‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 102 sur 453 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Petits, c'esl l'adjectif ou qualificatif; c'est le mol qui marque ([ue ron regarde le substantif avec la qualilicalion que ce mol exprime; c'est le subslanlif même considéré sous un tel point de vue.

Petit n'est i)as ici un adjoi-lif f|ui marque directement le volume et la poiiiesse des moulons; c'esl plutôt un terme d'affection et de tendresse. La nature nous inspire ce soniimcnt pour les enfants et pour les petits des animaux, qui ont plus besoin de noire secours que les grands.

Petits moutoîis ;se\on l'ordre de l'analyse énonciative de la pensée, il faudrait dire inoutons petits, car petits suppose moutons; et on ne met petits au pluriel cl au masculin, (juc parce que moutons est au pluriel el au masculin. L'adjeclif suil le genre et le nondirc de son sub-

CON

stantif, parce que l'adjeciif n'est que le substantif même considéré avec telle ou telle qualification; mais parce que CCS différenles considérations de l'esprit se font inlérieuremenl dans le même instant, et qu'elles ne sont divisées que par la nécessité de renonciation, la conslruclion usuelle place, au gré de l'usage, certains adjectifs avant, cl d'autres après Icurs'substanlifs.

Que vous êtes heureux! que est pris adverbialement, et vient du lalin quantum, ad quantum, à quel point, combien; ainsi que modifie le verbe : il marque une manière d'être, el vaut autant que l'adverbe combien.

Fous est le sujet de la proposition ; c'esl de vous que l'on juge : vous esl le pronom de la seconde personne; il est ici au pluriel.

Etes heureux , c'est l'atlribut, c'esl ce qu'on juge de vous.

Etes esl le verbe qui, outre la valeur ou signification particidiére du qualificatif qu'il renferme, marque encore l'action de l'esprit qui attribue ou applique celle valeur à un sujcl.

Etes; la leninnaison de ce verbe marque encore le nombre, la personne et le temps présent.

Heureux est le qualificatif que l'espni considère comme uni et identifié à tous, à voire existence; ce que nous appelons le rapport d'identité.

V^ns paissez dans nos champs sans souci, s.ins alarmes.

Voici une autre proposition.

yous en est encore le sujet simple : c'est un pronom substantif; car c'esl le nom de la seconde personne, en tant qu'elle esl la personne à qui on adresse la parole; commo roi, pape , sont des noms de personnes en tant (pi'elles possèdent ces dignités. Ensuite les circonstances font connaître de (juel roi ou de (jucl pape on entend parler. De même ici les circonstances, les adjoints, font connaître que ce vous, ce sont les moutons. C'est se faire une fausse idée des pronoms (jue de les prendre pour de simples vicegérants, et de les regarder comme des mois mis a la place des vrais noms.

Paisses esl le verbe dans un sons neutre, c'esl-à-dire que ce verbe marque ici un étal du sujet : il exprime en un temps l'action el le terme de l'action : car vous paisses est autant que vous manges l'herbe. Si le terme de l'action était exprimé séparément, el qu'on dit vous paissez l'herbe , ce verbe serait actif transitif.

Dans nos champs, voilà une circonstance de l'action.

Dans est une préposition qui marque une vue de l'esprit par rapport au lieu; mais dans ne détermine pas le lieu ; c'est un de ces mots incomplets qui ne font qu'une partie d'un sens particulier, cl qui ont besoin d'un autre mot pour former ce sens. Ainsi dans esl la préposition, et nos champs en est le complément. Alors les mots dans nos champs font un sens particulier qui entre dans la composition de la proposition. Ces sortes de sens sont souvent exprimés en un seul mot qu'on appelle adverbe.

Sans souci, voilà encore une préposition avec son complément: c'est un sens particulier qui fait une incise. Incise vient du latin incisum. qui signifie coupé; c'esl un sens détaché qui ajoute une circonstance déplus à la proposition. Si ce sens était supprimé, la proposition aurait

CON

une circonstance do moins, mais elle n'en serait pas moins proposition.

Sans alarmes est une autre incise.

Aussitôt aimés qu'amoureux, On ne vous force point à répandre des larmes.

Voici une nouvelle période; elle a deux membres.

Aussitôt aimés qu'amoureux, c'est le premier membre, c'csl-à-dirc le premier sens partiel qui c.Mire dans la composition de la période. Il y a ici ellipse, c'est-à-dire (jue |X)nr l'aire la construction pleine, il faut snppircr des mots que la construction usuelle supprime, mais dont le sens est dans res[)rit. Jussitôt aimés qu'amoureux, c'està-dire, comme vous êtes aimés aussitôt que vous êtes amoureux.

Comme Qs\ ici un adverbe relatif qui sert au ■raisonnement , et qui doit avoir un corrélatif; comme, c'est-à-dire, et parce que vous êtes.

P^ous est le sujet, êtes aimés aussitôt est l'attribut. Jussiiôt (^si un adverbe relatif au temps, dans le même temps.

Que, autre adverbe de temps; c'est le corrélatif d'aussitôt. Que appartient à la proposition suivante, que vous êtes amoureux ; ce que vient du latin in quo, dans lequel, cum.

Vous êtes amoureux, c'est la proposition corrélative de la précédente.

On ne vous force point à répandre des larvtes. Cette proposition est la corrélative du sens total des deux itropositions précédentes.

On est le sujet de la proposition. On vient de homo. On se jjrend dans un sens indéfini, indéterminé; une personne quelconque, un individu de votre espèce.

Ne vous force point à répandre des larmes. Voilà tout l'attribut; c'est l'attribut total, c'est ce qu'on juffe de on.

Force est lo verbe qui est dit de on; c'est pour cela qu'il est au singulier et à la troisième personne.

Ne point; ces deux mots font une négation; aiï:?!la pro[)Osiliou est négative.

f^'ovs ; ce mot, selon la construction usuelle, est ici avant le vcrlic; mais, selon l'ordre de la construction dos vues do l'ospiit, vou.i est après le verbe, i)uisqu'il est le terme ou l'objet de l'action de forcer.

A répandre des larmes. Répandre des larmes ; ces trois mots font un sons total qui est le complément do. la préposition à. Cette préposition met ce sens total en rapport avec force, forcer.

Mépandre des larmes. Des larmes n'est pas le complément immédiat de répandre; des larmes est ici dans un sens partitif; il y a ici ellipse d'un substantif générique : Répandre u?ie certaine quantité de les larmes.

Vous ne formez jamais d'inutiles désirs.

f^ous, sujet de la proposition ; les autres mots sont l'attribut.

Formez est le verbe à la seconde personne du présent de l'indicatif.

iVe est la nogation qui rend la proposition négative. Jamais est un adverbe de temps. Jamais, en aucun temps.

D'inutiles désirs. C'est encore un sens partitif; vous ne formez jamais certains désirs, cpielqucs désirs qui soient du nombre des désirs inutiles. D'inutiles désirs. Quand le substantif et l'adjectif sont ainsi le déterminant d'un verbe,

CON

ou lo complcmont d'une proposition, dans un sens allu-matil, si l'adjectif précède le substantif il tient liou d'article, et manpie la sorte ou espèce, vous formez d'inutiles désirs ; on qualilie d'inutiles les désirs «pie vous formez. Si, au contraire, le substantif précède l'adjectif, on lui rend l'article, c'est le sens individuel, rows /'.o-we^ des désirs inutiles; on veut dire ijuc les désirs particuliers ou singuliers (pic vous formez sont du nombre des désirs inutiles. Mais dans le sens négatif on dirait vous ne formez jamais, pas, point de désirs inutiles; c'est alors le sons sjjéciNiiuc. 11 ne s'agit point de déterminer tels ou tels désirs singuliers; on ne fait quo marquer res|)cce ou sorte de désirs que vous formez.

