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mage opéré sur la chose, et par relation sur la personne. De (juelque manière que vous o|)éricz la perte, le dépèrisseuieiu, la diminution d'une chose, vous faites ou vous causez du dommage. L'ne nouvelle maison de commerce qui croise les autres, et leur enlève des bénéfices par sa concurrence, leur poile préjudice, mais sans attenter aux droits d'autrui. Une exemi)iion parliculièie d'impôt tourne au détriment i\vi peuple, sur qui l'inqiôl est rejeté. L'auteur du dommage fait une action qui fait le mal d'autrui; l'auteur du préjudice fait Son affaire dont il résulte (|uelque mal pour autrui; \'nu{cur ihi détriment fait une chose qi.i devient un mal pour autrui.
DÉTf.ojiPER. V. a. de la I''"' conj. On dit bien détromper quelqu'un, c'est-à-dire le désabuser, le tirer d'erreur. Mais dit-on, comme le prétend l'Académie, je veux vous détromper de cet homme-la? J'en doute II est vrai que Bossuet a dit : C'en serait assez pour se détromper de tels docteurs. Mais cette manière de s'exprimer n'a pas été imitée; et je pense, comme Féraud, ([u'en parlant des personnes, désabuser vaut mieux. O» détrompe d'une erreur, mais on ne détrompe pas une erreur, parce qu'on ne peut détromper que ce qui est trompé, et qu'une erreur ne peut pas être trompée. C'est donc avec raison qu'on a reproi hé a Racine d'avoir dit dans Phèdre (act. I, se. V, 21) :
Délrorapei $on erreur, flécliisseï son courage.
Voyez Désabuser.
Détruire. V. a. delà 4' conj. Ce mot ne signifie ni démolir, ni abattre, ni ruiner, ni renverser un édifice, comme le dit l'Académie. On abat un mur, et on ne le détruit jias, car les matériaux restent; on ruine un château sans \e détruire , il reste un château en ruines; le vent renverse une tour, et ne la détruit pas. Détruire, c'est rompie, anéantir les ressorts, les formes, l'arrangement des parties, la construction d'une chose, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucune apparence. Racine a dit se détruire dans une acception que l'Académie n'indique pas :
Tous ses projets semblaient l'un l'autre se détruire. {Ath., act. III, se. in, 28.)
Comme on voit tous ses vœux l'un l'autre se détruire .' [Phèd., act. I, se. m, 10.)
Deuil. Subst. m. Le l final se mouille. Voltaire a <i\i porter le deuil de moi, pour éviter l'équivoque qu'il y auraiteucdansp»;-<c)- /«<)« deuil. Je croyais bien que ce serait elle qui porterait le deuil de moi. [Correspondance .)
Deux. Adj. des deux genres, qui se met avant son subst. : Deux hommes, deux chevaux, deux maisons. — On dit aussi chapitre deux, article deux. Alors deux est pris pour deuxième. Fcraud demande si l'on doit dire tous deux, toutes deux, ou tous les deux, toutes les deu.v. 11 pense que tous deux vaut mieux dans le discours familier, et tous les deux dans le style soutenu. Madame de Sévigné a dit elles vous embrassent toutes «fewor; cl Marmontel, sa délicatesse blessée sera leur supplice ù tous deux. Féraud ne donne point d'exemiile ie tous les deux. Cependant je pense que de même qu'on ne dirait pas tous douze, tous vingt, c[c., on ne doit pas dire non plus <ous deux, el que c'est abusivement (juc cette façon de parler s'est introduite dans le langage famiu'isf^
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lorsqu'il n'est question que d'un petit nombre seulement, toux deux, tous trois. Le mieux est de dire tous les deux, tous les iruis. — Lorsque tf^i/x n'es! [iSii suivi de l'espère noinbrée, ou cju'il est suivi du nom de l'espèce nombrée commençant par une consonne ou un h aspire, x ne se prononce point, on allonge seulement la syllabe. J'en ai deux, ils sont deux, deux rnaiso/is, deux chambres, prononce/, deu. — Lors(jue c^ei/a- est suivi du nom de la chose nombrée, commençant par une voyelle ou par un h muet, on prononce le X avec un sifflement faible, c'est-à-dire comme un s.
DtL'xiÈME. Adj. des deux genres. Il se met ordinairement avant son subsl. : Le deuxième étage; la deuxième maisoît. On dit chapitre deuxième, article deuxième. Le x se prononce comme nn ;;.
DixxiÈMEMENT. Ailv. On peut le mettre avant ou après le verbe : Deuxièmevient, je vous dirai, ou je vous dirai deuxiè/uemejit.
