DUR
2ôl
maire. Il se dit d'une préposition ou d'une cunjonclion qui exprime le douU'.: Préposition dubitative. Si est une conjonction dubitative.
Duc. Subst. m. On prononce le c En parlant d'une femme on dil duchesse.
Ducal, Ducalf,. Adj. qui ne se met qu'jiprès son subst. L'Académie ne dil pas si l'on [)eut employer ducaus AU pluriel masculin. (Juel inconvénient y aurait-il a dire des ornements ducaux, comme on dil des oriie/nents royaux?
Dûment. Adv. qui ne se dit guère qu'en termes de pratique. Il se met toujours entre l'auxiliaire el le participe : Il a été dûment convaincu, dûment averti.
Duo. Subst. m. Ce mot ne prend point de i- au pluriel : Un duo, deux duo. — Cette opinion est celle de l'Académie de 171)8 et de la Grammaire des Grammaires ; mais l'Académie del835 donne l'exemple suivant :' De beaux duos.
Dupe. Subst. f. Ce mol est toujours féminin, quoi(|u'il soit appliqué à des noms du genre n^asculin : Il a été la dupe do son bnn cœur, vous serez sa dupe. La Fontaine l'a fait masculin par une licence qui n'a point eu d'imitateurs. Quelques écrivains retranchent le prépositif; l'Académie le met toujours, excepté dans ces deux locutions ; Passer pour dupe, être pris pour dupe.
Duperie. Subst. f. Ce mot a un sens passif. De même qu'une d«/)e n'est pas un trompeur, hdu~ perie n'est pas l'action de duper, de tromper. C'est une duperie, signilic c'est une chose oii l'on a été dupé, ou bien dont on serait la dupe.
Duplicata. Subst. m. 11 ne prend point de s au pluriel.
Dur, Dure. Adj. Il se met avant son su'dsI. lorsque l'harmonie et l'analogie le permetl'iit. Voyez Adjectif. Une pierre dure, un lit dur, avoir l'oreille dure, une réprimande bien dure, une dure réprimande. — Avec le verbe être employé impersonnellement, il demande la préposition de : Il est dur d'entendre ces reproches. Ailleurs il demande la préposition à : Ces reproches sont durs à entendre.
On dil aussi , dans le sens d'insensible , dur comme un roc, dur à ses débiteurs.
Durable. Adj. des deux genres. Il se met ordinairement après son subsl. : Un ouvrage durable, une paix durable, un bonheur durable. Une passion durable. Une passion parfaite et durable. Ces faibles succès ne furent pas durables. L'Europe paraît avoir pris une assiette durable. Voyez Adjectif.
Durant. Préposition. C'est la seule préposition qu'il soil permis de placer après son complément. On [jeut diiG durant sa vie, ou sa vie durant, durant 7ieuf ans, OU neuf ans durant. Mais on ne dirait pas de même le jour durant, la nuit durant, l'hiver durant : il faut toujours dire durant le jour, durant la nuit, durant l'hiver. Autrefois durant s'employait comme conjonction. On disail durant que, dans le sens de pendant que, tandis que; aujourd'hui on ne l'emploie plus en ce sens. On confond souven! durant d.\&c pendant; cependant il y a de la différence entre ces deux expressions. Durant exprime une durée continue; pendant manpie un moment, une époque ou une durée suscei)lible d'interruption. Ainsi l'on doit dire les ennemis se sont cantonnés durant l'hiver, s'ils sont "estes cantonnés tant que l'hiver a duré; el les ennemis se sont cantonnés pendant l'hivej-, s'ils ont seulement fait choix de cette saison pour se canton-
ner, sans cependant qu'ils soient restés tout l'hiver dans leur cantonnement.
Durée. Subst. f. 11 se dit des choses cl jamais des personnes : La durée de la vie, la durée d'un règne ; mais non pas la durée d'un roi.
DunEMEKT. Adv. 11 se met après le verbe -Être couché durement, on l'a traité durement. On lui
a parlé durement, et non pas on lui a durement parlé.
