COR
subst. : Plaisir corporel, peine corporelle, punition coiporclle.
CoiipoRt;i.LF.MEM. Adv. 11 se met toujours n près le verbe : lia été puni corpnrcllcment, et non pas t7 a été corporellement puni.
Corps. Subst. m. l)cv;mt une consonne on prononce cor; devant une voyelle on prononce cors en faisant sentir le s. On demande comment il faut écrire au pluriel les substantifs composés cnrpsde-hûtiment, corps-de-garde, corps-de-logis. D'après les rèçlcs ijue nous avons données au mot Composé, il n'y a que les substantifs corps (jui puissent prendre ici le pluriel; les autres mois doivent rester comme ils seraient s'il n'y avait point décomposition. Ainsi il faut dire des corpsde-hûtiment , des curp.s-de-gurde , des cojps-delogis.
Correct, Correcte. .4dj. Féraud dit qu'on prononce korek au masculin. 11 nous semble que le t se fait sentir au masculin comme au féminin, lise met toujours ai)rès son subst. : Un style correct, une phrase correcte.
CoRRECTEME.NT. Adv. On pcul Jc mettre entre l'auxiliaire et le participe : Dessiner correctement, (crire correcteî/ient; cela est correctement dessiné, correctement écrit.
Cor.RECTioN. Subst. f. On appelle correction une ligure de rhétorique qui consiste à corriger ou à explicjucr une expression, une pensée qui'est déjà avancée. Celle figure est très-propre à lixer ou a réveiller l'attention des auditeurs ou des lecteurs. \oici un exemple de correction : Non, je ne ptiis plus vivre dans celte incertitude • Que dis-je? Iitlas! Je ne suis que trop certain que 711071 père n'est plus ; je vaii rherckei i>on ombre jusque dans les enfers. (Fénel., Télém., liv. XVlll, t. II, p. 2tj3.)
CORRECTION.NEL , CORRECTIONNELLE. Adj. 11 SC
met après son subst. : .luridiction correctionnelle, tribunal correctionnel.
CoRRÉr.AiiF , Corrélative. Adj. qui suit son subst. Terme de grammaire. Ce terme désigne, de deux choses qui ont rapport entre ellc.^, et qu'on considère par ce rapport, celle qui n'est jias présente à l'esprit, ou dont on ne lait pas premiéreinent ou spécialement mention, soit dans le discours, suit dans un écrit. Parexemijle,si je pense, je parle ou j'écris de l'honmie comme père , l'homme considéré comme fils sera son corrélatif; si je pense, je parle ou j'écris de l'homme comme fils, l'homme considéré comme père sera sou corrélatif. — Corrélatif ^a prend aussi dans un autre sens, comme quand on é\\. vieux et jeune sont des corrélatifs. Alors corréUitifcsl apfilicjué aux deux objets de la corrélation, et l'on assure qu'ils ont entre eux celle espèce de rapport, sans avoir l'un plus présent a l'esprit (jue l'autre.
C0RRESP0>DANT, CORRESPONDANTE. Adj. VCrbal
tiré du V. correspondre. l\ se met toujours après son subst. : Deux idées, deux mots, deux objets correspondants.
CoRRiGKR. V. a. de la 1" conj. Dansée verbe le g doit toujours avoir la prononciation du j, et alin qu'il la conserve dans les temps où il est suivi d'un a ou d'un o, il faut mettre un e muet avant cet a ou cet o: Je corrigeais, corrigeons, et non pas corrigais, corrigons. Se corriger régit la préposition de : Se corriger de ses défauts.
CoRr.iGiRLE. Adj. des deux genres. Il ne se dit que négativement : Cet homme n'est pas corrigible, et ne se met qu'après son subst. On dit plus ordinairement incorrigible : C'est un homme incorrigible.
COU
Corrosif, Cohrosite. Adj. Il se met après son subst. : Humeur corrosive, du sublimé corrosif.
Corroyer. Y. a, de la 1" conj. Dans la conjugaison de ce verbo, on conserve l'y de l'infinitif, excepté devant un e inuel : Je corroie, iu corroies, il corroie ; ils corroient, je corroierai, tu corroieras; il corroiera, etc.
CoTiGNAC. Subst. m. L'Académie dit qu'on ne prononce pas le e final ; je crois ([u'elle se trompe. Je n'ai jamais entendu dire du cotigna. 11 paraît que Féraud, Gallel, Boisic et Catineau pensent comme moi; car aucun d'eux n'a recueilli cette reman|uc de l'Académie. Mais la Grammaire des Grammaires tient pour cotigna. — « Ce mot n'étant pas tré.s-usité, il n'est pas étonnant (jue la prononciation en soit incei-taine; l'usage, i)our ainsi diie, n'existe pas. Si l'analogie devait nous guider, nous serions assez porté à prendre pour lype cognac ; mais il vaut mieux se soumettreà l'Académie.» (Lemaire, Grammaire des Gratn?naires, ]). 3S.)
