qui contient quelque disposition particulière explicative du sens el de l'effet d une convention plus générale. L'emploi de certaines clauses dans les monuments écrits peuvent servir à en faire connaître l'authenticité el l'âge. Ainsi on dislingue par leurs objets les clauses dérogatoires*, co niurnaloircs ou pénales , imprécatoires , de réserve, de précaution , de renom ialion , etc.

Clauses dérogatoires. Les clauses dérogatoires élaicnl connues dès les premiers temps du moyen âge. On les a exprimées , depuis le xiu' siècle, par les termes non obstanlibus, qui se trouvaient dans les bulles des papes. Elles se répandirent dans les Charles royales de France. On y voit souvent non obstant toutes coutumes et ordonnances fuites ou à faire à ce contraires.

Par ordonnance de Charles V, du G décembre 1373. il fut défendu aux secrétaires du roi de mettre dans les lettres royaux des clauses dérogatoires sans l'exprès commandement du roi.

Clauses comminatoires et pénales. Les clames comminatoires el pénales su trouvent non seulement dans les chartes des rois et des seigneur», qui pouvaient les faire exécuter, mais aussi dans celles des particuliers. Les premières n'étaient pas encourues de plein droit el ne s'entendaient pas a la rigueur. Les clauses pénales étaient souvent pécuniaires, surtout sous les rois des Francs où tout se rachetait avec du l'argent. Les particuliers, en les mettant dans leurs actes, devaient trouver dans le gouvernement un protecteur d'autant plus eliicacc, que le fisc

serait intéressé a punir les infractions qui y seraient commises. Les rois de la prem è e, race ne veulent pas de peines pécuniaires dans leurs chartes, mais ceux de la deuxième et surtout de la troisième en font mention communément. L< s bulles des papes n'en ont pas de traces avant le xi* siècle , époque à la>|u<-'.le Alexandre II, suivant le cmisciI de Pierre Damien, remplaça lus anaihètm-s trop prodigués par des amendes en argent. Les clauses comminatoires ne reparaissent point au xn* siècle dans les simples lettres des papes, et c'e^t presque, pour ce temps , le seul signe disliuc lif des lettres d'av»c les bulb-s ordinaires. (Voy. Menaces.)

Clauses imprécatoires. ( Voy. Imprécations.)

Clauses de réserve. Les formule", salvo jure nostro el in omnibus quolibet ;.tieno, sa!t a mttltoritate, sont fréquentes dans le* bas siècles à partir du xu* siècle. Dont de Vaines cite un diplôme de Louis le Gros, de l'an 1113. relatif à la fondation de Suint-Victor de Paris où ce prince s'exprime ainsi: Salvtx autharilate, salvo jure, salva débita obedientia Srnonensis archiepiscopi et Parisiens)* episcofii. En français on disait : Sauf le droit d'anlrui et le nôtre.

Chi>es de renonciation. Les clauses de renonciation commencent à élre en usage au xu' .tiède; mais ce n'est que depuis la fin du xiir siècle qu'on les employa avec une profusion inouïe el que les notaires y mirent un luxe vraiment effrayant. Ces actes contrastent beaucoup avec ceux des temps antérieurs qui sont d'une si grande simplicité et décèlent une si grande bonne loi. Je citerai par exemple un acle passé, ea 1297, par-devant Raoul de Fuovanne, tabellion juré en la cour du comté de Tonnerre : « Promettons par nos serments de ce faire sur les saiucts Evangiles eu noms de nous el de nos enfants dessusdicls, lesquels nous relinquirous astrainls el obligez à ce, contre ces choses non ah r, ne faire pour nous ne par autre; et en ce fait nous, par nosdils serments, renonçons a lous privilèges de croix onde court, à toutes franchises , parcours, bourgeoisies et grâces du roi de Franco el d'anlrui , à l'action el exception de boise . de force et de peur, de reconvention, de déception, et de la chose non faite en la dite manière, au droit disant renonciation générale non valoir si la spéciale ne précède , et à toutes autres actions el exceptions de fait et de droil escript et non escript, qui contre ces présentes lettres pourraient élre intentées, dictes ou objieiées en quelque manière; obligeant à ce et soubmetlanl quant à ce à la juridiction de la dicte court, nous hoirs et nouscnfantscl leurs biens présent el à venir.»