Dyscole. Adj. des deux genres. 11 se dit d'une personne avec qui il est dillicilo de vivre, ou de celui qui s'ccarle de l'opinion reçue. Il est peu usité. Il se place toujours aiirés S(jn subst. : f^otre enfant dyscole pâte tout ce qu'il touche. (J.-J. Kouss., Emile, liv. II, t. vi, p. 12(5.)
E. Subst. m. C'est la cinquième lettre de l'alphabet, et la seconde des voyelles.
On distingue en fiançais trois sortes d'e : Ve ouvert, \'c fermé, et Vc muet.
On les trouve tous les trois dans les mots sévère, fermeté, évêque, échelle, etc. Le prcmici" <? de set-ère est fermé, c'est pourquoi il est mari]ué d'un accent aigu; le second est marqué d'un accent grave, qui est le signe de Ve ouvert ; et le troisième n'a point d'ac-cent, parce qu'il est muet.
Ces trois sortes d'c sont susceptibles de plus ou de moins.
Ve ouvert est de trois sortes : 1" l'c ouvert commun, autrement dit aigu ; 2° l'e plus ouvert, autrement dit grave ; 3° l'e très-ouvert.
I.'e ouvert commun, ou aigu, est l'e que nous prononçons dans les premières syllabes de père, mère ; dans il appelle, nièce, et dans tous les mots <j\i l'e est suivi d'une consonne avec laquelle il forme In même syllabe, à moins que celle consonne ne soit le s ou le j qui marquent le pluriel, ou le nt de la troisième personne du pluriel des verbes. Ainsi l'on prononce exa77(èw, tel, hèl, ciel, chef, hrèf Joseph, nèf, relief, Israèl, Ahèl, Babel, réel, Michel, miel, criminel, quel, naturel, hôtel, mortel, mutuel, hymen, Saducéèn, Chuldéên, il vient, il soutient, etc.
Toutes les fois qu'un mot finit par un e muet, on ne saurait soutenir la voix sur ce; e muet, puisque si on la soutenait, l'e ne serait plus muet. Il faut donc que l'on appuie sur la syllabe qui précède cet e muet, et alors, si cette syllabe est elle-même un e muet, cet e devient ouvert commun, et sert de point d'appui à la voix pour rendre le dernière muet; ce qui s'entendra mieux j>ar des exemples. Dans mener, appeler, etc., le premier e est muet, et n'est point accentué; mais quand je dis je mène, j'appelle, cet e muet devient ouvert commun.
Les grammairiens disent que la raison de ce changement de l'e muet, c'est qu'r'i ne saurait y avoir deux e muets de suite, ils devraieiit ajouter, ci la fin d'un mot ; car dès que la voix passe, dans le môme mot, à une syllabe soutenue, cette syllabe peut être précédée de plus d'un e muet, comme dans redemander, revenir, etc. Nous avons même plusieurs e muets de suite, par des monosyllabes; mais il faut que la voix passe de l'e muet à une syllabe soutenue. Par exemple, dans de ce que je redemande ce qui m'est dû, voilà six e muets de suite au commencement d'une phrase, et il ne saurait s'en trouver deux précisément à la fin d'un mot.
L'e plus ouvert, ou ouvert grave, est celui qui se prononce par une ouverture de bouche plus grande que celle qu'il faut pour prononcer l'e ouvert commun, comme dans greffe.
L'e très-ouvert est celui qui demande une ouverture de bouche encore plus grande, comme dans accès, succès, être, tempête, il eit,abbesse,
sans cesse, professe, arrêt, ftrêt, il rêve, la tête, etc.
L'e ouvert commun, au singulier, devient ouveri long au pluriel : Le chef, les chefs, vu autel, des autels.
Aucun des mots de la langue, à l'exception d'être, ne commence par un e ïrès-ouvert, et aucun n'est terminé par cette même lettre. L'e ouvert, à la fin des mots, est toujours suivi d'une ou de deux consonnes, procès, désert, arrêts.