Cotillon. Subst. in. On mouille les l.
Coton. Subst. m. Ce n'est point figurément, comme le dit l'Académie, que coton se dit du poil follet qui vient aux joues et au menton des jeunes garçons. Ce mot se dit par extension : On voit déjà un léger coton sur ses joues.
Vamcmenl sur (iihc menton La main de l'aimable jeunesse N'a mis encor que son coton, clc.
•Volt , Épttre XLII, 10.)
Côtoyer. V. a. de la 1" conj. Aller côte à côte de quoiqu'un Dans la conjugaison de ce verbe, on conserve l'y de 1 uiliniiif excepté devant un e muet : Je côtoie, tu cùluics, il côtoie, ils côtoient, je côtoierai, je côtoiciais, etc.
Couchant. Adj. verbal tiré du v. coucher. Il ne se dit que dans ces deux phrases où il suit son subst. : Chien couchant, soleil couchant.
r.oDcnE. Subst. f. Dans le style poéticiue, il se dit non-seulement du lit où l'on se met pour dormir, mais aussi du lit sur lequel les anciens se plaçaient pour prendre leurs rejws ;
Alors, environné d'une assemblée immense. De la couche élerée où siège le héros . . .
(Delil., Énéid., II, 2.)
CoicHER. V. a. et pronom, de la i" conj. Quelques personnes disent aller coucher, pour aller se coucher; allons coucher, pour allons nous coucher ; ce sont des expressions vicieuses. — Eegnard a fait cette faute dans le Joueur (act. II, se. IV, 42) :
... et vo coucher sans bruit.
Il faut direct va se coucher. — Racine donne à ce verbe pris neulralement le verbe être pour auxiliaire {Plaideurs, act. I, se. i, 24) :
Il j aérait couché sans manger et sans boire.
Il y serait couché n'est pas français, dit d'Olivet, pour signifier il y aurait passé la nuit Voyez Auxiliaire.
Coucher. Subst. m. Ce mot ne se met poim. au pluriel, excepté en astronomie. Les astrono mes distinguent trois couchers des étoiles : le cosmique, l'achronique et l'héliaque.
Cou-de-pied. Subst. m. QueUjues personnes écrivent coude-pied. C'est une faute. Le pied
cou
n'a point de coude. I.;i partie supérieure du pied de l'homme se nommait autrefois col-de-picd, qu'on i)rononce et qu'on éi-ril aujourd'hui coude-pied. — (( Nous avons probablement tiré cette expression, dit M. Balin, de l'italien collo del piede, non parce que cnllo signilie cou, mais parce (ju'il sluniliait autrefois la partie lapins haute dv la montagne, colline, cime. On trouve à peu prés la même sitrnilication en latin, car colluiH 7no«<w signilie V'. penchant i\G la montagne. Et en cficl, ce que nous api)clons le cou-de-pied est bien la partie la plus élevie, \c penchant du pied. » {Manuel des amateurs de la langue françaisi', \" année, p. 151 et 24.)
Coudre. V. a. et irrég. de la h' conj. Voici comment il se conjugue.
Indicatif. — Présent. Je couds, lu couds, il C9ud ; nous cousons, vous cousez, ils couserrt. — Imparfait. Je cousais, tu cousais, il cousait; nous cousions, vous cousiez, ils cousaient. — Passé simple. Je cousis, tu cousis, il cousit ; nous cousîmes , vous cousîtes , ils cousirent. Quelques-uns disent Je cousus. — Futur. Je coudrai, tu coudras, il coudra; nous coudrons, vous coudrez, ils coudront.
Conditionnel. — Présent. Je coudrais, tu coudrais, il coudrait; nous coudrions, vous coudriez, ils coudraient
Impératif. — Présent. Couds, qu'il couse; cousons, cousez, qu'ils cousent.
Subjonctif. Présent. Que je couse , que lu couses, qu'il couse; que nous cousions, que vous cousiez, qu'ils cousent. — Imparfait. Que je cousisse, que lu cousisses, qu'il cousit; (pic nous cousissions, que vous cousissiez, qu'ils cousissent. Ctndillac dit que je coususse.
Participe. — Présent. Cousant. — Passé.
Cousu, cousi;e.
Il prend l'auxiliaire avoir dans ses temps composés.
CouLAMME.T. Adv. Il sc mct toujours après le verbe : Cela est écrit coulamment .
Coulant, Coclante. Adj. Il se met après son subst. : Ruisseau coulant, style coulant, vers coulant.
Coulant. Subst. m. C'est, selon l'Académie, un diamant ou une pierre précieuse que les femmes i)ortenl pour ornement à leur cou , et qui esl enfilé à un cordon de soie, en sorte qu'on le peut hausser et baisser. On a remarqué, au sujet de cette définition , que le coulant d'un collier en est la parlie au moyen de laquelle on peut le resserrer ou le relâcher à volonté. Il y a des coulants de diamants et daulres pierres précieuses; il y en a d'or, d'argent, de cuivre, etc.
