‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 11 sur 453 · AGA · texte numérisé non relu

AGA

Desfonlaincs a i)rL'ternlii, au conlratrc, quo l'un > est plus expressif (pic l'aulre, et (juc les affronts présentent une idée plus étendue. — On dit Vaffront d'être refusé, (lit Féraud ; mais l'affront d'un refus n'est guère bon. Ce (]ui n'est guère bon, c'est la critiiiuc de Féraud. On dit la houle d'une viauvaise acticn (l'Académie); pourquoi ne diiait-on p;is Vaf/ront d'un refus, ou les affronts d'un refus? Les affronts n'est pas dit ici par rapport à l'injure reçue, mais i)ar rapiwrl aux effets que pourrait produire cette injure sur les personnes qui en seraient témoins, ou qui en auraient connaissance de quelque autre manière.

Affronter. \. a. delà i'^conj. L'Académie le définit, attaquer avec hardiesse, avec intrépidité. On peut attaquer avec hardiesse et intrépidité, sans affronter. Affronter signifie, s'avancer avec audace et intrépidité en face d'un ennemi, de manière à témoigner qu'on no le redoute point, et qu'on se croit aussi fort que lui. Au figuré, c'est s'e.xposcr sans crainte à un danger : Affronter la mort. Affronter, dans le sens de tromper, est du style familier.

AFFcoNTEun. Subst. m. Trompeur. On dit au féminin affronteusc. Il est familier.

Affcblemem. Subst. m. Ce mot signifiait autrefois, habit, vêlement, voile de religieuse. Il ne se dit plus aujouril'hui que dans un sens de dénigrement, pour signifier un habillement e>rtraordinaire, peu convenable ou sans goût. 11 est familier.

Affubler. V. a. delà l" conj. C'est couvrir de quelque habillement ridicule, extraordinaire. Je pense que Voltaire a fait un faux emploi de ce mot dans l'Enfant prodigue, en disant :

Il me prend une envie :

C'est à' affubler sa face de palais A poing fermé de deux larges soufflets.

(Act. III, se. VI, 54.)

Je ne comprends pas trop non plus comment on peut donner deux larges soufflets à poing fermé.

kriTi. Conjonction qui désigne le motif, lacause ou la raison pouniuoi on fait une chose. Elle régit la préposition de avec l'infiniiif. ou que avec le subjonctif : J'étudie afin de la'instruire, ou afin (\\\c je n'instruise. Il y a quelque ressemblance entre afin et jBowr; niais pour marque une vue plus prochaine, et afn une vue plus éloignée. On se présente devant le prince pour lui faire sa cour; on lui fait sa cour afin d'en obtenir des grâces. Il semble (pic le premier de ces mots convient mieux lorsque la chose qu'on fait en vue de l'autre en est une cause infaillible; et que le second est plus à sa place lorsque la chose qu'on a en vue en faisant r<autre en est une suite moins nécessaire. On tire le canon sur une place assiégée /joi/r y faire une brèche, et afin de pouvoir la prendre d'assaut , ou de l'obliger de se rendre.

Pour regarde plus particulièrement un effet qui doit être produit; afin regarde proprement un but où l'en veut [)arvenir.

Après un impératif, on met que pour afin que: f^cnez, que je vous parle.

Agaçant, Agaçintk. Adj. verbal tiré du v. agacer. Il suit ordinairement son subst. : Des regards agaçants, une mine agaçante.

Agacer. V. a de la !"■ conj. L'Académie le définit au figuré, chercher à plaire par des regards, par des manières attrayantes. 11 signifie, en ce

Page 1