L'e fermé est celui que l'on prononce en ouvrant moins la bouche qu'on ne l'ouvre lorsqu'on prononce un e ouvert commun; tel est l'e de la dernière syllabe àc bonté. On le distingue dans l'écriture et l'impression par l'accent aigu. Celé est aussi appelé masculin, parce que, lorsqu'il se trouve à la fin d'un adjectif ou d'un participe, il indique le masulin, aisé, habillé, aimé, etc.
L'e des infinitifs est fermé lorsque le r ne se prononce point ; mais lorsqu'on le prononce, ce i]ui arrive toutes les fois que le mot (jui suit commence par une voyelle , alors l'e fermé devienl ouvert commun, ce qui donne lieu à deux observations : la première, c'est que l'e fermé ne rimant point avec le ouvert, aimer, abîmer, ne riment point avec la mer. La seconde, c'est que comme l'e de l'infinitif devient ouvert commun, lorsque le r qui le suit est lié avec la voyelle qui commence le mot suivant, on peut rappeler la rime, si le vers suivant commence par celle voyelle.
L'e muet est une pure émission de voix qui ne se fait entendre qu'à peine. Il ne peut jamais commencer iine syllabe, et dans quebpic endroit qu'il se trouve, il n'a jamais le son distinct des voyelles proprement dites; il ne peut même se rencontrer devant aucune de celles-ci sans être tout à fait élidé.
L'e muet, dans le corps d'un mol, est presque nul. Par exemple, dans demander, on fait entendre le d et le m, comme si l'on écrivait dmander.
L'e muet est long dans les dernières syllabes des troisièmes personnes du pluriel des verbes, quoique cet e soit suivi de nt. Il y a peu de personnes (pii ne sentent pas la différence qu'il y a dans la prononciation il aime ci. ils aiment.
L'e muet des monosyllabes me, le, se, de, est un peu plus marqué que l'e muet de mener ; il ressemble au son de l'e». faible.
Dans le chant, à la fin des mots tels que gloire, fidèle, triomphe, l'e muet est moins faible que l'e muet commun, et approche davantage de l'eu faible.
Les vers qui finissent par un e muet ont une syllabe de plus que les autres, par la raison que la dernière étant muette, on appuie sur la pénultième. Alors l'oreille est satisfaite, par rapport au complément du rhyihme et du nombre des syllabes ; et comme la dernière tombe faiblement, et qu'elle n'a pas un son plein, elle n'est point
EBÉ
comptée, ci la mesure est remplie à la pénultième :
Jeune et vaillant héros, dont la haute sagesse.
(BoiL., Discours au Roi, 1.)
L'oreille est satisfaite à la pénultième ^es, qui est le point d'appui, apios Icciuel on entend l'e muet de la deriiièic syllabe se.
L'e muet est appelé féminin, parce qu'il sert à former le fominiii des adjectifs, comme saint, suinte, pur, pure, etc.
Nos e inucis, qui nous sont reprochés par un Italien, dit foliaire, sont précisément ce ipii forme la ddiciousc harmonie de noire langue : Empire, couronne, diadème, épouvantable, seiisihle. Cet c muol, qu'on fait sentir sans Tarlicu- 1er, laisse dans l'oreille un son mélodieux, comme celui d'un timbre (jui sonne encore quand il n'est plus frappé. L'entrelacement des rimes masculines et féminines fait, le charme de nos vers. Voyez Apostrophe, Élision. — Une observation fort curieuse faite par M. Egger, qui a bien voulu nous la communiquer et nous permettre de l'insérer dans cet ouvrage, cxjjlique, de la manière la plus claire cl la plus jusle, la cause de ce retour fréquent de l'e muet dans la plupart des mots de notre langue.