Couler. Y. a. de lai" conj. Voltaire l'a employé dans un sens qui ne se trouve pas dans le Dictionnaire de l'Académie :
Henri Toit ces beaux lieux, et soudain i leur vue Sent couler dans son àine une joie inconnue.
(flenr., VII, 232.)
Couleur. Subst. f. On dit un beau couleur de feu ; le couleur de rose, d'or, d'eau, de chair, de citron, etc. C'est ainsi qu'il faul parler el écrire, et c'est ainsi qu'on parle en effet depuis plus d'un siècle.
Ceux qui disent, conformément à l'usage , le couleur de feu, un heau couleur d'or, etc., cl qui en donnent pour raison que le mot couleur esl pris alors au masculin , sc trompent dans cette prétondue exception, aussi bien que ceux
co:
qui veulent qu'il y ait ici quelque substantif masculin sous-cntcndu, tel que ruhun, habit, etc., comme si l'on disait un ruban coulrur de feu', un habit couleur de rose ; car si l'un v veut faire attention, on verra que le mol couleur est toujours féminin par lui-même; mais couleur de feu, couleur de rose, sont des expressions absolues i|ui ne dmi qu'un seul mol, connue muge, jaune, vert, et tous les autres noms abstraits de couleur', qui sont toujours masculins.
Sur quoi il faut remaripier :
1 Que tous ces mots composés expriment des teintes do couleurs primitives absolues, el que ces teintes ou ces nuances n'ayant point de mot propre, sont exprimées d'ajn'os les corps colorés qui en font le sujet, par l'addition du mol couleur, couleur de rose, couleur d'or, etc.; ou plus brièvement, connnc orangé, violet, gris-delin, feuille-morte, d'après la couleur des oranges, dos violettes, de la Heur du lin, des feuilles mortes. Or, ceux-ci étant visiblement masculins, même lorsque le sujet de comparaison est féminin , comme dans feuille-morte , ni plus , ni moins que dans gris-de-lin, selon l'analogie générale des noms absolus de couleur, la même analogie demande que les composés, couleur de rose, couleur de chair , etc., Soient aussi masculins.
2" On dit le rouge, le vert, le bleu ; et un rouge brun, un rouge tirant sur le jaune, un vert d'olive, el par la même raison un couleur d'or, un couleur de rose; elle mol de couleur n'est pas plus masculin dans ces derniers que celui de feuille dans feuille-morte. Quoiqu'on dise un beau feuille morte, c'est le mol composé pris en eiilierqui esl masculin, el non sa partie composante, couleur ou feuille.
3" Lorsque le mot générique de couleur est suivi, en tant que tel, d'un autre qui désigne l'espèce, il demeure substantif féminin; el cet au Ire devient son adjeclif,comme lu couleur verte, blanche, noire, etc. C'est donc mal parler de dire, la couleur de cerise, la couleur de feu, de rose, etc., par la raison (jue le mol sul)Slanlif couleur régit alors l'article. Il faudrait dire la couleur des cerises, ou do la cerise, la couleur du feu, celle de la rose, etc., comme on le dit en effet dans bien des occasions.
4" On voit par là combien la remarque de ceux qui ne voudraient ap|)liqucr l'expression dont il s'agit qu'aux habits el aux rubans, au qui pensent que ces mois y sont toujours sous-cnlendus, esl fui ile el mal fondée. « Les marchands merciers de Paris, dit Richelol dans la première édition de son dictionnaire, imprimée à Genève en 168D, font souvent le mot de couleur masculin, enparlunt de leurs rubans. Ils disent, nous avons du beau couleur de fou, voulez-vous du couleur de feu? Les habiles gens que j'ai consultés lù-dessus co?idamne7it ces façons déparier. Ils croient qu'il faut dire et écri'^e, nous avons du beau ruban couleur de feu , voulez-vous du ruban couleur de feu? j'en ai du forl beau. » D'où je conclus sculemenl ou q\ie l'usage a changé et s'est déclaré en faveur des marchands, ou que Richelel el les habiles gens (ju'il avait consultés se trompaient, el ne i)ensaieiil |ias bien en celle occasion à l'analogie du langage. Ce serait, si je ne me trompe, un scrupule vain cl puéril de ne vouloir employer les mots de couleur de feu, couleur de rose, au mnsciilin, qu'on parlant d'habits ou de rubans, el de faiie «lifllculté dédire, par exemple : Le couleur de feu dominait dans
COU
Vaterore boréale qui parut hier au .mir. Le cnuleuT de rose, le cavleur de chai' et le couleur d'eau sont du nmnbre des coulrnrs que les peintres appellent légères, pour les distinrfver de celles qu'ils nomment pesantes, teivestres. (Article (Je M. de Mairon, approuve par rAcadcmie française.)