Dans vos tranquilles cœurs l'amour suit la nature.

La construction est, l'amour suit la nature dans vos cœurs tranquilles. L'amour est le sujet de la proposition, et i)ar cette raison il précède le verbe; la nature est le terme de l'action de suit, et par cette raison ce mot est après le verbe.

Sans ressentir ses maux, vous avei ses plaisirs.

Construction : F'ous avez ses plaisirs sans ressentir ses maux. Fous est le sujet, les autres mots sont l'attribut.

Sans ressentir ses maux. Sans est une préposition dont ressentir ses maux est le com- [)lément. Ressentir ses maux est un sens particulier équivalent à un nom. Ressentir csl ici un nom verbal. Sans ressentir est une proposition implicite, sa7is que vous en ressentiez. Ses man.v est ai)rès l'infinitif ressentir, parce qu'il en est le déterminant; il est le terme de l'action de ressentir.

L'ambition, l'honneur, l'intérêt, l'imposture, Qui font tant de maux parmi nous.

Ne se rencontrent point chez vous.

Cotte période est composée d'une proposition |)rincipale et d'une proposition incidonie. Une l)roposition (|ui tombe entre le sujet et l'attribut d'une proposition est ai)pelce proposition incidente, du latin incidere, tomber dans ; et la prol)Ositiuii dans laquelle tombe l'incidente est ap- ])elée proposition principale, parce (pi'ordinaireinent elle contient ce que /'on veut principalement faire entendre :

L'ambition, l'honneur, l'intérêt, l'imposture, Ne se rencontrent point cliez vous.

Voilà la proposition principale.

L'ambition, l'honneur, Vintérêt, l'iinposture; c'est là le sujet de la proposition. Cette .sorte de sujet est ajipelé sujet multiple, parce (juc ce sont plusieurs individus qui ont un attribut commun. Les individus sont ici des individus métaphysiques, des termes abstraits, à l'imitation d'objets réels.

Ne se rencontrent point chez vous est l'attribut. Or, on pouvait dire l'ambition ne se rencontre point chez vous ; l'honneur ne se rencontre point chez vous; Vintérêt, etc.; ce qui aurait l'ait quatre propositions. En rassemblant plusieurs sujets dont on veut dire la même chose, on abrège le discours et on le rend plus vif.

Qui font tant de maux parmi nous, c'est la proposition ineidoiite. Qui en est le sujet; il

CON

rappelle à l'esprit l'ambition , l'honneur, l'inlerêt, l'iinposuire, dont on vient de parler

Font tant di viavx parmi vous, c'est 1 attribut de la proposition incidente.

Tant de vtaiix, c'est le déterminant de fout, c'est le terme de l'action de font.

Tant vient de l'adjectif /f'/i/i/*, taiitn, tantiim. Tant est pris ici subslanlivement : Tcintum vialorvm, une si grande quanlilc de maux.

De maux est le qualilicalif de tant; c'est un des usases de la préposition de, de seivir a la qualilicaiion. ...

Maux est ici dans un sens spécifique, indclini, et non dans un sens individuel; ainsi maux n'est pas précédé de l'arlicle les.

Parmi nous est une circonstance de lieu; nous est le complément de la préposition parmi.

Cependant nous avons la raison pour partage, Et TOUS en ignorez i'ujage.

Yoilà deux propositions liées entre elles par la conjonction et.

Cependant, adverbe ou conjonction advcrsative, c'est-à-dire qui marque restriction ou opposition par rapport à une autre idée ou pensée. Ici cette pensée est nous avons la raison; cependant, malgré cet avantage, les passions font tant de maux parmi nous. Ainsi cependant marque opposition, contrariété, entre avoir la raison et avoir des passions. 11 y a donc ici une de ces propositions que les logiciens appellent adversatives ou discrétives.

Nous est le sujet; avons la raison pour partage c?:iVMi\h[}l.

La raison pour partage. I.'anlcur pouvait dire, la raison eu partage; mais alors il y aurait un bâillement ou hiatus, parce que la raison linit par la voyelle nasale on, qui aurait été suivie de en. Les puëles ne sont pas toujours si exacts, et redoublent le n en ces occasions, la raison-n-en partage; ce qui est une prononciation vicieuse. iD'un autre côté, en disant pour partage, la rencontre de ces syllabes pour, ^ar,.est désagréable à l'oreille.

yous en ignorez l'usage. F'ous est le sujet; en ignorez l'usage est l'attribut. Ignorez est le verbe; l'usacc est le déterminatif de ignorer; c'est le terme de la signilicalion d'ignorer; c'est une chose ignorée; c'est le mot qui détermine ignoi'ez.

En est une sorte d'adverbe pronominal. Je dis que en est une sorte d'adverbe, parce qu'il signifie autant qu'une préposition et un nom; eu, inde: de cela, de la raison. En est un adverbe prtnominai, parce qu'il n'est employé que pour réveiller l'idée d'un autre mot, vous ignorez Vusage de la raison.

Innocents animaux, n'en soyez point j iloux.

C'est ici une cnonciation à l'impératif.

Innocents animaux ; ces mots ne dépendent d'aucun autriï (jui les précède, et sont énoncés sans article; ils inanpienl, en pareil cas, la personne à qui l'un adresse la parole.

Soyez est le verbe à l'impératif; ne point est la négation.

En, de cela, de ce que nous avons la raison pour partage.

Jaloux est l'adjectif; c'est' ce qu'on dit que les animaux ne doivent pas être. Ainsi, selon la pensée, jaloux se rapporte à animaux, par rapport

CON

d'identité, mais négativement : Ne soyez point jaloux.

Ce n'est pas un grand avantage.

Ce, c'est ce que les grammairiens appellent pronom de la troisième personne; hoc, c<?, cela. A savoir, (yi/e nous avons la raison n'est pas un grand avantage.

Celte ficre raison dont on fait t&nt de bruit. Contre les passions n'est pas un sir remède.

Voici une proposition principale et une proposition incidente.

Cette ficre raison n'est pas un remède sûr contre les passions, voila la proposition principale.

Dont on fuit tant de bruit, c'est la proposition inciilcnie.

Botit est encore un adverbe pronominal; de laquelle, touchant laquelle. Dont vient de ujide; nous nous en servons pour duquel, de laquelle, de qui, de quoi.

On est le sujet de cette proposition incidente.

Fait tant de bruit en est l'attribut. Fait est le verbe; ta7it de bruit est le déterminant de fait.

Un peu de vin la trouble, un enfant la séduit.

Un peu de vin la tro%ihle. Un peu; peu est un substantif, parum vini, une petite (luantité de vin. On dit le peu, de peu, à peu, pour peu. Peu est ordinairement suivi d'un (iualilicatif. X>e um est le qualificatif de /jcîi, im peu. Un et le sont des adjectifs prépositifs qui iiKli(]iicnt des individus. Le et ce indiquent des individus déterminés; au lieu que un indiipic un individu indéterminé; il a le même sens que quelque. Ainsi ■un peu est bien différent de le peu; celuici précèLle l'individu déterminé, et l'autre l'individu indéterminé.

