AUTORITÉ DES COPIES
La copie authentique, c'est-à-dire tirée par l'autorité du juge, ou souscrite par un notaire ou une autre personne publique qui en ccrliCe la conformité arec l'original, doit faire autorité suivant les jurisconsultes (2). i Voy. Vidimus.) Il en est de même s'il est prouvé qu'elle- a été levée contradictoirement, ou qu'elle ait été authentiquée par le
(I) On trouve sur cet objet, dans les curiosités bibliographiques de M. Lalanne, tes remarques suivantes :
« Les bons copiâtes furent rares dans l'antiquité comme au moyen âge. Les ouvrages en tangue latine étaient transcrits d'une manière si fautive, que Cicéron ne savait ou s'adresser pour acheter ceux que lui demandait son frère Ouiuliis. Aussi avait-il lui-n.èmedcâ copiste* qui publiaient ses propres ouvrages sous sa direction.
t Du temps de Slrabon, rien n'était plus incorrect que les manuscrits qu'on vendait à Rome et a Alexandrie. Il ne. Taut donc pas s'étonner de l'état informe où nous sont venus [ilmieurs auteurs au iciis da;is lesquels ontrouve de« passages iikomprélo riMk>les Clta juc copiée révélant Je-, laut^s de ses de.vanrj i s, it en ajoutant do non voiles , eu comprend quellr *oimite «'uortiioilVrn'iirs *>«| tmu\. « accumulée, de aicci. eu i.o>.lo, depuis I au'.iq i : } ju» pi'j
souverain ; ce qui lui donne alors un degré de solennité supérieur à celui qu'aurait une copie tirée par un notaire ; l'auteur des luis civiles les regardait même , daus ce cas , comme des originaux (3). L'antiquité d'une copie dénuée de formalités étant bien constatée, emporte également l'a ilhenticilé : il faut ajouter aussi que les dernières copies tirées d'un dépôt public, ne laissent aucun doute sur leur valeur. En résumé, avec chacune des qualités qu'on vient d'énoncer, le* copies font foi et ont autant de force que l'original mémo Au xiv siècle on disait à la fin de quelques lettres royaux, que les copies qu'on en ferait vaudraient l'original. Flcury rapporte à ce sujet, dans son Histoire ecclésiastique, qu'au xnr siècle, lorsque des copies étaient importantes, telles que des privilèges par exemple, ou les vérifiait sur les autographes. Celte formalité doit dotitier aux copies anciennes un grand poids pour assurer leur authenticité.
CORRECTION (Signes de). Les copistes des manuscrits ont employé différents signes pour corriger les erreurs qu'ils commettaient dans leur travail , sans compter les anftlambda, les antisigma, les astérisques , les obèles, etc. (Voy. ces mots.) On rencontre dans les manuscrits différents signes de correction que nous allons faire connaître d'après les Bénédictins.
Les suppressions avaient lien, quand l'encre était encore fraîche et humide, en passant une éponge sur le parchemin; mais quand ce moyeu était impraticable, on tirait uno barre sur le mot, comme on le fait encore aujourd'hui; on marquait aussi les suppressions par un point placé sous chaque lettre inutile. Le nombre de points est quelquefois plus , quelquefois njoins nombreux que les lettres à supprimer. On en voit aussi qui sont placés au-dessus des mots au lieu do l'être au-dessous. On supprimait aussi un mot par deux points dessus et dessous, ou par un point mis sous la première lettre et un autre sous la dernière, ou en entourant de points la partie à effacer.
Les Bénédictins rapportent que dans le manuscrit du roi n° 152 on tire de petites lignes sous les mots qu'on veut effacer. Le correcteur du manuscrit 1820 de la même bibliothèque ne se contente pas de tirer une ligne sous les mots inutiles, il marque encore deux accents sur les polysyllabes et un sur les monosyllabes. Les exponctions du
l'invention de l'Imprimerie.
« Les bévues des copistes sont comme la postérité d'Abraham : celui qui voudrait les compter calculerait plus facilement la poussière do la terre. Nous renvoyons eux qui voudraient en avoir une idée aux diverses éditions commentées des classiques grecs et launs. Kn voici |*>urtant un exemple :
c Plusieurs ayant prétendu qu'Aristote était Juif, ou a trouvé que cette assertion bizarre provenait d'une faute de ponctuation. La version de Jotèphe , par Georges de Trobitonde. portait cette pliraso : AlqneiUe. inquù, ArisiotcUt Judœiuerat; au lieu de : Alque Me, inquit Ari&to- Mrs, Judœits tint » ( Curiosité» bibliographiques, par M l.danne. tome I. p. lt ) * ' v
(2) Dumoulin i l autres.
[T>i D utivul.n, l. Il, Ub. III, lit. vu