Cocp.Subst. m. Le p ne se prononce que dcvnnt une voyelle. Coup se dit des actions humaines.
Cel ouvrage, madame, est un eoup d'Agrippine.
(Ric, Bn<an., acU A', se. i, 51.)
Noa, non, Brilannicus esUmorl empoisonné ; Narcisàe a fail le coup, vous l'avez ordonné.
\Idcm, acl. T, se. Tl, 10.)
Voltaire a critiqué les vers suivants de Cor- DeiUe et de Racine :
Sladaine, encore un coup, cet homme est-il à tous f (CoBN., A'icom., act. I, se. il, 84.)
.Madame, encore un coup, qu'en peut-il arriver?
^Rac, Bérén., act. III, se. m, 55.)
Encore un coup, allons, il n'y faut plus penser.
[Idem, act. II, se. Il, 212..
Encore un coup est une façon de parler trop familière el presque basse, dont Bacine faisait trop souvent usage. [Hemarques sur la Bérénice de Bacine.)
Il a dit aussi dans ses Remarques sur le Cid (act. ÏI, se. Il, ■13), que coup d'essai, coup de maître,SOtd des termes fainilicis qu'on ne doit jamais employer dans le tragique.
On dit adverbialement, coiip sur coup, tout d'un coup, tout à coup. Ces trois expressions ne signifient pas la même chose. Coup sur coup se dit de ce qui se fait successivement, mais sans interruption : Ils sont arrivés coup sur coup; tout d'un coup, de ce qui se fait en même temps : Ils ont résolu de partir tout d'un coup; tout à coup, de ce qui se fait soudainement et comme à l'improvisle .• Ils ont disparu tout à coup.
CoDPABLE. Adj. des deu.v genres. L'Académie ne le dit que des personnes; cependant, au figuré, il se dit aussi des choses : Sa main coupable, sa tête coupable.
La justice, fuyant nos coupables climats. Sons le chaume innocent porta ses derniers pas.
iDelil., Géorg., II, 569.)
Coupable se dit quelquefois absolument : // est omipahle; et quelquefois il régit la préposition de :Il est coupa Lie de ce crime.
Cet adj., au ligure, jieut se mettre avant son subsl., même en prose: Celte coupable démarche.
J'en ai trop froloiigé la coupahU durée.
(Hac, Phid., act. I, se. m, 65.)
CoDPE. Subsl. f. On voit dans plusieurs épitres de Marot, dit La Harpe, que l'oreille lui avait appris que l'enjambement, qui est par lui-même vicieux dans l'hexamclre, à moins qu'il n'ait une intention marquée et un effet particulier, nonseulement sied très bien aux vers de cinq pieds, mais même produit une beauté rhyihmiipie, en arrêtant le sens, ou suspendant la phrase à l'hémistiche :
B'ef, le vilain ne s'en voulal aller t'oorii petit
COU
Pinaleinent de ma chambre il s'en va
Droit à l'élable
(Ép«rf I, 24, 51.)
Cette coupe est très-gracieuse dans celte espèce de vere, [lourvu qu'on ne la prodigue pas trop; car on ne savuait trop redire à ceux qui sont toujours prêts à abuser de tout, que l'e.^cès des meilleures choses est vin mal, et tjue l'emploi fréquent des mêmes beautés devient al'feclalion et monotonie. Voyez le comniencemcnt de l'épîtrede Voltaire sur b calomnie [Epître XXXV) :
Ecoulez-moi, respectable Emilie :
Vous êtes belle : ainsi doncla maillé Du genre humain sera vulrt ennemie ; A'ous possédez un sublime génie:
On vous craindra ; votre simple amitié Est confiante, et vous serez trahie.
Ces vers sont parfaitement coupes; mais si tous les vers de la pièce étaient de même, cela serait insupportable. (La Harpe, Cours de Littérature, 2'' part., liv. 1, chap. i, t. IV, p. 75.)
On appelle coupe des phrases ou cotipe du style la manière de composer le discours do phrases plus ou moins longues, suivant la nature des idées. Voici ce que dit Condillac sur cette partie du style.
La liaison des idées, si on sait la consulter, doit naturellement varier la coupe des phrases c' les renfermer chacune dans de justes proportions. Les unes seront simples, les autres composées, et plusieurs formées de deux membres, de trois ou davantage. La raison en est que toutes les parties dun discours ne sauraient être susceptibles d'un même noml)re d'accessoires. Tantôt les idées, pour se lier, veulent élre conslruitcs ensemble; d'autres fois elles ne veulent que se suivre; il suffit de savoir faire ce discernement. Le vrai moyen d'écrire d'une manière obscure, c'est de ne "faire qu'une i)hrascoù il en faut plusieurs, ou d'en faire jjlusieurs où il n'en faut qu'une. Si deux idées doivent se modifier, il faut les réunir; si elles ne doivent pas se modifier, il faut les séparer.
