DÉN
/M/tVpns ce (|ii'on démolit, les matériaux restent; l'idée prupie de démolir n'est JKIS à'ahatlie pièce ù pièce, mais de rompre la liaison d'une ni;i>se eoiisiruite.
Dkmon. Subst. m. Voltaire a dit dans la Ilenriade (1, 93) le démon du curiiuge :
Dans nos champs dosolos le démon du carnage Oi'ji jusqu'aux deux meri avait porté aa rage.
Dans VEnfunt pi-odique (act. II, se. i, 33), il
se prend ihiiis le sens de génie :
En vérité, les filles, comme on dit.
Ont un démon qui leur forme l'esprit.
Démoniaqde. Adj. des deux genres qui suit toujours son subst. : Un homme démoniaque, une femme démoniaque.
♦JDémonisme, Démomste. Substantifs masculins. On a fait signilier au mot di'monisme l'adoration, le culte des dénions; et à démonisle, celui qui adore les dénions ou un démon : L'alhéisme exclut toute relif/ion. Le démonisle peut avoir un culte. (Diderot.)
DÉMONSTRATEUR. Subst. m. Il nc se dit point d'une femme. Mais s'il s'en trouvait une qui fit des démonstrations de botanique, je ne vois pas pourquoi on ne dirait pas d'elle que c'est une démonstratrice. Il est vrai que l'expression est un peu dure; mais il vaut mieux avoir une expression dure pour rendre une idée que de n'en pas avoir du tout.
Démonstratif, Démonstrative. Adj. Il se met toujours après son subst. : Arqument démonstratif, preuve démonstrative.
Plusieurs grammairiens appellent /jrowom* démonstratifs ce que, à l'exemple de plusieurs autres çrammairieiis, nous appelons adjectifs démonstratifs. A'oyez Adjectif.
Dé.monstrativemf.nt. Adv. Il peut se mettre entre l'auxiliaire et le participe : // nous a démonstrativement prouvé, ou il nous a prouvé démon stralivetnent.
Démontrable. Adj. des deux genres qui suit toujours son subst. : Proposition démontrable.
DÉMONTRER, PuoLVER. Vcrbes actifs de la ^^'' conj. Démontrer, c'est prouver par la voie du raisonnement, par des conséiiuences nécessaires d'un principe évident. Prouver, c'est établir la vérité d'une chose par des preuves de fait ou de raisonnement, par un témoignage incontestable, des preuves justificatives, etc. On ne démontre point les faits, on ne démontre que les propositions; mais on prouve les propositions et les faits. Le géomètre démontre; le i)iiysicicn ne démontre pas, il prouve seulement. C'est (jue les vérités physiiiues sont des phénomènes qui se montrent et ne se démontrent pas; au lieu que les vérités géométriques sont des propositions qui se démontrent sans se montrer. On prouve tout ce que l'on démontre ; mais on ne démontre pas tout ce qu'on prouve.
DtNiER. V. a. délai" conj. Déîiier, dans le sens de refuser, ne se dit plus. On le trouve encore dans Racine :
Possédant une amour qui me fût déniée.
(Uic, MUhnd., ad. III, se. v, 2t.)
Pour obtenir les vents que le ciel tous dénie...
(RiC, Iphig., act. I, se. 1, 61.)
* Démgredr. Subst. m. Mot nouveau qui peut être utile : On n'entend partout tant de dénigreurs que parce que les hommes sont engéyiéral
DÉP
médiocres, sots, et jaloux de toute espèce de succès. (.Mercier.)
Dénonciatixr. Subst. m. l'.n parlant d'une femme, quelques auteurs ont dit dénonciatrice. — L'Académie admet ce féminin dans sa dernière édition. — 1. inguet l'a dit adjectivement [Juurn. politiq. et litt., t. IX, p. 227). Kien n'empêche de se servir de ce mot. Voyez Délateur.
Dénotation, et Dénoter. Deux mots qui sont vieux, et que r.\cadéiiiie aurait pu retrancher de son Dictionnaire.
Dénol'mknt. Subst. m. C'est le point où aboutit el se résout une intrigue é[)ique ou dramatique. L'Académie n'appli<iue le mot dénuement qu'à l'intrigue dramatique.
