ARBRES DE LA LIBERTÉ
On appela arbres de la liberté des arbres qui furent plantés comme par un mouvement spontané, dans les différentes communes de France, à l'occasion de la proclamation do la République. — Ces arbres, dans ce temps de folie et d'extravagance, devinrent l'objet d'un culte patriotique et furent mis au rang des choses sacrées. Celui de Castres avait été renversé dans la nuit du 14 au 15 mars; il fut redressé avec pompe et solennité, et le directoire du département du Tarn ordonna qu'il serait élevé à l'enlour un autel à la Patrie, dont les frais seraient supportés par los personnes déclarées suspectes par la municipalité. La CoTivention, sur la proposition du ministre, décréta que cette imposition serait confirmée. ( Drrret du 27 mars 1793.) — Lo 3 pluviôse an II (22 janvier 179'i^), celle même assemblée décréta que, dans toutes les communes de la République française où l'arbre de la liberté aurait péri, il en serait planté un avant le premier germinal, confiant cetto planlation et sou entrrtien aux soins des bons citoyens, afin, disait-elle, que l'arhre de la liberté (leurisse sous l'égide de la C nstitulion française. — Le Directoire, informé que dans plusieurs communes ces arbres avaient été coupés, arrachés ou mutilés, arrêta que le ministre do la justice prendrait les mesures nécessaires pour que ces délits fussent poursuivis avec toute l'activité et punis avec toute la rigueur que prescrivent les lois portées contre toute espèce de crime contre-révolutionn lire et attentatoire à la liberté , à l'égalité et à la souveraineté du pi'uplr français, et ce, nonobstant toute lettre ministérielle ou instruction contraire. Arr. du 22 germ. an IV (11 avril 179G). — En conséquence de cet arrêté, il fut déclaré que les tribunaux correctionnels n'étaient pas compét'nts pour connaître des délits conmiis contre ces arbres. (15 llor. an IV ( 1 mai i:96.) — Enfin, le 23 nivôse an VI ( 12 janv. 1796), le conseil des Cinq-Cents, considérant que le respect des signes de la liberté est lié au respect de la liberté même, et qu'il était de l'honneur du patriotisme français de réparer avec éclat los outraf^es couimis par la malvoillauct! envers Ks olijets delà vénéralion publique, ordonna que tous
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les arbres de la libellé qui avaient été abattus ou qui avaient péri naliirellement seraient remplacés aux frais des communes; que leur plantation se ferait le 2 pluviôse suivant (21 janvier); qu'à l'avenir loule commune dans laquelle un arbre de la liberté aurait été abattu ou aurait péri nalurellenient serait tenue de le remplacer dans la décade, sauf à renouveler cette plantation, s'il y avait lieu, par un arbre vivace , dans la saison convenable; et que tout individu qui serait convaincu d'avoir mutilé, abattu ou tenté d'abattre ou de mutiler un arbie de la liberté, serait puni de quatre années de déiention.
Dans les premiers jours qui ont suivi la proclamation de notre nouvelle République, les clubs de Paris d'abord, el ensuite ceux des départements, ont planté des arbres de la liberté, qu'on a eu le soin, presque partout, de faire bénir par le curé de la paroisse. Le gouvernement n'a rien ordonné, rien défendu : il a laissé faire.
Actes législatifs.
Décrets, 27 mars 1793; 3 pluv. an II (2-2 jaiiv. 1794) ; 23 niv.anlV (tijanv. 1791^); 15 llor. an IV (4 mai 1796).- Arrêté du 22 germ. a» IV (11 avril 1796).