Ce même Dieu gui a fait l'cnchaîneiuent de Vunivers, et qui, tout-puissant par lui-même, a voulu, pour établir l'ordre, que les parties d'un si grand tout dépendissent les unes des autres ; ce même Dieu a voulu aussi que le cours des choses humaines eut sa suite et ses proportions : je veux dire que les hommes et les nations ont eu des qualités proportionnées ù l'élévation à laquelle ils étaient destinés ; et qu'à la réserve de certains coups extraordinaires où Dieu voulait que sa main parût toute seule, il n'est point arrivé de grand changement qui n'ait eu ses causes dans les siècles précédents. (Bussuet, Disc, sur l'hist. univers., Z" part., ch. ii,p. 41J.)
On voit que tout le premier membre de la période de Bossuet est destiné à modifier l'idée de Dieu ; cl cela doit élre, parce que c'est comme ordonnateur de l'univers que Dieu a marqué aux choses humaines leur suite et leurs proportions. L'uni(iue objet de Bossuet est d'expliquer comment il n'arrive rien qui n'ait ses causes dans les siècles précédents. Ln rassemblant dans une période toutes les idées ([ui concourent au développement de sa pensée, il forme un tout dont les parties se lient sans se confondre.
Bossuet connaissait parfaitement la coupe du style. QueUiuefois il va rapidement par une suite de phrases très courtes; d'autres fois ses périodes
cou
sont d'une grande paçe, et elles ne sont pas trop Ioniques, pince <|ue ions les niembres en sont dislincls cl sans emharns; soit (lu'il en accumule les idéi's, suit qu'il les sf|)arc, il a toujours le style de la ciiose. Il va me lournii- un exemple d'une autre espèce.
Les Egyptiens sont les premiers où Von ait su les règles du gotircnicinent. Cette nation grave et sérieuse connut d'abord la vraie fin de ta politique, qui est de rendre lu vie commode et les peuples heureux. La température toujours uniforme du pays y fuisoKt les esprits solides et constants. Comme la rcrtii est le fondement de toute société, ils l'ont soigneusement cultivte. Leur principale vertu a été la recon?iaissunce ; et la glaire qu'on leur a donnée d'être les plus reconnaissants do tous les hommes, fait voir
futls étaient les plus sucialles. [Discours sur Hist. univers., o'' i)arl., cliap. m, p. 416.)
Ce passjise est furuié de plusieurs assertions qui veulent" chacune être énoncées séparcuieut; et ce serait leur l'aire violence que de les réunir dans une seule période, la règle générale pour les périodes, c'est que plusieurs idées ne sauraient se réunir en une idée principale pour former un tout dans une proportion exacte, qu'elles ne produisent naturellement des membres distingués par des repos marqués.
Je ne m'arrêterai point à distinguer les périodes suivant le nouilirc de leurs membres. La régie est la même pour toutes : les parties en seront toujours dans de justes proportions, si le principe de la liaison des idées est bien observé.
Mais il y a lies écrivains qui, alïectant le style périodique, confondent les longues phrases avec les périodes. Leurs phrases sont d'unclongueur insupportable; on croit qu'elles vont (inir, et elles recominenccMl sans permettre le plus léger repos : il n'y a ni unité ni proportion, et il faut une apjilication bien soutenue pour n'en rien laisser échapper. Polisson , tout estimé qu'il est, va m'en fournir un exemple; il en est plein.
Les blessures étalent plus mortelles pour les Maures; car ils se contentaient de les laver dans Veau de la 711er, et disaient, par une inanicre de proverbe ou de centon de leur pays, que Dieu, qui les leur avait données, les leur ùterait. Cela toutefois moins par le mépris que par l'ignorance des remèdes; car ils estimaient au dernier point un renégat, leur unique chirurgien, (i qui, par une politique bizarre, à chaque blessé de conséquence qui mourait entre ses mains, ils donnnienl un certain nombre decoups de bâton, pour le chéitier plus ou moins, suivant l'imjry.r tance du mort, puis autant de pièces de kuit réaies pour le consoler, et l'exhorter à mieux faire à l'avenir.
Ce n'est pas là une période que fait Pclisson; ce sont plusieurs phrases qu'il ajoute les unes aux autres, et qu'il lie mal. Voila où l'on tombe lorsqu'on veut lier ensemble des phrases qui ne se lient pas naturellement. 11 serait mieux de les séparer par des repos.
11 y a des écrivains qui s'occupent à entremêler les phrases longues et les phrases courtes ; mais l'esprit qui s'arrête à ce petit mécanisme n'esl pas capable de se porter sur le fond des choses. Si l'on considère ([ue les pensées qui forment le tissu du dise* urs n'ont lias chacune le même nombre d'accessoires, on jugera que les phrases seront naturellement inégales, toutes les
COU
fois qu'on les aura rendues avec les accessoires qui leur sont propres.