Un peu de vin ; ces quatre mots expriment une idée particulière, qui est le sujet de la proposition.

Latrouhle, c'est l'attribut; <roj/6/eestle verbe; la est le terme de l'action du verbe. La est un pronom de la troisième personne, c'est-à-dire que la rappelle l'idée de la personne ou de la chose dont on a parlé : Trouble la , elle , la raison.

Un enfant (l'Amour) la séduit C'est la même construction (juc dans la proposition précédente.

Et déchirer un cœur qui l'appelle à son aid«, Est tout l'elTet qu'elle produit.

I.a construction de cette petite période mérite atlciilion. Je dis période , grammaticalement parlant, parce que cette phrase est composée de trois propnsilions grammaticales; car il y a trois verbes à l'indicatif : appelle, est, produit.

Déchirer un cœur est tout l'effet, c'est la première proposition grammaticale; c'est la proposition principale.

Déchirer un cœur, c'est le sujet énoncé par plusieurs mots qui font un sens «jui pourrait éire énoncé par un seul, si l'usage en avait établi un. Trouble, agitation, repentir, remords, sont à peu près les étiuivaients de déchirer un cœur.

Déchirer un cœur est donc le sujet, et est tout Veffet, c'est l'attribut.

Qui. rappelle à son aide est une proposition incidciile.

CON

Qui en est le sujet ; ce qui rappelle cœur.

L'appelle à son aide, c'est l'attribut de quitta est le terme de l'action d'appelle : appelle elle, appelle la raison.

Qu'elle produit, elle produit lequel effet. C'est la troisième proposition.

Elle est le sujet; ce mot rappelle la raison.

Produit que, c'est l'attribut d'elle; que CSl le terme Coproduit ; il nippcile cff^et.

Que étant le déterminant ou terme de l'action de produit, est après produit dans l'ordre des pensées et selon la construction simple ; mais la construction usuelle l'énonce avant produit; parce que le que étant un relatif conjonclif, il rappelle effet et joint elle produit avec effet. Or, ce qui joint doit être cntic deux termes: la relation en est jilus aisément aperçue.

Voilà trois propositions grammaticales; mais logiquement il n'y a cpi'une seule proposition.

Et déchirer un cœur qui l'appelle à son aide. Ces mots l'ont un sens total, qui est le sujet de la proposition logique.

Est tout l'effet qu'elle produit. Voilà un autre sens total, qui est l'attribut .• c'est ce qu'on dit de déchirer un cœur.

Toujours impuissante et sévère, Elle s'oppose à tout, et ne surmonte rien.

Il Y a encore ici ellipse dans le premier membre de celle phrase. La construction pleine est : La raison est iotijours impuissante et sévère; elle s'oppose ù tout, parce qu'elle est sévère; et elle ne surmonte rien, parce qu'elle est impuissante.

Elle s'oppose à tout ce que nous voudrions faire qui nous serait agréable. Opposer (ponerc ob), poser devant ; s'opposer, opposer soi, se mettre devant comme vn obstacle. Se esl le terme de l'action d'opposer. La construction usuelle le met avant son verbe, comme me, te, ce, que, etc.

Ne surmonte rien. Bien est ici le terme de l'action de surmonter. Bien est toujours accompagné de la négation exprinice ou sous-enlenduc. Rien (nuUaiu rem).

Sous la garde de Tolre chien Vous devez beaucoup moins redouter la culèrj

Des loups cruels et ravissants.

Que, sous l'autorité d'une telle chimère,

Nous ne devons craindre nos sens.

Il y a ici ellipse et synthèse. La synthèse se fait lorsque les mots se trouvent exprimés ou arrangés selon un certain sens que l'on a dans l'esprit.

De ce que {ex eo quod, propterea quod) vous êtes sous la garde de votre chien, vous devez redouter la colère des loups cruels et ravissants, beaucoup moins; au lieu (pie nous, qui ne sommes (|ue sous la garde de la raison, qui n'est qu'une chimère, nous n'en devons pas craindre nos sens beaucoup moins.

Nous n'en devons pas moins craindre nos sens, voilà la synthè.^e ou syllepse qui attire le ne dans cette phrase.

La colère des loups. La poésie se permet cette expression; l'image en est plus noble et plus vive; mais ce n'est pas par colère que les loups ■îl nous, nous mangeons les moutons.

Beaucoup moins, c'est une expression adverbiale qui sert à la comparaison, et qui par conéquent demande un corrélatif, que, eic.

CON 169

Ne vaudrait-il pas mieux vivre comme vous faites, Dans une douce oisiveté...

'\'oilà une proposition qui fait un sens incomplet, parce que la corrélative n'est pas exprimée; mais elle va l'être dans la période suivante, qui à le même tour.

Comme vous faites est une proposition incidente.

Connue, adverbe, quomodo, à la manière dont vous le faites.

Ne vaudrait-Il pas mieux être comme vous êtes. Dans une heureuse obscurité.

Que d'avoir, sans tranquillité.

Des richesses, de la naissance.

De l'esprit et de la beauté 7

11 n'y a dans cette période que deux propositions relatives, et une incidente.

Ne vaudrait-il pas viieux être comme vous êtes, dans une heureuse obscurité, c'est la première |)roposition relative, avec l'incidente comme vous êtes.

Notre syntaxe marque l'interrogation en mettant les pronoms personnels après le verbe , même lorsque le nom est exprimé : Le roi irat-il à Saint-Cloudf Aimez-vous la vérité'^ Irai-je?

Voici quel est le sujet de cette proposition. Il (illud\ ceci, à savoir, être dans une heureuse obscurité; sens total énoncé par plusieurs mots équivalents à un seul; ce sens total est le sujet de la proposition.

Ne vaudrait-il pas mieux, voilà l'attribut avec le signe de l'interrogation.

Que (quam), c'est la conjonction ou particule qui lie la proposition suivante, en sorte que la proposition précédente et celle qui suit sont les deux corrélatives de la comparaison.

Que la chose, l'agrément d'avoir, sans tranquillité, Vabondancc des richesses , l'avantage de la naissance , de l'esprit et de la beauté; voilà le sujet de la proposition corrélative.

Ne vaut, qui est sous-enlendu, en est l'attribut.

Ne, parce qu'on a dans l'esprit ne vaut pas tant que votre obscurité vaut.

Ces prétendus trésors, dont on fait vanité, Valent moins que votre indolence.

Ces prétendus trésors valent inoins, voilà une proposition grammaticale relative ;

Que votre indolence ne vaut, voilà la corrélative.

Votre indolence n'est pas dans le même cas ; elle ne vaut pas le moins; elle vaut bien davantage.

Dont on fait vanité est une ijrojiosilioii ir/cidcnle : on fuit vanité desquels, à cause desquels. On dit faire vanité, tirer vanité de, dml, desquels. On fuit vanité; ce moi vanité QWW'c dans la composition du verbe, et ne marque pas une telle vanité en particulier; ainsi il n'y a point d'article.

Ils nous livrent sans cesse à des soins criminels.

Ils. Ces trésors, ces avantages; ils esl le sujet.

Livrent nous sans cesse à, etc. C'est l'attribut. .