DÉvAr.ER. V. a. et n. de la l"' conj. Ce verbe ètnil usité autrefois, même dans le style noble; il ne l'est [Aus aujourd'hui dans aucun slyle. Corneille avait dit iIîodoc/.,nc\.. Il, se. ii, 7o) :
On ne raonlcra point au rang dont je dévale, . .
On dirait aujourd'hui d'oii je descends.
Devancer. V. a. de la l"conj. Dans ce verbe, le c a la prononciation do se ; et pour la lui conserver à tous les temps et à toutes les personnes, il faut mettre une cédille dessous toutes les fois qu'il est suivi d'un a ou d'un o. Ainsi on écrit nous dcvançims, je devançais, je devançai, et non [las non s devancoiis , etc.
Devant. Prép. On disait autrefois deranf ytic pour avant que. Racine cl Boileau s'en sont servis plusieurs fois, et Voltaire les a encore imités :
Devant que votre âme.
Prévenant mon espoir, m'eût déclaré sa flamme.
(Rac, Bai,, ac'' Y, se. iv, 25.)
Âh! devant qu'il expire. . .
(Volt., Tancr., act. Y» se ï > 31.)
Voyez Avant.
Dévastateuiî. Subst. m. qui s'emploie adjectivement. L'Académie de 1762 n'avait ])as mis ce mot dans son Dictionnaire; celle de 179.S l'a adopté, et elle nous apprend que l'on dit au fé minin dévastatrice. C'est un mol que Raynal et quehpies autres auteurs ont employé fréquemment, et (|ue l'usage a adopté.
Développek. vTa.de laI"conj. Racine a dit dans Esther (act. III, se. iii, 7) :
Mais ce sujet zélé qui d'un œil si subtil Sut de ce noir complot développer le fil.
On développe une affaire qui est embrouillée, on développe une difficulté, un mystère ; mais on ne développe pas le fil d'un complot, on le débrouille.
Devemr. V. n. de la 2' conj. Il se conjugue comme i-e/uV, mais il prend l'auxiliaire être. Ce verbe régit ordinairement des adjectifs et des sul>stantifs pris adjeclivement. Devenir yrund, riche, savant, jaloux, fâcheux; devenir flatteur. Quand la phrase exprime l'état précédent, on le joint par de à la phrase qui exprime l'état nouveau : // devint riche de pauvre qu'il était. Alors celte seconde phrase peut être mise la première. De pauvre qu'il était, il devint riche. On dit
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aussi les plaisirs auxquels il était le plus adojmé lui étaient devenus insipides. Mais on ne peut employer ce régime indirect ([u'avec un adjectif. Corneille a dit (act. IV, se. vu, 64) :
A quel point ma vertu devient-elle réduite !
Voltaire a dit au sujet de ce vers : Devient réduite n'est pas français. Le mot de^venir ne convient jamais qu'aux affections de l'àme; o» devient faible, malheureux, hardi, timide, etc. ; mais on ne devient i)as forcé à, réduit à.
Ici Voltaire se trompe. Devenir se dit aussi bien des changements du corps que des affections deTâme. On devient grand, gros, gras, maigre, atc. Il aurait dû dire que devenir ne se joint point a des iiarticipcs pris adjectivement.
Dévei'.gonué, Dévergondée. Il est familier, et ne se met qu'après son sulisl. On l'emploie aussi substantivement : C'est un dévergondé, une dévergondée.
Devers. Préposition de lieu. Autrefois on employait cette préposition pour signifier du côté de:
C'est ainsi, devers Caen, que tout Normand raisonne. (BoiL., ÉpUre II, 30.)
Aujourd'hui on dit simplement vers : H demeure vers Toulouse. — Devers se joint quelquefois avec la préposition par, et alors il n'est guère d'usage ([u'avec les pronoms personnels : Betenir des papiers par devers soi. Avoir le bon goût par devers soi. Il n'y avait guère d'homme considérable qui n'eût par devers lui quelque prédiction qui lui promettait V empire. (Montesquieu, Grandeur et décadence des Romains, chap. XXI.)
Déverser. V. a. de la 1" conj. Depuis quelque temps, un a donné à ce mot une nouvelle acception. On l'emploie au figuré pour verser, répandre. On dit déverser le mépris sur quelqu'un. L'Académie, dans son édition de 18:î5, ne donne point d'exemple de ce sens.
DÉVÊTIR (se). V. a. et irrégulicrde la 2'' conj. Il se conjugue comme vêtir. Il prend l'auxiliaire être comme tous les autres verl)cs pronominaux.