CocpÉ, Coupée. Adj. et iiarlicipe. On appelle style coupé un Style dont les [ibrases sont courtes el peu liées. 11 est opjiosé au style périodiijue. Chaque pensée a son étendue, ciiaque image son caractère, chaque mouvement de l'àme son degré de force el de rapidité. ïanlôl la pensée demande le développement de la période ; tantôt les traits de lumière dont l'esprit est frajjpe sont comme autant d'éclairs qui se succèdent ral)idemenl : le style cou[)é est propre à les peindre. Ce style convient encore mieux aux mouvements impétueux de l'àme; c'est le langage du pathétique véhément et |)assionné ; el, quoiijue le style périodique ait plus d'impulsion à raison de sa masse, le style coupé ne laisse pas d'avoir quelquefois autant et plus de vitesse. Voyez Coupe, Style.
CocPE-GORGE. On dit au pluriel des coupegorge. Dans cette expression, il y a ellipse; c'est connue si l'on disait des lieux où l'on coupc la gorge. La pluralité ne tombe donc pas sur gorge, mais sur lieux. Quant au mol coupe, c'est un verbe qui ne peut prendre la marque du pluriel particulière au nom.
Coupe-jarret. Subst. m. L'Académie écrit au pluriel des coupe-jarrets. La pluralité doit tomber ici sur le mot sous-entcndu hommes, des hommes qui coupent les jarrets; et l'on devrait écrire au singulier un coupe-jarrets. Mais puisque l'usage veut que l'on écrive au singulier un coupe-jarret, il faut écrire au pluriel des coupejarret, car il s'agit ici de plusieurs hommes, et non pas de plusieurs jarrets. Voyez Composé.
Couple. Subst. Il est masculin lorsiiu'il se dit de deux personnes unies ensemble par amour ou par mariage, ou seulement envisagées comme pouvant former cette union : Un couple d'amants, un couple d'époux, f^oilù un beau couple. — L'Académie admet encore le masculin pour désigner deux êtres animés unis par la volonté, par un sentiment, ou par toute autre cause qui les rend propres à agir de concert : Un couple d'amis, un couple de fripons, un beau couple de chiens. — 11 est aussi masculin lorsipi'on l'applique à des animaux que l'on a accouplés : un couple de pigeons. Couvle est féminin quand il est employé pour signifier deux choses (luelconqucs d'une même espèce, qui ne vont pas ensemble nécessairement, el qui ne sont unies qu'accidentellement. On s'en sert môme en ce sens en parlant des animaux, lorsqu'on ne les envisage que par le nombre: une couple de bœufs; une couple de bottes de confitures. (Juand deux choses vont nécessairement ensemble, on dit une paire; une paire de gants. Delille ne s'est point asservi à cette règle dans les vers suivants (Enéide, V, 551) :
11 dit, et de ses mains fait toml)er sur le sable De castes menaçants un coupla épouvantable.
11 aurait dû dire une paire; mais une paire n'entre point dans le style noble. 11 y aurait trop de sévérité à trouver cette expression mauvaise en poésie.
* CouPLETEUR, *CoupLETiEK. Substautifs mascr.lins. On disait il y a quelque Icmps coupleteur au lieu de chansonnier. On dit aujourd'hui c«»plcticr, dans un sens de dénigrement, qui signifie les auteurs qui l'ont les couplets des vaudevilles.
COU
ou qui ne sont connus que par des chansons médiocres ou mauvaises.
CouPLÉTER. V. a. de la d" conj. L'Academic dit que ce verbe signifie faire une chanson, faire des couplets contre quelqu'un. On dit chanson jier.
CoDR. Subst. f. Faire la cour.
Je le sais, ma princesse, el qu'il vous /ai'< la cour. (Corn., fl'icom., acl. 1, se. i, 18.)
Faire la cour, dans celte acception, est banni du style tragique. (Voltaire, Remarques sur Corneille.) .
CoL'RAGK. Subst. m. On dit sans article donner courage; perdre, prendre, reprendre courage.
Ton courage était bon, ton devoir l'a trahi.
(Corn., Pol., acl. I, se. iv, 68.)
On dit bien dans le style familier, tu as bon courage, mais non pas, ton courage est bon. (Voltaire, Meviarques sur Corneille.)
Courage, dans le sens d'homme courageux, prend un pluriel : Les grands courages ne se laissent point abattre par Vadtersité. (Acad.)
Corneille a dit [Cin., act. I, se. m, 65) :
Vous dirai-je les noms de ces grands personnages, Dont j'ai dépeint les morts pour aigrir les courages ?
Dans le temps de Corneille, dit Voltaire, on disait les courages pour les esprits; on peut même encore se servir du mot courages en ce sens.