La dernière syllabe des mots n'étant jamais accentuée en latin, et par conséquent toujours plus faiblement prononcée, a dû passer facilement, quoique par une série de dogradalions appréciables, à l'étal d'e muet. Exemples : vivere, vivre; prvdentia, prudence; hninilis, humble; homo, homme, etc., elc. D'aulrcs fois la finale, au lieu de se transformer, a entièrement disparu. C'est ce qui est arrivé dans les mots en mentum, qui onl servi à foimer nos mots en ment : Argumentuiii, argument, etc. Cet accent lalin sert aussi à expliquer des conUaclions encore plus violentes ; par exem|)le, j^urquoi uvunculus a-t-il perdu précisément la syllabe radicale ah en devenant oncle? c'est que l'accent était sur un, qui, devenant ainsi la syllabe dominante, ne devait point s'effacer aussi vite. Pourquoi dans eleemosyna, devenu aumône, le cenlre du mot a-t-il seul résisté? c'est que mn était accentué dans le mot latin, qui avait perdu la trace de son origine grecque, jX£Y,p.oa'jv/i. Dans le languedocien on dit so pour sœur, ou plutôt pour soror ; co pour cor ou corde. OEil, de oculus, conserve dans sa contraction la syllabe accentuée.
L'e qu'on ajoute après le g, comme dans je mangeais, il mangea, n'est mis que pour empêcher que l'on donne au g le son fort^w, qui est le seul qu'il devrait maiNjuer. Or, cet e fait qu'on lui donne le son faible, comme s'il y avait il manja. Ainsi cet e n'est ni ouvert, ni fermé, ni muet : il marque seulement qu'il faut adoucir le g, et prononcer j, comme dans la dernière syllabe dégage.
Lorsque e est suivi de 7ii, il prend ordinairement le son de Va, comme dans comment, sentiment, que l'on prononce commun, sentiman; il faut en excepter les troisièmes personnes du pluriel des verbes, où il est muet, ils aiment. Mais si e est suivi seulement d'un n, il conserve le son qui lui est propre, citoyen, moyen. Il a aussi le son de l'a lors<iu'il est joint à un w suivi d'un h, d'un pou d'un aulre m, coimiie dans embaumer, empire, emmener, que l'on prononce anhaumer, anpire, elc. (Dumarsais et autres.)
E est l'expression abrégée des mots Eminencc,
Excellence, Est. L'exi)iession latine et cœtcra exprimée aulrcfois \y.\v un caractère spécial, auquel on donnait fori mal a propos une place dans l'alphabet, est représentée aujourd'hui par l'abréviation suivante, etc.
EouEx. l'articules prépositives qui viennent des prépositions lalines e ou ex, et (pii hc mollent au commencement de certains mois, où elles marquent une idée accessoire d'exlraclion ou de si'paralion, comme dans tbrancher, ôlcr les branches ; écervcU, qui a perdu la cervelle ; êdenter, ôler les dents ;e/7)r/ie, qui est soustrait au frein,élargir, séparer davantage les pariics élémentaires ou les bornes; émission, action de pousser hors de soi; énerver, ôlcr la force aux nerfs; épousseter, ôlcr la poussière; exalter, mettre audessus des autres; excéder, aller hors dos bornes; cxhéréder, ôtei' l'Iiéritage; exister, élre hors du néant; exposer, meilre au dehors; exter- 7nincr, mcUvc hors des liornes ou des termes. Il ne faul pas croire, au reste, que ce soit la particule e qui se trouve à la tète des mots écolier, épi, éponge, état, études, espace, esprit, espèce, et de plusieurs autres (jui viennent de mots latins commençant par s suivi d'une aulre consoime, comme scholaris, spica, spongia, status, studium, spatiuJH, spiritus, species, etc. La difficulté que l'on trouve à prononcer de suite les deux consonnes initiales fit prendre naturellement le parti de prononcer la première comme dans l'alphabet es, et dès lors on dit et l'on écrivit ensuite escalier, espi, esponge, estât, espace, esprit, espèce, etc. iJans la suite, l'euphonie supprima la lettre s de la prononciation de (juelques-uns de ces mots, et l'on dit écolier, épi, éponge, étude, état, et ce n'est que depuis peu que nous avons sui)priiné celte lellre dans l'orthogi'ajihe. Elle subsiste encore dans celle des mots espace , esprit , espèce , parce tpi'on l'y prononce. Si cet e ne s'est point mis dans les dérivés de ces mots, ou dans d'autres mots d'origine semblable, c'est <]u'ils se sont introduits dans la langue en d'autres temps, et (|u'élant d'un usage moins populaire, ils ont été moins exposés à souffrir (]uel(iue altération dans la bouche des gens éclairés qui les introduisirent.