A des soins criminels , c'est le sens partilil ,

CON

c'est-a-dirc «nie les soins auxquels ils nous livrent soni tlu nombre des soins criminels.

Sans cesse, façon de parler adverbiale.

Par eux plus d'un remords nous ronge.

Plus d'un remords, voilà le sens complexe de la proposition.

Jtonçc 710US par eux: à l'occasion de ces trésors ; ccsl l'atlribut.

Plus d'un remords; plus est ici substantif; il signillc une quanlilé de remords plus grande que celle d'un seul remords.

Kous voulons les rendre éternels, Sans songer qu'eux o( nous passerons comme un songe.

Nous est le sujet de la proposition.

flouions les rendre éternels, sans songer, etc., c'est l'allribul logique.

flouions est un verbe actif. Quand on veut, on veut quelque chose. Les rendre éternels, rendre ces trésors éternels ; ces mots forment un sens qui est le terme de l'action de voulons.

Sans songer qu'eux et nous passerons comme un songe.

Sans songer. Sans, préposition; songer est pris ici subsiantivcment; c'est le complément de la préposition sans, sans la pensée que. Sans songer peut être regarde comme une proposition implicite: sans que nous songions.

Que est ici une conjonction qui unit à songer la chose que l'on ne songe point.

Eux et nous passerons comme vu songe. Ces mois forment un sens total qui exprime lu chose à quoi l'on devrait songer. Ce sens lotal est énoncé dans la forme dune proposition, ce qui est fort ordinaire en toutes les langues.

Il n'est dans ce vaste univers Rien d'assuré, rien de solide.

Il (illud, nempe), ceci, à savoir, rien d'assuré, rien de solide. Quelque chose d'assuré, quelque chose de solide, voilà le sujet de la proposition ; n'est (pas) dans ce vaste univers, eu voilà l'attribut. La négation ?ie rend la proposition négative.

D'assuré. Ce mot est pris substantivement. D'assuré est encore ici dans un sens qualificatif, et non dans un sens individuel, et c'est pour cela qu'il n'est précédé que de la préposition de sans article.

Des choses d'ici-bas la fortune décide Selon ses caprices divers.

Lu fortune, sujet simi)le, terme abstrait personnilié; c'est le sujet de la i)roposilion. Quand nous ne connaissons pas la cause d'un événement, notre imagination vient au secours de notre esprit, qui n'aime pas à demeurer dans un état vague et indéterminé ; elle le lixe à des fantômes qu"elle réalise, et auxquels «lie donne des noms, fortune, hasard, bonheur, malheur.

Décide des choses d'ici-bas selon ses caprices divers, c'est l'attribut complexe.

Des choses, de les choses; de signifie ici touchant.

D'ici-bas détermine choses; ici-bas est pris subsianlivemenl.

Selon ses caprices divers est une manière de décider; selon esl la préposition; ses caprices divers ebt le complément de la préposition .

CON

Tout l'effort de nolic prudence Ne peut nous dérober au moindre de ses coups.

Tout Veffort de notre prudence, voilà le sujet complexe ; de notre prudence détermine l'effort, et le rend sujet complexe. L'effort de est un individu mélapliysique et par imilalion; comme un tel homme ne peut, de même tout l'effort ne peut.

Ne peut dérober nous ; et selon la construction usuelle, nous dérober.

Au moindre, à le moindre; à est la préposition ; le moindre est le complément de la préposition.

Au moindre de ses coups, au moindre coup ';' " ses coups; de ses coups est dans le sens parti if.

Paissez, moulons, paissez ^ans règle et sans science;

Malgré l.i trompeuse aj>parcncc.

Vous êtes plus heureux et plus sages que nous

La trompeuse apparence est ici un individu métaphysique personnifié.

Malgré. V.c mot est compose de l'adjectif wauvais et du substantif ^re, qui se prend pour volonté, goût. Avec le mauvais gré de, en retrancliani le de à la manière de nos pères, (pii supprimaient souvent cette préposition. Les anciens disaient maugré, puis on a dit malgré; malgré moi, avec le mauvais gré de moi. Aujourd'hui, on fait de malgré une préposition: malijré la trompeuse apparence, qui ne cherche qu'à en imposer et à nous en faire accroire, vous êtes au fond, et en réalité, plus heureux et plus sages que nous ne le sommes.

CONSDBSTANTIEL, CONSIBSTANTIELLE. Adj. 11 UC

se met qu'après son subst. absolument, ou suivi de la préposition à : Les trois personnes de la Trinité sont consubstantielles. Le Fils est consuhstantiel au Père.

CoNSUBSTAMiELLEMEM. Adv. Il nc sc iTict qu'après le verbe.

CoNSDLTAîST. Adj. iTi. 11 sc met api'ès SOU subst. : Avocat consultant, médecin consultant.

Consulter. Y. a. delà l"conj. Montesquieu a dit consulter les intérêts des autres, et celle exiiression esl très-juste : Tous les particuliers convinrent qu'ils n'obéiraient plus à personne ; que chacun veillerait uniquement à ses iîitéréts, sans consulter ceux des autres. (XP lettre persane.)

L'Académie donne pour exemple : Il en veut consulter avec ses amis, .autrefois on disait consulter de, en consulter, nu lieu de consulter sur. Bossuet a dit : Il consulta son évcque de la inanière dont les solitaires qui n'ont point de prêtres doivent recevoir les saints mystères. A augelas a dit aussi : Il en faut consulter les maîtres. Aujourd'hui on ne dit plus que consulter sur. — L'Académie dit aussi : Cette affaire a été. consultée aux meilleurs avocats, cette maladie a été consultée auxplus gi-ands médecins. 11 nous semble que ces phrases ne sont pas françaises. On consulte sur une uffciire, sur une maladie; mais il y a quelque chose de barbare à dire qu'une affaire a été consultée à des avocats (m'une maladie a été consultée à des médecins Consulter, en ce sens, signifie, selon l'Académie, conférer ensemble, délibérer. Or, on ne peut pas dire qu'une affaire a été conférée, a été délibérée à quelqu'un. Il faut dire en ce sens a été examinée par les jneilleurs avocats.

Co.vsuMAPiT, CoNsu.vA^iTE. Adj. qui ne se met (ju'après son subsl. : Un feu consumant.

CON

CoNscMÉ, CoTisuMKE. Participe et adj. Bacine a tSl consumé en cendres.

J'attendais que le temple, m cendres consuma.

[Âth., ad. V, se. II, 9.)

Voyez Embrasé.

Consumer. V. a. lic la 1" conj. — On dit se consumer de, et se consumer eji : Potirqnoi me consumerui-je encore de travail et d'inqtiiélude? (Marmoutcl.) Pendant que je me consumais en regrets inutiles. (Fcnclon, Télémaque.) A'oyez Co'^sommer.

Contact. Siilist. m. On prononce les deux consonnes lin.ilcs. VérMiul prétend que l'on prononce contac; il se tromiie. Autre avis est celui de l'Académie.

Contagieux, Contacieise. Adj. Dans le sens propre, il suit toujours le subst. : Une maladie contagieuse, une fièvre contagieuse. Au ligure, on peut le faire précéder, en consultant l'oreille et l'analogie : Cette contagieuse erreur, ce contagieux exemple.

Contemplateur. Suhst. m. Selon rAcadcmic, il fait au féminin contemplatrice. Il est peu usité sous celle forme, et l'Acadcmie n'en donne point d'exemple.