Coc RAGEUSEMENT. Adv. On pcut Ic mettre entre l'auxiliaire et le pnrliL'ipc : // s'est défendu courageusement,ou il s'est courageusement défendu.
CoDRAGEUx, Courageuse. Adj. On peut quelquefois le mettre avant son subst., môme en prose : Une courageuse ardeur, un courageux dévouement.
Couramment. Adv. Il se met toujours après le verbe. On dit cela est écrit couramment, et non pas cela est couramment écrit.
Courant, ante. Adj. verbal tiré du v. courir. Il se met toujours après son subst. : Un ruisseau courant; l'intérêt courant.
Courber. V. a. de la 1" conj. Se courber devant quelqu'un signifie lui donner des marques de soumission, de respect :
L'insolent devant moi ne se courba jamais.
(Rac, Eath., act. III, se. i, 52.)
CooRiB. V. n. et irrégulier de la 2° conj.
Indicatif. — Présent. Je cours, tu cours, il court; nous courons, vous courez, ils courent.— Imparfait. Je courais, lu courais, il courait; nous courions, vous couriez, ils couraient. — Passé simple. .Te courus, tu courus, il courut; nous courûmes, vous courûtes, ils coururent. — Futur. Je courrai, tu courras, il courra; nous courrons, vous courrez, ils courront.
Conditionnel.— Prcie/i^ Je courrais, tu courrais, il courrait; nous courrions, vous courriez, ils courraient.
Impératif. — Présent. Cours, qu'il coure; courons, courez, qu'ils courent.
Subjonctif. — Présent. Que je coure, que tu coures, qu'il coure; que nous courions, que vous couriez, qu'ils courent. — Imparfait. Que je courusse, que tu courusses, qu'il courût; que
COU
nous courussions, que vous courussiez, qu'ils courussent.
Participe. — Présent. Courant. — Passé. Couru, courue.
Courir, exprimant ime action, prend l'auxiliaire avoir. Il ne prend l'auxiliaire ét7-e que dans un sens passif, lors(iu'il sienilie être suivi, être recherché : Ce prédicateur est fort couru.
On pourrait croire (pie le verbe cmirir prend pour auxiliaires le verbe avoir et le verbe <?/re, quand on lit ces vers de Racine {Bérén., act. II, se. 1,2):
J'ai couru chei la reine; Dans son appartement ce prince avait paru. Il en était sorti lorsque j'y «uis couru.
D'Olivet a repris avec raison/e suis couru II n'y a pas ici, comme dans le vcrhc partir et plusieurs autres, deux idées distinctes, une action et un étal; c'est uniquement une action; il faut toujours l'auxiliaire avoir.
Dans le sens actif, ce verbe s'emploie pour parcourir : J'ai couru toxite la ville pour vous trouver, je cours tout le sérail. (Montes(}uieu, T lettre persane.)
Couronne. Subst. f.
Remetlez en ses mains, trine, sceptre, couronnp. (Corn., Pompé';, act. II, se. IV, 57.)
Ce ne sont pas trois choses différentes; c'est la même idée sous trois diverses figures. (Voltaire, Remarques sur Corneille .)
CounoNNÉ, Couronnée. Adj. qui ne se met qu'après son subst., et qui régit souvent la préposition de : Un prince couronné. Couronné die lauriers, couronné de roses.
Couronner. V. a. de la 1" conj. Racine a dit:
Il va sur tant d'Etats couronner Bérénice.
[Bérén., act. I, se. IV, 39.}
Couronner quelqu'uji sur des États n'est supportable ni en vers, ni en prose.
Courrier. Subst. m. L'Académie dit qu'on l'emploie en parlant de celui (]ui court la poste pour porter des dépêches. Féraud observe qu'elle aurait dû ajouter à cheval, car chaque homme qui court la poste en chaise n'est pas un courrier. — Il y a des courriers achevai et en chaise : Le courrier de la malle.
Courroucer. V. a. delà 4" conj. L'Académie dit de la mer qu'cWe se courrouce, qu'elle est courroucée. Delille a dit courroucer les eaux pour courroucer la mer :
Lorsqu'un astre funeste, Déohainant la tempête et courrouçant les eaux, Parmi d'affreux rochers a jeté nos vaisseaui.
(Énéid., I, 742.)
Courroux. Subst. m. Autrefois on employait ce mot au pluriel, et les poètes s'en trouvaient bien. Aujourd'hui il ne s'emploie plus qu'au singulier :
Poursuivez, s'il se peut, un courroux légitime.
(lUc, Baj., act. V, se. iv, 90.)
On dit suivre le courroux, et poursuivre la venfjcance. La raison en est simple. Suivre le cour- 'roux, c'est se laisser mener par \\\\; poursuivre la vengeance, c'est courir après pour la trouver. Telle est la différence de ces deux termes, au fi-
cou
guré comme au propre. (La Harpe, Cours de littérature.)
