‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 117 sur 453 · DER · texte numérisé non relu

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belles actions; l'émulation les prise, les admire et tâche de les imiter.

Notre laiiçiie dit estimer et estime, mépnser et mépris ; mais elle ne dit que dépriser, et n'a point adopté dépris. Cependant ce substantif nous manque dans (pieiques occasions où il serait nécessaire pour désigner le sentiment (jui tient le milieu entre l'estime et le mépris, et pour exprimer, connue fait le verbe, celte dilTérence. Par exemple, le dépris dos honneurs, des richesses, etc., serait un terme plus juste, i)lus exact que celui de mépris des richesses, des honneurs, etc., (jue nous employons; parce que le mot de mépris ne doit tombei' (jue sur des choses basses, honteuses; et que ni les richesses ni les honneurs ne sont dans ce cas, tjuoiqu'on puisse les trop estimer, et les priser au delà de leur valeur. (Kxtrail du Nouveau Dictionnaire de la langue française.)

Depcis. Préposition. Devant une voyelle, on prononce le s connue un s : Depui-zime heure.

Depuis ne régit point les verbes à l'infinitil', mais la conjonction que avec l'indicatif: Depuis que je suis arrivé, et non pas depuis être arrivé.

Ah! depuis qu'une femme a le don de se taire.

(Corn., Menteur, acl. I, se. 17, 15.)

Depuis, dit Voltaire au sujet de ce vers, rie peut être employé pour quand, pour dès là que, lorsque. Le mol depuis dénote toujours un temps passé; il n'y a point d'exception a celte règle. [Remarques sur CornctUe.)

Après depuis que, suivi d'un mot qui signifie une quantité déterminée de temps, on supprime pas : Depuis que je ne vous ai vu. Mais il faut pas ou poi/it si le verbe est au présent : Depuis que nous ne nous voyons pas.

Il semblerait inutile de remarquer ici eue du depuis est une mauvaise expression qui n'est plus usitée que parmi le Uis peuple; mais comme elle se trouve dans Montesquieu, quelques personnes pourraient croire qu'il est permis de l'employer après lui : Cela fit à peu près la même révolution que la conquête des Indes a faite du depuis en Europe. (Monlesquieu.) Du depuis n'est plus supportable aujourd'hui.

Depuis est aus^i adverbe, et alors il ne prend point de régime. Il se i)Iace ou devant ou après le verbe, quelquefois mciiie à la léle de la phrase, mais jamais on ne doit le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Je iien ai pas entendu parler depuis. Il ne cessa depuis de me tourmenter. Depuis il s'est fait d'autres amis. On ne dirait pas H s'est depuis fait d'autres amis.

Députer. Ce verbe est tantôt actif, tantôt neutre : Le roi députa le cardinal à la diète. Ils députèrent au roi pour le supplier de revenir dans sa capitale. (Voltaire.)

DÉRACINEMENT. Subst- m. DÉBACiKER. V. a. de la 1" conj. Le substantif ne se dit qu'au propre : Le déracinement d'un arbre. Le verbe se dit au propre et au ligun'' : Déraciner un arbre, déraciner le vice, déraciner une opinion, une erreur.

Déraisonnable. Adj. des deux genres. Il se met ordinairement apiès son subst. : Un hoinme déraisonnable, une femme déraisonnable, des proposilionsdéraisonnables.\ oyez Irraisonnable.

Déraisonnablement. Adv. Il se met toujours après le verbe, et jamais entre l'auxiliaire et le partici|ie. On dit il a parlé déraisonnablement, et DOD paSiV u déraisonnablement parlé.

DÉBiNGEB. \. a. de la 1" conj. Dans ce verbe,

DÉR

I le^ doit toujours se jirononcer comme un J; et

pour lui conserver cette prononciation lorstpril

1 est suivi d'un a ou d un o, on met un e muet

avant cet a ou cet 0 : Je déram/cais, dérangeons,

et non pas/e dérangais, dérangnns.

Dératé, Dératée. Adj. L'Académie dit qu'il signifie au figurera;:, alerte, élmirdi. Je doute (pi'on se fit comprendre en disant ce petit garçon est dératé, cette petite fille est dératée, pour dire ce petit garçon est gai, celte iietite fille est gaie.

Derechef. Adv. L'nesecondc fois, une autre fois, de nouveau. L'Académie dit qu'il vieillit. On peut dire qu'il est vieux, et qu'on ne l'emploie plus que dans le genre burlesque. J.-J. Housseau l'a employé assez souvent, mais cela ne l'a pas rajeuni.

Dérèglement. Adv. Il se met toujours après le verbe, et jamais entre l'auxiliaire et le participe : // a vécu dérèglement, et non pas il a déréglémo?it vécti.

Dérivation. Subst. f. On se sert de ce mol en grammaire pour signifier la descendance, et pour ainsi dire la généalogie des mots. La dérivation est la manière de faire prendre à un mol, au moyen de ses diverses inHcxions, les formes établies par l'usage pour exprimer les idées accessoires qui peuvent modifier celles dont il est le type. — Très-souvent la consonne finale d'un mol ne sonne pas; pour la connaiire il l'aiil avoir recours à la dérivation, c'est-à-dire qu'il faut consulter les mots qui en sont formés el iju'on appelle dérivés. D'après ce principe on écrira abus, bigot, champ, chant, parfum, sang, etc., à cause des dérivés abuser, bigoterie, champêtre , chanter, parfumer, sanglant, elc. Le nombre des mois qui sont terminés par une consonne nulle pour l'oreille, el qui n'ont point de dérives, n'est pas grand, si l'on considère la multitude des mots auxquels la dérivation s'ajjplique. {Grammaire des grammaires, p. 941.)

Dérivé, Dérivée. Part, passé du verbe dériver, terme de grammaire. Il se prend subslanlivement, comme quand on dit le dérivé suppose un autre mot dont il dérive. Il se prend aussi adjectivement, comme (juand on dit un mot dérivé. On appelle c?e'm-e' un mol qui vient d'un autre qu'on appelle jo?-wa7ï/. Par exemple, mortalité est dérivé de mort, légiste de lea;, qui signifie loi. Notre poésie ne souffie pas (a rime du dérivé avec le primitif, comme d'ennemi avec ami (Dumarsais.) Voyez l'article précédenl.

Dernier, Dernière, Adj. Il se mei ordinairement avant son subst. : Bendre le dernier soupir, rendre les derniers devoirs. Le dernier jotir. Cependant au féminin on le met (|ueli]uefois après, surtout dans le style noble : Une grâce dernière, mie faveur dernière, à son heure dernière.

Il y a de la différence entre la dernière année el V année dernière . La premièrcexpression signifie la dernière des années dans une période donl on parle : La dernière année de son règne. La seconde signifie l'année qui précède immédiatementcelleoù l'on parle : J'ai beaucoup voyagé l'année dernière.

Dernièrement. Adv. il se met toujours après

le verbe : Il a dit dernièrement que , et non

pas il a dernièrement dit.