Le dcnoiimenl de l'épopée est un événement qui tranche le lil de l'action par la cessation des périls ou des obstacles, ou par la consommation du mallieur. Le dénoùincnt <!e la tragédie est souvent le même cpie celui du poëmc épique , mais communément amené avec i)lus d'art.
DÉNOUER. V. a. de la 1" conj. L'Académie dit (]u'il signifie figuréinenl rendre plus souple, plus agile, ou, en parlant d'une ])ièce de théâtre, démêler, développer. Racine l'a dit d'un hymen :
Rome, aussi bien que moi, vous donne Sun suffrage,
Uépudie OcUvie, et me fait dénouer
Un liymen que le ciel ne veut point avouer.
(Rac, BriJan., act. Il, se. ni, 70.)
Df.nse. Adj. des deux genres. Il ne se met ordinairement qu'après son subst. : Corps dense.
Dentale. Adj. f. Il se dit de certaines consonnes qu'on ne peut prononcer sans que la langue touche les dents. Le d et le t sont des consonnes dentales. 11 ne se met qu'après son subst.
Denté, Dentée. Adj. Il ne se met (ju'après son subst. : Bouc dentée. Voyez le mot suivant.
Dentelé, Dentelée. Adj. Qui est taillé en forme de dents. L'Académie donne pour exemple U71C roue dentelée: nous pensons qu'une roue est dentée , parce qu'elle a des pointes qu'on a|)pelle dents, mais (lu'clle n'est pas dentelée, parce que ce mot ne peut se dire que des choses (jui sont en forme de dents, mais non do celles qui ont réelleuienl des dents. On appelle on botanique feuille denieU'e, et non pas feuille dentée, une feuille dont le bord a des échancrures (lui forment des espèces de dents.
Dénué, Dénuée Adj. qui ne se met qu'après son subst., et qui régit ordinairomenl la préposition de : Dénué d'enlendement, d'esprit, de bon sens ; dénué de secours, d'assistance, etc.
Di.PAREJLLER. \ . II. dc la 1'" coiij. On mouille les/.
DÉPARLER. V. n. de lai" conj. 11 est familier, et ne se met qu'avec la négation : Eiie ne déparle pas. Il 7i'a pas déparlé de toute la soirée. On ne dit pas il déparle pour sigiiilicr il nc sait ce qu'il dit :
Tu n'imagines pas que ma joie est u\(rcme
D'y voir cerlaiiies sens, tout fiers de leur maintien.
Qui ne déparient pat, cl qui ne disent rien.
(Regmahd, Damocrite, act. II, se. v, 11.)
Point ne manquait du don de la parole L'oiseau disert; hormis dans les repas, Tel qu'une nonne, il ne déparlait pas.
I^Gresset, Vert-Vert, II, £.)
DÉPARTIR. V. a. irrég. de la '2." conj. Il s'cia
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ploie souvent avec le pronom personnel, et se conjugue coiniue Partir.
Déi'E(;i.r. V. a. delà 1" conj. Dans ce verbe, le ca la pninoncialion de se, et pour la lui conserver à lous les leinps cl à louies- les personnes, il faut nieiirc une cédille dessous toutes les fois qu'il est suivi d'un o ou d'un a. Ainsi on écrit nous dipcçiis, je dcpeçuis, je dépeçai, et non pas Hoiis dépeçons, etc.
DÉPEiNDiiE. V. a. de la 4' conj. Racine l'a dit des personnes {Phèdre, acl. I, se. i, 77) :
Quand lu me dcpeignaia ce ht^ros intrépide.
On dit aussi familièrement Dépeindre une personne. Dépcignez-notts l'homme do7it vous parlez. Je ne l'ai vu qu'un instant, je ne saurais vous le dépeindre, f^ous me l'avez si bien dépeint que je le reconnaîtrais ù la première vue.
Dépenaillé, DÉPE^AILLÉE. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme dépenaillé, une femme dépenaillée.
DÉPENDAMMK^T. Adv. Commc cet adverbe a toujours un régime, il ne peut se mettre qu'aprés le verbe : Uàme agit dépendamment de ses organes.
