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traire, ce conjonclif sert à lier une projH)siiiuii a un mot auquel elle se liait déjà d'clie-méme, ou est encore choqué, parce qu'on n'aime pas aiwrcevoir des |»récautioiis supcrllues.
En effet, nous voulons qu'un écrivain soit clair, et qu'il le soii sans travail. La bcaiiic des constructions dépend toujours de l'ordic des idées, et le lecteur est fatigué des efforts d'un écrivain parce t|u'il les partage.
JHusieurs propositions incidentes ptuvent se rapporter à un seul substantif:
Tel fut cet empereur (Titus) sous qui Rome adorée Vil renaître les jours de Saturne et de llliée, Qui rendit de son joug l'univers amoureux; Çu'on n'alla jamais voir sans revenir heureux; Qui soupirait le soir si sa main fortunée N'avait par ses bienfaits signalé sa journée.
(BoiL., Épdre I, 109.)
Tous ces qui se rapportent à empereur, ceux qui en sont le plus loin comme celui qui en esl le plus près, et celle construction est fort bonne.
La construction suivante, au contraire, esl très-défectueuse, quoique le conjonclif se rai>porte presque toujours au subslanlif qui le jirécède presque immédiatement : // faut se conduire par les lumières de la foi, qui nous apprennent que l'insensibilité est d'elle-même tin très-grand mal qui nous doit faire app-<-éhender cette menace terrible que Dieu fuit aux âmes qui ne sont pas assez touchées de sa crainte. (Nicole, Essais de morale, 3' traité. De lu crainte de Dieu, chap. iv.) Ce n'est pas là une phrase où les idées soient liées, c'est une suite de jilirases qui tiennent mal ensemble. L'esprit s'écarte insensiblement du point d'où il esl parti, et on ne sait plus où l'on est. En effet, le iircmicr qui se rapporte à lumière, \e second n grand mal OU à insensibilité, le troisième à menace, et le dernier à âmes.
W semble que Nicole aurait pu dire : Il faut se conduire par les lumières de lu foi, qui nous apprennent que l'insensibilité est d'elle-même un très-grand mal, et qu'elle doit nous faire appréhender cette menace terrible que Dieu fait aux âmes trop peu touchées de sa crainte.
On n'ignore pas que peu, de temps après la mort d'Auguste, la poésie, qui avait brillé avec tant d'éclat suus les yeux de ce prince, s'éclipsa peu à peu sous ses successeurs, et demeura enfin comme éteinte dans les ténèbres de la barbarie, qui amena du fond du Nord ce déluge de nations féroces f\n'\, des débris de l'empire romain, forma la plupart des roijaumes t\m subsistent aujourd'hui dans l'Europe, (i)ubos.)
Il y a ici le même défaut que dans l'exemple précédent : car un conjonclif se ra|)portc à ténèbres, un autre à nations, cl le dernier à royaumes.
Le vice esl encore plus grand lorsque les conjonclifs se rapportent lanlôl au dernier siilistanlif, tanlôt à un substantif éloigné ; car il en résulte ou de l'embarras ou des êquivocpies.
Nous tombons sa?ts y penser dans une infinité de petites fautes à l'égard de ceux avec qui nous vivons, (jui disposent à prendre en mauvaise part ce qu'ils souffriraient sans peine, s'ils n'avaient dtjà un routmencemcnt d'aigreur dans l'esprit. {^\iH)\t:, Essais de morale, k' yvit\\.é. Des moijens de conserver la paix parmi les hommes, chap. ii.)
On pourrait éviicr le second qui en disant et parla nous les disposons, Clc.
Qui ne croirait que ceux que Dieu a éclaires
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par de ii pures lumières, à gui il a découvert la double fin et la doiible éternité de bonheur ou de misère {\\\\ les attend, qui ont l'esprit rempli Je ces grands et effroyables ubjets,i\\Ù ont préféré Dieu à toute chose, qui 7ie croirait, dis-je, qu'ils sont incapables d'être touchés des bagatelles du mondée (Nicole.)