L'Académie explique ce mol par colère. Mais il y a de la diffcieiicc entre l'un cl l'aulre. La colère esl une passion inlcrieure cl plus durable, qui se cache queiciuefois; le courroux suppose quelque chose qui lient de la supériorité, et qui respire hautement la vengeance ou la punition. Le cœur est réellement piqué dans la colère; souvent le courroux n'a d'autre motif que la vanité.
Cocns. Subst. m. Bacîne l'a employé (igurément {Iphig., acl. I, se. I, 69) :
Ulysse, en apparence, approuvant mes discours, De ce premier torrent laissa passer le cours.
Court, Cocrte. Adj. On peut le mettre avant son subst. lorsque l'harmonie et l'analogie le permettent. On ne dit pas court habit, courts cheveux, court cou ; mais on dit courte queue, courte réprimande, courte prière; etc. Voyez Adjectif.
Cet adjectif se prend souvent adverbialement : Cette femme demeura court, couper les cheveux court.
CouRT-BODiLLON. Subst. m. On mouille les l. Comme il signifie une manière d'apprêter le poisson, il ne peut avoir de pluriel. On AMune caipe au court-bouillon, et des carpes au courtbouillon ; comme ou dit un poulet ù la broche, et des poulets à la broche.
CoDRTE-BOTTE. Subsl. lu. 11 uc s'agit point ici de bottes, mais de certains hommes très-petits, qu'on désigne par le nom de courte-botte. La pluralité ne doit donc pas tomber sur ioiie,mais sur homme, qui est sous-cntcndu: Des courte-botte.
CouRTE-poiMTE. Subst. f. Ou devrait dire contre-pointe, comme on dit contre-pointer ; et on le disait autrcfoi!^. Il signifie proprement une sorte de couverture où les pointes ou points sont piqués les uns co7i/re les autres. Quand on écrivait contre-pointe au singulier, on écrivait contrepointes au pluriel. .Mais l'usage ayant changé la préposition contre en un adjectif courte, cet adjectif doit prendre comme son substantif la marque du pluriel, et l'on doit écrire des courtespointes.
Coûtant. Adj. verbal tiré du verbe coûter. Il n'a point de féminin : Le prix coûtant.
Couteau. Subst. m. Féraud dit que ce mot ne peut être employé dans le style noble, et blâme la phrase suivante de Bossuet : Ainsi deux mauvaises sectes seront percées du même coup, et à travers du socinien, le calviniste portera le couteau jusque dans so?i propre sein.
Féraud veut que dans le style noble on dise glaive. Mais glaive ne signifie pas la même chose que couteau. On dira bien le glaive de la justice, mais on ne dira pas le glaive d'un assassin. Les exemples suivants , et une foule d'autres qvie nous pourrions citer, prouvent que l'on emploie fréquemment le mot couteau dans le style noble :
C'est peu que de Toulo«r, sous an couteau mortel. Me montrer votre cœur fumant sur un autel ; D'un appareil d'iiynien couvrant ce sacrifice, Il veut que ce soit moi qui vous mène au supplice ; Que ma crédule main conduise le couteau.
{Rac, Iphig., act. III, se. TI, 27.)
De festons odieux ma fille couronnée, Tend la gorge aux couteaux par son père apprêtés. (Ric, Iphig., acl, V, se. IT, 28. j
COU 181
El sur l'autel proctiain
Prend le sacré eout«au, le plonge dans son sein.
(Rac, Iphig., acl. V, se. vi, 56.)
Du perfide cou(«au comme eux il fut frappé.
(Rac, Ath., act. lY, se. m, 10.)
Qu'il règne donc ce fils, ton soin et ton ouvrage I Et que, pour signaler son empire nouveau. On lui fasse en mon soin enfoncer le couteau.
(Rac, Ath., acl. V, se. vi, 56.)
Il tient encor ce couteau parricide
Dont le conseil des seize arma sa main perfide.
(Volt., Henr., Vit, 168.)
El la trêve pour toi n'est qu'un moyen nouveau Pour Tenir dans nos mains enfoncer le couteau.
(Volt., Jfahom., acl. II, se. T, 11.)
C'était peu que les tiens, altérés de Ion sang, Eassenl ose porter la couteau dans ton flanc.
(CbÉbillok, Electre, act. I, se. I, 19.)
La prêtresse d'abord, sous les couteaux sanglantj. De quatre taureaux noirs a déchiré les flancs.
(Dblil., Énéid., YI, 315.)
El le sacre couteau Immole à Jupiter un superbe taureau.
[Idem, III, 50.)
Coutelas. Subst. m. Corneille s'est servi de ce mot dans Pompée (act. II, se. ii, 5S), et l'on dit à ce sujet qu'il ne peut être employé aujourd'hui en poésie que dans le style burlesque.
Cependant Voltaire l'a souvent employé dans la Henriade :
Au mousquet réuni, le sanglant coutelat Déjà de tous côtés porte ut: double trépas.