‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 131 sur 453 · DON · texte numérisé non relu

DON

sentir le p, et on prononce le vi comme un n, donier. Delille l'a dit des métaux (Enéide, YU, 871) :

Cinq cités à la fois, sous les pesants marteaux, l''oat retentir l'enclume et domptsnt les métaux.

Féraud prétend que l'on prononce le p dans le discours soutenu. Rien ne serait plus dur que la prononciation de ce p dans un vers. Qu'on essaie de le faire sentir dans les vers suivants, et l'on s'en convaincra :

Pardonnez-moi, grands dieux, ce souvenir funeste :

D'un feu que j'ai dompté, c'est le malheureux reste.

(Volt., OEd., act. II, sc il, 33.)

Dompteur Subst. m. On prononce donteur.

Il est peu usité, et ne sc niel qu'avec un complément : Le dompteur des monstres, le dompteur des nations. Il n'a point de féminin.

Don. Subst. m. L'Académie l'explicpie par présent et gratification. Cela ne donne point une idée exacte du don. Le don est l'action de donner graïuilemcnt, ou la ciiose gratuitcineni donnée, par opposition à ce ([u'oii donne pour prix, pour salaire, jiour acquit, à titre onéieux. Le prei-en/ est ce que l'on présente en main, ce qu'on donne delà mainàlainain. On \,i\\. présent d'un écrin de diamants; on fait don d'une terre, d'une maison. Le don a pour but particulier l'avantage de celui à qui on le fait; on fait |)lutôt don de choses utiles. Le. présent est plutôt offert par le désir de plaire; on fuit plulôtpreW/tf de choses agréables. Yoilà pourquoi on dit plulôt les don* de Cérés et les présents de Flore. (Roubaud.) — On dit avoir le don de plaire à tout le monde; on dit aussi absolument en ce sens, le don de plaire :

Cet heureux don de plaire, Qui mieux que la vertu sait régner sur les cœurs. (Volt., aenr., HI, 68.)

Donatecr. Subst. m. En parlant d'une femme

on dit donatrice.

Donc. Conjonction. Le c se prononce comme un k lorsque donc commence la jihrase ou qu'il est suivi d'une voyelle : f^otre maître vous aime, donk vous devez l'aimer; votre frère est donkurrivé. Mais devant une consonne, lorsqu'il est dans le cours de la phrase, il ne se prononce pas : Foire père est don sorti. (Wailly.)

Donc se met à la tête de la phrase ou après le verbe, ou entre l'auxiliaire et le participe : Je pense, donc j'existe ; vous avez fait une faute, il faut donc h réparer. Il se plaint, nn l'a donc maltraité'^

Malherbe commence ainsi une de ses ode (liv. II, Ode pour le roi allant châtier la rébellion des Jîochellois) :

Donc un nouveau labeur i tes armes s'apprôle.

Voltaire n'approuvait pas un tel emploi du mot donc. Voici ce qu'il dit au sujet du vers suivant de Corneille [Rodog., act. I, sc. ii, 'J2) :

Donc, pour moins hasarder, j'aime mieux moins prélomlre.

Donc ne doit jamais entrer dans un vers, encore moins le coinmencei-. Quoi donc se dit très-bien, parce que la syllabe ^mm adoucit la dureté de la syllabe donc.

Racine a dit (Androm., act. II, sc. ii, 83) :

Je suis donc un témoin de leur peu de puissance.

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