Eau-de-vie. On écrit au pluriel des eaux-devie. Voyez Composé.
Ebahir. V. n. de la 2' conj. Corneille a dit {Pol., act. III, se. n, 30) :
Et si de tant d'amour tu peux être ébahie...
Ébahi, dit Voltaire, ne s'emploie que dans le bas comique. {Remarques sur Corneille.) Il s'emploie aussi familièrement dans la conversation.
ÉBAT. Subst. m. Il n'est que du style familier, et ne se dit qu'au pluriel: Les ébats.
Ébattre (s'). V. pronom, et irrésul. de la 4" conj. Il se conjugue comme le verbe battre. Voyez ce mot.
Ebacbi, Êbaubie. Adj. Il est familier, Molière et Voltaire l'ont employé :
Je suis tout ^6ou6ic, et je tombe des nues.
(Tart., act. V, se. V, 4.)
Je suis émerveillée, Tout ébaubie et toute consolée.
[Enf. /'rod ,acl. V, se. VII, 33.1
ÊBÈNE. Subst. f . Voltaire a fait ce mol mascu*
234 ÉCA
lin. {Dialogue de Pégase et du f^teillard, 99) :
Je vis Martin Fréron, à la mordre allaché, Cansumer de ses dents tout l'ékéne ébréché.
Celle licence n'esl pas licureuse. Ce qui a siirement lroinj)6 VDllaire, c'est que les Lalins appelaient Vebène, ebenus ; mais il n'a pas remarqué que tous les noms d'arbres de cette terminaison sont féminins. (Ch. Nodier, Examen critique des Bict. )
* ÉBERNEOR. Snbst. m. Qui cberne, qui essuie les excréments d'un enfant au maillot. Voltaire, dans sa belle humeur, cmiiloic ce mot inusité. Il écrit à d'Alcmbert : Laissez-le devenir historiographe, instituteur, correcteur , éberncur des enfants de France, et tout ce qu'il voudra.
* Ebêtir. V. a. de la 2" conj. Ce veibe a été hasardé par Voltaire : Quand ils l'eurent ébêti, ils lui proposèrent de se faire moine et prêtre.
Il n'est guère usité qu'eu conversation. Il exprime bien ce que l'on a souvent besoin d'exprimer. — Pas si bien, ce nous semble, que le mot abêtir, consacré par ce passage célèbre de Pascal : Suivez la manière par oii ils ont com- Tnencé; c'est en faisan t tou t comme s'ils croyaient , en prenant de l'eau bénite^ en faisant dire des messes, etc. Naturellement même, cela vous fera croire e/ r-ows abélira. {Pensées, p. 272.)
Ce mot a clé aussi employé par VoUaire : J quinze ans un jésuite m'enguinauda, je fus novice, on m'al)élit pendant deux années. Enfin, il est admis dans la dernière édition du Dictionnaire de V Académie.
ËBLOLISSA^T, Éblouissante. Adj. On peut le mettre avant son subsl. en consultant l'analogie et l'harmonie : Eclat éblouissant, couleur éblouissante, beauté éblouissante, cette éblouissante beauté. Voyez Adjectif.
Ébouillik. V. II. de la 2° conj. Il se conjugue comme bouillir, et ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe passé.