11 y avait certaines clause» auxquelles les femmes renonçaient particulièrement; tel était le sén ilus consulte \ elléien, en vertu duquel elles ne pouvaient s'obliger pour d'autres. ( Voy. Velléien. )

Clauses de précaution. Les clauses de précaution concernent surtout l'annonce des faits qui doivent donner aux actes un carac-

y \ cle

i*re de vérité selon le temps où ils sont écrits. ( Voy. le mol Annonce.)

CLEFS des fêtes mobiles. On appelait dates tnminorum, clefs des fêtes mobiles, on nmn-

1 rr» propre à chaque année et qui , étant romp é a partir de certains jours fixés pour lis différentes fêles mobiles, indiquait l'époque où < es fé^es devaient tomber. On rencontre resclefs danslesdates dcquelques chartes. Les ternies ou jours à partir desquels on devait compter étaient fixés, savoir :

Pour la Sepluagésime, au 7 janvier;

Pour le premier dimanche de carême, au 23 janvier;

Pour le dimanche de Pâques, au 11 m.irs;

Pour le dimanche des Rogations , au 15 avril;

Pour le dimanche de la Pentecôte, au 29 avril.

Les nombres désignés, suivant les anné -s, comme clefs des fêles mobiles, variaient depuis 11 jusqu'à 39. Ainsi , puisque le tenue tle Pâques est le 11 mars, si nous prenons une année où le chiffre 11 est la clef des féb s mobiles, en comptant 1 pour le 11 mars,

2 pour le 12, on arrive à compter 11 pour le '21 , et le premier dimanche qui suit le 21 mars est le dimanche de Pâques. H en est ainsi pour les autres nombres. {Voy. le Ta- II eau de concordance de ce terme au Cycle lunaire.

CLEIICS. L'ordre des clercs s'est dit en général par opposition aux laïques : Clcrici omnes qui in ecclesiaslici ministerii gradibus ordinati «un J, dit Isidore de Séville (1 . Dans les premiers siècles du l'Eglise on appela de ce nom le corps du clergé. Saint Augustin est probablement le premier évêque qui ail établi dans son Eglise une communauté de clercs Vivant ainsi sans élre astreints à quelque règle monastique ; mais ce n'est guère qu'au vur siècle que cet ordre de choses se répandit dans l'Occident (2) ; cl de là vinrent les chanoines. Les moines portèrent aussi le nom de clercs , à cause des cé* remouies du culte qu'ils étaient, appelés à faire. Mais avec le temps le nom de clercs devint spécial à un corps considérable de personnes qui n'empruntaient du clergé que l'extérieur et la tonsure, afin de jouir de ses privilèges et d'échapper aux tailles, aides et autres servitudes des serfs. L'ordonnance do Moulins et une déclaration de Charles IX, en VùGQ , limita le nombre des privilégiés. Un capilulairc de Charlemague leur prescrit la chasteté cl leur permet au plus de se marier une fois. Aux xir cl xiu" siècles cl postérieurement, on voit, dans les cathédrales, la communauté des clercs du chœur; c'étaient les chantres, les enfants de chœur et les autres olficiers inférieurs des chapitres ca- Wicdraux. Il y eut aussi les clercs scolaires, c'est-à-dire chargés de faire l'école dans chaque église; ils étaient en outre chantres, comme nos maîtres d'école d'aujourd'hui.

Gomme il fallait pour être clerc êirc instruit et lettré, le nom de clerc devint syno-

(I) De Rccle*iœ offic. c»p. i.

(i) Traité de Diiitoniutique, t. V.

Diction fUiaR ub Diplom vtique.

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