Contemplatif, Contemplative. Adj. Il se met toujours après son subst. : yie contemplative, philosophe contemplatif.

Contemporain , Contemporaine. Adj. Il suit toujours son subst. : Les auteurs contemporains.

Contempteur. Subst. m. On prononce le p II ne se dit point au féminin :

Le contempteur des dieux, l'exemple des tyrans, Mézence le premier conduit les fiers Toscans.

(Delil., Énétd., VII, 903.)

L'Académie dit qu'il est surtout du style soutenu. La Harpe l'a employé dans le style didactique', et il n'y parait pas déplacé : On dirait qu'il y a une sorte de providence qui condamne les contempteurs des grands hommes, non-seulement à heurter le bon sens dans leurs opinions , mais à les décréditer eu.v-vièines, s'il en était besoin , par une ignorance hoîitcuse des premiers éléments de l'art d'écrire. [Cours de litlér.) La Bruyère a dit aussi : Les contempteurs d'Homère, les contempteurs des anciens.

CoNTEMPiiBLE. Adj. dcs dcux gonrcs. On prononce contanptible, en faisant sentir lejo. L'Académie dit qu'il est vieux. \'augelas, qui l'a condanmé dans Malherbe, dit qu'on doit préférer méprisable, (jui est plus beau, plus fran(;ais et plus en usage que contemptible. Je ne vois rien <\\i\ soit plus beau dans méprisable (pie dans contemptible, et s'il fallait prononcer d'après reflet que l'un et l'autre fait à l'oreille, je pense que le dernier aurait la préférence. jNIais Vaugelas n'est plus aujourd'hui une autorité. Il ne s'agit i)as de savoir lequel est le plus beau de ces deux mots, mais s'ils signifient exactement la même chose; s'ils ont été adoptés par les auteurs de nos jours pour marquer des luianccs différentes; cnlin, si le besoin de renonciation exige que, dans certains cas, on préfère l'un ;i l'autre. A^ollaire a employé plusieurs fois le mot contemptible. En parlant d'une thèse de l'abbé de Prades qui, après avoir été adoptée solennellement par la Sorboniie, fut scandaleusement proscrite par la mèineSorbonne, A l'instigation des jésuites et d un evéque ministre,il a dit : Mais s'il estpermis d'attester Dieu

CON

dans une affaire «hmi contemptible, on prend ici Dieu à témoin que, dans toute cette relalinn, on n'avance pas un fait qui ne soit dans la plu.s e-racte vérité. [Tombeau de la Surbonne) Il nous semble que contemptible est ici l'oxpiossioii (•(iiivciiable, et que méprisable ne rendrait pas exactement l'idée de l'auteur. En el'fct, méprisable se dit des |)ersonnes, de leurs sentiiucnls, de leur conduite, de leurs actions, et indique (juelque chose de bas, de lâche, de contraire a l'honneur, à la probité, aux sentiments nobles et généreux qui constituent le caractère de l'homme estimable. L'épilhète Acviéprisable convenait donc parfaitement aux docteurs de Sorhunne (jui proscrivirent cette thèse après l'avoir api)roiiV('C, à ceux (]ui la proscrivirent sans l'avoir lue, pour faire plaisir aux jésuites et au ministre, à ceux qui se battirent a coups de poing dans celte ridicule délibération. Elle convenait parfaitement aux jésuites qui avaient suscité celte odieuse persécution, et au ministre qui s'était rendu l'inslrumcntdc leurs passions. Mais pouvait-on dire que celle affaire était méprisable dans le même sens qu'on le disait des hommes qui s'en occupaient d'une manière si passionnée cl si scandaleuse? Non, sans doute; car on sent (jUi', dans le premier cas, méprisable suppose des seniimcnts, des intentions, des intrigues, des actions dignes de blànie et de mépris, toutes choses qu'on ne saurait dire de l'action considérée en elle-même, et sous le point de vue de sa propre nature. Cependant, celle affaire est aussi digne de mépris. il fallait donc une autre épithèlc qui mar(iuàt, non des intentions, des sentiments, des passions, des actions dignes de mépris, mais une nature de choses qui méritait par elle-même ce sentiment, et contemptible nous semble un mol tout cà fait propre à marijucr cette difrércnce.

Voltaire s'est servi de cette expression en parlant des choses supposées, des faux actes, des légendes et des fables inventées [loiir établir ou maintenir l'esclavage des habitants du mont Jura. Les faussaires étaient des gens inéprisubles. Ces actes, considérés comme inventés par eux dans le dessein de tromper, étaient des impostures méprisables; mais ces actes, considéiés comme des mensonges établis, sur lesquels on voulait fonder le droit de servitude, étaient des mensonges contemptlbles. A'oici le passage : Je ris, avec le sentiment douloureux de la piété indignée d'avoir été trompée par des fables, que toutes les légendes de saint Claude n'étaient qu'un ramas dis plus grossiers mensonges inventés, comme le dit Baillet, au douzième et au treizième siècle. Je ris que des diplômes de l'empereur Charlemagnc, de l'empereur Lothairc, d'un Louis l'Acetigle se disant roi de Provence, de l'empereur Frédéric L"", de l'empereur Charles 11^, de Sigis^ mond, son fils, étaient autant (/'im[)0Sture9 aussi méprisables que la légende dorée.

C'était .pourtant sur ces mensonges si contemptibles aux yeux de tous les savants, et si punissables aux yeux de la justice, qu'autre fins les moines de Saint-Claude avaient fondé leurs richesses, leurs usurpations et l'esclavage du malheureux peuple dont la Providence m'a fait le pasteur. [La Foix du Curé, art. 1)

Ici la différence entre méprisable et contemptible est bien marquée. Ces actes sont des impostures méprisables ; imposture suppose l'inlenlion d'en imposer, de tromper : ces actes sont des mensonges contemptiblcs aux yeux de tous les savants, parce que tous les savants, en e.xa-

CON

minant la nature de ces actes, les ont reconnus faux, par conséquent nullement propres à établir les prétentions des faussaires, par conséquent conlemptibles.

Nous ne prétendons pas inférer de là que l'adjectif con/emp^We si»ii gi-ncralement reçu; mais seulement (ju'un aiileur du premier ordre en a fait usage pour exiiriiner une nuance qu'il ne pouvait pas exprimer p;ir le mot iiu'prisahle ; que par conséquent celle expression est nécessaire, et que c'est peut-être la décision de Yaugelas contre Malherbe qui l'a fait rejeter par des écrivains trop timides ou trop soumis.

D'après les |)rincipes que nous venons de poser, nous pensons que contempiille ne peut se dire que des choses, ou des personnes par rapport aux choses, et qu'il ne faut pas dire, commel'Académic, il s'est rendu contemptible , c'est un homme vil et contemptible. Mais Voltaire a pu dire les contemptible s théologiens, parce qu'il regardait comme contcmpliblcs les matières dont ils s'occupaient.

Contenant, Contenante. Adj. verbal tiré du V. contenir : Partie contenante, partie contenue. 11 suit toujours son subst.

Co.ntend.ant, Contendante. Adj. Ce mot est peu usité, si ce n'est au palais. Partout ailleurs on préfère compétiteur, concurrent, prétendant. L'Académie dit les princes contenda7its ; cette expression ne se trouve guère que dans sjn Dictionnaire.

