ÉLECTIONS ECCLÉSIASTIQUES
},. Des élections occlésiasliques avant le Concordat dt; 151G. — II. Des éleciiuns eccicsiasiiques définis le Concordat de 1510 ju-qu*en 171)0. — 111. Des éleciions ecclési;istif|ues depuis t~9D jusqu'en t801. — IV. Des élections ecclésiasiiques depuis le Concordai de 1801.
1° Des élections ecclésinsliqxies avant le Con^ cordât de 1516.
La voie d'élection est celle qui convient lo mieux à l'Eglise. Les apôtres s'en servirent, même pour les offices subalternes. (Actes des ap. . I, 23; vi, 5; xv, 22). L'Eglise de Rome l'a fidèlement conservée.
Nous croyons que c'est au moment où les bénéfices ecclésiastiques furent constitués que l'on substitua les présentations aux élections. On voulut, sans doute, engager par là les riches et les puissants du siècle à former des dolalioiis qui ôlassent aux ministres de la religion la sollicitude de pourvoir euxmêmes à leur subsistance, et aux fidèles l'obligation de leur fournir le nécessaire. Alors les fondateurs du bénéfice qui en étaient coiislitués les patrons en eurent la collation, en vertu d'une concession gracieuse qye l'Eglise leur fit.
Quplques sièges épiscopaux furent soumis à cet usage que nous n'osons pas condamner, et (|ui pourtant nous semble essentiellement vicieux. Des évéques furent choisis par le prince qui avait doté leur siège, et dont ils étaient la plupart du temps les officiers, à raison d.s droits civils qu'ils exerçaient dans les fiefs qui leur avaient été donnés.
Le douzième concile de Tolède, tenu en 681, porte qu'il sera permis à l'évêque de Tolède d'instituer pour évéques dans sa pro- >ince ceux que la puissance royale aura choisis, et qu'il trouvera dignes de cet honneur. Ccl usage existait déjà; mais il n'avait pas encore été reconnu par l'Eglise. On ne
tarda pas à s'aper, cvoir qu'il était contraire à l'esprit de la religion. Nous lisons dans le sixième livre des capiiulaires de Charlcmagnc, chapitre 8i : Sucrorum canouumnon ignari, xit Dei nomine sancta Ecclesia suo liOerius polialiir honore, assensumordini ecclesiastico prœbemus ut scilicel episcopi per eleciiouem cleri et populi, secimdum stalula canonum de propria diœcesi, remota personnriim et mimerum ncceplione, ob vilœ mrritnni et sapienliœ donum eligantiir, ut exemplo etvrrbo sibi subjeclis usquequaque prodesse valeant.
Ce grand prince, par respect pour les canons, et afin de laisser à l'Ef^lise la libre jouissance de ses droits, fil à la discipline ccelésiaslique le sacrifice de ceux qu'il aurait pu rcvendi(]uer, et consentit à ce qne les évéques, quoique pour la plupart grands offii iers de l'entpire, fussent élus par le clergé et par le peuple.
La qualification de peuple est ici donnée aux fidèles. Il était aussi sage que convenable de faire concourir les fidèles à l'éleclioD de celui qui devait les diriger par lui-même, et qui devait par conséquent être connu d'eux, avoir leur estime et leur confiance. Mais depuis que les circonscriptions diocésaines s'étaient élarjries et que des pasteurs du second ordre avaient été institués, il n'était ni nécessaire, ni avantageux pour l'Eglise, ni même prudent de faire concourir tous les fidèles d'un vaste diocèse à l'électioa de l'évêque, qu'ils ne pouvaient tous connaître et avec lequel ils ne devaient se trouver en rapport que par l'intermédiaire de leur propre prêtre. 11 aurait suffi de faire coopérer à celte élection un certain nombre d'hommes déjà investis de ce droit dans leur paroisse.
La confusion et les désordres scandaleux qui durent résulter du système maintenu par Charlemagne, sans aucune modification, quoique la hiérarchie ecclésiastique ellemême eût été modifiée, firent juger avec raison qu'il serait avantageux de substituer l'approbation du prince à la coopération du peuple, comme on avait déjà (du moins c'est ainsi que la chose nous paraît être) substitué au clergé diocésain des électeurs ecclésiastiques permanents, dans la personne des membres du chapitre.
Vinrent ensuite les réserves apostoliques, qui enlevèrent aux Eglises une bonne partie du petit nombre des élections qui leur restaient encore, el multiplièrent les choix scandaleux. 11 ne pouvait pas en être autrement. Le moyen de connaître à Kome ce qui convient le mieux dans uneE;^lise qui en est à deux cents et trois cenis lieues? Les plus dignes en ce cas ne sont bien souvent et ne peuvent être que les plus intrigants, les plus effrontés solliciteurs, ou ceux qui deuianden les premiers el se font le mieux appuyer, c'est-à-dire ceux qui n'ont rien moins que l'esprit ecclésiastique.
Pour remédier à ces abus, le concile de Bâle crut devoir abolir les réserves générales et rappeler toutes les Eglises parliculiè-