Si en lisant ces exemples vous vous arrélcz à chaque 71/», vous remarquerez (juc vous rappoitcz nalurcllemcnl le second au nicuie nom auquel vous avez rapporlé le premier; et cepcndanl , lorsque vous conlinuez de lire, le sens demande que vous le rapportiez à un autre. Ces doubles rapports sont toujours vicieux, parce que, s'ils ne causent pas d'ccpiivoqucs, ils embarrassent au moins la construction.
Les étoiles fixes fie sauraient être moins éloignées de la terre que de vingt-sept mille sis cent soixante fois la distance d'ici au soleil, qui est de trente mil/ions de lieues.
On ne peut pas absolument blâmer cette dernière proposition incidente; mais il me semble qu'elle termine mal la phrase, et qu'un tour où on l'eût évitée eût été ])réfcrable.
Il 7i'y a personne dans le monde si bien lié avec 710IIS de société et de bienveillance, qui ?ious goûte, qui nous fuit mille offres de services, et qui -nous sert quelquefois, qui n'ait en soi, par l'attachement à son intérêt, des dispositions trèsproches à rompre acoc nous, (l.a Bruyère.)
Il n'y a qu'une affliction qui dure, qui est celle qui rient de la perte des biens. (La Bruyère, Des biens de fortune, 302.)
Il eût été mieux de dire cest celle qui, etc.
Racine, exact imitateur des anciens, dont il a suivi exactement la netteté et la simplicité de Faction. fLa Bruyère.)
Cette phrase est mauvaise, parce que la netteté et la simplicité se construisent à la fois avec don^, qui les précède, et avec de l'action, qui les suit.
A cette lumineuse théorie, que nous devons à Condillac, nous ajouterons quelques règles parlicu'iéres à la forme des phrases.
Dans la phrase expositive, le sujet se place ordinairement avant le verbe, et celui-ci précède à son tour l'objet cl le terme, c'est-à-dire, le régime direct et le régime indirect, lorsqu'ils sont énoncés par des expressions formelles, et non simplement désignés par des pronoms personnels ou relatifs. Ainsi l'on dit Pierre envoie un livre à son frère. On ne saurait changer cet ordre sans renverser entièrement le sens. Cette règle s'observe également dans la phrase impérative, qui n'admet de sujet qu'en troisième personne. On dirait donc qu'il envoie un livre à son frère. Elle a lieu aussi dans la phrase interrogative,maisseulement lorsque le sujet est énoncé par qui : Qui m'a envoyé ce livre? iMais dans la phrase interrogative, lorsque le sujet est énoncé par un autre nom que qui ou quel, il ne se [)lace qu'après le verbe : Convient-il du fait? Parle-t-il de cette affaire? Si, dans ce cas, le verbe était u un tcm|)S composé, le pronom se meUrait entre le verbe auxiliaire et le participe : Étes-vous cofivcnus de ros faits ? Avez-vovs répondu à cette lettre ?
Les sujets des petites phrases que l'on place dans les grandes, soit pour citer, soit pour indiquer à qui l'on adresse la parole, se mettent après le verbe, ou entre l'auxiliaire et le participe : Enfin, disait ce grand homme; songez donc, lui at-on dit.
Dans la phrase expositive, le sujet peut se
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placer après le verbe, lorsque le sens exclut tout régime direct, ou que du moins il n'est énonce que par les mots ce, que, le, tel, comme dans ces excm|tles : Ce que pense le philosophe n'est pas toujours ce que dicte la raison; c'est ainsi que le voulut la Providence. Tel parut à nos yeux l'éclat de sa beauté.
Le sujet peut encore cire placé après le verbe lorsqu'il y a à la tète de la phrase quelque mot qui, selon l'usage, favorise cette inversion; on ne dirait pas bien obéit-il pour il obéit ; maison dirait fort bien il respecte beaucoup son père; aussi lui obéit-il sur-le-champ.