Dévideur, Dévidedsp L'Académie le fait adj. et subst. Il n'est que suliiUanlif.
Devin. Subst. m. En parlant d'une femme, oi. dit devineresse. Voyez Ifevinevr.
Devineup.. Subst. m. 11 se dit i)0iir devin en plaisantant, et dans le style burlesque. En parlant d'une femme on dit devineuse dans le même sens et dans le môme style. La Fontaine a dit (liv. VII, fable XV, 43):
Chez la devineuse on courait.
Pour se faire annoncer ce que l'on désirait.
Il emploie aussi dans la même fable devine dans
le même sens (vers 33) :
Moi, devine ! On se moque : eh ! messieurs, sais-je lire?
Cefémininn'a point été consacré par l'Académie.
Devise. Subst. f. Voyez Emblème.
Deviser. V. n. de la l'^' conj. Férauddit qu'il est vieux. L'Académie se contente de dire qu'il est familier. Je dirais iiresquc (juil est naïf. C'est causer de choses et d'autres i)ar manière d'amusement : Nos voyageurs devisaient en chemin. (Voltaire.) Ce mol est ancien, mais il n'est pas vieux.
Devoir. V. a. de la 3' conj. On dit sans article: Un fils doit respect à son père, un citoyen doit
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obéissance aux lois, un svjet doit obéissance à son souverain. Toutes ces phrases ne se disent que d'un devoir fondé sur la nature ou sur les premiers principes de la société. IMais cpiand il s'agit de choses qui dépendent en quelque sorte de la volonté et des circonstances, il faut employer l'article : Je vous dais des remcrciments pour vos bons oMces ; et non pas, je vous dois re merciments. Je dois du respect à votre âge, à votre place.
L'Académie ne l'indique point dans l'acception suivante:
Deerui-je au dépit qui le presse Ce ({uc j'aurais voulu detoir à sa tendresse ?
(^'0LT., Brut., acl. Ht, se. IV, 10.)
11 s'emploie avec le pronom personnel régime indirect, dans le sens d'être obligé : On se doit à soi-même de respecter les bienséances. Je me devais de faire celte démarche. (Acad.) 11 s'emploie également avec le pronom personnel régime direct, et alors il signifie être tenu de se dévouer, de se sacrifier :
Sa mort tous laisse un fils à qni tous tous devez. (Rac, Phèd., act. I,sc. y, 7.)
Voltaire a dit dans Mérope (act. I, se. iii, 8) :
Nous devons l'un à l'autre un mutuel soutien.
La Harpe a dit au sujet de ce vers : La rigueur grammaticale exigerait nous nnjis devons. Je crois qu'en poésie on doit d'autant plus supprimer cette répétition de pronom, qu'elle n'est pas agréable à l'oreille, et que l'un à l'autre exprime suffisamment la récijirocité. Je doute de la justesse de cette observation.
Devoir. Subst. m. L'Académie ne dit pas so7-tir de son devoir. Si les femmes que tu gardes voulaient sortir de leur dcroir, tu leur en ferais perdre l'espérance. (Montesquieu, II" lettre persane.)
DÉvor.«.NT, DÉvor.ANTE. Adj. verbal tiré du v. dévorer. 11 peut dans quelques casse mettre avant son subst. : Une dévorante ardeur; un lio7i dévorant, une soif dévorante .
• Dévouatelb. Subst. m. qui peut être pris adjectivement. t>e mot expressif et utile, qui était en usage autrefois, n'a pas été conservé j)ar l'Académie. Ou le trouve dans les anciens dictionnaires, dans quelques modernes, et dans de bons auteurs. Il ne s'emploie qu'au figuré. Rien n'empêche de dire dévoratrice au féminin.
Dévorer. V. a. de la 1'^' conj.
La flamme dévorait les loils de mes ancêtres.
(Delil., Ènéid., H, 1010.)
Et de SCS TŒu.t hardis l'orgueilleuse espérance Dévorait en secret, dans le fond de son cœur. De ce grand nom de roi le dangereux honneur.
fV'oLT., Uenr., YI, 64.)
Durant ces mots, Didon, dévorant son olTense, A peine à contenir sa longue impatience, etc.
(Dblil., Ènéid., VS' , 515.)
Il faut enGn que je tous ouvre un cœur Qui longtemps dcTaiit tous dévora sa douleur.
(YoLT., Sémir., act.II, se. vu, 1.)
La plupart de ces acceptions ne sont pas indiquées dans le Dictionnaire de l'académie. On n'y trouve pas non plus dans un sens passif, é<re dévoré de douleur, de chagrin, etc. Il n'en est