DÉROBER. V. a. de la 1'^'' conj. Voici quelques acceptions de ce mol qui ne sont [loint indiquées dans le Dictionnaire de l'.-icadémic, ou qui le sont d'une manière obscure :

Je dérobai une victime à mes ennemis. (Montesquieu, VHP lettre persane.) Je prie le ciel qu'il te dérobe à tous les dangers. (Montesquieu, Lettres persanes.)

DES

.... Quels empreasements ToDt dérobent sitôt à nos embrasifmfntt ?

(KiC, Iphig., act. II, se. Il, 1.';

Qaoi ! vous Toulei tous dérober à moi ''

(VotT., A'an., ad. Il, se. ni, -.

Tel, d'un conp mcertain par le prélrt frappe. Mugit on fier tanreBu de l'autel «chappc. Qui du fer suspendu, rictiiDe déjà prite, A la baclie trempée a dérobé sa tête.

(Delil., Énéid., II, 291.)

Me puis-je aï«c honneur de'roirr avec vous..,,? (Uac, PWd., act. Y, se. i, 52.)

Peut-on de nos malheurs lui dérohrr l'histoire ? (Rac, Àth., ael. II, se. m, 91 i

DÉROGEANT, DÉROGEANTE. Atlj. vcrLal lii'é du V. diror/cr. Il se met après son subst. : ..Jc/c dérrgeant. Des actimis dérogeantes.

DÉnoGF.i:. V. n. de b J^conj. Dans ce verbo, le^ doil loujoufs avoir la prononciation du ;',• el pour la lui conserver lors(iu'il est précédé d'un a ou d'un o, on met un e muet avant cet a ou ri-i o:Je dérogeais, dérogeons ; el non pas^e déroffois, dérogons.

Dérouiller. V. a. de la 1" conj. l-e mot ne parait pas propre au genre noble. Cependant I)elille a osé l'employer dans sa traduction de \'Enéide (VII, 807) :

Chacun hâte à l'enri son appareil guerrier, L'un dérouille son dard, l'autre son bouclier.

Je ne crois pas que l'on puisse proposer ce dernier vers pour exemiile.

DÉnouLER. V. a. de la 1" conjugaison : On déroule une étoffe, on déroule vn plan, une carte de géographie, on déroule un drapeau. Mais ces expressions ne sont pas du style noble; et je ne pense pas qu'on |)uissc admirer ce vers de Uelillc [Enéide, VII, 5S7) : »

Rassemble les soldats, déroule tes drapeaux.

Dérouter. V. a. delà 1"" conj. Ce verbe n'est pas admis dans le style noble ; et Bossuet ne s'est pas exprime convenablement quand il a dit : C'est ainsi que Dieu déroute les hommes.

Derrière. Propos. Elle est opposée à devant: Derrière lu porte, derrière lamaison- Quelquefois il est adverbe, et alors il n'a point de régime : Allez devatit, je resterai derrière.

Derrière. Subst. m. 11 est un peu moins malhonnête que cul, excepté quand il est accomi)agm; des adjcclils [losscssifs mon, ton, son, leur On dit fort bien?'/ s'est écorché le derrière. — Derrière, au jibiiiel, se dit en parlant d'une armée : Les derrières de l'armée sont en sûreté.

Des. Mot qui tient de la préposition ie et de rarlicle/e.y. Il ccpiiviiul à de les. Voyez adjectif. On ne met point d'accent sur l'e.

Dès. .Prc()os. de temps ou de lieu ; Dès l'enfance, dès le point du jour, dès la source. En ce sens, Ve prend l'accent grave.

Des cgaui? Vés longtemps Mahomet n'en a plus.

(Volt., Mahom., act II, se. T, 84.)

DÉS. Particule prépositive qui se met au commencement de certains mois, et qui esl toujours négative el sert à marquer la suppression de l'idée énoncée \r,\v le mot simple, loinmc dans désaccorder, désennuyer, déshabiller, déshériter, déshonneur, désintéressement , désordre, désu- «io/i, etc.

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Désabuser. V. a. do la 4" conj. L'Académie !e définit dt'lrompor de (pieltiue fausse croyance. 11 y a quelque différence entre détromper el désubuscr. Le jjremier suppose (ju'on nous a induits malicieusement en erreur, en nous donnant pour vrai ce qui est faux. In homme m'a vendu du cuivre pour de l'or, je reconnais ([ue c'est du cuivre, je suis détrompé. Désabuser suppose (|u'on a abusé de notre faiblesse, de noire crédulilé, de notre légèreté, pour nous induire en erreur. Les charlatans abusent la populace par de faux raisonnements, par des faits conlrouvés el absurdes, et quand ils l'ont abusée, ils la trompent en lui vendant de mauvaises drogues pour des remèdes efficaces. On est détrompé (iujukI on voit que les drogues n'opèrent point; mais on n'est pas désabusé si l'on n'a pas perdu toulf confiance dans les discours du trompeur. — On est détrompé des grandeurs lorsqu'on éprouve qu'elles n'ont pas le prix qu'on y avait attaché: on en est désabusé lorscju'on n'est plus abusé par les faux raisonnements qui avaient engagé à croire Icgôremenl qu'elles avaient un grand prix. Un boinuie qui n'a jamais joui dos grandeurs qu'il désire peut en être désabusé ; mais il ne peut en être détrompé que par la joui.ssance.

Désaccoutumance. Subst. f. Ce mot, conservé parr.\cadémie, n'est plus usité aujourd'hui.

Désaccoutumer. V. a. de la 1" conj. : Désaccoutumer quelqu'un ilc quelque chose. Se désaccoutumer de jouer.

Désagréable. Adj. des deux genres. 11 se mel a[)rés son subst. .■ Une personne désagréable, un discours désagréable, une visite désagréable. Avec le verbe être, il régit quelquefois à devaul un infinitif : Cela est désagréable a voir, à entendre. Mais, quand ce verbe est impersonnel, l'adjectif régit de : Il esl désagréable de le voir, de l'entendre.

DÉsAGnÉ\nLi.MENT. Adv. 11 se met toujours après le veri)o, cl jamais entre l'auxiliaire el le participe : Il a parlé désagréablement, el DOU pas il a désug réublement parlé .

Désaguéer. V. n. de la i" conj. On le dit des choses, mais non des personnes : Si cela ne vous désagrée pas. On ne dit pas cette personne me désagrée ; il faut dire me déplaît, ou ne m'est point agréable.

Désaltérer. V. a. delà 1" C(mj. C'est apaiser la soif. Fénelon a dit : // chantait les délicieuses nuits de Fêté, oit les zéphyrs rafraîchissent les ho7nmes, et où la rosée désaltère la nature. (7'elém.,\iv.l\, U 1,106.)

Désappareiller. V. a de la l"^*" conj. 11 est peu tisilé. On dit plus ordinairement dépareiller.

Désappointé. Voyez Ajpuinté.

Désapprendre. V. a. et irrég. de la 4" conj. Il se conjugue coiumn prendre. \'oyez ce mot.

Désapproratelr. Adj. dont le féminin esl désapprobatrice. Un esprit désapprobateur, des intentions désapprobatrices. H se [)rend aussi substantiveinenl : Il eut un grand nombre de désapprobateurs. 11 ne se met iju'après son subst. Ce mot a été introduit par Monles(]uieu : Je n'ai poii.t l'esprit désapprobateur. L'usage l'a consacré.