Dépendance. Subst. f. Devant un substantif, il régit la l)i'Cposilion de : Les enfants sont dans la dépendance de leurs parents.
DÉPE^DA^T, Dépendante. Adj. verbal tiré du V. dépendre. Il se met toujours après son subsl. Il régit (}U(i(iuefois de: Elle est dépendante de sa mère. Cette affaire est dépendante de lu volonté du prince.
Dépensier, Dépensière. Adj. <)ui aime excessivement la dépense, qui dépense excessivement. 11 ne se met qu'après son subst.
* Déperséclter. y. a. de la 1" conj. Mot nouveau que Voltaire a employé de la manière suivante : Peut-être y auru-t-il enfin des âmes raisonnables qui rougiront de cet exemple de barbarie au dix-huitième siècle, et qui tâcheront d^effacer cette flétrissure en faisant dépersécuter le compagnon de cet infortuné. Celle expression iiio parait propre à réussir.
♦Dépersuader. Y. a. de la 1"= conj. On ne le trouve point dans le Dictionnaire de l'Jcadémie. Féraud dit qu'il est vieux. On s'en sert quelquefois dans le discoui-s familier, et J.-J. Rousseau l'a employé dans le passage suivant : Avant de le déclarer innocent, il faut que je le croie ; et je crois s-i décidément le contraire, que vous aurez peine à me dépersuader.
Dépit. Subsl. m.
Et je m'ose assurer qu'en dépit de mon crime, Mon sang leur servira d'assez pure victime.
(Corn., Cin., act. IV, se. vu 30.)
On ne peut [)as dire en dépit de mon crime , comme on dit inahjré mon crime, parce qu'un crime n'a point de dépit. On dit bien en dépit de ma haine, de mon amour, parce que les passions se personnifient. (Volt. , Remarques sur Corneille. )
Déplaire. V. n. Ce verbe étant essentiellement neutre, reste invariable au participe lorsqu'il est employé avec le pronom personnel. Voyez Plaire.
Déplaisant, Déplaisante. Adj. verbal tiré du V. déplaire. On peut le mettre avant son subst. lorsque l'analogie et l'harmonie le permcllcnl. On ne dit pas un déplaisajit homme, un déplai-
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sont lieu ; mais on dit un séjour déplaisant, ou un déplaisant séjour. Yoyez Adjectif
Déplaisir. Subst. m. llacinc a dit dans Androiiiaque (act. II, se. i, 67), un cœur accablé de déplaisirs :
El qu'un cœur accablé de tant de déplaisirs. De ses perséculeurs ait brigue les soupirs.
Déploiement. Subst. m. Mirabeau a employé ce mot au figuré : Quand la nation s'élance du néant de la servitude vers la création delà liberté, quand la politique va concourir avec la nature au déploiement immense de ses hautes idées . . .
Déplorable. Adj. des deux genres. L'Académie, dans son édition de 1762, avait dit (lue ce mol ne se disait (lue des choses : Etat déplorable, sort déplorable, condition déplorable; dans ses deux dernières éditions, elle a ajouté iju'il se <iit quelijucfois des personnes, on poésie cl dans le siyle souienu. Féraud, dont le Dictionnaire a paru longtemiis avant l'année 1798, ne veut point iju'il se dise des personnes, malgré l'autorité de Racine, qui l'a employé ainsi dans plusieurs de bcs tragédies. Pour nous, nous adoptons la dernière édition de l'Académie; et voici les exemples sur lesquels nous nous appuyons :
Je te TÎs à regret, en cet état funeste. Prêt i suivre partout le déplorable Oiesle.
(Rac, Androm., act. 1, se. i, 45.)
Vous voyez devant vous un prince déplorable.
(Rac, Phéd., act. Il, se. ii, 67.)
Phèdre épargnait toujours un père déplorable.
[Idem, acl. IV, se. I, 14.)
Va, c'est trop accabler nn père déplorable.
iVoLT., Tancr., act. IV, se. VI, 63 )
Racine le fils défendit dans le temps celte expression de son père contre la décision de l'Académie; et il demandait si ces exemples n'avaient pas autant d'autorité qu'une décision dont la raison ne frappe pas. Féraud répond qu'en fait de langage, ce n'est pas la raison qui décide, mais l'usage. Mais comment l'usage s'établit-il? est-ce par une décision de l'Académie ou par les bons auteurs ? et peut-on adopter colle décision donnée au hasard, quand Racine, Voltaire, Crébillon et plusieurs autres auteurs ont établi l'usage contraire?