ÊBOCLER. V. pronom, de la 1" conj. Ce mol se dit particulièrement des terres, ou d'autres choses mises les unes sur les autres. Les terres à\in fossé s'éboulent, une pile de bois s'éboule. Mais on ne dit pas qu'j/w bâtiment s'éboule, pour dire qu'il se détruit ou se dérange; on dit qu'j/ s'écroule.
Ebourgeonnement. Subsl. m. Ebourgeosner, V. a. de la J'" conj. Dans ces deux mots, l'e qui est après le g ne se prononce pas, il n'est la que pour donner au g le son doux qu'il n'aurait pas avant Vo.
Ebranler. V. a. de la 1" conj. Racine a donné à ce mot des régimes dont on ne trouve point d'exemples dans le Dictionnaire de l'Académie :
Quoi', toujours lei plus grandes merveilles.
Sans ébranler ton cœur, frapperont tes oreilles !
(Âth., act. I, se. I, 107.)
El les dons achevant d'ébranler leur devoir.
[Baj., act. I, se. i, 151.]
Croirai-je qu'une nuit a pu yoaa ébranler.
{Iphig., act. I, se. m, 7 )
Deiille a dit (XII, 1077) :
Le choc des boucliers ébranle au loin les airs.
ÊcAiLLEux, Écaillecse. Adj. Il ne se met qu'après son subsl. : Ardoise écailleuse, peau écailleuse, racine écailleuse.
ÉCH
Ecart. Subst. m. On ne prononce pas le t. Au physique, on donne ce nom à tout ce qui s'éloigne d'une direction qu'on dislingue de toute autre, par (pielque considéralion particulière; et on le transporte au figuré, en regardant la droite raison ou la loi, ou (lueUiue autre principe de logique ou de morale, comme des diiections qu'il convient de suivre pour éviter le blàmc. Ainsi il paraît qu'écart ne se devrait jamais prendre qu'en mauvaise jiart. Cependant il semble (ju'un In i)rend quelquefois en bonne pari, et l'on dit fort bien c'est un esprit servile qui 7i'ose jamais s'écarter de la route commune. Je crois qu'on parlerait plus régulièremenl en disant sortir ou s'éloigner, mais peut-être qu'écarter se prend en Ixjnne ou en mauvaise part, et qu'écart ne se prend jamais qu'en mauvaise. Ce ne serait pas le seul exemple dans notre langue où l'acception du nom serait plus ou moins générale que celle du verbe, oit même le nom et le verbe auraient deux acceptions tout à fait différentes. [Encyclop.) Voyez l'article suivant.
Ecarter. V. a. de la d"'* conj. Kien dans les définitions ni dans les exemples de l'Académie ne peut s'applicjuer aux exemples suivants :
Laissez-moi de l'autel écarter une mère.
(Bac, Jphig., act. 1, se. T, 34. i
£'car/erne veut pas dire ici éloigner, mais empêcher d'approcher.
J' écarte àei soupçons peut-être légitimes.
(TOLT., Henr., II, 169.)
Écarter dit plus que mettre à l'écart. On écarte ce dont on veut se débarrasser pour toujours ; on met à l'écart ce qu'on peut ou iiu'on veut reprendre ensuite. Un jwje doit écarter toute [prévention, et mettre à l'écart tout sentiment personnel. Voyez Écart.
Ecclésiastique. Adj. des deux genres. Les deux c se prononcent. Il se dit des personnes cl des choses, et suit toujours le subsl. qu'il modifie : L'ordre ecclésiastique. Etat ecclésiastique. Lois ecclésiastiques. Prince ecclésiastique.
EccLÉsiASTiQUEMENT. Adv. Il ne se met qu'aprés le verbe : // a vécu ecclésiastiqtiement, et non pas il a ecclésiastiquement vécu.
ÉCERVELÉ, Ecervelée. Adj. Il ne se met qu'après son subst.
ÉcHAFAUD. Subsl. m. Le d ne se prononce pas.
ÉcHALAS. Subst. m. Le s ne se prononce que devant une voyelle ou un h non aspire.