Désapprobation. Subst. f. C'est un mol nouveau que Féraud trouve inutile. >Iais s'il est vrai, comme le dit Roubaud, tpic désapprouver signifie simplement ne pas approuver, et improuver, blâmer, condamner, il y a la même différence entre désapprobation et improbation; ce qui suffit pour faire adopter le premier, puisqu'il

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exprime une nuance (iiie l'on ne peut exprimer par unaiilrc mot. — En 1835, l'Académie l'adinot.

DÉsAPPiioivER V. a. delà 1'- conj.ll nesignilic pas, comme dil l'Académie, Idàmer, condamner, trouver mauvais; mais seulement ne jias approuver, u'êlre pas [lour, juçer autrement, Blâmer, trouver mauvais, c'c^t improm-er. On désnpprotive ce ijui ne paraît i)as bien, bon, convenable; on iiiiprovre ce qu'on trouve mauvais, rcpréhensible, vicieux.

DÉsASTKEusEMENT. Adv. Il sc met après le verbe. On dil la fête a fini désastreusement, et non pas la fvte a désasireusement fini.

Désastreux, Dksastrkuse. Adj. Il ne se dit que des choses, et peut se mettre avant son sulist. lorsque l'iiarmonic et l'analogie le permettent : Un événement désastreux, un désastreux événemenl.

Désavastageusement. Adv. Il sc met toujours après le verbe, et jamais entre l'auxiliaire et le participe : // a parlé désavantagea sèment de vous, et non pas il a désavantageusement parlé de tous.

Désavantageux, Désavantagkuse. Adj. Il se met toujours après son subst. : Une chnise désavantageuse, des discours désavantageux, un mariage désavantageux.

Désaveu. Subst. m. Racine a dit {Phèdre, act.I, sc. I, 67) :

Des sentiment- d'un cœur si fier, si dédaigneux. Peux-tu me demander le desoueu honteux?

Descendre. V. n. de la 4° conj. Les grammairiens disent que descendre, suivi d'un régime direct, prend l'auxiliaire avoir : Il a descendu la montagne; cl que descendre sans régime ou suivi d'un régime indirect prend être : Le ballon est de.icendu, elles sont descendues de leur char. Celle règle n'est \)as exacte. Avoir descendu, suivi ou non d'un régime direct, exprime une action : J'ai descendu les degrés ; le haromètre a descendu de quatre degrés; il a descendu pour venir ici, c'est-à-dire, j'ai fait l'action de descendre, il a fait l'action de descendre, etc.; et c'est pour exprimer cette action qu'on emploie le verbe auxiliaire avoir. Mais être descendu exprime un état relatif à l'action de descendre faite précédemment : f^otre père est-il en haut? iVon, il est descendu. Quaiid a-t-il descendu? Il y a ime heure. Depuis quand est-il descendu'/ Depuis une heure, (^uand on fait l'action de descendre, on descend; quand on a fait celle action, on dit qu'on a descendu, si l'on veut exprimer ipi'on l'a faite; et qu'ow est descendu, si l'on veut exprimer l'état où l'on se trouve après l'avoir faite : J'ai descendu la 7nontagne en dix minutes, et il y a une demi-heure que je suis descendu. — La décision donnée par l'Académie, dans sa dernière édition, est tout à fait conforme à ces principes : i< Descendre se conjugue avei; le verbe avoir ou avec le verbe être, selon que l'on considère l'action ou son résultat. »

On dit descendre att tombeau, descendre dans la tombe, descendre chez les morts.

Ah!.... puisque enfin mes mains ont pu former cesnreuds, Cher Uontèze, au tombeau je d^sc^nis trop heureux. (Volt., Mz., act I, sc. u, 29.)

Je descends dans la tombe avec cette infamie.

(Volt., Oreste, acl. V, sc. vi, 9.)

Mon âme chez les morts descendra la première.

(Rac, Phèd., act. I, sc. m, 78.)

DES

On dira que Titus detcmdant chez les morts...

(Volt., Brut., act. V, sc. vil, 49.)

Voltaire a dit aussi dans OEdipe (act. H, sc. IV, 7) :

J'ai pour vous trop d'estime, et je ne pense pas Que vous puissiez descendre à des soupçons si bas.

Descriptif , Descriptive. Adj. On appelle poème descriptif un pocme dont le sujet consiste jirincipali'ment à décrire les objets; et gcni-e descriptif le gonre qui a pour but la description des objets.

1)escrii>tion. Subst. f. La description, en termes de bol les-lel 1res , est une figure par laquelle on peint aux autres les objcis tels ipi'on se les représente. I.a description csl une définition imparfaite et peu exacte, dans la(iuelle on tàclicde faire connaître une chose par (piehiucs propriétés et circonstances qui lui sont jjarticulières. C'est la ligure favorite des orateurs cl des poêles.

* DÉsÉBORGNEii. V. a. dc Kl 1'* conj. Mot inusité que \ollairc a employé dans une de ses lellies à Frédéric H : O vous qui ctvs l'apôtre de la vérité, recevez les hommages du petit coin de mon esprit purifié de la rouille de la superstition, et déséborgncz mes cnuipagnons.

Désenhayer. V. a. de la I''' conj. lise conjugue comme Payer. Voyez ce mol.

Désentêter. V. a. de la 1"" conj. C'est un vieux mol que l'Académie a mis dans son Dictionnaire. Il suffit de rapporter les exemples (lu'cUeen donne pour faire sentir qu'on ne peut plus rcnq)loyer aujourd'hui : On ne saurait le désentêter de cette fcnnne; c'est une opinion dont il faut essayer de le désentêter, dont il ne peut se désentêter.

Désert, Déserte. Adj. Il ne sc met qu'aiirès son subst. : Une campagne déserte, des lieua; déserts.

Désert. Subst. m. Féraud observe que Buffon a employé ce mot au figuré, et lui a fait régir la préposition de : Quel désort de spéculutùm dam, lu philnsophie de Platon! Nous ne conseillerons à iiorsonne de l'employer de celte manière.

Déserter. V. a. de la 1'^^ conj. Déserter la ville, déserter la province; déserter l'armée, déserter le service. — Déserter d'«/;e chambre, déserter du régiment. — 11 se dil aussi aJjsoluincnt : Ce sildut a déserté. — Déserter de se dit d'un lieu particulier où l'on est, d'où l'on son. Ondé.ierte VarméV, on dé.scrtc le service; on déserte de son régiment, on déserte le royaume, la province ; on déserte d'une chambre. — On employait autrefois déserter dans le sens de rendre désert : C'est vouloir en quelque sorte déserter Z« cour que de combattre Vauibition, qui est l'âme de ceux qui lu suivent. (Bossuct, Sermon du, A" dimanche de carême.) La farce dc ses discours, qui pensa déserter la P\ance et l'Memagne, en inspirant aux peuples le dé si'' de se croiser, passa pour indiscrétion et faux zèle. (Massillon, Panégyri'/ne de saint Llernurd.)

On ne rem[)loiè plus aujourd'hui dans ce sei^s.