Le verbe ne se met jamais a la tète de la phrase expositive, mais il s'y trouve assez ordinairement dans la phrase interrogative et impérative : Gagne-t-on le ciel en tourmentantleshomm.es? Bègle tu propre conduite , avant de critiquer celle des autres.
Lorsque le régime direct et le régime indirect sont énonces par des pronoms personnels non accompagnés de prépositions, ils se placent entre le sujet et le verbe : Les pa-isions nous tourmentent, la loi Tions ordonne, il n'a pas la force de se corriger de ses défauts.
Quand de plusieurs |)ronoms l'un exprime le régime direct et l'autre le régime indirect, me, te, se, nous, vous, se mettent les premiers; ensuite le, la, les, puis lui et leur ; enfin y et en. Exemples : Prêtez-moi votre livre, je vous le remettrai demaiji ; si vous me le refusez; aurez-vous le courage de le leur dire? Il ?i'a pas voulu vous y mener. On suit aussi cette règle dans la phrase impérative pour la troisième personne : Qu'on me \e pardonne ; et même pour la seconde et la première personne, lorsque le sens est négatif : Ne leur cm épargnons pas la peine, ne leur en épargnez pas la peine.
Mais si le sens est afiirmatif à la seconde ou à la première personne, ces pronoms se placent après Le verbe, de façon que le, la, les, qui n'avaient que la seconde |)lace, prennent la première, et faisant reculer les autres, le pronom en, qui était près du verbe, s'en trouve le plus éloigné: Renvoyé z-\G-n\o\, présente z-Xa^AQwr de bonne grâce, pu7iissez-\Q'î>-en rigoureusement, approchons-nous-en avec respect.
Le régime direct énoncé par les mots tout et rien se place après le verbe quand celui-ci est à un temps simple : Il soumet tout, il ne dit rien. Mais quand le verbe est à un temps composé, ce régime direct se met entre l'auxiliaire et le participe : // a tout soumis, ils ont \.o\\i prévu, il na rien dit.
Dans la forme interrogative, le circonstanciel énoncé par un adverbe ne se met qu'après le sujet, et avant bu après le participe : Aimerut-elle constamment? Nos amis arrive i07it-ils aujourd'hui ? Avez-vous beaucoup gagnéf Avezvous gagné beaucou|) ?
Dans la forme impérative, il est renvoyé après tous les pronoms qui suivent le verbe, pour faire fonction de régime direct ou indirect : Répondez-lui hardiment, offrons-la-lui galamment.
Quelquefois, dans les phrases impcratives, l'adverbe peut être placé entre le régime direct et le régime indirect, suivant l'intérêt delà clarté ou de l'harmonie : Faites-lui i-espectueusement vos observations, adressez-vous imfnédiatement à lui, sacrifiez-leur plutôt celle-ci.
Nous n'avons parlé jusqu'ici que des con-
tructions pleines, c'est-à-dire de celles où tous
I les mots sont exprimés. U y a une autre espèce
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de construction que l'on nomme elliptique, cl qui consiste à supiniiner les mots que l'esprit peut supi)loer facilcmoiit. Nous expliquons à l'article Ellipse tout ce (pii a rapport à ces sortes de constructions. Voyez Complément, Ellipse, Liaison, Période.
Les grammairiens distinguent trois sortes de consiruclions : 1° La construction ncccssairc, signif.cative OU énonciatirc ; c'est celle i)ar laquelle seule les mots font un sens; on l'appelle aussi construction simple Ct construction naturelle, parce que c'est celle qui est la plus conforme à l'état des choses, et (|uc d'ailleurs elle est le moyen le plus propre et le plus facile que la nature nous ait donné pour faire connaître nos pensées par la parole; c'est ainsi que, lorsque dans un traité de géométrie les propositions sont rangées dans un ordre successif qui nous en fait apercevoir aisément la liaison ct le rapport, sans qu'il y ait aucune proposition intermédiaire à suppléer, nous disons que les propositions de ce traité sont rangées dans l'ordre naturel. Celle construction est aussi appelée nécessaire, parce que c'est d'elle seule que les autres consiruclions empruntent la proiiriélé qu'elles ont de signilier, au point que si la construction nécessaire ne pouvait pas se retrouver dans les autres sortes d'énonciations, celles-ci n'excileraient aucun sens dans l'esprit, ou n'y exciteraient pas celui qu'on voulait y faire nailrc. 2" La seconde sorte de conslruciion est la construction figurée. 3° Enfin la troisième est celle où les mots ne sont ni tous arrangés suivant l'ordre de la construction simple, ni tous disposés selon la construction
figurée. Cette troisième sorte d'arrangement est a plus usitée. On lui a donné le nom de construction usuelle.