DÉPLORABLEMENT. Adv. 11 sc mct loujoufs aprés le verbe : Il s'est conduit déplorablemcnt.
Déplorer. V. a. de la 1"' conj. L'Académie, dans ses éditions de -171)8 et de 4835, ne s'est pas rétractée sur le vorbe déplorer, comme elle l'a fait sur l'emploi de l'adjectif déplorable. Mais puisqu'on dit en poésie vn homme déplorable, pourtpioi ne dirait-on [)as aussi en poésie déplorer une personnel Fn effet, Racine l'a dit, et je crois qu'on pourrait en trouver des exemples dans d'autres poêles.
Infortunés tous deux, dignes qu'on vous déplore.
'l'rcres ennemis, act. V, sc. II, 23.)
Déployeu. y. a. de lai" conj. Il se conjugue comme Employer. Voyez ce mol., Uelille a dit déployer une enseigne aux vents {Enéide, VIII,
L'autre déploie aux vents une enseigne flollanle.
Ce verbe s'emploie beaucotip au figuré •
DEP
Dieu, déployant sur lui sa vengeance sctère, Marqua ce roi mourant du sceau de sa colère.
(Volt., Henr., III, 190
N'attendez pas, roon fils, qu'avec un ton sévère Je déploit à vos yeux raulorili; de mère.
(Volt., Indiêcret, se. I, 1.'
Votre cœur généreux, trop simple et trop ouvert, A cru qu'en cette cour, ainsi qu'en votre armée. Suivi du vos exploits cl de la renommée, Vous pouviei déployer, sincère impunément, La fierté d'un héros et le cœur d'un amant,
(Volt., Sémir., acl. II, se. i, 10.)
t:e verlie s'emploie avec le pronom personnel, tant au propre qu'au figuré :
En tourbillons fumants la flamme ta déploie.
(Dbl., Énéid., V, 904.)
Durant ces grands débats, du monarque de Troie L'armée impatiente en ordre te déploie.
{Idtm, XI, 547.)
Hélas ! qu'en liberté votre cœur te déploie.
(Volt., Ores(e, act. II, se. ii, 33.)
Madame, il faut enfin que mon cœur te déploie.
(A'OLT., Uér., act. I, se. iii, 1.)
Déposant, Déposante. Subst. verbal tiré du f. déposer. Il ne se dit qu'en termes de pratique : Les témoins déposants.
Dépositaire. Adj. des deux genres. Lorsque ce inot est appliqué à une femme, l'article et les adjectifs qui raccompagnent prennent le genre féminin : Elle est ma dépositaire. (Acad.)
Klle est de mes serments seule dépotitaire.
(Ràc, Jphig., act. IV, se. VI, 72.)
Dépodille , DÉPOUILLEMENT. Dans ces deux m*ts, on mouille les l. Racine a dit :
Les ronces dégouttantes Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes. (Rac, Phéd., acl. V, se. vi, 70.)
Les cheveux sont les dépoiiilles delà tête; mais quelles peuvent être les dépouilles des chère us;?
Dépouiller. Y. a. de la 1" conj. On mouille les l. On dit aussi se dépoviller. Le père Bouliours voulait que l'on employât l'actif dans le sens pro])rc, et le réciproque dans le figuré: Dépouiller ses habits, se dépouiller du faste. Il ne paraît pas que cette observation ait fait fortune; car plusieurs bons écrivains ont employé l'actif au figuré :
Eh bien! dépouille enfin cette douceur contrainte. (Rac, Alex., acl. IV, se. m, 64.)
Avez-vous dépouillé cette haine si vive î
(Rac, Àth., act. II, se. v, 4.)
Et l'Académie elle-même a dit il faut avoir dépouillé to7ite humanité pour. . .
Férauii admet la remanpie du père Bouhours, en y mettant pour leslriclion que l'actif est plus l'iéganl (jue le réciproque dans la poésie el le discours soutenu; et que le réciproque est préférable dans le discours familier. Je pense que Féraud a raison.