Contenir. \. a. de la 2° conj. Il se conjugue comme tenir. Voyez ce mot.

Se contenir signille se retenir, s'empêcher de faire paraître quehiue sentiment vif, et particulièrement sa colère; on dit aussi dans ce sens: Contenir sa colère, son indignation, ses transports.

Priam ne confient plus son douloureux transport, (Deul., Ènéid., Il, 720.)

Pourra-t-il contenir l'horreur qu'il a pour moi ? (Rac, Iphig., act. III, se. IH, 24.)

Content, Contente. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un liomme content, v 71e femme contente. Avant un substantif il régit la préposition de : Il est content de son sort, de sa fortune.

Qui vil content de rien possède loute chose.

(BoiL., Épttre V, 58.)

Contentement. Subst. m. Il n'a point de pluriel, et l'Académie a blâmé ce vers de Corneille (Cid, édition de Voltaire, acl. I, se. ii, 2) :

El que (oui se dispose à leur» contentement».

Cependant en 4835 elle admet le pluriel : Ses enfants lui donnent toutes sortes de cojitentements.

L'Académie explique ce mol par joie, plaisir, satisfaction. Aucun de ces mots n'indique conjplijtemcntce que c'est qucleconicnlement. I.econlenlemcul est un sentiment de joie, d'une joie douce, jiroduite par la satisfaction des désirs. Votre mtis faction est d'obtenir ou d'avoir obtenu; votre conte?iiemcnt esl de jouir, et de jouir en paix.

Contenter. V. a. de la i" conj. Se contenter régit la préposition c?e devant les noms et devant les verbes : Se contenter de sa fortvjie, ,«<? contenter d'avoir de quoi vivre. — Contentez-vous de m'avoir trompé.

CON

Contentieusement. Adv. Il se met toujours après le verbe.

Contentieux , Contentiecse. Adj. Il se met après son subst. : Droit contentieux, point contentieux.

Contentioic. Subst. f. Ce substantif a une signilication que n'a pas son adjectif coH/e/i/iewx; c'est lorsqu'il se prend pour grande application d'esprit.

Co^TEND. Subst. m. Comme terme didactique, il s'emploie absolument : Le contenant et le contenu. (,)uand il signifie ce (jue contient un écrit, un discours, il régit la préposition de : Le contenu de sa lettre, le contenu de l'arrêt. Quand on dit je vous dirai le contenu, il y a ellipse; c'est-à-dire le contenu de la lettre, du discours, etc.

Conter. V. a. de la 1" conj. Bacine a dit conter son enfance pour dire conter le sort, les événements de son enfance {Ath., act. V, se. VI, o) :

Nos léTites, du haut de nos sacrés parvis, D'Ochosias au peuple ont annoncé le fils, Onl conté son enfance au glaive dérobée, Et la fille d'Achab dans le piège tombée.

On ne pourrait pas dire cela en prose.

Contestable. Adj. des deux genres qui suit toujours son subst. : Une maxime contestable, une opinion contestable.

Conteste. Subst. f. Procès, contestation. Ce mot n'est pins usité nulle part. Anciennement on disait contest, dont on a fait conteste.

La maison à présent, comme savez de reste. Au bon monsieur Tartufe apparlicnt sans conteste. (Mol., Tartufe, acl. Y, se. iv, 37.)

Contedr. Subst. m. En parlant d'une femme on dit conteuse.

CoNTiGO, CoNTiGLE. Adj. Gu sc proncHce comme dans aigu , en faisant sentir Vu. Gué dans contiguë fait deux syllabes, contigu-ë.

Contiguïté. Subst. f. On prononce contiguî-té en faisant sonner I'm et \'i à part.

Continence. Subst. f. Ce substantif n'a point de pluriel.

Continent, Continente. Adj. 11 ne se met qu'après son subst., et est pou usité.

Continu, Continue. Adj. qui ne se met qu'aprés son subst. : Etendue continue, travailcontinu, fièvre continue II ne faut pas confondre ce mol avec l'adjectif continuel. Ce (jui est continu n'est pas divisé; ce qui est continuel vCcsi pas interrompu. Une chose est continue parla tenue de sa constitution; cWc q?,\. continuelle parla tenue de sa durée. Il peut y avoir de l'interruption dans ce qui est continuel; ce qui est continu n'en souffre point: Un jeu continuel, des pluies continuelles, des querelles continuelles ; une fièvre continue. L'étendue est une quantité: continue.

Continuel, Continuelle. Adj. qui ne se met qu'après son subst. Voyez Cuntinu.

Continuellement. Adv. Il peut se placer entre l'auxiliaire et le parlicipû : // a écrit continuellement, ou il a continuellement écrit.

Continuer. V. a. et n. de la 1'* conj. Ce verbe employé neutralement régit tantôt à, tantôt de devant un infinitif. 11 régit à lorsqu'il est suivi d'un verbe (lui indique une action faite par le sujet avec une intention dirigée vers un but: Il co7itinuait à lui dire des injures; il continuait à le frapper' il co7itinuait à /«»

CON

parler. Mais quand rien n'indi(iue dans la phrase une inlcntion dirigée vers un but, il faul mcllrc de : Il continuait Reparler, il continuent de marcher, la ricicre continue de couler. 11 faut donc dire il continuait à faire la guerre, et non pas il continuait de faire la guerre. — Selcfn Marmonicl, continuer à exprime qu'on fait une chose sans ii)teirui)lion ; continuer de, qu'on la fait avec interruption, en la reprenant de temps en lenips. Voyez Commencer.

CoMiNuiTÉ. Subst. f. L'm et l'i font deux syllabes.

Contractant, Contractante. Adj. verbal lire du \.' contracter. Il ne se dit qu'au féminin et au pluriel avec partie : Les parties contractantes. On ne dit jjas une partie contractante, mais vue des parties contractantes. Il se met toujours après son subst.

Contraction. Subsl. f. En termes de grammaire, ce mot signilic la réduction de deux syllabes en une. C'est ainsi que nous disons le mois d'out au lieu du mois d'aot'it. Du est aussi une contraction pour de le; des pour de les; au pour à le; aux pouv à les. Voyez Adjectifs prépositifs.

CoNTRADicTEDR. Subst. m. Cclui qui contrcdit. Il n'a point de féminin.

Contradiction. Subst. f. L'Académie définit ce mot, action de contredire, opposition aux sentiments et aux discours de quehju'un ; discours par lequel on combat les avis d'un autre. Montesquieu a employé ce mol dans une acception qui n'a aucun rapport à ces définitions: J'ai étudié son caractère, et j'y ai trouvé des contradictions qu'il m'est impassible de résoudre. (37' lettre persane.)

Contradictoire. Adj. des deux genres. Il se met après son subst. : Propositions contradictoires, jugement contradictoire.

Contradictoire.ment. Adv. DduS le langage ordinaire, il se met entre l'auxiliaire et le participe : Ces deux propositions sont conlradictoirenient opposées, et non pas sont opposée:! contradictoirement. Mais en style de palais, jI se met après le verbe. On dit qu'wM arrêt a été rendu contradictoirement, et non pas a été contradictoii-ement rendu.

