‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 132 sur 453 · DON · texte numérisé non relu

DON

Mais remarquez que ce mol tsl glissé dans le vers, et que sa rudesse csl adoucie par la voyelle qui le suit. [Remarques sur Cornenle.)

Do.NNA>T, Do^^A^TE. Adj. verhal tire du v. dimncr. Il ne se dit qu'avec la iicgalivc, et se met toujours a|>rés son subst. : Il n'est pas donnant, elle n'est pus donnante.

Donner. V. a. de lai" conj. Z)i)n7icr, dans le sens de faire don, diffère de présenter cl d'offrir. Il marque plus particulièrement l'acte de la volonté qui transporte la propriété de la chose. Présenter désigne proprement l'action extérieure de la main ou du geste, pour livrer la chose dont on veut transporter la propriété ou l'usage. Offrir exprime particulièrement le mouvement du coeur (jui tend à ce transport. (Girard.) 11 y a plusieurs substantifs qui ne prennent point l'article lorstju'ils sont régimes directs de ce verbe: Donner avis, assurance, assignation, attention, audience ; donner conseil, caution, chasse, carrière, cours ; donner heure, jour ; donner parole , part, prise ; donner quittance, raison, rendezvous, tort, etc. 11 y en a d'autres qui prennent l'article dans le même cas : Donner le branle, donner un bon tour à une affaire, doniier un démenti, dionner l'absolution . la bénédiction, l'exclusion ; donjier des louanges, des preitves, des ?nai'qves, des conseils, des avis. Donner la loi, donner le ton, Vexemple. Donner la chasse, la main, le bonjour, le bon s/dr, etc.

Donner, devant un inlinitif, régit la préposition à : Donner à manger, à boire ; doiiner à penser, à songer, à discourir, à parler, à entendre, à connaître, à deviner.

Je te donne à combattre un tiomme à redouler.

(Corn., Cid, ad. I, se. viu, 16.)

11 s'unit dans plusieurs expressions avec la préposition dans : Donner dans le piège, dans le panneau; donner dans les bâtiments, dans les tableaux, etc.

Donner se dit pour communiquer :

Les Espagnols enfin t'ont donne leur fureur.

(Volt., 4!ï., act. V, se. v, 8.)

Donneur. Subst. m. En parlant d'une feinmc on dit donneuse.

Dont. Adj. conjonctif des deux genres et des deux nombres. Lorsque le conjonctif est le terme d'un rapport qu'on pourrait exprimer par la préposition de, dont s'emploie en parlant des choses et des personnes : Alexandre, dont vous lisez l'histoire, les hommes dont vous craigniez la méchanceté, les biens dont vous jouissez.

Malgré cette explication, qui est de Condillac, Féraud s'exprime ainsi à ce sujet : ^ 11 y a longtemps qu'on a dit que dont ne se dit que des f choses, et que pour les personnes il faut dire de qui. On a repris Malherbe d'avoir dit (liv. \\, Vers funèbres sur la mort de Henri le Grand, 53):

Pour moi, dont la faiblesse à l'orage succombe.

On a observé qu'il fallait dire de qui. Cependant on manque tous les jours aux régies qu'on sait le mieux; et M. d'Alembert a fait une faute en disant : Ils se rappelleront celui dont ils les ' tiennent. M. Linguet a relevé cette faute. »

Opposons à Féra-jd et à I.inguel, Vaugelas, qui approuve cette façon de parler et dit. L'homme donl^'at épousé la fille, dont je vous ai pai'lé ;

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