La construction simple est celle par laquelle on a commence à nous donner l'exemple et l'usage de l'élocut'on. D'abord on nous a montré l'objet, ensuite on nous l'a nommé; puis on ajoutait les mois qui le modifiaient, qui en marquaient les qualités ou les actions, et que les circonstances ou les idées accessoires pouvaient aisément nous faire connaître.
A mesure que nous avancions en âge et que l'expérience nous apprenait le sens et l'usage des prépositions, des adverbes, des conjonctions, et surtout des différentes terminaisons des verbes destinées à marquer le nombre, les personnes et les temps, nous devenions plus habiles à démêler les rapports des mois et à en apercevoir l'ordre successif qui forme le sens total des phrases.
Cette manière d'énoncer les mois successivement, selon l'ordre de la modilicalion ou détermination que le mot qui suit donne à celui (jui le précède, a fait règle dans notre esprit. Elle esl devenue noire modèle invariable, au point que, sans les secours qui nous aident à la rétablir, les mots ne présentent «lue leur signification absolue, sans que leur ensemble puisse former aucun sens.
Cet ordre esl le plus propre à faire apercevoir les parties que la nécessiié de 1 elocution nous fait donner à la pensée; il nous indique les rapports que ces parties ont entre elles; rapports dont le concert produit l'ensemble, et, pour ainsi dire, le corps de chaque pensée particulière.
Cette conslruciion esl appelée naturelle parce que c'est celle que nous avons apprise sans maître, par la seule constilulion mécanique de nos organes, et parce quelle suit la nature, c'esl-àdire parce qu'elle énonce les mots selon l'état
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où l'esprit conçoit les choses : Le soleil est lumineux. On suit, ou l'ordre de la relation des causes avec les effets, ou celui des effets avec leurs causes; c'est-à-dire que la conslru<iiiin simple procède, ou en allant de la cause à l'cffel, ou de l'agent au patient, comme quand on dit IHeu a créé le monde, .-higuste vainquit Antoine ; c'csi ce que les grammairiens appellent la voir active; ou bien la conslruciion énonce la pensée en remontant de l'effet à la cause, et du i)atienl à l'agent, ce que les gramniairicns appellent la voix passiie : Le monde a été créé par l'Etre toutpuissant. Antoine fut vaincu par Auguste. La construction simple présente d'abord l'objet ou le sujet, ensuite elle le qualifie selon les propriélés ou les accidents que les sens y découvrent, ou que l'imagination y suppose.
Or, dans l'un et dans l'autre de ces deux cas, l'élat des choses demande que l'on commence par nommer le sujet, dont on dit ensuite ou ^\\\'il est, ou qu'tZ fait, ou qu'z'Z souffre, ou qu'il a, soit dans le sens profire, soit au ligure.
l.ors(iue les mots essentiels à la proposition ont des modificalifs t]ui en étendent ou qui en restreignent la valeur, la construction simple place ces modificalifs à la suite des mots (pi'ils inoilificnt. Ainsi tous les mois se trouvent rangés successivement selon h-; rapport immédiat du mot qui suit avec celui ipii le précède; par exemple : Alexandre vuiw/iiit Darius, voilà une simple proposition; mais si j'ajoute des modificalifs ou adjoints à cha* un de ces termes, la cofistruction simple les placera successivement selon l'ordre de leur relation • Alexandre, fils de Philippe et roi de Macédoine, vainquit avec peu. de troupes Vwius, roi des Perses, qui était à la tête d'une armée nomhreuse.