L'Académie dit également dépouiller le vieil homme, et se dépouiller du vieil homme. La première expression est consacrée dans le lan-
DEP
gage de l'Écriture sainte; partout ailleurs il faut eini)loycr la seconde. A'oycz Vieux.
* Di'PiiAVATEiR. Subst. m. L'Académie admet dépravati"n et dépraver; elle n'admet pas déprurateur, mot nouveau (pie l'usage n'a point sanctionnné, mais qui serait utile pour tlcsigncr d'une manière précise les plus giaiuls ennemis de la société. On médira que nous avons c«rn/;)/CMr; mais parce que nous avons corrompre, on n'a pas rejeté dépraver. La momcdilTcrciiccfpii existe entre les deux verbes exisleiait eiilie les deux subst.
Déprécation. Subst. f. C'est une ligure de rhétorique par latpieile l'orateur implore l'assistance, le secours de quoliiu'un, ou par laquelle il souhaite qu'il arrive ipielque punition ou quelque grand mal à celui (|ui jjarlei'a faussement de lui ou de son adversaire. Celle-ci s'appelle iiliis pro[)remeiit imprécation.
Déprédatkuu. Subst. m. L'Acadcmien'avait pas mis ce mot dans son édition de 1762, elle le met dans celle de 171)8 et dans celle de 1835; mais les exemples qu'elle en donne semblent en restreindre le sens au i)illage fait par des administrateurs, des tuteurs, des domestiques, etc. Féraud observe avec raison qu'on le dit de toute sorte de pillage.
Hardi déprédateur, et soldat indompté.
[Énéid., VII, 1055.)
DÉPRENDRE. V. a. de la 4' conj. L'Académie dit qu'il signifie £fl/cfc7^e>•, et donne pour exemple ces deux doyues étaient tellement acharnés l'un contre l'autre, qu'un eut toutes les peines du monde à les dépreiidre. Elle dit (|u'on l'emploie aussi au figuré : Il est tellement attaché à cette personne qu'il ne saurait s'en déprendre. — Ce mot n'est point usilé, et il est inutile, carc^e'/ac/ier, qui est plus clair et plus conforme à l'analogie, signifie la môme chose. Féraud, (jui adoiHe ce verbe, n'en donne pour exemple qu'une phrase de l'iélifde la Bretonne. Mais l'on sait que cet auteur n'était pas difficile sur le choix des expressions.
* Déprisant, DKPR1SA^TE. Adj. verbal tiré du v. dépriser. Quelipies auteurs modernes s'en sont servis; mais l'usage ne l'a pas encore adopté. Féraud remarque avec raison que déprisant disant moins que méprisant, il pourrait être utile dans le cas où méprisant serait trop fort : Employer une expression déprisante.
Dépriser, Mépriser. Aerbes actifs de la 1" conj. Mépriser, coniemnerc, c'est ne faire aucun cas d'une chose; dépiiser, depretiarc , dans la basse latinité, el dans Cicéroii dcprimerc, c'est ôler du prix, du mérite, de la valeur d'une chose. Mépriser ù\\. donc beaucoup plus que dépriser. Un acheteur peut dépriscr une bonne marchandise que le vendeur prise trop haut. On i)eutaVpriser les choses au delà de l'ciiuilé, mais on 7néprise les vices bas el honteux. On déprise souvent les choses les plus estimables, mais on ne saurait les mépriser. Tout le iDondc méprise la froide avarice, et (juelques gens seulement déprisent les avantages de la science. Le premier sentiment est fondé dans la nature, l'auire est une folle vengeance de l'ignorance. En vain une parodie tenïerait de jeter du ridicule sur une belle scène de Corneille, tousses traits ne sauraient la dépriser. En vain s'attacherait-on <]iiol(pielbis à dc.priser certaines personnes pour laiic croire (|u'on les viéprise ; cette affectation est au contraire le langage de la jalousie, un chagrin de ne pouvoir mépriser ceux contre lcs(picls on déclame avec hauteur. La grandeur d'âme mépnse la vengeance; l'envie s'efforce de dépriser les