Contraindre. V. a. de la 4* conj.; il se conjugue comme craindre. Les dictionnaires disent que ce verbe régit à et de; mais ils ne nous disent pas dans quels cas l'une de ces prépositions est préférable à l'autre, ^suppose un but, une tendando^' une action. Il faut donc préférer à toutes les fois que ces idées sont comprises dans la phrase; et de dans tous les autres cas. On ne peut donc pas dire, comme l'Acadoinie, on le contraignit de faire ou à faire telle chose, il faut à faire: On le contraignit à marcher, à s'avancer, à se battre; il s'agit d'une action. Mais on dira un le contraignit de se taire, de céder, de se tenir en repos, de prendre la fuite. Celte différence est assez bien uiarquée dans les deux exemples suivants :

Et combattre des feux contraints de se caclier.

(Rac, Iphig., act. II, se. I, 118.)

Faut-il qu'à t'admirer ta fureur me contraigne.

(YoLT., Zaïre, act. V, se. i, 83.)

C'est donc à tort qu'on a trouvé deux fautes dans ces vers de Boileau (sat. X, 500) :

Elle a pour premier point

CON

Exigu qu'un époux ne la contraindrait point .4 traîner après elle un pompeux équipage, Ni surtout de souffrir.

Tout est bien dans ces vers. On contraint à traîner, parce (jue traîner indique une action; on contraint de souffrir, parce que souffrir n'a qu'un sens passif.

Contraint, Contrainte. Adj. Il suit ordinairement son subsl. : Un air contraint, des viaitières contraintes.

Contrainte. Subst. f. Co mot n'a de plm-ipl qu'en style de jurisprudence . On emploie ta contrainte, et non pas les contraintes. On use de contrainte, cl non pas de contraintes. Cci)ondani Bossuet a dit : Par ses soins, le mariage deviendra si libre, qu'il n'y aura plus à se plaindre de ses contraintes et de ses incommodités. Contraintes O.si pris ici pour diverses sortes de gènes.

Contraire. Adj. des deux genres. Voltaire a dit au singulier un effort contraire, pour signifier t^f^ efforts contraires; et sa pensée est bien rendue.

On saisit, on reprend, par un contraire effort, Ce rempart teint de sang, tliéitre de la mort.

[Ilenr., VI, 255.)

On voit par cet exemple (ju'cn iwésie cet adjectif peut se mettre avant le substantif. 11 peut aussi quelquefois le i)récéder en prose : Ils faisaient de contraires efforts pour, etc.

Contrariant, Contrariante. Adj. verbal tiré du V. contrarier. 11 se dit des jjcrsoniies cl des choses : Il est contrariant, cette nouvelle est bien contrariante. H se met ordinairement après son subsl.

Contravention. Subst. f. Il régit la préposition à : Une contravention aux lois.

Contre. Préposition. Jamais en aucun cas on ne doit en écrivant èlider l'e muet de cette préposition ; Contre eux, contre elles. Cu/ii/e se place ordinairement après le verbe ; Il a parlé contre moi; mais il peut aussi se placer devant, et mcine à la tète de la phrase: Oest contre vous que je veux me battre. Contre un tel ennemi le courage est inutile.

On employait autiefois coîitre adverbialement et sans régime. On disait^e me suis élevé contre, j'ai parlé contre. L'Académie dit ijuil s'emploie quehpiefois adverbialement , et elle donne les excinplcs suivants : Parler pour et contre ; quand on fit cette proposition, tout le monde s' éleva contre. Pour moi, je suis contre. Je n'ai rien à dire contre. Celte préposition ne se prend plus en ce sens que dans le discours familier, et dans la phrace consacrée joor^e/- ;;owr et contre.

L'Académie ne dit pas tenir contre ; cependant c'est une expression très- usitée:

Mes pleurs, belle Eriplulc, Ne tiendront pas longtemps contre les soins d'Achille. ;Rac., Iphig., act. II, se. m, 14.)

En parlant des choses, on emploie quehiuefois contre dans le sens à'auprès, proche : Sa maison est contre Za mienne; mais il n'y a que les gens du peuple qui disent s'asseoir contre quelqu'un; il a passé contre moi.

Contre. Particule inséparable quf se met au commencement de certains mois. T-He conserve le même sens d'opposition qui est propre a la préposition; contredire, contremander, contrevenir, contrefaire, imiter contre la \éiité. Contrefait veul dire quelquefois fait contre les lois ordinaires et les proportions de la nature ; contre-

COiN

tirer une eslampe, c'est la tirer dans un sens opposé cl ciiiiliairc. Mais i^ims contresigner, contre veut sculcineiu dire auprès.

Dans tous les substantifs dans la cump<JSilion desquels entre la préposition contre, et ou elle est sépaiôeparun tiret, le stihsliinlif qui la suit prend seul la niar(pie du pluriel : une cnntrc-ulLc, un contre-amiral, vnc contro-husse, une cuntro-batteric ; des contre-ullces, dos conlrc-umirauJ-', des contre-basses, des contre-batteries, etc.

Co.NTRKDir.E. V. a. et irrégulier de la 4 coiij. 11 se eonjujj'ue comme dire, excepté .i la :^ccollde personne du iiluricl du présent de l'indicatif, où l'on dit vous contredisez, au lieu de vous cunlredites. On dit aussi contredisez -à riui|icratil'.

Du temps de Corneille et de Jlacuic, on employait ce xerbc ncutrak-ment, et l'on disait contredire ù quelqu'un.

En l'étal où jt suis, !es maux dont je soupire H'ôtent U lil>oiie de te rien contredire.

(Corneille.)

Les dieux ont prononcé; loin de leur contredire. C'est à tous à passer du coté de Tempire.

(ilAC, Britan., acl. 11, se. lll, 61.)

Bossuet a dit aussi : Elles ne contredisent point au iéinoignage ejcttrieur des Ecritures.

Aujourd'hui ce verbe s'emploie toujours acliveincnt, et ne prend que le régiinp direct : Contredire quelqu'un , contredire une proposition, se contredire.

Contredisant, Contredisante. Adj. verbal tiré du V. contredire, lise met après son subst. : Un esprit contredisant, une humeur contredisante.

Contrefaire. V. a. et irrégulier de la4''conj. Il se conjugue comme faire, ymjez ce mot.

Contre-pied. Subst. m. Il signifie ce qui est contraire ù, et nc se dit point au pluriel.

COiNTRE-poiL. Subst. m. Il signifie le rebours du poil, le sens contraire à celui dont le poil est couché. 11 ne se dit point au pluriel.

CoMRE-SENs. Subst. m. Nice dans lequel on tombe quand le discours rend une autre pensée que celle qu'on a dans l'esprit, ou que l'auteur qu'on interprète y avait. Ce vice nait toujours d'un défaut de logique, quand on écrit de son propre fondSjOu d'ignorance soil de la matière, soit de la langue, quand on écrit d'après un autre.

Ce défaut est particulier au.\ traduclions; quelque soin que l'on donne à la traduction d'un auteur ancien, il est difficile de n'y faire aucun contre-sens. Les usages, les allusions a des faits particuliers, les différentes acceptions des mots de ia langue, et une infinité d'autres circonstances peuvent y donner lieu.

Il y a une autre espèce de cordée-sens, dont on a moins parlé, et qui est pourtant plus blâmable encore, parce qu'il est, pour ainsi dire, plus incurable: c'est celui que l'on fait en s'écartant du génie cl du caractère de son auteur. La traduction ressemble alors à un portrait qui rendrait grosbièrcmcnl les traits, sans rendre ta physionomie, ou en la rendant autre qu'elle n'est, ce qui est encore pis. Par exemple une traduction de Tacite dont le style nc serait point vif et serré, quoique bien écrite d'ailleurs, serait eu (juclquc manière un contre-sens perpétuel, et ainsi des autres.