Déserteur. Subst. m. La différence entre un déserteur et un transfuge, c'est que le terme dc transfuce ajoute à celui de déserteur l'idée accessoire de passer au service des ennemis. Au propre, il se dit absolument; au figure, il régit la prcitosition de : Déserteur de la foi, déserteur d\i bon parti.

DES

autels Mime dctertetir,

{Rac, Ath., acl. I, se. 1, 37.)

DÉSESPÉRA^T, DÉSESPÉRANTE. Adj. vcrbal tiré du V. désespérer. On peut (iuel<juerois le iiiellre avant son suhsl. lorsiiuc l'iinulugic el riinriiionie le |)ermcllcnt : Une affaire désespérante , une nouvelle désespérante, cette désespérante idée. Veycz Adjectif.

15ési sl>ÉR^hll:^T. Adv. L'Académie, qui a recueilli ce mol, (lit t]u'il signifie rpcrdiiment, avec excès; et elle doime pour cxcmi>lc : Il est désespérément atiKvreii.r. Nous ne pensons pas que CCI adverbe soit usité.

DÉsESPÉiu-n. ^ . n. de la d" conj. Apres ce verbe procéiié de ne, et suivi de la conjonction que, la phrase amenée par cette conjonction demande (|iron rcpcle ne, mais tout seul : On ne désespérait pas que vous ne dcr^inssiez riche. (Boau/i'C.)

DÉSKsroiR. Subst. m.

El par le» dèiespoiis d'une cliasle amitié, Nous aurions des deui camps lire quelque pilié.

(CouN., //or., acl. lit, se. il, 13.)

On n'emploie plus aujourd'hui désespoir au pluriel; il fait pourtant un très-bel effet. Mes déplaisirs , vies craintes, mes douleurs, mes ennuis, disent plus que mon déplaisir, ma crainte, etc. rounjuoi ne pourrait-on pas dire mes désespoirs, comme on dit mes espérances? Ke jieut-on jias désespérer de plusieurs choses, comme on peut en espérer plusieurs? (Voltaire, Bemurques sur Corneille.)

C'est diiiiiipr au mot désespoir une acception qu'il n'a jainriis eue, ce qui vient d'une poiile confusion d'idées facile à éclaircir. Nous attribuons deux sens au mot espérance : celui d'un sentiment général (jui embellit et charme la vie, et celui d"une attente particulière (jui peut se multiplier a l'inlini dans la pensée el par consé(iuent se pluraliser dans l'expression. Le mot désespoir n'a d'autre sens que celui qui répond à la première de ces acceptions, c'csl-à-dire celui d'un sentiment absolu ; le second n'est pas français. (Ch. Kodier, Examen critique des dictionnaires.)

Déshluber. Selon l'Académie, verbe actif de la \" conj., et qui sigiulie déranger les heures ordinaires des occupations Ce mot ne se ti'ouve pas dans rédition de 1762; il est dans celle de 1798 et dans celle de 1835. On le trouve à la vérité dans les glossaires; mais il signilic rompre, séparer, abandonner. L'Académie ajoute qu'on dit aussi se désheurer, pour tlire se déranger de ses heures ordinaires. On trouve cette exi)ression dans les Mémoires du cardinal de Retz, mais comme une expression populaire. Elle n'est encore usitée aujourd'hui que parmi les gens peu instruits.

Désho^>ête. Adj. des deux genres. 11 ne se dit que des choses, cl se met ordinairement après son subst. ; Une action déshonnStc, une pensée déshonncte. — On confond assez souvent les deux expressions déshonncte et viulhoniicle. Voici , selon Bouhours, en quoi elles ddfèrenl. Déshonncle est conlre la pureté , malhonnête est <:ontre la civilité, et quelquefois conlre la bonne foi, contre la droiture. Des pensées, des jtaroles déshojinêles, sont des pensées, des paroles qui blessent la chaslelé et la pureté. Des actions, des manières malhonnêtes, sont des actions, des manières qui choquent les bienséances du inonde,

DÉS

l'usage des honnêtes gens, la probité naturolle. et qui sont d'une personne peu polie cl peu raisonnable.

Désuomnêtement. Adv. 11 se met toujours après le verbe: Il a parlé déshonnétement , et non pas il a déshonnétement parlé.

Déshonnêteté. Subst. f. Ce mol est peu usilé. Il y a la même dilférence entre déshonnêteté et malhonnêteté qu'entre déshoiiiiéte (voyez ce mol) et malhonnête, si ce n'est (jue déshonnêteté el malhonnêteté se disent dos personnes comme des choses. 11 faut remarquer encore (pic, comme déshonnête et 7/;uWo«/iê/p sont opposés à honnête, qui signifie également une personne chaste el une personne polie, déshonnêteté el malhonnêteté le sont à honni' teté, qui a aussi deux significations; car de même que nous disons d'une personne qu'elle est fort honnête, pour inarquer sa régularité ou sa politesse, nous exprimons l'un et l'autre par le mot iVhonnêtelé. (Boub.ours.)

DÉSH0N0RABI.E. Adj. dcs dcux genres. Ce mot est jieii usité. Ondii plus ordinairement déshonorant: Un acte déshonorable, dit Mercier, 7i'est pas toujours un acte déshonorant. Tant pis. — Celte dislinclion est jusle.

Désignatif, DÉsifiNiTivE. Adj On mouille le ffn. Qui désigne, qui fait connaiire par un signe : Les raisins sont un attribut désignatif de Bacchus. (Acad.) Il ne se )\\o\ (pi'iqirés son subst.

Désignation, Design ir. On mouille le yn.

Désinence. Subst. f. Terme de grammaire. 11 signifie la même chose que iermitiaisofi.

* Désinvolte. Adj. des deux genres Sans trouble, sans inquiétude, sans embarras. Mol inusité que Voltaire a employé : Après toutes les scènes de carnage dimt il venu il d'être téninin, Birton était aussi gai et aussi désinvolte que s'il était revenu de la comédie

Désir. Subst. m. On s'obstine au théâtre, dans la déclamation et dans le chanl, à prononcer comme un e muet Ve des mots désir, désirer , désirable, désireux; mais le .y qui est après n'est pas une lettre purement euphonique; elle fait partie du mot auquel la préposition dé est ajoutée. (Gramtnaire des gramrnaires, p. 1116.) Féraud prétend que l'usage est partagé sur cette prononciation; s'il l'esl iJans la conversation, il ne l'est point assurément dans les dictionnaires et dans les ouvrages des auteurs instruits; on trouve partout désir. — //.Académie écrit désir; mais elle rccoimail que /dusienrs font Ve muet, surtout dans la conversation. Comme elle ne condamne pas foriiicllcmeui cette prononciation, on peut en conclure qu'elle la tolère. Cependant il est mieux de l'éviter. (A. Lemaire.)

Désirable. Adj. de.s deux genres. Il se mel après son subst. : Un état désirable, une situation désirable. Voyez Désir.