Echangeable. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Des effets échangeables. Il régit (luelquefois la préposition contre : Un prisonnier de guerre échangeable contre un autre.
ÉCHANGER. V. a. de la \" conj. Dans la conjugaison de ce verbe, le g doit toujours avoir le son du y,- et pour le lui conserver devant un a ou un 0, on met un e muet avant cet a ou cet o: J'échangeais, échangeons, et non pas ^VW/angais, échangons.
ÉCHAPPER. V. n. de la 1" conj. C'est, selon l'Académie, s'évader, s'esquiver, se sauver des mains de (juclqu'un, d'une prison, de quelque péril, etc. Elle ajoute qu'il se met avec la préposition de , (juand il signifie cesser d'être où l'on était, sortir de, etc., et elle en donne pour exemples échapper des mains des ennemis, échapper du naufrage, du feu, échapper d'un danger; et
ÉCH
<Iu'U se met avec la prcposilion a, quand il signifie se soustraire, se dérobci- n, être préservé de : Échapper à la fureur, à la poursuite des ennemis; il ne peut vi'cchapper, échapper à la tempête, échapper au danger, échapper a la mort.
Cette règle, qui n'est pas exprimée d'une manière fort claire, est démcniie par des ])hrascs tirées des meilleurs auteurs :
Oui, c'est mon fils, le dis-je, ou carnage échappé. (Volt., Ifcr., act. lY, se. ii,49.)
Tancrède a dissipé Le reste d'une armée au carnage échappé.
(Idem, Tancr., a.'t. V, se. IV, 3.)
La rive les reçoit; son tutélaire ombrago Accueille les vaisseaux échappét à l'orage.
[Delil., Énéid., l, 241.)
Dans tous ces exemples, échapper ne signifie pris se soustraire, se dérober à, être préservé de, et cependant on lui fait régir la préposition à ; tandis que dans les vers suivants, où il ne signifie pas cesser d'être où l'on était, sortir de, on le construit avec la préposition de :
Revois ton cher Zamorc échappé du trépas.
(Volt., Âlz., acl. II, se. iv, 2.)
Assurément, Voltaire n'a pas voulu dire queZainore avait cessé d'être dans le trépas, ou qu'il était sorti du trépas; cependant, malgré la régie de l'Académie, il a employé la préjwsition de.
Trois fois l'ombre divine échappe à ses transports. (Delil., Énéid., VI, 938.)
Vojet Toler en troupe et s'applaudir ces cygnes. Touti l'heure l'oiseau du puissant Jupiter, D'un To' impétueux, les poursuivait dans l'air; Enfin leur troupe heureuse échappée à sa serre... (Idem, I, 558.)
Delille a dit aussi [Énéid., I, 707) :
C'était SeiTgestc, Anlhée, échappés du trépas.
Yoici, je crois, unerègle plus sùree.t plus claire pour l'emploi de l'une ou de l'autre de ces prépositions après ce verbe. On échappe à une cause active, qui poursuit, qui persécute, qui frappe, qui dévore; 07i échappe d'une chose inerte, comme d'un lieu dangereux ou funeste, d'un état où l'on était en danger de tomber. Voilà pourquoi on échappe au prévôt, au carnage, a Tarage, kla fureur, <i la poursuite des ennemis. Voilà aussi pourquoi on échappe d'une prison où l'on est renfermé, des mains des ennemis qui ne lâchent pas de vous prendre, mais qui vous tiennent. On échappe à la mort, parce que la mort est un être métaphysique, qui avec sa l'aux moissonne les êtres vivants; on échappe dn trépas, parce que le trépas est un étal, et non un être qui agit. Les exem()les suivants viennent à l'appui de celte explication:
Je l'avouerai, Troyens, J'échappai de Vautel.
(Delil., Énéid., II, 179.)
Tel d'an coop incertain, par un prêtre frappé. Mugit un fier taureau de Tautel échappé.
[Idem, II, 291.)
Sa redoutable épée échappe de sa main.
(Volt., Henr., X, 156.)