‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 120 sur 453 · DIA · texte numérisé non relu

DIA

pas die même de moi, qiU, enfermé dans une affreuse prison, suis toujours environné des mimes objets, et (\evori: des mêmes chagrins. (Montesquieu, IX' lettre persane.)

* Dévoreur. Subst. m. .Mot inusité, dont J.-J. Rousseau a fait un emploi que l'on ne saurait désapprouver. Dans les festins d'Homère, dit-il, on tue un bœuf pour réguler ses holes, comme on tuerait de nos jours un cochon défait. En lisant qu' Abraham seri'it un viau à (rois personnes, qu'Eumée fit rôtir deux chevreaux pour le dîner d'Uly.'ise, et qu'autant en fit Rebecca pnur celui de son mari, on peut juger quels ten'ibles dévoreurs de viande étaient les hommes de ce tempslà.

Dévot. Dévote. Adj. On peut le meltrc avant son subst. lorsijuc l'analogie et l'harmonie le perracttcnl : Un homme dévot, une femme dérote, lésâmes dérotes, une ardeur dévale, cettr dévote ardeur. Ouehpiefois il régit la |;rcposilioi' « .• // est dévot à la fvcrge. Voyez Adjectif.

Dévoteme.nt. Adv. On j)eut quclipielois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // « entendu dévotement la messe, ou il a entendu, ia messe dévotement.

Dévotiecx, Dévotiecse. Adj. 11 est vieux. Cependant il y a des cas où l'on pourrait l'employer utilement , on parlant d'une dévotion aveugle et superstitieuse.

Dévotion. Subst. f. Il s'emploie au pluriel en parlant de certaines praliipies religieuses. Montesi]uieu a dit .- Lorsque nnis eûmes fuit nos dévolions sur le tombeau delà vierge, qui a mis au monde douze prophètes (l"^ lettre persane.)

Di. Particule prépositive qui se met au commencement de certains mots et dont le sens est ordinairement extonsif. Diriger, c'est n^gler de point en point; dilater, c'est donner beaucoup d'étendue ; diminuer , c'est rendre plus menu, etc.

Dhble. Subst. m. Quoique l'Académie explique ce terme par celui de démon, il faut se garder de les confondre. Diable se prend loujours en mauvaise pari, et démon quelquefois en Iwjnne part. la malice est l'apaiiigedu diable, la fureur celui du démon. On dit ipie \e diable se mêle des affaires «pii vont de travers; et que le démon de la jalousie trouble un mari. Ce n'est pas le diable qui agite les poètes dans leur enthousiasme, mais un démon. — Quoique diable se prenne toujours en mauvaise part dans le sens d'esprit malin, il se prend en bonne part dans «ieux expressions familières. On dit c'est un bon diable, j)our dire tm bon garçon; et c'est un pauvre diable, pour dire un houmie malheureux, qui est dans la peine, dans la misère.

Diabolique. Adj. des deux genres. 11 peut quelquefois se mettre avant son subst. : Tentation diabolique; il avait de diaboliques intentions.

Diaboliquement. Adv. Tl se met après le verbe, mais (juelquefois avant l'adjectif : C'est une chose diaboliquement inventée, ou inventée diaboliquement.

Diagonal, Diagonale. Adj. Cet adjectif ne s'appliquant qu'au mot ligne, ne i)eut avoir de pluriel au masculin.

Dialecte. Subst. m. « L'Académie française, dit D-jmarsais, fait ce mot masculin; et c'est l'usage le plus suivi Cependant Danct, Richelet «'t l'auteur du Novùius, le font du genre féminin

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