Désirer. V. a. de la 1"" conj. Désirer des richesses , désirer quehjue chose de quelqu'un. Lorsque dmrcr est suivi d'un verbe à l'infinitif, ce verbe peut signifier une action simple et déterminée, c'est-à-dire (jui ne renferme pas une idée accessoire de doute, d'incciiilude, comme dans je désire voir cet homme, je désire l'entendre, je désire prendre du café, du chocolat; je désire me proynener. Dans toutes ces phrases, voir, entendre, prendre, me pro?nrncr, équivalent à des substantifs; c'est comme si l'on disait je désire cette chose savoir, voir, entendre, etc.

Le verbe qui suit désirer pctil signifier aussi une action qui renferme une idée accessoire de contingence, de doute, d'incertitude. Alors l'ex-

DÉS

pression de ce verbe nV-quivaut pas à un subslanlif. Je désire de réussir, ne veut pas dire exaclement : Je désire cela, savoir, réussir ; car réussir ne désigne pas une chose déliiiic, délennince, mais une chose vague, incertaine, «jui dépend de divers moyens, de divers événements, du sort, delà fortune, etc. Je désire de réussir |)eul se rendre exactement par/e désire qu'il arrive que je réussisse, ou, de lous les événements qui peuvent me faire réussir ou vi'empccher de réussir, je désire que les premiers arrivent.

Dans le premier cas, désirer ne doit pas être suivi de de; dans le second, il régit cette préposition. Ainsi l'on dira je désire le voir, l'entendre, parce que voir, entendre, exiiriment des actions simples et déterminées. Mais on dira je désire de le rencontrer, parce que le verbe 7-encontrer n'exprime pas une action simple et déterminée, mais une action qui dépend de certaines circonstances, qui einpurle une idée de doute et d'incertitude. On dira par la même raison, il désire ôc. ffagner son procès, je désire de remporter U pris, et non pas, il désire gagner son procès, il d(si}-e remporter le prix. On dira aussi il désire de lui plaire, il désire d'obtenir cette grâce, U désire d'amasser des richesses ; et il désire aller à cette fête, il désire partir bientôt. Cependant il faudrait dire il désire d'aller à cette fête, il désire de partir bientôt, si la personne dont on parle avait en vue des obstacles ([ui pourraient l'empêcher d'aller à la fête ou de partir, et si ces obstacles rendaient les actions douteuses et incertaines.— La di'cision donnée par 1' .académie dans sa dernière édition est tout à fait conforme à ces principes : « Désirer devant un verbe à l'infinitif est suivi de de lorsqu'il exprime un désir dont l'accomplissement est incertain, difficile ou indépendant de l;i volonté; quand au contraire il exprime un désir dont l'accomplissement est certain ou facile, et plus ou moins dépendant de la volonté, il s'eiiii loie sans la préposition de. »

Il faut remarquer que l'on emploie l'infinitif quand le verbe régi se rapporte au sujet du verbe désirer, et qu'on se sert de que avec le subjonctif quand il ne s'y rapporte pas: Je désire paptir, je désire que vous partiez. — Avec le verbe être employé impersonnellement, on met toujours que : Il est à déiirer qu'il réussisse. A oyez Désir.

Désif.ecx, Dksireuse Adj. l'Académie dit qu'il n'est guère d'usage que dans le style soutenu. Il y a longtemps qu'on l'a banni de la langue, et je ne crois pas que deimis Bossuet, qui a dit désireux de la paix, on le trouve ailleurs que dans quelques pièces marotiques. Cet adj. est toujours lié avec un subst. par la préposition de : Désireux de gloire, désireux d'honneur. Voyez Désir.

Dès lors. Expression adverbiale. Elle se met ou au commencement de la ])hrase, ou après le verbe; elle peut aussi se mettre entre l'auxiliaire et le pai'ticijie : // avait dès lors imaginé ce moyen, ouil avuitimaginé dès hirsiin moyen de, ou dès lors il avait imaginé le moyen .

Désobéissant, Désobéissante Adj. verbal tiré du v. désobéir. Une se met qu'après son subst. : Un enfant désobéissant, une fille désobéissante .

Désobligeamment. Adv. Il se met toujours après le verbe, et jamais entre l'auxiliaire et le participe : Il m'a répondu désobligeamment, et non pas t7 m'a désobligeamment répandu.

Désobligeant. Désobligeante. Adj. verbal tiré i,i V. désobliger. Il se met après sou subst. :

Dr:s

Un homme désoljligeant, une parole désobligeante.

Désoccupation. Subst. f. Féraud prétend qu'on dit plutôt désœuvrement. On du l'un ou l'autre, selon les cas. Le mol de désoccupation, dit le Dictionnaire de Trévoux, s'appllipie à l'action de l'esprit comme à celle du corps; et celui de désœuvrement convient i)articulièremoiit à cette dernière sorte d'action. Voyez l'article suivant.

Désoccupé, Désoccupée. Adj. Féraud dit iiu'il est moins en usage que désœuvré. La Touche avait senti qu'il y a une différence entre ces deux expressions. Bien des gens, dit-il, disent désœuvré pour désoccupé. Uoubaud nous a expli([ué cette différence. L'homme désoccupé n'a point d'occupation, l'hounne désœuvré ne fait œuvre quelconque. 'L'occupation est un emploi de ses facultés et du temps (pii demande de l'application, de l'assiduité, de la tenue. L'tt?/(t-j-e est une action ou un travail (iuelcon(|ue qui nous exerce et ne nous laisse pas dans l'inaction. On e>t désoccupé i\\n\nd on n'a rien à faire, mais, à |)ropremenl parler, rien de ce <iui r,cci//)C. On est désœuvré lorsqu'on ne fait absolument rien , même rien qui amuse, parce qu'on ne veut rien faire. L'homme (^i''5ocf(//)e' a du loisir; l'homme désœuvré est tout oisif. La Bruyère dit qu'à la ville, comme ailleurs, il y a une classe de sottes gens, c'est celle des gens fades, oisifs, désoccu- /}J.y.- ils pèsent aux autres. Le temps, dit-il encore, pèse aux gens désœuvrés, et parait court à ceux qui sont occupés ulilement. Vous reconnailrez l'homme désoccupé à un certain air de malaise et d'inquiétude; il semble chercher (piel- (juc chose qui lui manque. Vous reconnaîtrez l'homme désœuvré à un certain air de langueur et d'inertie; il semble attendre queUiue chose (jui l'anime. Cet adjectif ne se met qu'après son substantif.

Désoeuvré, Désoeuvrée. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un homme désœuvré, une femme désœuvrée, des gens désœuvrés. Voyez Désoccupé.

Désoeuvrement. Subst. m. Voyez Désoccupation.

Désolant, Désolante. Adj. verbal lire du v. désoler. U ne se mel qu'après son subst. : Ce que vous dites là est désolant. Une nouvelle désolante. C'est un homme désolant.

Désolateur. Subst. m. Ce mot, hasardé au conunencement du dix septième siècle, n'est pas très-usité. L'Académie dit ce conquérant fut le désolateur de l'Asie. Bien n'empêcherait de dire au \cvcï\ï\\n désolutrice .

Désoler. V. a. de la i" conj. L'Académie donne peu d'exem])les pour ce mol, pris dans le sens de causer une grande aflliclion . En voici (iuel(|ues autres qui feront mieux connaître son emploi :

Quoi, toujours de ce Juif l'image tous dê$ote !