Corneille a dit (Cid, 1" édition, acl. III, se. •vi, 35) :

1'iimour n'est qu'un plaisir, et l'honneur un doToir.

CON

La construction de cette phrase met nécessairement de niveau Vamour ci Vhonneur, et jiiéscnte l'un et l'autre connue également méprisables : en un mot elle a le même sens que celle-ci :

L'amour n'est qu'un plaisir, l'banueur n'est qu'un devoir.

Il est certain que ce n'était pas l'intention de Corneille; ainsi ce grand poète a fait un contresens.

Il faut prendre garde de confondre l'amphibologie et le contre-sens. L'amphibologie est dans une phiase qui peut également scrvn-à énoncer plusieurs sens différents, cl que rien de ce qui la constilue nc détermine à l'un iiluiôt (ju'a l'autre; le co«/re-5e/i5 est dans une phrase qui ne peut avoir qu'un sens, mais qui aurait dû être construite de manière ù en avoir un autre.

CoNTREVALLàTioN. Subst. f. Lcs dcux Z sc pfenoncent sans qu'on les mouille.

Co.NTBEVENiR. Y. U. dc la 2"^ conj. Plusieurs grammairiens pensent que, quoique ce verbe soit composé du verbe venir, il prend l'auxiliaire avoir. L'Académie avait mis dans son édition de 1762 des exemples avec l'auxiliaire avoir et l'auxiliaire être : Il prétendait 71' avoir point contrevenu, n'être point contrevenu à In loi. Dans son édition de 171)8 et dans celle de 1835, elle n'a mis que le premier.

Nous pensons que ce verbe ne prend que l'auxiliaire avoir, parce qu'il n'exprime rcellemeot qu'une action.

CoNTBiBUABLE. Subst. m. Bua fait deux syllabes.

Contribuer. V. a. de la 1" conj. fiwer fait deux syllabes: Contribuer à quelque chose, coniributr de ses deniers à la construction d'une église. — Contribuer pour l'entretien des routes.

Contrit, Contrite. Adj. qui se met toujours après son subst. : Un cœur contrit, une âme conr triW

Controversé, Controversée. Adj. qui De se met qu'après son subst. : Un point controcersé, une 7naticre co7iiroversée

CoNTus, Contl'se. Adj. qui ne se met qu'après son subst : Une partie co/ituse, un muscle contus.

Convaincant, Convaincante. Adj. verbal tiré du v. co7ivai7icre. 11 se met toujours après son subst. : U/i <itgu7nent convaincant, une 7-aison convaincante.

Convaincre. V. a. de la 4= conj. Il se conjugue commr) vaincre. On dit convaincre quelqu'un- de quelque chose ; le convaincre par de bonnes raiso7is; se convaincre par l'expéric/ice, par ses propres yeux; se laisser co/ivuiiicre à l'évide/tce.

Convalescent, Convalescente. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Uuc personne convalescente.

Convenable. Adj. des deux genres. 11 se met après son subst. Ce mot s'eiTy,>loic absolument ou est suivi de la préposition à .• Faire un inaiiaf/e C07ivenable , faire une dt'pensc co/ivenable à sa fortune.

Convenablement. Adv. 11 se met avec un régime ou sans régime : // vit co/ivenablcmcnt à sen état, il a répondu covve7iableinent. Dans ces deux cas, il se met aprè.> le verbe.

Convi;nir. V. n. et irrégulier dc la 2' conj. Il se conjuiTUC comme venir. Voyez Irrégulier.

11 piciïd l',iiixili;iirc avoir quand il signifie être convenable : Cela m'aurait assez convenu. Cette

CON

marchandise ne lui a pas co?ire7iu. Tl prend l'auxiliaire éire quand il signifie demeurer d'M:cord. iVûiw sommes co/(re«HS de nos faits.

Conventionnel, Conventionnelle. Adj. Qui suppose une convention. Il se met ai)rès son subst. : f^aleur conventionnelle, bail conventionnel.

Conventuel, Conventuelle. Adj. qui se met après son subst. De couvent, qui concerne le couvent : Assemblée conventuelle, messe conventuelle. J\Jeiise convenivelle.

Conventdellement. Adv. Il se met toujours après le verbe : Ils vivent conventucllement.

Conversation. SnWst. f. L'Académie le définit, entretien familier. Cctlcdofinilion n'est pas cxacle. Le mot lie conversation désigne desdiscoursenlrc gens égaux, ou à peu près égaux, sur tontes les matières que présente le hasard. Il y a cette différence cnlie conversation Q\. entretien, que le premier se dit en général dequelquediscours mutuel que ce puisse cire; au lieu qu'entretien se dit (l'un discours mutuel qui roule sur quehpie objet détermine. Ainsi, on dit qu'wn homme est de bonne conversation, pour dire qu'il parle bien des différents objets sur lesquels on lui donne lieu de parler; on ne dit point qu'il est d'un bon entretie?i. Entretien se dit de supérieur à inférieur; ou ne dit pas d'un sujet qu'il a eu une conversation avec le roi, on dit qu'il a eu un entretien. On se sert aussi du mot d'entretien quand le discours roule sur une matière importante. On dit, par exemple, ces deux princes ont eu ensemble un entretien sur les moyens de faire la paix entre eux. Entretien se dit pour l'ordinaire des conversations imprimées, à moins que le sujet de la conversation ne soit pas sérieux ; on dit les entretiens deCicéron sur la nature des dieux. Dialogue est propre aux conversations dramatiques, et colloqueaux conversations polémiqucset publiques qui ont pour objet des matières de doctrine, comme !e colloque de Poissy. Lorsque plusieurs personnes, surtout au nombre de plus de deux, sont rassemblées et parlent entre elles, on dit qu'elles sont en conversation, et non pas en entretien.

Convier. V a. de la \" conj. Il régit à devant les noms : Convier à un festin, à une assemblée. Devant les verbes il régit à ou de. L'Académie dit convier de faire telle chose, à faire telle chose. Il doit y avoir <iuelt|ne diltVrence entre ces deux phrases, et cette différence doit se trouver dans la nature des deux prépositions : Je convie r/vel- '/u'un à se rendre à une assemblée, à s'y trouver ; je lui indique un but, un lieu où je l'invite à se rendre. La préposition à convient bleu dans ce cas. Mais si l'invitation n'a pour objet (pi'une détermination, qu"un pur acte de la volonté, qui ne suppose pas un but, c'est de qu'il convient d'employer : je ne l'invite pas à venir, à se trouver à un lieu ; je le prie de prendre une détermination. Yoilà pouiquoi je pense que Corneille a très-bien dit(Ci».,act. V, se, m, 37] :

Soyons amis, Ciniia; c'est moi qui t'en convie.

Convoitable, Convoitedx, Convoiteuse. Adjectifs. L'Académie dit qu'ils vieillissent; elle aurait dû dire qu'ils sont vieux et hors d'usage.

Convoyer. V. a. de la 1"^ conj. Il se conjugue comme employer. Ployez ce mot.

CoHVULsiF, CoNVULsivE. Adj. Il se met après son subst. : Mouvement convulsif.

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