Si l'on énonce Ces cnv,onstances dont le sens tombe sur loulc .a piuposilion, on peut les placer au .".^•.Timencement ou à la fin de la proposition.
Les liaisons des différentes parties du discours, telles que cependant, sur ces entrefaites, dans ces circonstances , mais, quoique, après que, avant que, cli;., doivent précéder la proposition où elles si' irouvenl, parce (]ue ces liaisons ne sont pas des parties nécessaires de la proposition ; elles ne sont que des adjoints, ou des transitions, un des conjonctions particulières qui lient les propositions partielles dont les périodes sont composci.*. Par la même raison, les relatifs f/«i, que, dont, précèdent lous les mots delapropositionàla(iuellcilsappariiennent, parce •ju'ils servent à lier celle proposition àiiueliiue rapjiort d'une aulVe, el que ce qui lie doit élrc entre deux termes. Ainsi dans cet exemple : Le Dieu que nous adorons est un Dieu toutpuissant, r/(/e est avant nous adorons, quoiqu'il dépende de nous adorons.
La construction figurée est celle où l'ordre et le procédé de l'analyse énonciative ne sont pas suivis, quoiqu'ils doivent toujours élre aperçus, rectifiés ou suppléés. Celte seconde espèce de conslruciion esl appelée construction figurée parce qu'en effet elle prend une figure, une forme qui n'est pas celle de la construction simple.
11 y a quatre sortes de figures qui sont d'un grand usage dans la construction figurée de la langue française, savoir: l'ellipse, le pléonasme^ la syllepse ou synthèse, l'inversion ou hyperhate. Voyez ces mots.
La construction usuelle est composée des deux
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précédentes. On l'appelle ninsi parce qu'on rnlenil par celle construction l'arrangemenl des mots ([ui esl en usage dans les livres, dans les lellreset dans la conversation des çeiH instruits. Celle construction n'est souvent ni toute simple, ni toute figurée. Les figures dont nous avons parlé se trouvent souvent dans la construction usuelle, mais elles n'y sont pas nécessaires; et mémo communément l'élégance est jointe à la simplicité; et si elle admet des transpositions, des ellipses, ou quelque autre ligure, elles sont aisées à ramener à l'ordre de l'analyse énoncialive.
On appelle aussi constmcHon grammaticale , ou analyse nrammaticale , l'explication des diverses fonctions des mots qui entrent dans la structure des phrases, et l'indication de leurs rapports les uns avec les autres dans l'expression des pensées. Il esl bon d'accouiumer les jeunes gens à faire ces explications; ces exercices leur sont trcs-ulilcs; ils les accoutument a bien connaître les fondements de la construction, elles mellenl en étal de rendre compte de chaque partie du discours.
Quelques grammairiens ont donné des modèles de ces exercices ; mais ce qu'il y a de meilleur en ce genre, c'est la construction grammaticale et raisonnée de l'idylle de madame Deshouliéres intitulée les Moutons, et qui esl de Dumarsais. Nous allons la donner ici ; les principes qui y sont développés sont applicables à toute sorte de composition.
Construction c/rammaticale et raisonnée de Vidylle de madame Deshouliéres intitulée les iMoutons :
Hélas ! petits moutons, qne vous êtes heureux !
f^'ous êtes heureux, c'est la proposition.
Hélas! petits moutons, ce sont des adjoints à la proposition, c'esl-à-dire (jue ce sont des mots qui n'entrent grammaiicalernent ni dans le sujet, ni dans l'allribul de la proposition.
Hélas! c'est une interjection qui marque un sentiment de compassion. Ce sentiment a ici pour objet la personne même qui parle; elle se croit dans un élat plus malheureux que la condition des moutons.
Petits moutons ; ces deux mois sont une suite de l'exclamation; ils marquent que c'esl aux moulons que l'auteur adresse la parole; il leur parle comme à des personnes raisonnables.
Moutons , c'est le substantif , c'est-à-dire le suppôt, l'être existant, c'est le mol qui explique