(Rac, Eith., acl. IV, se. Ii, S.)

De quoi ïiens-lu llaller mon esprit désolé?

(Rac, Phéd., acl. 111, se. l, 3.)

L'amour des nouveautés, le faux zèle, la crainic, De la Mecque alarmée ont désolé l'enreinle.

(Volt., «ahom., acl. I, se. i, 29.)

DÉsoBnoNNÉ, DÉSORDONNÉE. Adj. Féraud n'approuve pas l'Académie d'avoir dit ce mol des personnes: Un homme désordonné dans sa f.otir

DÉS

duùâ. Le réçiine qui suit celle expression la rend claire. Dclillc r;i dil absolunicni, cl je ne trois pas qu'on puisse l'en blàuier. {Éncid., Vil, 505) :

Alors, les yeux hagards, pâle, déiordonnie, A toute sa fureor elle erre aliandonnce.

Il l'a employé plus clt'ïammenl dans les vers suivants (£nf«f., Vlll, 247) :

Voyez-Tons dans les airs ces rochers suspendus, Ces éclats, ces débris au hasard répandus. De ce mont cnlr'ouTort l'horreur détordonnie, El de son antre affreux la toute abandonnée?

Désoedomuément. Adv. 11 est [hîu usité, et se met après le \erbe : Vivre dêsordonnèment, il a toujours vécu dttordonnéme nt, et non pas dcsordonnénient vécu.

Désordosneb. V. a. de la 1" conj. L'Académie n'a [las mis ce mot dans son Dictionnaire. Cependant il fait un assez bon effet dans les vers suivants :

Atinas même fuit, et de ses \ctérans Un tumulte confus desordonne les rangs.

(Dbiil., iBnetd., XI, il6t.)

Mais à son dieu déji tous ses sens s'abandonnent; Ses chereux, son regard, ses traits se désordonnent. (/dfin, yi, 67.)

Désordonner signifie troubler l'ordre; se dèsordoniier, se déranger, se confondre, sortir de l'ordre.

DÉsoaDRE. Subst. m.

Et ma bouche et mes yeux, du mensonge ennemis. Peut-être dans le temps que je voudrais lui plaire. Feraient, par leur désordre, un effet tout contraire. (Rac, Baj., act. Il, se. v, 80.)

La Harpe dit au sujet de ces vers: a On ne peut pas dire le désordre de ma Louche et de mes yeux. L'intervalle d'un vers rend la faute moins sensible, mais non pas moins réelle. » {Cours de littérature.)

* Désorganisatedr. Subst. pris adjectivement. Ce mot, né dans la Révolution, s'est maintenu. Système désorganisateur. Je ne vois pas pourquoi on ne dirait pas au féminin désorganisatrice.

DÉsoRGAMSATiON. Subst. f. L'Acadéuiie a mis ce mol dans son édition de 1798, et elle l'a conservé dans celle de JS.35. Il est né dans la Révolulion, ei l'usage l'a adopté.

Désof.gamser. Mol nouveau , né dans la Révolulion, et que l'usage a adopte. 1,'Acadéiiiie l'a mis dans son édition de 1798 et dans celle de 1S35.

Désormais. Adv. H ne se met qu'avec le futur. 11 faut dire il est temps à présent, je suis trop vieux à présent; et avec le futur, je ne sortirai plus désormais si tard.

J.-J. Rousseau a donc eu tort de dire: Dans l'état oit sont désormais les choses. [Emile.) On disait iiulrefois desor, de hâc horâ.

* Désolci. Subsl. m. On prononce dessouci. Diderot avnil dil que Séncque, dans sa treizième leltre, traitait du courage que donne la vertu, et du désouci de l'avenir. On lui a reproché d'avoir créé celle expression nouvelle, comme on a reproché à r;it)bé de Sainl-Pierre d'avoir créé celle de bienfaisance, qui est aujourd'hui si bien établie. « Mais, dit Diderot, d'ancienne ou de nou- « velle création, qu'importe? Nous manquc-t-

DES

« elle? Ne doit-on pas compter désouci de l'ave- « nir piumi les mots dont la diselle appauvrit «i noire langue? i> — Ce mot est nécessaire, il est sonore, cl l'on ne doit pas craindre en reiiq)loyant à propos d'être repris par les gens sensés.

* I)K.<.poTiE. Subsl. f. On ne trouve point co mol dans les dictionnaires. Il signifie gouverne ment où la souveraineté réside dans la vulonléd'ui' despote.de même i]\ie démocratie signifie gouvei nemenloùla souveraineté réside dans le peuple C'est autre chose que le desputisme. Il peut ) avoir du d^.-<piitismc dans un Etal sans (pie la des potie y soil établie. L'établissement de cet officiel devrait avoir été fait lors de l'établissement de la 7noHarchie et delà despolie. (\olt.. Commentaire sur l'Esprit des lois, XLllI.)

Dt»ssEiN. Subst. m. Projet, résolution, intention de faire quelque chose. Racine a dit en ce sens :

Peut-elle contre vous former quelques desseins?

[Phéd., act. I, se. 1, 47.)

Il fant que vous soyet instruit, même avant tous. Des grandi desseins de Dieu snr son peuple tl sur tous. ^wiUl., act. IV, se. Il, 3.)

Mais il a dit aussi :

El ne le forçons pas, par ce cruel mépris. D'achever un dcssem qu'il peut n'aToir pas pris.

Alex., act. I, se. m, 15.)

Cette expression, achever un dessein, a été l'objet d'une grande discussion. L'abbé d'Olivet l'a condamnée en disant : On dit exécuter, nun acJiever un dessein. Achever ne se dil ijuc de ce (|ui est commencé. Or, ce qui est un dessein, c'esl-àdire un projet, n'est pas quelque chose de commencé; ou si c'est quelque chose de commencé, ce n'est plus simplement un dessein, c'est une entreprise. L'abbé Desfonlaincs était pour achever un dessein , et Racine fils défendait l'expression de son père, Féraud dil qu'il ne voudrait pas la condamner eu vers, mais qu'il ne voudrait pas l'employer en prose. — Ce qui est contraire a la raison est mauvais en vers comme en prose. Or, il est évident qu'on ne commence ni n'achève un dessein, un projet, une résolution; on les exécute; et le couiincucemcnt et V(ichèveme?it ne peuvent se dire que de l'e.xécution. Racine avait fait une faute semblable en disant dans les Frères ennemis (acL R', se. III, 105) :

Hâtei-Tous donc, cruels, de me percer le sein. Et eommeni» par moi votre horrible dessein.

Gresset., imilaBt Racine , a dit dans Edouard (act. 1, se. I, 73) :

Parmi ces ennemis j'ai conduit mon dessein, \'A, prêt à l'achever, je puis finstruire enfin.

Tant il est vnii que les fautes des grands hommes peuvent avoir de fâcheuses conséquences!

Desservir. V. a. et irrcg. de la 2' conj. 11 se conjugue comme sentir. Voyez Irrégulier

Dessiccatif, Dessiccative. Adj. qui se met après son subst. . Onguent dessiccatif, eau dessiccative

Dessiller. V. a. de la 1" conj. Voyez Dèciller.

