‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 8 sur 455 · ADR U · texte numérisé non relu

ADR U

ces actes les usages des siècles précédents, il est permis de supposer, remarque M. de Wailly, que les Romains, dans leur écriture cursive, faisaient un fréquent usage des signes abrévialifs. Les abréviations sont beaucoup moins nombreuses dans les diplômes de nos rois des deux premières races. Mais elles se multiplièrent sous les Capétiens, surtout pour les noms propres. On Gl aussi un assez grand usage de ces signes dans les inscriptions des bulles de plomb et des sceaux de divers pays. On peut voir dans les fac-similé des écritures diplomatiques oe les abréviations y ont une forme toulo iffércnle que dans les manuscrits.

• Si, dans les manuscrits , la plupart de* anciennes abréviations sont marquées par une ligne horizontale sur le mol abrégé, celles des diplômes sont indiquées par d'autres figures. Sousla première race de nos rois, disent les Bénédictins, elles avaient communément la forme d'un accent circonflexe ou d'un < de ces temps-là, c'est-à dire de deux c, l'un sur l'autre, semblables à certains ede l'écrilure courante. (Voyez l'alphabet cursif du fac-similé, n9 24 bis.) Mais ces figure* étaient tantôt placées obliquement, tantôt perpendiculairement, et tantôt horizontalement; ce qui les fait paraltro plus différentes entre elles qu'elles ne le sont en effet.

Sous la secondo race ces figures ne furent pas complètement abolies, mais elles se transformèrent en d'autres, approchant de nos «Se cl de nos 3, do nos 8 et de nos s d'écriture courante; mais qui paraissent queluefois fort différentes d'elles-mêmes parles iverses situations qu'on leur donne. Il y a bon nombre de semblables abréviations dans le diplôme de Charles le Simple donné en 908 en faveur de l'abbaye de Grasse, et gardé à la bibliothèque du roi. Nous en avons remarqué neuf ou dix par ligne dans une charte originale accordée l'an 9S8 a l'abbaye Sainte-Colombe de Sens par Hugues Capet. Ces abréviations se soutinrent en Allemagne à peu près sur le mémo pied jusqu'au xm* siècle ; mais en France, dès la moitié du xi*, elles commencèrent à être h chargées de traits, qu'on a quelquefois de la peine à les reconnaître. Les plus simples prirent la forme d'un 3 ou d'un Ç grec, assez mal fait et diversement placé. Cependant quelques-unes des anciennes mains se maintenaient encore. Au xiir siè*cle, en Allemagne, on leur fil prendre la figure du 2 arabe. E'Ie ne prévalut pourtant pas sur les anciennes abréviations, qui se sentirent fort de la décadence de récriture. En France on revint a l'accent circonflexe ou a unirait approchant du 7. C'était d'ailleurs une noie de Tiron, qui s'est conservée en tout lieu et en tout temps daus les diplômes pour signifier et (3). »

Le développement des abréviations ne fil que s'accroître au xm' siècle, et les inconvénients qui en résultaient portèrent Philippe le Bel à en défendre l'usage par sou "

(2i K.i l'art. Ken ■n BElos/'ir •Jiiim7, de<il)incrcrLs<iècte». [ô) Souvenu TraHide Diplomatique, l III, j». 517- W.

DICTIONNAIRE DE DirLOMUIQUE CHRETIENNE.

ordonnance du mois do juillet 130k, relative moins la première et la dernière; d'où naît

aux tabellions et aux notaires. L'article 3 la contraction.

était ainsi conçu : Quod notas suas faciant Exemple: glà~ pour gloria, grâ" pour grain t et ligibili ter et non apposant abbreviationes, lia , frem pour fiructum , frm pour frumen obligations, renuntialionesconsimilesfnonin- tum, etc. ( Voyez ci-après la liste générale telligibiles, maxime ubi esset propter abbre- di s abréviations. )

tiattonesdefacilipericutum. Mais, nonobstant « Dans celte sorte d'abréviations dit M. celle idesure, on continua, jusqu'au xvi'siô- Chassan ( 1 ), on a conservé presque loucle, d'employer à profusion les signes abré- jours nne on deux lettres médiales caractévialifs, qui perdirent leurs formes primitives ristiqnes du mol qui servent à le faire réel distinctes ao milieu de l'écriture irrégulièro connaître. »

de cette époque, comme on peut le voir dans En effet on ne peut confondre glà" ( o/o-

nos fac-similé des écrilnres cursives gothi* ria ). avec grâ (gratta), etc.

10C8' D'autres mois n'ont conservé que l'initiale

Nous terminerons ce paragraphe par une et la finale. Exemple : fô pour festo , fî pour

dernière observation. En commençant le dé fai, hi pour habet, in pour tnde, ne pour

chiffrement d une charte ou d un manuscrit, nunc t\ pour SUnl,elc. C'est surtout dans

il est utile de vérifier, sur les mots qui ne laissent pas d'incertitude, quel est le système suivi par l'écrivain dans le tracé des abréviations, parce que , comme il lui était loisible de les modifier à son gré , il n'aura pas manqué d'employer les signes d'une manière exceptionnelle qui pent embarrasser le lecteur peu familier avec cet usage.

II. Examen des différentes manières d" abréger. Des signes abréviatifs. C'est au xr et au xii* siècle que les copistes adoptèrent tiitil à fait l'usage de couvrir les manuscrits d'abréviations. Ce que nous allons dire s'appliquera donc surtout aux documents existant depuis celte époque

Rappelons en peu de mots les différentes manières d'abréger employées depuis les lemps anciens. On abrégeait, 1* par sigles; 2* par signes mis à la place des mots entiers ; 3* par contraction ; k\ par suspension , 5* par lettres supérieures aux mots; 6* par lettres N. fr, frater. conjointes, enclavées et monogrammati- G. fr-is, fratris. ques. fr-i, fratri.

f Par sigles. A. fr-em, fratrem.

Les sigles sont simples ou composés. Y* Jr» firaJ*r-

(Voyez l'article Siglb où le sujet est longue- A- rr e lratrement développé. ) On trouve aussi des sigles Verbe Habbrb

marqués d'un Irait abréviatif, et d'autres

donl la signification est complétée par l'ad- |Je"' ^"oeo.

jonclion de la lettre finale du mot qui est h* bain, habebam.

placée au-dessus. C'est ce que M. Chassan hui» «,0MIappelle lettres supérieures terminatives.

les monosyllabes et dans les Dissyllabes qu'on rencontre relie espèce de contraction.

Enfin il v a d'autres mots contractés dans la syllabe finale ou dans les deux dernières. ( Voyez la liste générale des abréviations ci-après. )

« Suivant les accidents qui résultent de la décliuabilité ou de la conjugabilitédes mots, dit encore M. Chassan, la variation des terminaisons se fait sentir immédiatement après la lettre caractéristique, et, à leur défaut, après l'initiale , ce qui permet de reconnaître le même mot abrégé, malgré la différence de sa terminaison.

Voici des exemples de déclinaison et do conjugaison :

Page 1