Dessinateur Subsl. m. Il y i boau''Ok»;' de feniuies qui dessinent, et qui dess\neiil biCi.'., les appellera-t-on dessinateurs ou dessinatricesf II

DES

y a prés de deux cents ans que l'Académie travaille à son Diclionnairo, et elle ne nous a p;is encore appris s'il faut dire décoratrice, dessinatrice, appréciatrice, etc. Je pense que nous ferions bien d'employer ces mois, en attendant sa décision.

Dessobler. y. a. de la 1" conj. Ce n'est pas seulement un terme populaire, comme le dit l'Académie, mais un terme bas, aussi bas que cet exemple qu'elle nous donne : O/i prétend que la soupe à l'ognon dessoûle ceux qui ont trop bu. Selon l'Académie, ce verbe est aussi neutre. Les gens qui se piquent de politesse dans le langage n'emploienl point ce mot; ils disent désenivrer.

Dessods. Subsl. m. Devant une voyelle, on prononce le 5 final comme un z : Touchez le dessov-zet le dessus.

Dessous est aussi adverbe. En ce sens, il n'a point de régime. On ne dit pas dessous l-a table, mais sous la table. On le cherchait sur le lit, il était dessous. Il n'est ni dessus, ni dessous. Ainsi ne dites ])as parmi les animaux il y en a qui vivent dessous la terre ; mais il ij en a qui vivent sous terre.

Autrefois on employait indifféremment ce mot comme préposition et comme adverbe :

Ses sacrilèges mains

Dessous un même joug rangent tous les liumains. (lUc, Alex., acl. II, se. ii, 9!.)

Rome est dessous vos lois par le droit de la guerre. (Corn., Cin., act. II, se. i, 67.)

Voltaire dit au sujet de ce vers, on disait autrefois dessinis au lieu de sous; dessus au lieu de sur. Dessous est adverbe et n'est point préposition. (Remarques sur Corneille )

Voltaire, qui relève cette faute, la fait luimême dans sa 7;?'" épitre (v. 3) :

Vous iloimei dessous les courtines Et des Grâces et des neuf Sœurs.

L'Académie dit qu'on l'emploie quelquefois comme préposition, et donne pour exemples : J'ai cherché inutilement dessus et dessous ?e lit ; on a tiré cela de dessous la table. Je ne crois pas que le premier exemple soil régulier. Il faut dire j'ai cherché dessus le lit et dessous ; ou bien prendre un tour qui mette à même de dire j'ai cherché dessus et dessous. Quant à rriuiro exemple, jiî crois que dessous y est prissubslantivement : On a tiré cela de dessous la table, c'està-dire du dessous de la table. Au moyen de cette explicaticm, Voltaire, qui dit ciue dessous n'est pas préposition, ne se trouverait point en contradiction avec l'Académie.

Dessds. Adv. On peut appliquera cet adverbe tout ce que nous avons dit de dessous.

Soit que Rome succombe, on qu'elle ait le dessus. (Corn., Hor., act. I, se. m, 95.)

Avoir le dessus ou le dessous ne se dit que dans la poésie burlesque. (Volt., Remarques sur Corneille.)

l'ai trop par tos avis consulté là-d-asus.

(Corn., Cin., act. IV, se. ly, 27.)

La-dessus, là-dessous, ci-dessus, ci-dessous, termes familiers qu'il faut absolument éviter, soil en vers, soit en prose. (Volt., Remarques sur Corneille.)

DES

Destin. Subst. va. Destin, en poésie, se dit pour vie :

Il craint ces assassins

Qui du roi v»lre époux ont tranché le» d<'iti'ris.

(Volt., 3lér., acl. 1, se. ii, 15.J

Oui, j'aurais de mes jours prolongé ses deXi'ns. (Volt., Mort de César, act. IH, se. vni, 4.)

Jurer donc avec moi

Par les mines sacrés de tous les vrais Romains Qui dans les champs d'Afrique ont fini leurs destin», etc. (Jdem, acl. II, se. iv, 124.)

Dans les champ!! d'Ilion, les armes à la main, Que n'ai-je pu finir mon malheureux desdn?

(Delil., Éndid., I, 143.)

.... Et si dans mes alarmes Le ciel me permcltait d'abréger un destin Nécessaire à mon lils, etc.

(Volt., Orphelin do la Chine, act. I, se. v, 16.)

La Harpe dit au sujet de ces derniers vers, «7» destin ne peut en aucune manière être le synonyme d'une vie. Ou dit tros-liicn une vie nécessaire à mon fils, mais jamais une mAin ne dira que son destin est nécessaire à son fiis ; celle diction est trop négligée et trop vicieuse. (L;: Harpe, Cours de littér.)

Si destin, chez les poêles, est synonyme de v' dans les exemples que nous avons cités, pourquoi ne pourrait-il pas l'élre dans <elui que critique La Harpe? Et si desti7i signifie vie, pourquoi ne dirait-on pas un destin nécessaire à mon fils? Abréger un destin n'est jias plus étrange que trancher les destins, protéger les destins, finir ses destins, finir mon destin. Il faut remarquer ici que les poêles, dans cette acception, mettent indifféremment destin au singulier / au pluriel. Voyez Fatalité.

Destiner. V. a. de la -1" conj. : Destiner pout a rapport à l'emploi : Il a destiné ret argent l)0ur les pauvres. Destiner à a rapport au but : Il a destiîié cet argent aux pauvres.

Destitoaiîle. Adj. des deux genres. 11 se met après son subst. : Un officier destituable.

Destrdctedr. Subst. m. (pii so prend adjectivemenl : Les destructeurs de Troie, un torrent destructeur.

Queltiues dictionnaires ont mis destructrice en parlant d'une femme. L'Académie ne le met point. Cependant Moutesnuieu l'a employé : C'était une nation bien destructrice que celle des Goths. Loi qui devient destruirii i. e tiw corps politique. Féraud dit que ce mol est bien dur. Ce n'est pas une raison pour le rejetei. Il est nécessaire cl conforme à l'analogie. Il prétend que destructive a le même sens, et qu'il doit être préféré, parce <iu'il est aussi énergitjue et plus doux. Destructif n'a pas le même sens que destructeur: celui-ci mar(]ue la volonté, rinlenlioii de détruire; celui-là n'indiiptt, que l'aclion de détruire. On dit un homme destructeur, un animal destructeur ; et on ne dil pas un homme destructif, un animal destructif. On ne pomrait doue pas dire une nation destructive , au lieu li'uîie nation destructrice. Maison pourrait dire une loi qui devient destructive du corps politique, SU lieu de qui devient destructrice, coiaaie a dil Montesquieu.

Destructif, Destructivi;. Adj. qui se met toujours après son subst. : Un principe destructif, une cause destruetive. Voyez Destructeur.

Désuétude. Subst. f. Le s, quoique entre deux

DÉT

voyelles, conserve sa prononriation primitive se. parce que ce mol osl considère comme composé dedévl (Je sm'tudc, el l'on prononce conmie si ces deux (Mémoiils élaicnl séparés, dé-suélude, ce qui rend la lellre « initiale.

* DtsisiTÉ, DÉSLSiTÉE. Adj. On prononce dêzvsité. Il ne se met (lu'après sun suhsl. : Son confesseur l'avait assujetti à ces pratiques peu convenables, et aujourd'hui désusilces. (\«'lt., Sièclede Lo}iisXIf'',c\\ip. xxviii.) Cet adjeclilest nécessaire Inusité ne le remplace |)ninl. Inusité signilieiiui n'est point en usaçe; désusitéxcnxàwa qui a été en usage, et dont on a quitté, al)an(ionné, nc^liiré l'usage, de manière qu'il n'existe plus.

Détail. Subst. m. I.e père Bouhours n'approuvait \tn«, détails Ml pluriel. 11 esl très-usilé aujourd'liui : Je n'aime pas les détails.

Le pluriel de ce mot a un sens diflercnt du singulier. Le détail esl l'action déconsidérer, de prendre, de mcilrc la chose en petites parties, ou dans les moindres divisions. Les détails sont ces petites pailiosou ces petites divisions, telles qu'elles si ni dans l'objet même. Nous faites le détail, el non les détails, d'une histoire, d'une affaire, dune aventure; vous en faites Ze détail en rapportant, en parcourant, en présentant les détails, de la chose jus(pie dans les plus petites parlicularilés. Nous n'en faites pas les détails, parce qu'ils existent par eux-mêmes dans la chose; ce sont les petits objets ou les objets |)arliculiei's qu'on peut détailler ou considérer, et employer en détail.

Il y a dans la police , dans le commerce , dans le ménage, dans la linance, mille petits détails, mille petites affaires dont le détail ou l'exposition détaillée n'aurait point de lin. Un minisire s'occupe en gros ou en gi'and des affaires ou des grandes affaires; il laisse les détails ou les petites affaires, el les particularités des grandes affaires à ses commis; ses couunis lui en font ensuite le détail ou le nippon. — Détail annonce la manière dont vous représentez les choses ; el détails les choses inonies (jue vous représentez. Qucl(|uefnis on dit indiflércunnenl el bien, détail e\ détails, mais sans (pie leiu' signification soil absolument la même, quoi^iue les deux phrases reviennent à peu près a la même idée. .Ainsi on dira voilà le détail, el voila les détails de l'affaire. Mais détail signifie proprement le récit détaillé que vous en avez fait, el détails ce <ine la chose avait de plus particulier. Ox\ (\\\. beautés de détail, pour beautés que l'on trouve en détaillant, ou beautés de certains détails ; esprit de détail , OU propre à saisir el a régler les |)lus petits détails

Détailler. V. a. de la i" conj. On mouille les /.

Dételf.r. V. a. de la 1" conj. On double la lettre l dans les temps de ce verbe où elle esl suivie d'un e muet : Je dételle, je détellerai, il détellera, il détellerait: on ne met (pi'un nors(]uc cette lettre esl suivie de toute autre lellre (jifun e muet : Je dételais, j'ai di'telé, ils dételèrent.

Dktemr. V. a. de la 2"" conj. Il se conjugue, comme tenir. Voyez [rrégulier. — Ce verbe n'est guère usité ipTau i)alais.

Détenteur Suiist. m. Ce mol n'est guère d'usage (pi'en style de palais. En parlant d'une femme, on dit détentrice : Détenteur , détentrice d'un héritage.

\jr. 1 EN u, Détr;\ue. Part, passé du verbe détenir, et adj. Voltaire l'emploie subslanlivcmenl, pour fiignilier ceux qui sonl en prison : Les détenus ?)«

DËT

s'entre-cnmmuniquent que des exhalaisons empestées. Féraud dit qu'on peut regarder ce substantif comme un néologisme. — 11 ne l'est plus aujourd'hui. 11 esl généralement adopté en administration, pour signifier une personne retenue en prison de (|ueh|ue manière (juc ce soil, et pour (|uelque cause (pjc ce puisse être. l.e> prévenus el les condamnés, lorsqu'ils sont en l)rison, sont désignés par le mol général de détenus.

Déterger. V. a. de la i" conj. Dans tous les temps de ce verbe, g doit se prononcer comme un j, el pour lui conserver cette prononciation lors(]u'il est suivi d'un a ou d'un o, on rnet un e muet avant cet a ou cet o: Je détergfais, détergcons, et non pas je détergais, détergons.

Déterminant, Déterminante. Adj. verbal tiré du V. déterminer. Il se mel après son subst. : Motif déterminant, raison déterminante. Voyez Déterminatif.

Déterminatif,Déterminative. Adj. quel'on emploie aussi subslanlivement. Terme de gi'ammaire. Il se dit d'un mol ou d'une phrase qui restreint ou détermine la signification d'un autre mot, el (jui en fait une application individuelle. Tout verbe actif, toute lu-éposition, tout individu qu'on ne désigne pas par le nom de son espèce, a besoin d'être suivi d'un déterminatif: Il aime la vertu , il dcmeuj-e avec son père, il est dans la maison ; vertu esl le déterminatif de aime; son père, d'avec; et la maison, de dans. Le mol lumière est un mot générique. 11 y a plusieurs sortes de lumières; mais si on ajoute du soleil, alors lumière deviendra un nom individuel, qui sera restreint à ne signifier que la lumière individuelle du soleil. Ainsi, dans cet exemple, du soleil esl le déterminatif ou le d(Herinuiant de lumière. (Dumarsais.) \oyez Complémeni, Régime.

*Détermination, * Déterminaison Substantifs féminins. L'Académie n'exjilique point le mot détermination comme terme de grammaire. Détermination, dit Dumarsais, est un terme abstrait. Il se dit de l'clfei que le mot qui en suit un autre au(iuel il se nqiporle produit sur ce mot-là ; L'amour de Dieu; de Dieu a un tel rapport de d(Herminalion avec amour, qu'on n'entend plus jiar amour cette passion profane qui perdit Troie; on entend, au contraire, ce feu sacré qui sanctifie toutes les vertus.

Ce mol de détermination a |irol)ablement paru à Beauzée tiop éloigné de sa signification primitive, dans le sens que lui donne Dumarsais; il y a substitué le mol déterminaison, qui paraît plus analogue, el par conséquent plus convenable. Voici comme il s'exprime à l'article Mot dans le Dictionnaire encyclopédique : Nous pouvons donc en conclure que les adjectifs et les verbes ?ie présentent à Vesprit que des éti'es indéterminés, puisqu'ils ont besoin d'une déterminaison accidentelle pour pouvoir prendre tel ou tel cas.

Déterminément. Adv. Il se met toujours après le verbe : // l'a voulu déterminément, et non pas il l'a déterminément voulu.

Déter.miner. V. a. delal"^' conj. Ce mot signifie en grammaire restreindre la signification d'un mol, et en l'aire une ai)plication individuelle. Dans celte phrase, Vumour de Dieu, de Dieu détermine le mot amour et eu lait l'application individuelle.

{^'Académie dit, il s'est déterminé ; déterminez-vous o quelque chose. Montesquieu a dit

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